samedi 27 décembre 2008

De ma tristesse du temps des fêtes

L’une des plaies qui affectent un certain nombre de transsexuels est de perdre sa famille lorsqu’éclate le drame de la transsexualité en son seing. C’est ce qui m’est arrivé et c’est mon deuxième Noël coupé de mes frères, sœurs, neveux et nièces. Depuis l’an passé, nous sommes persona non grata durant la période des fêtes et le reste de l’année, pour la très grande majorité des membres de ma famille. Mais disons que c’est durant cette période que ça me saute particulièrement dans la face. Lors de mon diagnostic, je croyais perdre mes clients et que ma famille comprendrait, mais c’est plutôt ma famille que j’ai perdue et mes clients qui ont compris. C’est aussi bien puisque ce sont mes clients qui me font vivre et non ma famille. J’ai encore sur le cœur le commentaire de l’une de mes sœurs qui me dit qu‘elle aurait préféré apprendre que j’étais morte. Elle m’a donc tuée socialement… Mais je survivrai et je commence à m’habituer à l’idée d’être désormais orpheline…

mardi 23 décembre 2008

Le plus beau compliment

L’autre jour, chez Bibitte (c’est le nom de mon amour), j’avais oublié d’apporter mon peignoir. Alors, elle me prête l’un des siens. Elle est moins grande que moi alors son peignoir faisait office de mini-jupe. Comme mon corps change rapidement et qu’il est maintenant celui d’une jeune gazelle (j’ai maintenant des seins grosseur A+), Bibitte me dit le plus sérieusement du monde, en me regardant, tu as maintenant l’air de l’une des filles de David Hamilton. Je devins toute rouge et trouvait que c’était le plus beau et coquin compliment qu’elle m’a fait jusqu’à présent :-) Mautadit que je l'aime...

Une joyeuse période des fêtes à tous...

mardi 16 décembre 2008

Vivre avec les stéréotypes sexuels

L’un des aspects négatifs avec lesquels doivent transiger les trans, est les stéréotypes sexuels « mentaux » dont on nous fait savoir que nous devrions adopter. Par exemple, si je suis trop directe, ce n’est pas assez femme. Si j’aime les voitures puissantes, c’est trop masculin. Plusieurs personnes bien intentionnées nous accablent de leurs préjugés sexistes. Pour notre bien, ils nous conseillent de faire plus de ceci ou moins de cela. Mais c’est qu’il y a des femmes très mâles et des hommes très féminins. Comme je suis entre les deux, pour l’instant, je ne suis plus homme et pas encore femme. On veut m’aider à m’accomplir et on me garroche continuellement les stéréotypes auxquels je devrais me conformer.

Je serai la femme que je serai et je fais d’énormes efforts pour ça. Mais avant d’être un sexe, je suis d’abord une personne avec ses goûts, ses attitudes et ses travers. Merci de m’aider et de vouloir mon bien. Mais avant de me dire des choses comme « une femme ne fait pas ça », assurez-vous que ce ne soit pas vos propres filtres sexistes qui parlent…

Ma vie change à vitesse grand V

Il y a 18 mois, j’avais une vie normale. Je déambulais dans la rue incognito et je ne me faisais que rarement remarquer par qui que ce soit. Il y a 15 mois, je croyais que je serais un lépreux sur lequel tout le monde vomit. Puis, j’ai commencé les hormones et je me suis sentie très rapidement mieux. J’étais bien avec moi-même, je recommençais à dormir normalement et la guerre incessante dans mon cerveau s’estompait. Puis, je fis mon coming-out et j’ai commencé ma vie de femme. J’eus à vivre pour la première fois de ma vie, le mépris sur une base régulière. C’était très difficile pour ma conjointe et moi de vivre ces regards constants et de sentir le jugement qui l’accompagnait. Puis vint ma chirurgie faciale. Ma vie s’améliora grandement lorsque j’étais assise. Mais debout, les regards étaient toujours là. Puis, du jour au lendemain, je suis devenue un symbole qu’on dit de courage, de sincérité, d’intelligence et d’humanité. Je ne suis pas d’accord avec ça, mais c’est ce qu’on me reflète. Je suis encore étonnée d’observer comment les regards à mon endroit se sont modifiés de manière marquante. Lorsque j’entre dans un commerce, c’est souvent la commotion. On me félicite, on veut me parler, on m’admire. My god! Au début c’est très enivrant puis ça devient vite intimidant. Au moins, désormais, les gens me regardent avec sympathie et plusieurs inconnus me font de très beaux sourires. Ça surprend, mais en même temps j’ai peur d’être devenue « la transsexuelle officielle » de l’imaginaire québécois et que ça repousse encore plus loin le jour ou je serais enfin perçue comme une femme normale…

J’apprends désormais à vivre avec ça…

mercredi 3 décembre 2008

Un message très touchant que j’ai reçu

Depuis mes aventures télévisuelles et radiophoniques, j’ai reçu une tonne (le mot est faible) de courriels, de téléphones et de messages de sympathies, d’admiration, mais aussi de douleurs et de souffrances diverses. J’ai pleuré quelquefois en les lisant et dans twitter, un copain me disais « tu n’as pas peur de devenir la psy de service? ». Il a bien raison, je ne suis pas psy, j’ai beaucoup de difficulté avec l’écoute compatissante et ce n’est pas ma tasse de thé. Moi mon trip c’est le Web. Voilà. Je ne veux pas non plus devenir la trans de service des médias et j’ai refusé maintes demandes d’entrevues, de reportages et de topo sur ma condition. D’être la porte-parole des transsexuelles ça ne paie pas, mais d’être la pro du Web me fait très bien vivre merci. Tout ça pour dire qu’il existe très peu de ressources pour aider les trans, leur parent et les gens qui sont confrontés avec cette condition difficile et encore malheureusement peu connue, mais je le répète, vous pouvez contacter la ligne d’écoute de l’association des transsexuels (elles) du Québec, y faire un don et pousser dans l’cul de votre député pour qu’enfin des ressources psychologiques, psychiatriques, médicales et.al., soient mis à la disposition des gens qui sont aux prises avec ça. Tout ça pour vous dire que je vous partage (avec la permission de l’auteure qui préfère rester anonyme) ce message Facebook qui témoigne tristement de ce que peut engendrer le manque de ressources flagrant pour aider les gens qui n’ont pas la chance de faire du fric comme moi. Quelle tristesse et quel scandale silencieux et souterrains.
Je vous ai vue pour la première fois à Tout le monde en parle et croyez-moi vous mettez un baume sur ma plaie béante de Mai 2008.
Une étape de ma vie s'est terminée le 5 mai dernier par le décès de mon ex-conjoint et père de mes enfants.
Ma fille a trouvé chez lui, dans une grande chambre, je parlerais de grand placard qu'il n'a jamais voulu partager, la deuxième vie de son père et elle me l'a appris en même temps.
Mon ex que j'ai connu, aimé, marié, donné 2 enfants, divorcé etc. pendant les dernière 30 années de ma vie était, comme vous, un trans-sexuel non assumé qui vivait sa double vie en cachette depuis son enfance.
J'ai passé par l'étape de la colère, du déni, du 'qui suis-je' pour l'avoir aimé; j'en suis maintenant à l'étape d'essayer de comprendre. Ma vie me lance des 'flash' des retours en arrière où je vois ce que je n'ai pas vu avant.
J'essaie de me reconstruire présentement; je dois vivre aussi pour mes enfants dont un fils autiste que j'adore.
Je crois que le hasard n'existe pas, qu'il y a des rencontres qui nous changent une vie; je vous remercie pour votre franchise et consulterai votre site régulièrement pour y prendre du courage et aussi comprendre sans juger. Le DSM-IX je le connais, mon fils étant autiste et à la 7ième semaine de grossesse, une grave malformation au niveau de l'intestin a laissé de grandes séquelles (omphalocèle géant) et je crois que son cerveau aussi a été endommagé; y a-t-il un lien génétique, je ne le sais pas mais je débuterai des recherches bientôt.
Merci de me lire et si vous pouvez être aussi sereine, je crois que moi aussi j'y parviendrai.

Merci de votre mot touchant. Avec votre permission, j'aimerais le reprendre dans l'un de mes blogues et je pourrais enlever votre nom pour ne pas trahir votre secret. Je pense qu'il peut aider d'autres personnes. Qu'en pensez-vous?

oui, j'accepte. ça fait partie de ma 'thérapie' de pouvoir l'envoyer sur le Web en incognito.
Je vous remercie et je crois qu'à partir d'aujourd'hui, je vais recommencer à m'aimer en tant que femme.

vous devriez parce que ce qui est arrivé n'est pas de votre faute ou de celle de votre ex conjoint. c'est un coup de sort avec lequel des gens ont plus de chance de pouvoir composer que d'autres. Voilà tout. Personnellement j'ai profondément aimé les femmes avec qui j'ai été et j'ADORE ma conjointe actuelle, malgré ma condition... Si j'étais morte, ce n'aurait certainement pas été de sa faute

Mon passage à Christiane Charrette et signet choisis…

Crédit: Christian Côté, Société Radio-Canada
Crédit: Christian Côté, Société Radio-Canada

Je sors à peine de chez madame Christiane Charrette et je suis encore fébrile de cette rencontre avec cette femme extraordinaire qu’est madame Charrette, mais aussi de la rencontre de Madame Vanessa Van Durme avec qui j’ai eu le bonheur de dialoguer avant et durant l’entrevue. Quelle femme inspirante et captivante! Elle sera d’ailleurs Bruno Guglielminetti est venu me porter un courriel de Maryse Chartrand, qui était LA grande responsable du sujet ce jour-là (le suicide et son film Le voyage d’une vie). Elle me remercie, mais c’est plutôt à moi de la remercier. De les remercier en fait (elle et madame Charrette) parce que lorsque l’on fait de la radio et que l’on aborde des sujets délicats, on ne sait jamais tout le bien que l’écoute de ces sujets peut faire aux auditeurs. J’ai déjà parlé de l’utilité du blogue comme outil de catharsis, mais il est aussi clair que cette émission particulière de l’automne dernier a été une catharsis salvatrice pour moi.

Aussi, certaines personnes me demandent d’où je tire les chiffres dont j’ai parlé lors de l’émission, alors les voici,
  • Pourquoi devrions-nous nous intéresser à l’économie numérique, un petit vidéo explicatif

  • La firme de consultation PhocusWright prédit qu’internet supplantera les agents de voyages traditionnels en 2007. La proportion des produits de voyage vendus en ligne devrait alors atteindre 54%. (Conférence pour Tourisme Mauricie, Internet : mode de communication directe avec la clientèle (PDF))

  • L’absence d’intermédiaires touristiques canadiens en ligne (lire aussi l’américanisation de notre tourisme en ligne)

  • eReadiness index de The Economist (mon billet de 2005 et les chiffres de 2008)

  • Les achats en ligne des Québécois qui sont faits hors du pays de 30 à 60% chaque mois

  • Moins de 10% des vols d’identités se font sur le Web

  • La campagne de peur de l’ISIC, financé entre autres par nos impôts

  • Le programme les Clés du Tourisme de la province de l’Ontarioli>

  • Yulbiz, groupe de rencontre gratuite de gens d’affaires s’intéressants aux blogues et vice-versa.

  • Le chapitre de Montréalli>

  • Le blogue de mon copain et cofondateur de Yulbiz, Philippe Martin deN’ayez pas peur

  • Les politiciens français dans Second Life lors des dernières présidentielles françaises

  • Pourquoi Québec-Solidaire est efficace dans Twitter

  • Twitter pour les nuls

  • L’association des transsexuels(les) du Québec si vous avez besoin d’aide ou si vous voulez faire des dons.

  • Mon blogue transsexuel Femme 2.0

  • L’enregistrement de l’émission n’est pas encore en ligne, mais d’elle qu’elle le sera, je ferai une Mise-è-jour (MAJ) ici même. Si j’ai oublié quelque chose (j’ai tellement parlé) n’hésitez pas à me le faire savoir

    MAJ

    Entretiens avec Christiane Charette (MP3)

    La 2e portion de l'entrevue en présence de Madame Van Burne (mp3)

    dimanche 30 novembre 2008

    À Christiane Charrette pour parler d’économie numérique et d’autres choses

    Lundi matin (en reprise le soir), à partir de 10hr00, je serai à l’émission radiophonique de Christiane Charrette (Radio-Canada) pour parler entre autres d’économie numérique, cette grande oubliée de la campagne électorale vide actuelle (J'ai d'ailleurs déjà accordée une entrevue à Bruno Guglielminetti, son réalisateur, à ce propos). On sait déjà que les différentes initiatives de la communauté Web du Québec pour qu’ENFIN on considère le numérique comme une voie d’intérêt pour l’économique, l’éducationnel, le sociétal ou même le gouvernemental, n’ont pas porté grands fruits auprès des instances politiques. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur le décompte qu’a fait Éric Baillargeon, du nombre de fois que ce mot est mentionné dans les sites et programmes des partis.
    Économie numérique

    Québec Solidaire: 0 page
    Québec Gagnant: 0 page
    Action Démocratique: 0 page
    Parti Libéral: 0 page

    Vieux site du PQ : 0 page

    Nos politiciens ne sont vraiment pas rendus là ! Laisson leur une chance avec "numérique" seulement.

    Numérique (comme dans plan, identité, technologie)

    Québec Solidaire: 1 page
    Québec Gagnant: 0 page
    Action Démocratique: 0 page
    Parti Libéral: 0 page

    Ouf ! Merci Québec Solidaire. Le PQ en avait 2 pages (en excluant baladeur).

    Donc, comme nous sommes toujours en période électorale, comme certains partis politiques me lisent et surtout comme vous mes lecteurs me lisez, est-ce qu’Éric et moi sommes dans le champ? Y a-t-il un parti qui a une quelconque vision d’un avenir numérique au Québec? Dois-je réellement conclure que les partis politiques sont nuls en numériques? Pour quel parti devrions-nous voter si nous considérons que le numérique est important pour l’avenir du Québec et pourquoi devrions-nous faire confiance à tel parti? Que voilà de bonnes et grandes questions qu’il me fera plaisir de jaser avec madame Charest lors de cette émission de grande écoute. Mon avis actuel est que les partis sont tous NULS à cet égard. Mais j’ai encore le temps de changer d’avis et de peut-être faire aussi changer d’avis les auditeurs qui écouteront?

    Il sera évidemment aussi question de ma condition de transsexuelle. À cet égard, je serai très émue de discuter avec madame Charrette étant donné qu’indirectement, si je suis encore en vie, c’est un peu grâce à elle. C’est que l’automne dernier, lors de ma grave dépression qu’est la dysphorie d’identité de genre, en m’en allant voir un de mes clients à Drummondville, je projetais de me projeter contre un viaduc à 150km/h. Mais la radio était ouverte et madame Charrette recevait l’épouse d’un homme qui s’est suicidé à leur retour d’un voyage autour du monde et elle était là pour parler de suicide. À un moment quelqu’un dans l’émission dit « Le suicide est une solution permanente à un problème temporaire ». Ça m’a calmée, je me suis rendu chez mon client et passa une très belle journée là-bas et je suis encore en vie grâce à ça. J’en profiterais donc pour remercier Madame Charrette d’avoir été la lumière au bout de mon tunnel cette journée-là…

    vendredi 28 novembre 2008

    Tout le monde en parle, mon vidéo sur Dailymotion

    Pour les copains d’outre-Atlantique, voilà ce qui me rend si heureuse et qui crée une commotion depuis ce soir (5400 visiteurs uniques de plus, et ce, seulement jusqu‘à minuit heure locale, des centaines de nouveaux amis Facebook et de commentaires un peu partout sur le Web). Suis vraiment , vraiment contente et là je vais me coucher et contrairement aux dernières nuits, je vais très bien dormir ce soir. Un gros OUFFFFFFFFFFFFFFFFFF

    MAJ
    Mon passage a Tout le monde en parle a été repris par différents médias dont
    Cécile Gladel Branchez-vous! Le courage et les conseils de Michelle
    Richard Therrien Cyberpresse L’étoile du match à Michelle Blanc
    Pascal Léveillé Branchez-vous Bravo Michelle
    Steve Proulx Voir La pertinence relative
    Johanne J. Lapierre Radio-Canada Politique et web à TLMP

    Car le monde et les doigts changent

    Voici le texte éducationnel de l'une de mes copines trans (Marie-Eve Baron, dans Facebook) que je remercie de ce coup de génie:


    Je veux vous faire faire un petit exercice. Suivez bien les étapes. Je crois que même si vous n'êtes pas transsexuel vous aurez une petite image de tout le malaise qu'on doit vivre avant la transition. Faite le vraiment, Vous n'aurez même pas besoin de vous lever de votre chaise.

    Ok allons-y:

    1- Croisez vos mains; les doigts entre-croisés.
    2- Voici votre position 1. C'est votre position de confort naturel.
    3- Identifiez lequel de vos index est par dessus l'autre.
    4- Recroisez vos mais de sorte que l'index qui était dessous l'autre soir par dessus et inversement.
    5- Voici votre position 2. (gardez là et continuez à lire)

    Vous voyez, au fond mettre un index ou l'autre pas dessus ça ne devrait rien changer, non? Au yeux des autres, il n'y a aucunes différence en fait. C'est seulement pour vous que c'est inconfortable.

    Il n'y a que deux position possible ou l'index droit est par dessus le gauche ou c'est le gauche qui est par dessus le droit. C'est comme pour les genres. Il y a 2 possibilités: gars ou fille.

    Les personne transsexuelles sont née dans la position 2. Dans la position d'inconfort. Personne ne voyait la différence. L'inconfort peut paraitre à l'occasion mais sans plus. Pendant plusieurs années de nos vies, nous nous adaptions à cette position d'inconfort. Nous essayons de nous faire croire que c'est la position que nous aimions le plus.

    Pensez-y 2 secondes. Dites vous qu'à partir d'aujourd'hui, chaque fois que vous croiserez vos mains, ce sera dans la position 2. Vous vous dites que vous serez inconfortable, non? Et bien en plus de le faire à toutes les prochaines fois, essayez de vous convaincre que c'est la position que vous préférez. Ça vous parait impossible hein?

    C'est un peu ça être transsexuel. Vous avez toujours été dans la position 2 mais celle que vous aimiez c'est la 1. Depuis votre enfance, tous le monde (parents, amis, toute la société) vous a dit que vous devriez aimer la 2! À un point tel que vous même vous essayez de vous convaincre que vous aimiez plus la 2. Un jour, Vous êtes tellement inconfortable et plus capable de le supporter. Vous décidez de prendre la position 1!!!! WOW (Replacez vos mains en 1) Vous voyez la sensation de bien être que ça fait. C'est soulageant non? C'est même réconfortant!

    Poussons l'exercice un peu plus loin.

    Évidement, être venu au monde dans la position 2 et changer pour la 1, implique une transition. Une période d'entre 2. Une période ou on passe graduellement de 1.9, 1.8 , 1.5 etc jusqu'à 1.001. On arrivera jamais complètement à 1. C'est comme si vous n'arriviez jamais à bien placer tout vous doigts à la position 1.

    Placez vos index face à face alors que tous les autres rentent croisés en position 1 (c'est ça la position 1.001).

    Ce n'est pas la position de confort total! Mais ce n'est pas inconfortable comme la 2. C'est une position alternative à la 1. Évidement, aux yeux des autres cette position se remarque, elle n'est pas ni 1 ni 2. Elle est alternative. C'est exactement le cas pour les personnes transsexuelles. Elles ne sont pas complètement homme ou femme (ne serait-ce que par leurs souvenirs). Mais au moins, elles sont dans une position alternative de confort.

    Toute notre vie les gens nous remarquerons pour toute sorte de raisons. Certaines, se feront remarquer plus que d'autres mais il y aura toujours des occations où nous aurons à parler de nous et nous seront forcés de dire que nous étions dans la position 2 avant et c'ets pour ça que nous sommes pas dans la position 1 mais plutôt à 1.001!

    Alors, voilà! J'espère que vous avez trouver mon exercice interessant!!!

    Moi je suis une femme 1.001

    vendredi 21 novembre 2008

    Mon billet énigmatique de l’an dernier

    À cette date, l’an dernier, je prenais mes premières hormones, ce qui mettait par le fait même fin à ma dysphorie d’identité de genre (grave dépression). Déjà le lendemain, je recommençais à dormir et la guerre incessante dans mon cerveau se terminait aussi. Voici le billet énigmatique de l’an dernier qui exprimait ce jalon important de ma vie :


    Le premier jour
    Aujourd'hui, est le premier jour du reste de ma vie. Y-a des jours comme ça où on sent que les choses vont changer de manière importante, subtilement, mais tout de même dans une direction qui balaiera bien des recoins jusqu’alors, non fréquentés. Aujourd’hui sera l’une de ces journées. Ce sera très positif.
    Ne vous posez pas (et ne me posez pas) trop de questions à ce sujet. Disons que je me sens différent et que je me sentirais différent dorénavant. La vie nous offre des fois de ces moments …




    Ceux qui me connaissent bien vous diront que depuis, je suis beaucoup plus calme et accessible. Ils vous diront aussi que j’ai l’air vraiment mieux dans ma peau (et je le suis) et que bien que ma personnalité fondamentale soit la même, bien de petites choses subtiles se sont transformées. D’autres finalement me trouvent plus « cute » en femme que je n’étais beau en homme (quoique c’est bien subjectif). Pour ma part, ce chemin que je traverse est particulièrement fascinant et il a fait de moi une meilleure personne. Beaucoup de mes « a priori » sont tombés, je suis beaucoup plus conciliante sur un paquet d’affaires, je suis heureuse de découvrir et d’exprimer ma féminité et je vois finalement la vie en rose.

    Tout le monde en parle, mes impressions d’après l’émission

    Ce matin je suis encore sur l’adrénaline de cette expérience merveilleuse et si intense d’être allé à Tout le monde en parle hier. Je suis vraiment heureuse de ma performance qui fera des vagues, à n’en pas douter, et triste à la fois de ne pas avoir pu passer tout le contenu dont je voulais parler. Mais il est désormais clair qu’une brèche a été ouverte de façon non équivoque sur l’inefficacité de nos partis politiques en ligne. Madame Marois (qui avait le malheur de se trouver là) a su à quel point son site est poche et surtout pourquoi en terme technique, mais surtout philosophique. Mais elle sait aussi qu’elle n’est pas la seule dans ce marasme. Mes regrets sont que je n’ai pas discuté de la lettre au premier ministre et du plan numérique pour le Québec, de Yulbiz et que bien qu’il a été plogué en fin d’émission et que je l’ai mentionné lors d’une escarmouche avec Daniel Bélanger, le livre Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires n’a pas été discuté. Par contre, je suis vraiment fière d’avoir dit en pleine face à madame Marois à quel point la communication Web des partis est médiocre et que leur attitude de n’être en ligne que lors des élections est inacceptable et que la communication unidirectionnelle dépassée. Je suis surtout ravie d’avoir pu expliquer en terme clair ce qu’est la dysphorie d’identité de genre, de briser les tabous qui l’entourent et de positionner l’association des Transsexuels et transsexuelles du Québec et d’exprimer à quel point le gouvernement du Québec ne fait absolument rien pour aider les gens aux prises avec cette condition.

    Je suis aussi extrêmement touchée de la carte de Dany que vous pourrez connaître dimanche et de l’extrême gentillesse et du professionnalisme de l’équipe de Tout le monde en parle. J’ai aussi pu manger après le show avec certains des invités et Guy A. et je comprends finalement pourquoi il est si réfractaire aux blogues. En fait, il est surtout réfractaire aux commentaires qu’il reçoit sur le site de l’émission dont plusieurs menaces sérieuses sont souvent arrivées jusqu’à lui. Dans ces conditions, il est clair que l’expression citoyenne peut laisser un mauvais goût dans la bouche et ce problème de modération des commentaires de sites médiatiques et d’une politique éditoriale de ces commentaires, dont j’ai déjà mainte fois parlé, est un problème qui peut se résoudre en affectant des ressources humaines pour gérer ça, ce qui n’est de toute évidence pas le cas.

    J’ai aussi grandement apprécié la chaleur humaine (entre les séquences) de certains invités et suis pantoise de la froideur de certains autres dont je ne nommerai pas les noms. Je sais d’ores et déjà que lundi, mon site va « tilter » comme jamais et ce week-end, je travaillerai sur un billet positionnant tous les sujets qui me tiennent à cœur. J’imagine aussi qu’une certaine frénésie médiatique se fera sentir la semaine prochaine et que la lettre au premier ministre rebondira dans l’actualité. Sur ce, pour ceux qui ne sont pas encore sur Twitter (et je remercie les potes puisque que grâce à eux et à la pétition twiteresque j’ai eu mon scotch), voici quelques-uns de mes twits de ce matin pour votre titillement….

    Afin d'aider Mme Marois et les autres chefs de partis, je suggère de relire le billet : Signets pour une gentille candidate aux élections et pour un fonctionnaire de bonne volonté

    lundi 17 novembre 2008

    À propos « des vrais métiers »

    La copine Geneviève qui est souvent très pertinente dans ses élucubrations de blonde Disneyienne, fait le billet Pureté de la race où l’on peut lire (n’en déplaise à Michel Dumais à qui moi j’ai la décence d’hyperlier quand je parle de lui, vieux réflexe de blogueuse):
    (...)C’est un vrai métier, scénariste. Comme journaliste est aussi un vrai métier. Ça n’empêche pas des journalistes que je connais d’être devenus de vrais scénaristes. Tout en continuant à être de vrais journalistes…
    Je pense à Tina Fey qui a plus de contenu en un soir que Sarah Palin en 44 ans de vie. Je pense à Claude Jutra, qui était un vrai médecin, avant de devenir le cinéaste d’une vérité à fleur de peau. Je pense à Michel qui est devenue Michelle, enfin elle-même.
    Et je me dis que parfois, c’est de rester prisonnier d’un seul “genre” qui finit par faire obstruction à la vérité.
    MàJ: C’était le sujet de la pièce de Sam Sheppard “True West“… Deux frères, et au grand dam du “vrai” scénariste professionnel, c’est à son frère bum et délinquant que le super producteur hollywoodien demande d’écrire un “vrai” western!

    Et moi d’ajouter le commentaire :
    C’est fin de ta part et j’aimerais aussi dire que j’étais militaire, poète, videur dans un bar, intellectuelle, blogueuse, coordonateur de la tournée vidéodanse Musique Plus, sculpteur, joueur de football, vendeur de balayeuse, conférencière, ramasseur de pommes, laveur de vaisselle, auteur, garde du corps, consultante, twitteureuse pour de grands médias francophones internationaux, musicien, jardinier, couvreur, bussboy dans un bar de danseuses, pizzaman, passionné de chimie, étudiant dans diverses disciplines, servant de messe, chanteur dans une chorale ou on me demandait de faire du Lipsynch, cuisinière, hétérosexuel et maintenant lesbienne. Il y a bien des dimensions, des métiers, des intérêts, des passions et des événements qui jalonnent le chemin d’une vie et il est souvent réducteur de définir une personne strictement par son métier ou la perception que l’on peut se faire de ce que peut faire quelqu’un dans un métier en particulier…

    MAJ
    Je pourrais spécifier que j’ai fait mon cégep en sciences pures et appliquées, un bac avec mineure en science politique, en relations industrielles et un bloc complémentaire en journalisme/relations publiques et psychologie, le propédeutique à la maîtrise en anthropologie sociale et une maitrise scientifique en commerce électronique chapeauté par la faculté de droit, d’informatique et de recherche opérationnelle et de HEC Montréal. J’ai aussi fait des cours de téléphonie à clef et PBX et d’établissement d’un réseau de franchise et de gestion de la qualité totale et de maniement d’armes et de plongée sous-marine. J’ai géré le transfert d‘équipement de la tournée mondiale de Carbone 14, participé au spectacle du 350e de Montréal, organisé le plus gros spectacle vidéo au Canada (dans le cadre du Méga Vidéo-Danse Musique Plus dans le colisée de Québec) et le spectacle techniquement le plus complexe à ce jour au Palais des congrès de Montréal qui était pour la Banque de Développement du Canada. Je me suis fait saluer en français par Al Pacino à Montréal et j’ai pris une brosse dans un after-hour avec Marjo. On m’a déjà pointé un revolver, un couteau et bien d’autres armes dans la face et je suis encore vivante. Je suis allée sur le pouce en Californie, j’ai appris à tuer à main nue (cours d’officier d’infanterie avec mention d’honneur), j’ai pêché le homard à la gaffe, la morue au « jigger » et le seul animal que j’ai tué est une outarde qui est morte d’une crise cardiaque après que je tire à côté d’elle pour la 5e fois. J’ai de nombreuses aventures, d’innombrables apprentissages et plus d’une histoire dans ma sacoche. Alors, ne vous avisez pas de croire que je suis une personne unidimensionnelle ou qu’une discipline ou qu’un travail (soit-il celui très compliqué de journaliste) soit hors de mes capacités. Je n’aime pas qu’on me mette ou qu’on mette les autres dans une petite boîte parce que ma boîte à moi est grande en mautadit et qu’elle restera ouverte jusqu’à ce que je meure…

    mardi 14 octobre 2008

    Big Idea Chair de Yahoo-Canada, enfin je peux vous montrer la pub




    C’est avec une émotion très vive que j’ai le grand plaisir d’enfin pourvoir partager les publicités m’honorant, qu’on fait Yahoo-Canada, dans le cadre de leur série Big Idea Chair. En janvier dernier, je reçois un téléphone de Yahoo qui voulait que je sois leur prochaine personnalité Big Idea Chair. J’en fus réellement honorée et les mis au courant que ma situation avait récemment évolué et que j’entreprenais une transition pour devenir femme. C’est alors qu’ils m’ont répondu, dans ce cas, au lieu de faire une page de publicité dans le MarketingMag comme nous le faisons d’habitude, nous en ferons deux. Quelle compréhension et quel appui de taille pour toutes ces personnes, qui comme moi, sont aux prises avec la dysphorie d’identité de genre. Mais surtout quel honneur professionnel que me font les gens de Yahoo-Canada. Ça restera sans doute l’un des plus beaux jours de ma vie et je ne pourrai jamais assez les remercier pour ça. Vous pouvez donc voir la couverture intérieure frontale(PDF) et externe(PDF). Aussi, le site de Big Idea Chair sera mis à jour dans les prochains jours et vous pourrez y visionner les entrevues vidéo, anglais et français, que j’ai données aux journalistes engagés par Yahoo. Aussi, cette publicité devrait apparaître dans le InfoPresse de novembre. Je suis vraiment, vraiment contente…
    Aussi, de voir ces pubs sur papier glacé en « quatre couleurs process », ça me touche comme vous ne pouvez pas vous imaginer. Je vous invite donc à vous procurer le MarketingMag d’aujourd’hui. Je vais même faire encadrer ces pages et je les regarderai lorsque je me sentirai un petit peu triste. Ça va certainement me remonter le moral…

    MAJ

    Les photos ont été prises par Michael Cooper et son extraordinaire équipe. La première photo a été prise le 11 février dernier tandis que la deuxième est du 21 août. Les entrevues des textes de la pub ont aussi été prises en deux temps et dans les prochains jours, toutes les photos qui ont été prises (lire ici les meilleures, mais elles sont presque toutes splendide) de même que les vidéos des entrevues seront aussi rendus disponibles. J’ai vraiment vraiment hâte…
    Vous pouvez aussi relire les billets que j’ai déjà écrits par rapport à cette expérience
    De choses et d’autres
    Les questions de MarketingMag
    Honoré par Yahoo-Canada et Marketing Mag

    lundi 29 septembre 2008

    Le bonheur tranquille

    Je n’ai pas écrit depuis un certain temps, c’est que je suis vraiment heureuse. Je suis très fatiguée et ça joue sur mon moral de temps à autre (je n’ai pas pris de vacance cette année), mais malgré ça, ça va vraiment bien. Je suis en amour et c’est très réciproque. Tout semble moins lourd dans ce temps-là. Tout est aussi moins lourd aussi. Je m’adapte bien à ma nouvelle réalité et je me sens moins « sur le spot » avec les regards des autres. De plus, j’ai approuvé les publicités Yahoo qui apparaîtront sur deux pages dans la revue Marketing Mag (le 13 octobre) et dans Infopresse en novembre. J’étais vraiment émue de voir à quel point j’étais ravissante sur la photo. Je crois que ce sera le meilleur antidépresseur et j’ai vraiment hâte de vous les partager. Lorsque je serais un peu triste, je m’empresserais d’aller voir ces photos et je suis certaine que ça me remontera le moral. Je commence aussi à trouver mon style et me sens de mieux en mieux dans mon rôle de femme. J’ai aussi de bonnes copines blogueuse et nous nous rencontrons de temps en temps. Vendredi dernier elles ont d’ailleurs rencontré Bibitte et ça a bien cliqué avec elles ce qui m’a réellement fait très plaisir. J’ai aussi mes endroits doudou (dont le Laika sur St-Laurent) et je sais qu’à ces endroits, personne ne viendra m’agresser, j’y ai de nombreux amis et le staff est vraiment gentil avec moi. Bref, la vie est belle et j’en suis très heureuse.

    Ha oui, hier j’ai téléphoné à mon père et à l’un de mes frères et nous avons parlé brièvement de comment nous allions. J’appris que mon frère était venu quelquefois à mon bureau, mais que je n’y étais pas. Ça m’a fait chaud au cœur et Bibitte remarqua à quel point je semblais de bonne humeur après ces appels. Ça joue aussi sans doute sur mon humeur…

    mardi 16 septembre 2008

    Du bonheur et de la désillusion

    Parlons d’abord du bonheur. La grande nouvelle des dernières semaines est que je suis revenue en « couple officiel » avec mon ex. J’en suis vraiment heureuse et nous parcourons ensemble cette difficile, mais ô combien fascinante adaptation. Nous cheminons ensemble à l’adaptation des regards qui sont maintenant différents de ce qu’ils étaient lorsque jadis, nous marchions enlacée ensemble ou que nous nous prenions les mains et nous perdions dans le regard l’un de l’autre dans un souper au resto. Ce ne sera jamais plus comme avant et nous apprenons à vivre avec ces préjugés.

    Je vis aussi la désillusion de « passer » enfin pour une femme. C’est certain qu’à Toronto ou qu’aux É.-U., les gens sont en moyenne beaucoup plus grands qu’au Québec donc, lorsque je circulais dans la rue, les regards étaient beaucoup moins présents et insistants. Le réveil aux regards d’ici en est d’autant plus difficile à vivre. Cependant, je comprends que je me ferais regarder intensivement pour le reste de mes jours, simplement à cause de ma différence de grandeur qui saute à la face des gens. C’est aussi un élément qui trahit ma transition puisqu’une fois que les gens remarquent à quel point je suis grande, les questionnements sur mon identité sexuelle suivent de près. Une amie qui mesure 6’2’’ se fait régulièrement demandée si elle est bien une femme et elle est pourtant d’une grande beauté et mère de deux enfants. Mais les gens ont de la misère à accepter qu’une femme puisse être si grande. C’est tout dire! Tout ça pour réaliser que je ne passerais peut-être jamais pour une femme, à moins que je ne m’exile aux pays des grands. De plus, je comprends aussi que ma transition est toujours en court, que je ne suis qu’à la moitié des changements corporels qu’engendreront les hormones et que j’ai encore beaucoup de travail à faire sur mes manières et sur ma voix afin de me fondre plus encore dans la foule…
    GROS SOUPIR…

    jeudi 11 septembre 2008

    Profil d’entrepreneure transsexuelle dans LesAffaires

    C’est avec un “ti peu” d’émotion que je prends connaissance du profil qu’a rédigé le journaliste Martin Jolicoeur dans son article 60 secondes avec… avec, du Journal Les Affaires. Le sujet est :
    Michelle Blanc. Une des consultantes les plus influentes de la francophonie conjugue changement de sexe et succès en affaires.

    Merci monsieur Jolicoeur pour votre traitement sobre de ce sujet délicat…

    mercredi 3 septembre 2008

    La vie est belle

    Ce week-end, je suis allée aux E-U avec mon ex-conjointe. Nous avons passé la frontière comme si de rien n’était. Après avoir présentée mon passeport avec ma photo d’une autre vie, puis la lettre de mon chirurgien expliquant que j’ai beaucoup changé, l’agent se pencha, regarda de nouveau la photo du passeport puis me regarda en souriant et me souhaitant « have a very nice trip ». Wow, mon ex. et moi étions flabbergastés. Pas de questions, pas d’hésitations, j’étais réellement bienvenue chez eux. Cette petite anecdote témoigne bien de la réception chaleureuse que nous avons reçue dans le Vermont tout le week-end. Il faisait vraiment beau et toutes les personnes rencontrées ont été vraiment bien avec moi (si ce n’est d’une bonne femme au bar de l’hôtel de Stowe le premier soir, qui commérait solidement sur moi). Le staff était gentil et s’adressait à moi en tant que « madame », nous allions dans les boutiques et les vendeurs étaient charmants. Même mon ex. était réellement ravi de constater comment c’était maintenant rendu facile de circuler avec moi, sans avoir à subir ces fameux regards de mépris qui nous ont tant fait déjà souffrir. Quelle libération!

    Mon ex. se sentait tellement bien qu’elle me prenait par la taille lorsque nous circulions et me touchait les mains. L’inconfort venait de moi puisque je me percevais comme une lesbienne qui fait « des choses pas correctes » en public. Les gens autour semblaient de toute évidence s’en foutre et mon ex. m’expliqua qu’elle-même ne se voyait pas comme une lesbienne, mais plutôt comme la femme qui aime une personne qui a beaucoup changé. En effet, si j’étais devenue paraplégique, qu’elle me touche en public serait-il perçu comme un crime possible? Elle a évidemment raison et c’est à moi à m’adapter au plus vite à cette peur des perceptions des autres qui dans le fond, ne sont rien pour moi. Vous comprendrez aussi que nous avons vécu un rapprochement mon ex. et moi et que tout reste à faire, mais que ça me donne des ailes et de l’espoir…

    Puis dimanche, lorsque nous arrivons chez elle, l’une de ses très bonnes copines me vit pour la première fois depuis mon opération. Elle était stupéfaite et me trouvait belle comme jamais. Elle me dit :
    avant tu avais l’air d’une « matante » mais là tu as du style, de la poitrine, un vraiment beau visage T’es « cute à mort » et c’est bin facile de t’appeler madame maintenant…

    Quel bonheur…

    lundi 25 août 2008

    D’autres étapes de franchi

    La semaine dernière et ce week-end, j’ai franchi d’autres étapes dans ma transition. Tout d’abord, je suis allée à Toronto pour le shooting d’une pub de Yahoo Canada. Je devais donc prendre l’avion et présenter mes cartes d’identité qui ne me ressemblent vraiment plus. Je puis vous dire que le personnel d’Air Canada a été vraiment courtois et que je n’ai eu aucun problème et après avoir lu lettre de mon chirurgien qui explique pourquoi je ne me ressemble plus, ils m’ont rapidement émis les billets de vols ou donné l’accès à l’avion. Même les contrôles de sécurités se sont révélés faciles pour moi et mes angoisses, exagérées.
    Puis, lors du shooting de Yahoo, pour la première fois, je me suis trouvée vraiment belle. J’en étais même émue. Il faut dire que d’avoir une maquilleuse professionnelle, un photographe pro assisté d’un directeur artistique et de trois assistants de même qu’un éclairage favorable et qu’un tailleur splendide, aide un peu la chose. Cependant, les gens présents (de même que moi-même) étaient estomaquée de voir à quel point j’étais photogénique et que toutes les photos prisent étaient excellente. Comme je devais passer une entrevue vidéo avec deux journalistes après le shooting, je ne suis pas restée très longtemps à regarder les photos puisque je sentais l’émotion montée et que je ne voulais pas que mon mascara coule et que je doive passer à la chaise à maquillage de nouveau et ralentir le processus indument. Je suis donc allée à l’extérieur fumer une clope et avaler mes émotions. Mais ce que j’ai vu m’a profondément touchée et les gens sur places tarissaient d’éloges. Ça m’a fait beaucoup de bien.

    Puis hier, j’ai brunché avec mon ex. Sur le boulevard St-Laurent en pleine vente trottoir. Pour la première fois, elle me fit remarquer à quel point « je passais pour une femme » et comment les regards de curiosité faisaient désormais place à ceux d’admiration. Elle me dit même « je pense que tu vas pogner plus que moi ». Après lui avoir dit à quel point elle était belle et que je doute que ce soit un jour le cas, j’étais tout de même vraiment heureuse de ce changement plus que positif pour moi. J’entreprends donc la semaine avec un regain d’énergie qui me propulse sur un nuage de bonheur depuis….

    mardi 19 août 2008

    Flashback d’il y a un an

    À peu près à cette date-ci l’an dernier, je débutais ma dépression nommée dysphorie d’identité de genre. Ne dormant plus et ayant besoin d’avoir des papiers pour consulter un psychiatre et afin de connaitre les ressources thérapeutiques qui s’offraient à moi (pratiquement rien finalement) j’allais consulter mon médecin de famille. C’est une femme d’une âme très belle et d’une écoute pleine de compassion. Lorsque je lui dit ce que je vivais, elle fit l’impossible pour malheureusement constater qu’il n’y avait pas de ressources et fut très coopérative pour me faire les différents papiers de références médicales dont je pourrais avoir besoin (psychiatre, endocrinologue, thérapie de la voix, différentes prises de sang, prescription de calmants et tout le tralala). Puis elle me parla de sa propre vie et de son expérience avec des transsexuelles homme et femme avec qui elle avait déjà travaillé. Puis en parlant des gens qu’elle avait connus, elle me dit une phrase que j’aie encore en tête.

    Vous savez, il y a des gens qui ont une vie marginale très heureuse et vraiment bien remplie.


    Je pense que je vais aller la voir juste pour la remercier et lui permettre de constater que je suis toujours en vie et finalement bien dans ma peau…

    lundi 18 août 2008

    À propos de la fierté

    Ce week-end, j’ai participé à plusieurs activités de la fierté gaie. Mais je ne suis pas encore fière d’être gaie. Je suis en effet doublement gaie puisque je suis transsexuelle et lesbienne. De plus, il est très difficile pour une transsexuelle de circuler librement dans le quartier gai et plus particulièrement dans les bars destinés aux hommes. Dans les bars lesbiens, il n’y a aucun problème, les lesbiennes étant très gentilles avec moi. Mais dans les autres bars du quartier, on me traite comme si j’étais une prostituée et les allusions sexuelles directes sont monnaies courantes. Toutefois, ce week-end était quelque peu différent. L’ambiance de fête sans doute. Je me fais toujours regarder comme si j’étais une martienne, mais les gais étaient gentils et j’ai passé de bons moments dans ce quartier. J’ai discuté avec des gens passionnants et j’ai eu beaucoup de plaisir. Samedi, c’était la tournée des bars avec des copines lesbiennes puis dimanche, un après-midi de discussion avec deux blogueuses et un bambin. Elles me disaient qu’elles aimeraient bien qu’il y ait un char pour les blogueurs gais dans la parade de l’an prochain. Ce n’est pas une mauvaise idée et j’en connais plusieurs (sous le couvert de l’anonymat). C’est que plusieurs blogueurs et blogueuses gais, bi ou autre, sont toujours dans le placard. Je respecte ça et j’aurais bien aimé avoir ce loisir, mais ce n’est pas mon cas. Ça rendrait donc l’idée d’une blogosphère Montréalaise gaie, difficile à concrétiser, à moins qu’ils ne paradent avec des masques, ce qui est tout de même un peu ridicule. J’ai aussi rencontré un journaliste qui va souvent au Cafré Laïka et qui m’y avait remarqué. Il me dit qu’il était fasciné et qu’il m’avait perçu comme une femme intrigante de très grande taille plutôt que comme une trans. Peut-être exagérait-il, mais ça me fit plaisir quand même.

    Tout ça pour dire que je ne suis pas encore fière d’être une trans mais que je suis beaucoup moins honteuse de ma condition disons…

    jeudi 14 août 2008

    Mon premier souper de filles

    Hier soir, de très gentilles blogueuses de mes connaissances m’ont invitée à mon premier souper de filles. Je suis déjà sortie en fille avec plusieurs amies, mais un souper entre filles seulement, avec une gang de filles, c’était une première. En plus, ce sont des demoiselles d’une acuité intellectuelle, d’un humour et d’une vitalité hors du commun. J’ai réellement eu beaucoup de plaisirs avec elles. Comme vous vous en doutez, les sorties de boyz, je connais, mais des soupers de filles, c’est tellement plus intéressant. Tout comme les boyz, les filles parlent de cul en des termes on ne peut plus sans équivoque. Mais contrairement aux boys qui parlent aussi de sports, de jobs et autres sujets qui m’intéressent peu, les filles parlent de famille, d’émotions, de vie et d’expériences personnelles avec une vérité qui fait souvent défaut aux gars. De plus, de me sentir admis dans leur club privé, m’a beaucoup touchée. Je me sentais plus femme que jamais et toute la journée, j’ai été heureuse d’avoir vécu ce moment. Pour moi, c’était une sorte de baptême officieux. Elles m’ont évidemment posé des questions sur ce que je vivais et sur vers où je m’en allais, mais elles ont aussi validé la personne qui était là comme l’une des leurs et c’est surtout ça qui m’a fait du bien. La validation. J’ai tellement besoin de ça d’être validé en tant que femme, vous pouvez pas savoir…

    Scusez les boys mais en plus, elles sont telllllllemmmennnnnt plus drôle

    MAJ
    Mes chums de gars sont vraiment pas contents de ce billet, mais que voulez-vous... :-(

    MAJ2
    Finalement, ils sont plus jaloux que pas content :-)

    mercredi 13 août 2008

    Voyager en tant que transsexuelle

    La semaine prochaine, je vais à Toronto et j’angoisse de passer tous ces contrôles de sécurités à l’aéroport. C’est que mes papiers sont encore à mon ancienne identité et que je ne me ressemble vraiment plus sur mes photos. J’ai une lettre de mon chirurgien de féminisation faciale expliquant qu’il a complètement modifié mon visage. J’espère que ça fera l’affaire et qu’on ne me fera pas trop chier à chaque mautadine de station de vérification. J’ai aussi commencé à m’informer de ce que je peux faire pour diminuer cet inconfort prévisible. Le site de la National Center of Transgender Equality donne de très bons « travel tips ». Aussi, j’ai des copains qui aimeraient bien me voir à Cuba, au Mexique ou ailleurs. Je dois maintenant me questionner au préalable afin de découvrir si une destination est dangereuse pour les trans. Je sais que désormais une partie du monde me sera interdite, mais j’aime mieux prévenir que guérir. Un copain du Réseau de veille en tourisme de l’UQAM me fournit ces signets qui pourront m’aider lors du choix d’une destination.

    http://www.chiff.com/travel/gay-lesbian.htm
    http://www.pinkpagesnet.com/usa/Travel/
    http://www.neitsg.com/travel.html
    www.temenos.net/trans/

    Encore d’autres « gugus » auxquels je devrais m’adapter…

    mardi 12 août 2008

    Du deuil

    Aujourd’hui j’ai pleuré presque toute la journée. C’est le deuil de mon amour qui m’affecte comme ça. Ça va passer, mais en attendant c’est très pénible. Je suis triste « on et off » depuis cette discussion fatidique de vendredi dernier.

    Apprendre à gérer le mépris

    Il y a bien des choses que je n‘aurais jamais imaginé avoir à vivre dans ma vie et d’apprendre à gérer le mépris est certainement l’une d’elles. J’ai déjà écrit comment je trouvais ça difficile, j’en parle avec mon psy et je suis de plus en plus consciente que je vais devoir composer avec ça le reste de ma vie, à des intensités décroissantes, je l’espère. Il faut que je me fasse une carapace. Mais comment se fait-on une carapace? Grande question dont peu ont la réponse. Mon psy me parlait de ces personnes d’obésité morbide qui se font harceler si jamais elles ont le malheur de manger une crème glacée en public ou encore de ses « minorités visibles » qui sont victimes de racisme. Je suis maintenant une minorité encore plus minoritaire que la très grande majorité des sous-groupes imaginables et en plus, cette condition de transsexuelle est peu connue et toujours empreinte de mythes et de tabous, incluant ceux de nature sexuelle qui emmènent son lot de « tripeux de shemale ». L’une des transsexuelles d’un certain âge me racontait ce week-end comment dans les années 60, les transsexuelles québécoises se faisaient encore jeter en prison pour le motif de « déguisement dans le but de faire un acte criminel ».

    Avec le Bill Omnibus de Trudeau, ça a un peu changé. Pour en revenir à la question du mépris, mes mécanismes de gestion possible sont de relativiser (peut-être que la personne est inconsciente), de m’apitoyer (ça me fait de la peine si tu es « pas fin » avec moi), d’ironiser (appeler la personne qui m’appelle monsieur par l’opposée de son sexe), de blaguer (j’ai pas encore trouvé de blagues vraiment bonne, va falloir que je travaille là-dessus) ou de finalement développer un aveuglement sélectif (ne plus voir tout ce mépris et me faire à croire qu’il n’existe pas). L’autre façon de gérer ça est aussi d’être la trans de service et de développer une sorte de « fierté trans », comme la « fierté gay » et de militer et d’expliquer ad nauseam, les tenants et aboutissants de cette condition qu’on peut aussi appeler un caprice de la nature. Mais je ne suis pas encore là et ne suis pas encore « fière » d’être un trans. Le serais-je jamais?

    lundi 11 août 2008

    Un week-end très émotif

    Je viens de terminer un week-end très émotif. D’abord, vendredi, l’amour de ma vie et moi avons décidé de nous séparer définitivement (quoique je rêve toujours que ça revienne). Nous vivons séparément depuis février, mais nous nous voyons chaque fin de semaine et nous nous parlons chaque jour. Mais voilà que l’adaptation est plus difficile que prévu et qu’elle ne semble vraiment pas capable de tendresse envers une femme. Je la comprends et suis vraiment impressionnée de tout le chemin qu’elle a parcouru et des nombreux efforts qu’elle a déjà faits. Nous voyons cela venir depuis un bon moment, mais il semble que c’est maintenant définitif. Nous resterons amies jusqu’à la fin de nos jours, mais nous ne serons plus un couple, dans le sens traditionnel de la chose. J’angoisse cependant de ma réaction à ce nouveau conjoint potentiel qu’elle pourrait un jour avoir. Vais-je être capable de m’adapter à celui-ci et de la voir dans les bras d’un autre? Je ne le sais vraiment pas.

    Samedi, nous sommes allées toutes les deux au pique-nique annuel de l’association des transsexuelles du Québec. Ça me fait toujours du bien de voire que je ne suis pas la seule avec ce problème et c’est très bénéfique pour mon ex. de parler à d’autres trans et transboy (trans de femme à homme) et de découvrir que nos histoires sont somme toute, très semblables. Elle était aussi surprise de remarquer à quel point cette condition affecte des gens de toutes les classes sociales, profils psychologiques et capacités intellectuelles. Lorsque nous sommes revenues, elle hésitait entre me donner de la tendresse on s’en tenir à notre décision de nous donner la liberté d’aller voire ailleurs.

    Puis hier soir, j’ai reçu l’appel de mon filleul dont je n’avais pas entendu parler depuis décembre dernier. Il a réellement été le garçon que je n’ai jamais eu et je l’ai gâtée depuis son tout jeune âge. La semaine dernière était son anniversaire et mon ex. et moi lui avions envoyé une carte et un cadeau par la poste puisque ses parents ne veulent plus me voir. Hier soir, il me téléphona pour me remercier et pour me dire qu’il aimerait bien me revoir. J’en étais très émue et contente et j’anticipe le plaisir de cette prochaine rencontre.

    Tout ça pour vous dire que j’ai versé de nombreuses larmes ce week-end et que j’ai bien hâte de voir mon psy tout à l’heure et de discuter de ça (et de bien d’autres choses) avec lui.

    lundi 4 août 2008

    Ma chirurgie faciale, deux jours après


    Voici l’une des photos qui ont été prises deux jours après mon opération. Ça vous donne une idée des premiers effets de celle-ci. Mais je ne soufrais pas tant que ça. Comme me l’avait prédit mon médecin, c’était plus inconfortable que douloureux (ils ont de la bonne drogue sous prescription, la douleur est donc contrôlée). À l’arrière-plan, vous pouvez voir de la verdure. C’est que pour les premiers jours suivant l’opération, j’étais à la maison l’Asclépiade, qui est une maison de convalescence pour transsexuelle. D’ailleurs, j’étais la seule Québécoise et la seule ayant eu une chirurgie de féminisation faciale. Les autres pensionnaires qui venaient des quatre coins de la planète étaient surtout là pour se remettre de la chirurgie de réattribution sexuelle (sex reassignment surgery (l'info est plus complète en anglais)) ou pour l’augmentation mammaire. C’était un endroit extraordinaire, sur le bord de la rivière des Prairies, avec des infirmières et un personnel triés sur le volet. Qu’ils étaient gentils et humains.

    Deux jours après l’opération, j’étais déjà un peu plus “regardable”. Je revois encore mon cousin, une demi-heure après l’opération. Les infirmières me demandèrent si je me sentais capable d’avoir de la visite. Je répondis oui et ils me levèrent dans mon lit. Je regarde donc par la porte et je vois mon cousin qui avance. Lorsqu’il me voit, il arrête de marcher, viens blanc comme un drap et recule de deux pas. Disons que ça me stressait un peu. Le soir même, il téléphone à Bibitte et lui dit qu’il croyait être fait fort, mais qu’il avait eu tout un choc et lui suggérait fortement de l’attendre avant de venir me voir le lendemain, afin de ne pas être seule. C’est qu’après mon opération, mes cheveux étaient repoussés vers l’arrière, ils étaient encore pleins de sang et que l’on pouvait voir les broches qui retenaient mon crâne, et qui allaient d’une oreille à l’autre. Ça faisait un peu comme dans une mauvaise scène de Frankenstein…

    Il y a déjà un an

    C’est à peu près il y a un an que mes mécanismes de négations tombaient d’un coup et que j’entrais dans ce qu’on appelle techniquement, la dysphorie d’identité de genre, qui est une forme de dépression. Un an plus tard, je suis en train de devenir ce que mon cerveau a toujours été, une femme. Je me sens bien et je m’adapte au mieux possible, à cette nouvelle réalité. D’ailleurs, je commence à me faire sérieusement séduire par des messieurs et ça me gêne énormément. Va falloir que je regarde ça avec mon psy et que je développe des mécanismes pour « gérer » ça…

    Ce week-end, un monsieur durant un party auquel j’assistais, et qui savait que j’étais trans me dit, « tu devais être un bel homme parce que tu es vraiment une très belle femme ». Puis, il voulait savoir quelle était dorénavant mon orientation sexuelle. J’étais rouge comme une tomate, je bégayais et essayais de lui faire comprendre que j’étais lesbienne. Ça me faisait réellement plaisir puisque ça validait un peu ma féminité nouvelle, mais en même temps, je ne me suis pas réellement préparée à ça. La semaine dernière, un groupe de joueurs de pétanques d'un certain âge me sifflait et l’un des joueurs s’exclama, « Ho le beau parapluie », je regardais tout le tour de moi, mais j’étais bien celle à qui ces sifflotements et ces remarques étaient destinés. Je les remerciais poliment et continua de marcher en regardant droit devant. Disons que je marchais un peu plus vite qu’à l'accoutumée…

    vendredi 1 août 2008

    Ces autres blogueuses que j’aime

    Dans mon dernier billet, je ne devais nommer que cinq blogueuses que j'estimais. Le problème avec ça est qu’un grand nombre de blogueuses ont été gentilles avec moi et m’ont permise, chacune à leur manière, d’adoucir considérablement ma transition dans le monde des femmes. Elles ont été d’une gentillesse, d’une générosité, d’une curiosité et d’une ouverture qui me surprend encore. J’ai la chance d’être une personnalité publique et de connaître plusieurs personnes, mais de tous les types de personne que je connaisse, les blogueuses ont été de loin, les plus admirables à mon égard. Elles m’ont réellement fait sentir que je faisais maintenant partie de la grande famille des femmes (et plusieurs me l’ont même verbalisé ou écrit). Jamais je n’aurais cru plusieurs de ces personnes si gentilles. C’est dans les moments difficiles qu’on se rend compte du cœur des gens et ça met un baume apaisant, sur les difficultés que je rencontre encore dans cette aventure. Avec ce billet je voulais simplement les nommer et les remercier. Le pire est qu’une fois que ce sera en ligne, je m’apercevrais probablement en avoir oublié plusieurs.

    Il y a, dans l’ordre ou elles me viennent à l’esprit et outre celles déjà nommées dans le précédent billet :

    Kim Vallée
    Nadia Seraiocco
    Isabelle Lopez
    Marie-Josée Belley
    Sandra Doyon
    Martine Gingras
    Martine Pagé
    Michelle Sullivan
    Panthère Rousse
    Aurelie Ponton

    Véronique Desrosiers
    Isabelle Poirier
    Geneviève Piquette
    Mademoiselle Klektik
    TanMcG


    MERCI DU FOND DU COEUR D’AVOIR ÉTÉ SI GENTILLES AVEC MOI

    Mon blogue trans, sort tranquillement de l’ombre

    J’ai écrit ce blogue parce que je me devais d’exprimer cette aventure incroyable que je vis et parce que c’est très thérapeutique pour moi. Je me souviens encore de ce que m’avait dit Martin Ouellette de Provokat, lorsque je lui avais révélé la condition qui m’affecte et la peur que j’avais, que ça affecte mon « brand » et ma profession que j’aime tant. Contrairement à l’avis de mon comité de gestion de crise de relations publiques qui me conseillait fortement de ne rien dire à propos de ma condition, avant ma chirurgie faciale, Martin me suggérait de parler haut et fort. Il me dit :

    Michel (j’étais encore un homme à cette époque), tu me dis que tu as déjà fait ton coming-out à tes clients et qu’ils réagissent bien. Tu me dis que plusieurs personnes qui vivent ce que tu vis finissent par se suicider, tu as un don et avec le don vient une responsabilité. Tu as le don de la communication et de la vulgarisation et ce que tu vis, es encore peu connue et as vraiment besoin d’être vulgarisé et s’il y a une personne qui peut le faire au Québec, c’est bien toi. Tu as le devoir de parler. De plus, si tu fermes ta gueule, toi qui es l’apôtre de la communication transparente, que feras-tu lorsque durant une conférence, quelqu’un te dira : oui, mais vous nous avez menti sur votre condition tout ce temps? Tu dois donc parler, ne pas te cacher puisque de toute façon, ce que tu vis n’est pas de ta faute et tu dois assumer publiquement et fièrement qui tu es.

    Après ce discours-choc, je fus ébranlée durant une grosse semaine et puis je me décidai de mettre en ligne mon coming-out qui était déjà écrit depuis plus de deux mois. Puis j’acceptai une entrevue du journal La Presse puis celle de Paul Arcand, le morning man le plus écouté au Québec et à l’émission de la radio communautaire, Douce Folie, qui traite de santé mentale. Cependant, j’ai aussi refusé des topos de Dernière Heure et d’apparaître à l’émission de Mongrain. Je continue donc de protéger mon image et je ne veux pas devenir la trans de service pour les médias qui pourraient vouloir faire un cirque de mon histoire. J’ai aussi déjà refusé 4 offres de documentaires sur ce que je vis. Je veux être transparente, aider les autres (si possible) et surtout, documenter ce que je vis, pour moi-même et pour éventuellement faire quelque chose avec ça. D’où la naissance de ce blogue, qui était d’abord complètement fermé et seulement accessible aux copines transsexuelles MySpace (environ 250), qui étaient mon groupe de soutiens virtuel et ma source d’information privilégiée pour comprendre comment d’autres personnes qui vivent la même chose que moi, sont arrivées à survivre à ça.

    Mais voilà que ce qui a longtemps été un blogue « intimiste » sort un peu de l’ombre, et semble toucher des gens qui sont très loin de la problématique transsexuelle. C’est donc tant mieux, ça me fait plaisir, ça me touche et ça remplit un peu la mission que l’ami Martin m’a si directement identifiée comme étant l’un de mes devoirs de vulgarisation.

    Pour rester dans le même sujet, et changer un peu, hier soir en discutant avec l’amour de ma vie, elle me dit que son voisin avait été impressionné d’entendre mon entrevue à Arcand de cet hiver et de connaître la conjointe, ainsi que la personne qui vivait ce drame. J’ai donc appris que l’entrevue de cet hiver était en rediffusion avant hier et je comprends mieux pourquoi il y avait tant d’activité sur mon blogue pro, et de recherche Google avec les différentes déclinaisons possibles de mon nom.
    Aussi, hier c’était l’Intellexuelle, qui se disait touchée par mon blogue, aujourd’hui, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est au tour de Stella de la Rhune d’y mettre son grain de sel.


    •••Michelle Leblanc www.femme-2-0.blogspot.com
    parsk C une pro du Marketing 2.0 de la bande de Montréal, créatrice du Yulbiz avec Philippe & Claude
    notamment, et je choisis D'exprès son blog perso, car elle vit actuellement une histoire personnelle pas banale, qui me touche beaucoup, car ça fait réfléchir à
    la grande question de la féminité,

    Ainsi, je me dois, selon les préceptes de cette chaîne de blogue, de continuer à mon tour la diffusion de ce que je trouve être le meilleur à mes yeux.

    La règle du jeu:1/ Vous devez choisir 5 blogs que vous estimez mériter ce prix pour leur créativité, conception, matériel intéressant et contribution à la communauté de bloggeurs, quelque soit la langue,2/Chaque prix doit contenir le lien vers le blog de son auteur pour être visité par tous,3/Chaque lauréat doit montrer son prix et remettre le nom et le lien vers le blog qui lui a donné,4/Le lauréat doit montrer le lien de l’art y pico blog,5/Et afficher les règles.
    Notons que ce prix a d’abord été instauré par Eseya, une jeune artiste Uruguayenne.

    Le hic avec ça, est que je suis beaucoup plus auteure, que lectrice. Je ne lis pratiquement pas de blogues finalement. C’est donc difficile pour moi de poursuivre la chaîne de manière limpide, efficace et pertinente. Ma liste n’est donc pas un liste de ce qui se fait de mieux, mais plutôt une liste des copines que j’aime bien et que je dois l’admettre, je ne lis pas assez.

    Marie-Chantale Turgeon
    Entrepreneur, artiste et « flyée » notoire, que j’aime bien et qui m’inspire

    Florence Meichel
    Le matin de ma chirurgie de féminisation faciale, juste avant que je ne parte pour l’hôpital, Florence me fit parvenir un billet qu’elle mit en ligne pour moi. J’en fus si émue que je n’ose plus regarder ce clip, car je sais que je vais encore pleurer comme une madeleine…

    Katheline Jean-Pierre
    Jeune gestionnaire Web qui est une très bonne amie à moi et qui a été l’une de mes premières « coach » de féminité. Nous sortions en public ensemble au début de ma transition et elle me donnait divers conseils sur ce que je devais encore apprendre et améliorer.

    Patricia Tessier
    Stratège Web qui m’impressionne par sa fougue et sa pertinence, je vais d’ailleurs aller manger avec elle tout à l’heure.

    Renée Wathelet
    La femme la plus gentille que je connaisse. Elle est d’une générosité, d’une délicatesse et d’une chaleur humaine qui m’émeut beaucoup. Malgré qu’elle fût en vacance, plusieurs fois elle chatait avec moi sur Facebook, juste pour savoir comment j’allais.

    Et comme les pâtissiers qui donnent une brioche de plus, je rajoute

    Natacha Quester-Semeon
    Qui est sans doute la blogueuse francophone engagée aimante de la politique et de l’éthique du blogue, la plus connue de la planète francophone. Nous ne nous sommes rencontrées qu’une fois à Paris, mais depuis, nous sommes restées amie et régulièrement, elle me demande des nouvelles, par simple altruisme et ça me fait toujours le plus grand des plaisirs. D’ailleurs sa mère, Tatianna, lors de mon coming-out, me fit le plus troublant des commentaires.

    Salut Michelle,
    Votre sincérité et votre courage honorent l’humanité!
    Bonne route et bon vent, et merci d’exister parmi nous !



    Voilà…

    jeudi 31 juillet 2008

    Grosse journée de nouvelles aujourd’hui

    Tout d’abord un très chaleureux merci à la très gentille Intellexuelle pour avoir primé cet humble blogue. Comme elle le dit dans son billet :

    Il y a bien son blogue plus professionnel, où je tire des milliers d’informations pertinentes. Mais c’est sur son blogue personnel que je retrouve l’émotion. Assister à la naissance d’une femme à travers tous les préjugés, tous les regards obliques, toutes les embuches ; la savoir vivante et forte, directe et droite, solide et fière, me rend encore plus femme à mon tour. Michelle est une femme incroyable et inspirante. Découvrir son périple et suivre au quotidien les aléas d’un choix de vie déchirant quoique impératif est un privilège. Elle m’émeut, m’impressionne et m’interpelle.


    Ça me touche beaucoup.

    Puis il y a ce client qui m’avait donné un beau gros mandat, après que je lui fis mon coming-out l’automne dernier. Déjà, c’était une marque de confiance et de respect qui m’avait beaucoup touchée. Mais voilà qu’alors que l’allais diner avec lui après un avant-midi de travail, j’étais toujours un homme à l’époque, il me dit avec un élan de franchise peu commune: Tu sais, le vrai test sera vraiment de savoir si j’aurais le cran de te réinviter à diner dans cette brasserie, ou je suis une personne connue, une fois que tu auras fait ta transition?

    Il vient de m’inviter à diner dans cette même brasserie ce matin :-)

    Puis, il y a cette copine Facebook qui me demande si j’ai vu le film Transamérica. Je lui réponds que curieusement, ce film ne m’avait pas touchée outre mesure, mais que le film qui m’avait complètement bouleversée était plutôt Normal. L’histoire de ce film est tellement semblable à ce que mon ex. et moi vivons (excepté pour la portion travail), que lorsqu’on l’a vue, ça a coûté cher de kleenex. Si vous le voyez, vous comprendrez du coup, son désarroi, le mien et la complexité de notre relation, nous qui continuons de vivre un amour si profond, qui devons vivre avec le regard et le jugement des autres et qui continuons, tant bien que mal, de tenter l’impossible adaptation…

    jeudi 24 juillet 2008

    Photo de mi-profil 28 jours après FFS












    Pour ceux que ça intéresse, voici une vue de mi-profil, 25 jours après ma chirurgie de féminisation faciale. Ça ressemblera beaucoup au visage que je vais avoir le reste de mes jours. Encore d'autres interventions mineures sont prévues pour le 15 août prochain, mais ça ne devrait pas changer substantiellement ce visage. J'en suis très heureuse et ça me permet maintenant de passe à d'autres des nombreuses étapes que j'ai encore à faire avant d'avoir terminé cette transition.

    Mon premier bébé

    Hier soir, je recevais un couple d’amis/clients venant de New York. Mon amie vient d’accoucher et elle est venue avec sa petite Inez, âgée de 7 semaines. Comme elle était jolie! À un certain moment, je lui ai demandé la permission de la prendre dans mes bras. Ce fut un moment réellement émotif pour moi. C’était la première fois que je tenais un bébé depuis que je suis devenue femme. Ça faisait vraiment drôle de vivre ça et ça m’a émue. Dans ma tête, j’imaginais que c’était mon bébé et que j’étais sa mère. Quel sentiment incroyable! J’aurais tellement aimé avoir des enfants…

    mardi 22 juillet 2008

    Tellement heureuse d’être enfin une femme

    Aujourd’hui il pleut! Mais je suis tout de même vraiment heureuse d’être une femme. Je me sens belle, je suis fière des nouvelles fringues achetées ce week-end et je me sens FEMME. Je me regarde ans le miroir et de matin en matin, mon visage prend ses formes féminines et je l’apprécie et m’y habitue avec ravissement et étonnement. Hier mon cousin est venu me voir et je lui montrais la photo de mon passeport qui a été prise il n’y a que deux ans. Il était estomaqué du changement et me disait qu’il avait maintenant de la difficulté à se souvenir de cet ancien Michel. Il était aussi vraiment expressif et me racontait plusieurs anecdotes démontrant à quel point il me trouvait maintenant féminine. Disons que ça fait du bien au moral. Outre mon ex., mon cousin est mon plus grand soutien. Il était là lors de mon réveil à l’hôpital, il m’encourage et me soutiens depuis le début de mon aventure et est vraiment extraordinaire avec moi.

    Aujourd’hui je porte du rouge et je pense que c’est ma couleur féminine de prédilection. Je me sens réellement belle et je ne suis même pas maquillée. C’est tout dire. Il y a des journées comme ça! Heureusement…

    jeudi 17 juillet 2008

    De ma famille

    Comme c’est malheureusement le cas pour beaucoup de transsexuelles, les ponts sont coupés avec ma famille depuis maintenant presque un an. Lorsque j’ai expliqué à l’une de mes sœurs ce que je vivais, dans une crise émotive, elle me lança qu’elle aurait préféré apprendre que j’étais morte. Depuis, elle et la majorité des autres membres de ma famille m’ont tuée socialement. C’est elle qui recevait à Noël, et ma conjointe, son fils et moi-même n’étions pas les bienvenues. Malgré le fait que ma conjointe et moi, avions reçu toute la famille à tous les deux ans, durant les 14 dernières années et que nous faisions plusieurs partys ou les mets fins et les bons vins, étaient fournis à profusion. Malgré aussi que j’y serais allée en homme. Tout d’un coup que j’aurais parlé de mon « problème »? Le risque était trop grand et il aurait brisé « la quiétude » de ma très chère petite sœur. Maintenant, tous les événements familiaux se font sans ma présence. Je suis « barrée » comme on dit. Je parle encore à mon père et à deux de mes frères qui me voient à l’occasion. Mais je viens d’une famille recomposée de neuf enfants, sans compter les conjoints et mes petits neveux et nièces dont je suis aussi coupée. La semaine dernière, je me suis vraiment fâchée et je suis « tombée dans la face » de mon père et de mes deux frères. Je suis estomaquée et profondément blessée qu’ils n’ont jamais rien dit au reste de la famille et qu’ils acquiescent, de facto, à mon exclusion systématique de la famille. Ils disent accepter ma condition, mais à chaque fois que nous nous rencontrons ils me parlent de la famille, me donnent des nouvelles auxquelles je n’ai pas la capacité de réagir et m’accusent de ne pas donner « le temps ». Par exemple, l’une de mes sœurs a fait une deuxième fausse couche, mais elle aime mieux ne pas me parler avant qu’elle ne soit prête. Ça me met en « tabarnak » de savoir ça et de ne pas avoir la capacité de réagir. J’ai dit à l’un de mes frères de ne plus me donner de nouvelles de la famille et de ne plus leur en donner de moi. S’ils veulent savoir comment je vais, ils pourront toujours me téléphoner. Ce qui me chagrine vraiment dans tous ça est que plus le temps passe, plus il passera. À un certain point, ce sera rendu facile d’agir comme si j’étais morte et la culpabilité du rejet qu’ils me font vivre empirera les choses. Lors de la dernière discussion avec l’une de mes sœurs, elle me demandait de respecter le fait qu’elle avait besoin de temps. Je lui répondis, que je comprenais, mais que je me demandais ce qu’elle faisait de ce temps. Voit-elle un psychologue, fait-elle des lectures ou pense-t-elle que par miracle, un beau matin elle va se lever et que cette journée-là elle sera enfin prête à me voir telle que je suis? La conversation se termina là et nous n’avons jamais reparlé depuis. Mon père me dit qu’il ne pouvait rien faire. Je lui répondis que je comprenais le fait qu’il ne fasse rien. Mais qu’il y avait quelque chose à faire, qu’il pouvait faire quelque chose et qu’il ne faisait rien. Il pourrait dire que c’est inadmissible qu’une fête de famille ait lieu sans l’un de ses membres. Il pourrait faire la grève de sa présence. Il pourrait être le père de famille qui « parle dans le casque » à ses enfants. Mais il est faible, vieux, a peur du risque et ferme sa gueule. Mes deux frères qui sont mieux placés pour parler sont tout aussi lâches. Si l’un des membres de la famille avait subi ce sort, il me semble que j’aurais été la première à le défendre et à être outré de cette injustice.

    Le plus triste dans tout ça, est que le prochain moment qui risque de tous nous réunir, sera très probablement à la mort de mon père. Mais à ce moment-là, ma famille aussi sera probablement enterrée pour moi…

    Se faire une carapace

    Avant l’éclatement de mes mécanismes de défense et mon entrée dans la réalité transsexuelle, j’étais une personne avec la mèche courte et la susceptibilité grande. Depuis, peu a changé à ce chapitre sauf que maintenant, ça me fait terriblement souffrir. Mais comment se fait-on une carapace? C’est une question que je vais investiguer à fond avec mon psy, à son retour de vacance, car c’est rendu vraiment difficile pour moi. À chaque fois qu’on me dit il ou qu’on se réfère à moi comme un homme, ça me blesse un peu et cette blessure grandit de jour en jour. Le pire, c’est quand je paye pour un produit ou un service et qu’on me donne du « monsieur ». Là je ne suis vraiment pas contente et si je peux exprimer mon mécontentement, je me sens mieux. Sinon, je reviens chez moi avec une boule de frustration dont je ne sais que faire. Je croyais que la FFS enrayerai ça une fois pour toutes, mais ce n’est vraiment pas le cas. Ce qui a changé est que lorsque je suis assise sur une terrasse du centre-ville, les passants qui auparavant lorsqu’ils s’adonnaient à me voir, me fixaient du regard avec une insistance accompagnée quelquefois de mépris, on me pointait du doigt et ou on se moquait ouvertement de moi. Maintenant, au regard furtif, je ne sors plus comme avant, de la masse. Alors, les gens me regardent puis continuent de balayer ailleurs du regard. C’est déjà ça. Cependant, si on est assis pas très loin de moi et comme le font souvent les gens, on commence à observer chacune des personnes de l’environnement proche, il semble qu’on s’aperçoive facilement qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi et les regards se font dès lors, plus persistent. Je comprends que je suis encore enflée, que l’effet complet sur le corps des hormones, prend environ deux ans et que je n’en prends que depuis 6 mois, que ma voix et mes manières ont encore besoin de beaucoup de travail et que je suis aussi d’une grandeur hors norme pour un homme, donc que ça attire l’attention encore plus, pour une femme. Je sais tous ces éléments et je comprends cette insistance des gens à me décortiquer ou à me juger du regard. Mais comment vivre avec ça tous les jours sans que ça ne m’affecte? Là est la grande question à laquelle je n’ai pas encore de réponse et avec laquelle je me dois de composer coûte que coûte, probablement pour le reste de mes jours…

    mercredi 16 juillet 2008

    De ma transparence

    Pierre Côté qui fait parti de mes connaissances Facebook, se surprend et se régale (dans un petit vidéo) de mes différents statuts Facebook qui documentent mes expériences personnelles liées à ma condition. Il questionne le pourquoi d’une telle transparence.

    Voici ma réponse :

    Salut Pierre

    Merci de ton topo. C'est vrai que c'est thérapeutique pour moi et peut-être un peu impudique. Mais comme tu le mentionnes, ce ne sont que les connaissances approuvées sur mon profil Facebook qui ont accès à mes pensées/statut, puisque mon profil est verrouillé et qu'il faut que j'autorise au préalable, les gens, pour qu'ils aient accès à mes statuts. Ainsi, il y a une gradation du dévoilement de mon intimité, dans Facebook, Twitter, mon blogue personnel et celui spécifique à ma condition de transsexuelle. D’ailleurs, je n’avais pas vraiment le choix de dévoiler ma condition au grand jour puisque mon brand était ma personne et qu’un changement de sexe ne passe pas inaperçu. En outre, j’ai toujours été promotrice de la communication authentique et transparente sur le Web, je me devais donc d’être conséquente avec moi-même lorsque mon drame est survenu. Je suis plus ouverte dans des lieux Web qui sont un peu plus fermés (comme Facebook et Twitter) parce qu’effectivement, c’est un peu mon groupe de soutiens virtuels, que ça me fait du bien et que ça documente ce que je vis et que ça pourra servir un jour ou l’autre, si jamais je décide d’écrire un livre, de faire un documentaire ou quoi que ce soit. De plus, ça aide aussi les autres personnes (un homme sur 30 000 et une femme sur 50 000) qui sont aussi aux prises avec la réalité de la dysphorie d’identité de genre…

    lundi 14 juillet 2008

    Photo avant après de mi-profil

    photo avant après FFS de Michelle Blanc

    Voici un comparatif photographique avant après, de mi-profil. La première photo a été prise en novembre dernier. Cette photo fait partie d’une série de photos qui ont été prises avant mon hormonothérapie. La copine Julie Bélanger commentait dans Facebook :


    Ok, je le sais que c'est étrange ce que j'écris là mais sur la photo de gauche, on dirait que ton regard est éteint alors que sur la photo de droite, tes yeux brillent et tu regardes directement en avant et t'as l'air prête à faire face à tout et surtout à la vie. Peut-être que ça n'a pas de sens ce que j'écris là mais en tk – beau visage. Voilà.


    Je lui répondais :


    La photo de novembre a été prise alors que j'étais encore en état de dysphorie de genre, qui est une forme de dépression qui se guérit entre autre, par la prise d'hormones qui elle aussi, est un autre outil de confirmation diagnostic.


    Je suis donc beaucoup plus heureuse d’être physiquement, ce que mon cerveau est depuis ma naissance, c'est-à-dire femme. Notez aussi que mon visage change encore à la vitesse grand V et je serai fixée sur celui-ci dans encore plusieurs semaines. Mais j’en suis déjà très satisfaite. Je commence d’ailleurs à me faire faire les yeux doux par des messieurs. C’est con à dire, mais je n’avais pas songé à ça et ça me surprend énormément. Encore une autre chose à laquelle je vais devoir m’adapter…


    MAJ

    La dernière chose à désenfler sera mon nez. Il devrait être encore beaucoup plus raffiné.

    MAJ2

    Le tour de mes yeux est encore bleu et d’autres changements sont encore à prévoir puisque j’ai enflé si rapidement durant l’opération qui dura 8 heures, que le chirurgien n’a pu compléter toutes les interventions qui étaient prévues (lèvre inférieure, paupière inférieure, base du nez et replis au menton). Dans les prochaines semaines, il complétera donc ses interventions et ma physiologie faciale changera donc encore beaucoup.

    MAJ3

    J’ai d’abord retiré ce billet, après publication, durant le week-end parce que je n’étais pas satisfaite de la photo de droite et que ma physionomie change encore rapidement. Je me ravise aujourd’hui et le remets en ligne puisque plusieurs ont déjà vu ce billet qui a été diffusé via fil RSS et Feedblitz et que bien que je ne sois pas encore entièrement satisfaite de cette vue de face (je le suis complètement de la vue de profil), je me dois d’être intègre envers mes lecteurs et d’accepter les imperfections qui existent encore. C’était à moi à ne pas mettre ce billet en ligne en premier lieu, si je ne voulais pas encore le diffuser. Voilà…

    jeudi 10 juillet 2008

    Les détails de ma FFS

    Ma chirurgie de féminisation faciale impliquait le remodelage de l’os de mon front et de ma mâchoire (sablage). Pour ce faire, le Dr. Bensimon m’a ouvert le front d’une oreille à l’autre et l’intérieur de la bouche, au niveau inférieur. Il m’a aussi refait le nez et j’ai une petite cicatrice, à la base de celui-ci. Il a redrappé mes paupières supérieures qui étaient tombantes. Il m’a injecté de mon propre gras (qu’il a prélevé au niveau de l’abdomen) dans la lèvre supérieure. Finalement, j’ai aussi des implants au niveau des joues. Ces implants sont vissés sur mon os et ont été implantés via deux petites ouvertures à l’intérieure de ma bouche, au niveau supérieur. Lorsqu’il a recousu la peau de mon front, il a abaissé le niveau de la ligne de mes cheveux et positionné mes sourcils un peu plus hauts qu’ils étaient. Voilà donc les détails de l’opération, pour ceux que cela pourrait intéresser. Des photos de face seront mises en ligne, une fois que je serais complètement satisfaite de celles-ci (mon petit côté fier). Comme je suis encore enflée, de face, mon visage n’est pas encore celui qu’il sera dans quelques jours (ou quelques semaines). Voilà. Ha oui, l’opération a duré 8 heures sons anesthésie générale, je suis restée une journée à l’hôpital et deux jours à la maison de convalescence spécialisée pour Transsexuelle (l’Esclépiade), qui jouxte l’hôpital.

    mercredi 9 juillet 2008

    Photo avant/après

    Chirurgie de féminisation faciale de Michelle Blanc, avant et après

    Demain, ça va faire deux semaines que j’ai eu ma chirurgie de féminisation faciale. Mon nez, mes joues et ma lèvre supérieure sont encore enflés. Ça me donne un petit look Marge Simpson qui devrait s’estomper. Mais pour vous donner une idée, voici une photo avant et après. La photo avant a été prise en novembre dernier, avant que je ne prenne des hormones et la photo après a été prise il y a deux jours. Je suis donc très heureuse des résultats qui vont encore s’améliorer. Je suis surtout heureuse de pouvoir maintenant déambuler dans la rue sans avoir à subir ces regards de mépris qui m’ont tant fait souffrir. De me débarrasser de ceux-ci était l’objectif premier de mon opération et je puis d’ores et déjà être complètement satisfaite de l’atteinte de celui-ci…

    lundi 30 juin 2008

    Miss Piggy

    Billet dupliqué de mon blogue principal

    Je suis enfin de retour chez moi et je vais bien. Je me remets tranquillement de l’opération et je n’ai pas de douleurs (j’ai de la bonne drogue prescrite par mon médecin). C’est très inconfortable comme le docteur me l’avait prédit et j’ai la tête lourde. Mais de jours en jour, je découvre ce nouveau visage. La première journée je ressemblais à Miss Piggy, puis hier et aujourd’hui j’ai l’air d’une femme qui a été sévèrement battue. La constante dans tout ça est que j’ai déjà l’air d’une femme et j’en suis vraiment heureuse. Je revois mon chirurgien, le docteur BenSimon vendredi et dès lors, je devrais avoir une meilleure idée de mon nouveau look. Je vous embrasse tous et vous remercie encore de vos nombreux messages de soutiens…
    MAJ
    Un merci très spécial pour la pensée de Florence qui m’a beaucoup émue.

    jeudi 26 juin 2008

    Minuit

    Billet dupliqué de mon blogue principal

    Il est presque minuit, dans 8 heures débuteras la transformation complète de mon visage et donc de ma personnalité externe. Ça aura des effets indéniables sur ma personnalité interne. J’espère vraiment ne plus vivre le mépris et le dédain à mon égard, que j’ai vécu si vivement et amèrement cette semaine. J’espère enfin que de l’extérieur, on puisse voir la femme que je suis en dedans. J’espère enfin redevenir normale aux yeux des autres. Que de souffrances et que de joies profondes cette condition de transsexuelle me fait vivre. Ces derniers mois, ma vie s’est accélérée par dix. Autant j’ai eu des expériences touchantes, autant j’ai vécu le répugnant. La cadence des événements positifs et négatifs s’est multipliée par dix. L’intensité aussi. Jamais de ma vie je n’avais été touchée autant par la simple gentillesse des gens, et par leur méchanceté aussi. Cette expérience est profonde et troublante. Elle me fait voir des choses magnifiques et terrifiantes, de l’âme humaine. De la mienne et de celle des autres. Demain, je ne serai plus jamais la même personne. Je ne le suis déjà plus…

    mercredi 25 juin 2008

    Vacance de convalescence

    Billet dupliqué de mon blogue principal

    À partir de cette semaine, ma vie va changer pour le mieux, et ce, à plusieurs égards. Tout d’abord, je rencontre l’un de mes avocats cet après-midi, avec tous les documents nécessaires, afin qu’il enclenche les étapes légales en vue de mon changement de nom légal de Michel Leblanc à Michelle Blanc. Le changement de prénom relatif à un changement de sexe est une pratique peu dispendieuse et assez facile à faire. Mais comme je change mon prénom et mon nom, cela doit se faire devant un juge et il faut qu’il donne son aval et qu’il trouve les justificatifs satisfaisant (une couple de milliers de dollars) sinon il faut par la suite aller en instance supérieure et c’est là que ça risque d’écorcher sensiblement mon porte-monnaie. On parle de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Mais mon dossier semble très positif et je suis sûre que tout ira bien.
    Puis jeudi, c’est le grand jour. À partir de 8 h, je suis sur la table d’opération pour subir une chirurgie de féminisation faciale. Les semaines qui vont suivre (mes vacances quoi) serviront à me rétablir et à récupérer des suites de celle-ci. Comme je serai aveuglée par les compresses un certains nombre de jours, je ne vous donnerai pas de nouvelles tout de suite après l’opération. Mais dès que je le pourrai, je vous laisserai savoir si tout a bien été. Comme c’est aussi mon habitude durant mes vacances, je ne bloguerai pas. Cette semaine je travaille, mais je n’ai vraiment pas la tête à discourir de commerce électronique ou de marketing internet. Disons que pour l’instant, mes passions sont sur la glace. Je serai de retour avec mon entrain habituel, quelque part à la mi-juillet, en fonction de mon rétablissement qui devrait être complété à ce moment. Je vous embrasse tous et je pars terminer mon dossier pour le donner à mon avocat cet après-midi. À bientôt…

    MAJ
    Pour avoir une idée de l'avant/après et pour comprendre un peu comment un "mâle" comme je l'ai été, peu devenir femme, je vous invite à lire l’article de cet ex-capitaine des parachutistes Britaniques, Jan Hamilton, dans le MailOnline.

    MAJ2
    Nous sommes aujourd’hui mercredi le 25, il est 16:15hr et j’ai été submergée de messages d’appuis, Facebook, Twitt, courriel et autre. Ça me touche beaucoup et je vous en remercie chaudement. Pour l’instant, je ne touche plus à terre d’anxiété. J’arrive de chez mon chirurgien dont le bureau est à 4 portes de chez moi et avec son humour bien particulier, il me demande comment je vais, je lui dis être anxieuse comme je ne l’ai jamais été de toute ma vie. Il me répond de ne pas m’en faire si je ne dors pas ce soir, que de toute façon, je dormirais amplement les prochains jours. Quel blagueur! Ce soir ce sera le Yulbiz mais je n’irai pas. Je suis trop émotive, anxieuse et pas supportable pour y être. J’en suis désolée. De plus, j’ai de la difficulté à recevoir et ça me mettrait dans tous mes états de recevoir tous ces commentaires des copains qui y seront et qui ne manqueraient pas de m’offrir leur support. C’est mon côté moumoune, que voulez-vous? J’ai aussi très peur des appareils photos et ne voudrait pas qu’on prenne « le dernier cliché de ma face » qui se retrouve sur le web, sans mon consentement. J’irais plutôt souper dans un bon restaurant avec mon cousin, et prendre un dernier bon repas solide, avant plusieurs jours. Une bonne bouteille de vin aurai bien arrosé ça, mais je dois me contenter de mon deuxième choix, un Pepsi (pas le droit de boire). Je suis donc vraiment très, très nerveuse, mon docteur comprend très bien la chose (je ne suis pas la première transsexuelle qu’il opère pour ce genre de chirurgie déterminante et radicale), je me sens en confiance avec lui, mais je lui donne tout de même un chèque en blanc pour qu’il change ma face complètement, sans savoir avant ce que ça va donner. C’est le côté vraiment « hallucinant » de toute l’expérience. Mais je prie pour que tout aille bien et suis encore émue de vos nombreux souhaits. Je vous embrasse tous avec ma bouche d’homme, avant de pouvoir le faire avec ma nouvelle de femme…