dimanche 8 novembre 2009

La vérité sur mes twitts controversés, sans autocensure

AVERTISSEMENT
Ce qui suit n’est pas à lire pour les cœurs sensibles. Si c’est votre cas, changez de page.


Au cours de l’été, J’ai documenté sous forme de Twitts, les différentes étapes de mon opération de changement de sexe. Ils sont d’ailleurs tous répertoriés dans mon billet Chronologie des états d’âme d’un changement de sexe. J’en disais aussi :

Pour mes lecteurs qui ne sont pas des amis Facebook ou des Followers Twitter, voici les différents états d’âme que j’ai pu vivre avant pendant et après mon opération de changement de sexe. Ce sont des extraits choisis de mon site Twitter et ils sont en ordre chronologique plutôt qu’anté-chronologique comme ils apparaissent dans Twitter. Aussi, il y a de nombreuses fautes d’orthographes et de signes manquants. J’ai écrit ça via mon Black Berry et sous l’effet d’antidouleurs… Voilà


Mise en contexte
J’ai écrit ça pour me souvenir des nombreux moments charnières de cette étape cruciale de ma vie. Il n’y a cependant pas de photos ou vidéos (en ligne) de cette portion de ma vie et croyez-le ou non, je me suis énormément autocensurée dans ce que je disais. Cependant, j’en disais juste assez pour me souvenir de ce que je vivais précisément à chacun de ces moments. Or, il semble que certains de ces twitts ont frappé l’imaginaire ou ont choqué certains individus. J’en parlais aussi dans cet autre billet, Un gentil message. Il semble même qu’un twitt en particulier a attiré l’attention et fait réagir énormément de gens. À tel point que le journaliste de Bande à Part de Radio-Canada le suggère comme Twitt de l’année à la Revue P45 dans l’un de ses twitts. Le voici donc :

«anti-inflamatoire + anti-douleur - lejus de pruneau que je n'ai pais pris :
contipation. Je viens de passer 45min a chier une brique »


L’autre twitt qui a dérangé est aussi :

le catheter et le moule vaginal sont enfin enleves. Quelle difference ca fait


La vérité sur mes twitts dérangeants
Lors d’une vaginoplastie, il est nécessaire d’introduire un moule dans la nouvelle cavité vaginale, afin de créer et de maintenir ouverte, cette nouvelle cavité. Pour ce faire, les nouvelles grandes lèvres sont cousues ensemble afin de retenir le moule à l’intérieur du corps, durant une semaine. Plus les jours passent, plus ce moule cherche à sortir du corps et plus la douleur devient INSUPORTABLE. Le retrait des points de suture des grandes lèvres puis du moule vaginal est donc une libération à plusieurs points de vue. Tout d’abord, la douleur diminue soudainement de moitié, puis on peut commencer à voir ce à quoi aura l’air le nouveau vagin. C’est donc un moment extrêmement émotif et hautement réconfortant. Aussi, lors de cette première semaine postopératoire interminable, nous prenons de fortes doses d’antidouleurs. Les antidouleurs ont la particularité d’induire la constipation. Dans des conditions différentes, la constipation en soi est déjà un calvaire. Mais pour la transsexuelle, ça devient un enfer indicible. C’est qu’il est strictement interdit de forcer lors des visites à la selle parce que cela peut endommager grandement le nouveau vagin et même conduire à la perte de celui-ci, qui pourrait sous la pression, se dégager du corps. On nous informe d’ailleurs qu’une trans a déjà retrouvé celui-ci, dans la cuvette après avoir forcé. Chaque visite à la toilette devient donc un moment des plus angoissants. Imaginez alors une visite à la toilette lorsque vous devenez constipé et que vous ne devez en aucun cas, forcer. C’est l’enfer que j’ai vécu lors de ce que l’on considère « le twitt de l’année ». J’ai d’ailleurs perdu trois points de suture de mon néo-vagin, lors de cette péripétie. Vous avez donc le contexte.

Tant qu’à être dans les confidences
Dans mon billet Ma convalescence post-op, je vous parlais de ce qu’était une escarre, mais sans expliquer pourquoi je vous parlais de ça. En fait, je suis allée dans des hôtels qui sont très écologiques et qui ont du papier de toilette qui se doit de ne pas engorger leur fosse septique. Ce papier est donc très fragile et il y a de petites portions qui restent constamment collées après le corps lorsqu’on s’essuie. Or, un matin, je remarque des filaments blancs qui pendent de mon vagin. Croyant que ce sont des particules de papier de toilette, je tire dessus. C’était malheureusement les escarres (gale qui est blanche plutôt que brune, dans des milieux humides) de mes petites lèvres. Elles sont encore en train de cicatriser difficilement à ce jour… Vous savez donc maintenant la vérité. Presque toute la vérité…

mercredi 16 septembre 2009

Étrange retour des choses

Hier j’étais à une conférence de presse et soudain, je vois une vieille connaissance avec qui j’ai travaillé durant un certain nombre d’années. Appelons-le Louis-Marie. C’est un noir et j’étais son patron. C’est une personne vraiment gentille qui a toujours foncé malgré les préjugés liés à son statut de noir. Je me souviens de son désir de performer et de défoncer des portes qui l’avait un jour mené à mon bureau. Il voulait être VJ pour la tournée VidéoDanse Musique Plus. Il avait toutes les qualités pour faire le boulot et même plus. Mais il était noir. Or, à cette époque (les années 90), la tournée vidéoDanse Musique Plus se promenait dans le Québec Profond. Plusieurs événements faisaient des tirages de bottines « doc Martin » qui étaient l’apanage des « skinheads » et le grabuge des jeunes était quelquefois palpable. D’ailleurs, certains VJ devaient stationner le véhicule de la compagnie, à une distance sécuritaire de l’aréna, pour ne pas que la foule s’en prenne à lui. C’était donc, selon ma conception, risqué d’exposer une personne de couleur à de potentiels racistes. J’exposais ces faits à Louis-Marie qui s’empressât de me traiter de raciste et me fit valoir que s’il était pour manger des claques sur la gueule, il saurait se défendre et que ce n’était pas à moi de présupposer des difficultés qu’il pourrait rencontrer. Ça a été une grande leçon d’humilité et je me rendis compte qu’il avait tout à fait raison et je lui donnât sa chance. Il devint vite l’un des meilleurs VJ que nous aillons jamais eu.

Cette longue introduction pour vous dire qu’hier, j’ai revu Louis-Marie. Il ne lit pas les journaux et n’écoute pas la télévision. Lorsque je le vis, il était en plein travail, je lui dis « bonjour Louis ». Il me répondit, mais qui êtes-vous, est-ce que je vous connais? Je lui répondis ce que je disais dans le temps « Voyons tabarnak Louis-Marie », c’est là qu’il me reconnut à ma voix. Il me dit, mais qu’est-ce que tu fais habillé en femme? Je lui dis « mais voyons, c’est l’Halloween qui s’en vient ». Subjugué, il partit continuer son travail. Ses collègues qui savent qui je suis lui racontèrent mon cheminement. Ce matin, il me téléphone dans tous ses états. Il a peur que je ne l’aie perçu comme faisant preuve de mépris et de préjugés à mon égard. Surtout, qu’il se souvient très bien de déjà m’avoir fait la morale sur « mes soi-disant » préjugés. Il n’a pas dormi de la nuit et ce sens vraiment mal de sa réaction. Pour le taquiner, je le fis languir dans sa culpabilité, puis le rassura quant à ma perception de l’incident. Quel étrange retour des choses? J’ai bien hâte de revoir ce vieux copain et de continuer de le taquiner sur « ses préjugés » transphobes et de développer notre relation sur de nouvelles bases. J’ai d’ailleurs terminé l’entretien en lui envoyant de gros bisous…

lundi 14 septembre 2009

Châtelaine : 100 femmes qui marquent le Québec. Gros merci de l'éloge!

WOW, que dire de plus! Dans l’édition de novembre de Châtelaine Québec, il y a l’article 100 femmes qui marquent le Québec. Quelle n’est pas ma surprise de lire en page 80, sous la plume de ma copine à SCANDALE Caroline Allard, le topo qu’elle fait de moi. Son topo est nettement exagéré mais d’une telle gentillesse, que ça me touche beaucoup. En plus, elles ont le culot de me mettre dans la catégorie « visionnaires », exit « les grandes gueules », catégorie qui me semble plus appropriée. Mais de quoi je me mêle?

Jugez-en par vous-même :

Page 80, Châtelaine 100 Femmes qui marquent le Québec, Michelle Blanc (PDF)

Très gros merci à Châtelaine et félicitation à toutes les lauréates dont ma cliente Gyslaine Desrosiers de l’OIIQ, ma copines Caroline Allard et les personnes que je connais personnellement dont Véronique Cloutier, Christiane Charrette, Laure Waridel, Louise Harel, Françoise David et Pauline Marois.

jeudi 10 septembre 2009

La situation de ma convalescence postopératoire

Je suis toujours autant ravie d’être enfin une femme anatomique et je suis vraiment contente des résultats chirurgicaux de l’opération du Dr. Brassard. J’ai cependant encore des douleurs et j’en aurai peut-être encore pour quelques mois. Tout d’abord, mon système nerveux se réapproprie mes nouveaux organes génitaux et envoie sous forme de signaux électriques, des informations à mon cerveau. Ainsi, plusieurs fois par jour, j’ai des chocs électriques émanant de mon nouveau vagin. Ça surprend toujours et ce n’est pas des plus agréable. Aussi, je ne vous en avais pas encore parlé, mais cet été, par accident, j’ai enlevé les gales (je vous avais alors parlé de ce qu’est une escarre) de mes petites lèvres. Cette portion de mon anatomie est donc encore très sensible et cicatrise difficilement. De plus, étant donné que je n’ai plus de testostérone, mes hormones d’estrogène accélèrent le travail de féminisation de mon anatomie. J’ai donc une poussée mammaire presque constante et la douleur de celle-ci se juxtapose à celle encore un peu présente de mon augmentation mammaire chirurgicale. Finalement, ma flore vaginale se créé difficilement, entrainant des odeurs dont je vous évite la description. Tout n’est donc pas rose dans ma récupération et je fais encore « mon temps » comme on pourrait dire. Mais je garde en tête l’objectif que dans encore quelques mois et quelques autres chirurgies encore nécessaires, je serais enfin une femme complète et que je pourrais vaquer à mes occupations comme avant et commencé à découvrir ce nouveau corps qui est le mien…

mardi 1 septembre 2009

Le bénéfice d’être touchée

C’est en prenant un drink ce soir, avec une copine, sur une terrasse que ça m’a frappée. L’un des grands bénéfices d’être enfin une femme est celui d’être touchée. C’est drôle à dire, mais comme homme, on vit une déprivation tactile incroyable. Les hommes ne se font pas touché et ne touche presque pas. À partir de l’adolescence, les hommes ne reçoivent plus de stimuli tactiles de personne, si ce n’est que dans un contexte amoureux, et encore. Ce contexte est souvent empreint de sexualité et il est très limité par rapport à ce que peut vivre une femme. Les femmes se touchent et les hommes touchent les femmes. Mais les hommes entre eux et les femmes par rapport aux hommes, sans contextes sexuels, presque rien. C’est le grand vide. Je me rends compte à quel point ça fait du bien, qu’une copine me touche le bras en me parlant, qu’un copain me fasse la bise en me rencontrant, qu’on se fasse une étreinte, etc. Ça fait tellement de bien de toucher et d’être touché dans un contexte strictement humain et amical et sans connotation sexuelle, vous ne pouvez pas savoir! C’est sans doute l’un des grands bénéfices de mon changement de sexe et c’est ce soir que je m'en suis vraiment rendu compte. WOW
Ce n’était vraiment pas facile d’être un homme. Que je suis heureuse…

dimanche 30 août 2009

À propos de la psychiatrisation de la transsexualité II

J’ai déjà donné mon point de vue sur la psychiatrisation de la transsexualité dans mon billet À propos de la « psychiatrisation » de la transsexualité. Mais je me fais accuser par quelqu’un d’anonyme, de ne pas parler correctement de ma condition :


Anonyme a dit…
Je suis très déçue de la description que tu fais sur les causes de la transsexualité dans les médias. Ce n'est absolument pas une maladie mentale qui cause une profonde dépression, causant du coup une dysphorie de genre. Je vais avoir ma réassignation sexuelle en février, et le Dr Brassard m'a confirmé que les causes de la transsexualité sont génétiques, neurobiologiques et neurochimiques, et que ce n'est certainement pas un choix. Tout se passerait durant la grossesse ! Alors pourquoi aller nous faire passer pour des malades mentales ?
Dans ce cas les homos aussi sont aussi des malades mentaux !!!
Sache que la maladie mentale ne fait plus partie des symptômes de la transsexualité en France...

Anne-Marie


Pour répondre à cette critique, tout d’abord il est intéressant de noter le titre de ce blogue :

Chaque transsexuelle a son histoire et vis une expérience différente. Voici la mienne...


Ensuite, il s’agit bien de MON histoire et je ne me cache pas derrière un anonymat sécuritaire. Je suis médiatisée et j’en supporte le poids, positif et négatif. Il est bien facile d’avoir une opinion derrière l’assurance que nos propos ne seront pas scrutés à la loupe et que personne ne pourra nous reprocher quoi que ce soit. Si vous êtes si courageuse de vos opinions, allez les exprimer vous-même dans les médias et faites le chemin de vulgarisation que vous croyez légitime. Pour ce qui est de la psychiatrisation de la transsexualité, je ne suis pas celle qui en a décidé ainsi. Les psychiatres, psychologues, sexologues et les membres scientifiques de la WPATH en ont décidé eux-mêmes. En fait, ce n’est pas la transsexualité qui est classifiée comme une maladie. La transsexualité qui est la période transitoire menant du sexe physiologique d’origine, au sexe de destination, est plutôt le traitement. Ce qui est une maladie est la grave dépression (que l’on nomme dysphorie) qui résulte de la condition de ne pas être en synchronisme au niveau physiologique et au niveau mental. Ce n’est très possiblement pas le cas pour tous, mais ça a été le mien. Aussi, de dire que la dysphorie est une maladie dans les médias, évacue l’idée répandue que la transsexualité est une question de choix ou de frivolité sexuelle puisque si c’est une maladie, ce n’est de toute évidence pas un choix. De plus, si ce n’est pas une maladie, il est très possible que le gouvernement ou les assurances médicales ne couvrent plus le coût des opérations nécessaires pour un changement de sexe, puisque ce n’est pas une maladie qui se doit d’être traitée. Le mot que j’utilise souvent et que je trouve plus approprié est celui de « condition », mais n’étant pas avocate spécialisée en droit médical, je ne sais pas la portée de ce mot, eu égard à la possible et nécessaire médicalisation de la condition qui permet justement de changer de sexe. La question a donc des implications nombreuses et qui ne sont pas faciles à régler. Oui l’homosexualité n’est pas une maladie et oui elle l’a déjà été. L’homosexualité n’étant pas une maladie, il n’y a donc pas de traitement pour s’en guérir. Ce qui n’est pas le cas de la dysphorie, comme je viens de l’expliquer. Finalement, je me sens bien dans ma peau comme je ne l’ai jamais été, mais j’ai encore en mémoire le passage vraiment douloureux de ma dysphorie qui m’empêchait de dormir, me faisait pleurer constamment, m’induisait des idées suicidaires, m’empêchait de fonctionner adéquatement sur le plan professionnel et me faisait perdre l’appétit. Je suis guérie de ça et appelle ça comme tu le voudras, pour moi une grave dépression est une grave dépression et c’est bien une maladie. Voilà…

MAJ
À propos, si tu te fais opérer par le Dr. Brassard et si le gouvernement paie pour ça c’est que tu as eu 2 lettres diagnostics et 2 spécialistes de la dysphorie de genre différent. J’ai comme un gros doute que sur ces lettres il n’est pas écrit « madame veut changer de sexe par ce que ça lui tente et que sa mère a eu un problème hormonal au fœtus à la 7e semaine de grossesse ». D'ailleurs, il y a beaucoup de spéculation sur les causes et les hypothèses que tu avance sont probablement les meilleures. Mais il y a une différence entre cause et effet, entre cause et résultante de la cause, qui est une maladie. Je serais curieuse de savoir si tu te fais opérer sans diagnostic préalable et si l’étiquette de « malade » (ho quel gros mot) n’y est pas inscrite sous un jargon technico médical. Avant de dire n’importe quoi, prends un grand respire et analyse la question. Qui plus est, il n’y a pas de honte à avoir une maladie mentale qu’on traite physiquement.

mercredi 26 août 2009

Ma dysphorie d’identité de genre, deux ans plus tard

C’est à peu près à cette période-ci de l’année, il y a deux ans, que débutais ma dysphorie d’identité de genre. Que d’eau sous le pont! Ce blogue et ses archives en témoignent. Ma vie de tous les jours en témoigne aussi. J’imaginais que je serais une lépreuse et que je me ferais cracher dessus pour le reste de ma vie. C’est très loin d’être le cas (sauf encore avec plusieurs membres de ma famille, mais enfin…). D’avoir partagé mon vécu ici, dans mon groupe MySpace initial (d’où sont d’ailleurs tirés mes premières archives en langue anglaise), dans le groupe de soutien de l’ATQ, avec mes différents psys et avec mes amis et surtout ma conjointe, m’a grandement aidé à traverser toutes ces épreuves. Je n’ai d’ailleurs pas changé que physiquement. Je suis beaucoup plus ouverte aux différences qu’avant. J’ai encore des tonnes de préjugés, mais je les vois maintenant et je suis plus à même de les combattre et de les faire se taire. Je suis plus conciliante aussi et on me dit plus sociable. Je suis plus ouverte aux autres aussi. J’ADORE maintenant magasiner et me faire pomponner avec des soins tout féminin. Je suis aussi plus coquette et maintenant gênée de l’attention masculine. Je n’aime plus du tout bricoler et je me sens tellement soulagé de ne pas avoir à faire « le gars » et à tenter de me prouver continuellement. Je SUIS, simplement, et j’aime ça. J’ai bien encore des regards de travers, mais je ne les vois presque plus et surtout, je ne les cherche plus. Bien des choses me coulent maintenant sur le dos, comme pour un canard. J’ai cependant quelques adaptations encore à faire. Je n’ai plus de force et suis incapable d’ouvrir un pot de concombre. Je me suis d’ailleurs acheté un PowerGrip de Starfrit. Une fille se débrouille! Je m’habitue aussi à mes nouvelles odeurs corporelles. Ceux qui sont trop sensibles, ne lisez pas ce qui suit. Par exemple, l’odeur de mon urine me fatigue et j’ai bien du mal à m’adapter à celle-ci. J’ai aussi de la difficulté à vivre les contraintes sexistes stéréotypées que bien des gens me projettent, bien malgré eux. Dans le genre de « une femme ne fait pas ça » ou encore « on voit bien l’homme en toi ». Mais bon, ce ne sont que des irritants mineurs qui s’estomperont sans doute avec le temps…

Mon changement de sexe, deux mois plus tard

Je me sens femme comme jamais, mais je réalise aussi que je suis encore en transition. Le chemin n’est pas terminé (le sera-t-il jamais) et mon corps va encore changer sous l’effet des hormones féminines qui n’ont plus à se battre contre la testostérone qui n’est désormais plus en moi. Il me reste encore aussi cette voix masculine et les douloureuses sessions d’épilation faciale (AYOYE) avec lesquelles je dois encore composer. Mais je me sens heureuse. J’ai encore des douleurs (surtout en fin de journée ou lorsque je suis fatiguée) et le Docteur Pierre Brassard (mon chirurgien de changement de sexe) me dit que ça pourrait durer encore quelques mois. Ce sont des espèces d’électrochocs qui partent de la région pubienne et qui viennent me frapper dans la tête ou des douleurs musculaires lancinantes venant des muscles vaginaux. Mes seins qui sont encore en phase de croissance, m’envoient aussi des signaux douloureux, qui se combinent à ceux de la chirurgie d’augmentation mammaire. Dit comme ça, ça a peut-être l’air terrible, mais ce n’est pas le cas. Ces douleurs sont normales et plus le temps va passer, plus elles diminueront pour s’éteindre éventuellement. Mais étant une femme un peu occupée, je ne donne certes pas toute la chance à mon corps pour récupérer et ces signaux douloureux me rappellent de me calmer un peu. Ma libido revient tranquillement et je n’ai pas encore exploré ce nouveau corps, comme le ferait une adolescente. Pour ça aussi je dois encore patienter encore au moins un mois. Mais ça viendra et j’anticipe le plaisir de toutes les découvertes qu’il me reste encore à expérimenter…

Mais mentalement, je me sens vraiment, mais là vraiment bien. C’est la meilleure chose qui me soit arrivée, je me sens enfin moi-même et je jouis de la vie.

lundi 17 août 2009

Le manque de délicatesse de la police et les gais

Une petite anecdote qui illustre magistralement le chemin qu’il reste encore malheureusement à faire pour la communauté GLBTA. Hier, lors du défilé, j’étais assise sur le capot d’une voiture décapotable identifiée « présidente d’honneur ». Au terme du défilé, à un coin de rue de St-Hubert, je me suis fait magistralement apostropher par un sergent de la police de la ville de Montréal. Nous étions toujours dans la zone du défilé et le sergent se mit à me crier « Hey toé, la parade est fini, t’es rendu sur la voie publique, assis toé dans l’char pis met ta ceinture sinon j’vas te coller un ticket moé. Envoye, envoye, on n’a pas juste ça à faire nous autres ». Il me semble, que nous étions encore derrière les barricades, bien avant la rue St-Hubert, que ce policier n’avait certainement pas à crier après moi pour faire passer son message qui était de toute évidence inutile puisque la voiture était à quelque pieds de s’arrêter et que ce qui m’inquiète de cette histoire est que ça ne venait pas d’un policier non gradé, mais bien d’un sergent, qui semblait être le boss de la gang qui était sous ses ordres. Méchant frustré disons….

Présidente d’honneur de la fierté de Montréal, quelle expérience


Crédit photo: Olivier Samson-Arcand, photographe


C’était hier soir que se terminait mon mandat de présidente d’honneur des Célébrations de la fierté de Montréal. Quelle expérience inoubliable! Je dois admettre que j’avais d’abord refusé cet honneur. L’image que j’avais de cet événement est celle qu’aiment bien nous présenter les médias. C'est-à-dire l’image de deux trois fofolles à moitié nue et avec des plumes dans l’cul. Mais après avoir lunché avec le président Éric Pineault et le vice-président Jean-Sébastien Boudreault, je me suis vite rendu compte que ma perception était erronée. Il y a bien certainement de la frivolité dans le défilé, mais ces célébrations sont vraiment beaucoup plus que cela. D’ailleurs, les médias ne parlent que très rarement de la journée communautaire qui permet aux personnes de la communauté GLBTA et aux autres citoyens de s’enquérir des informations auprès de dizaines d’organismes communautaires, permettant de mieux vivre ou de comprendre les différentes facettes de la réalité GLBTA. Il y a aussi de nombreux événements culturels et artistiques gai et non gai, qui viennent pimenter ces célébrations. Ainsi, les Porn Flakes avec Guy A. Lepage et ses nombreux invités ont donné un show extraordinaire vendredi soir. Mais les Célébrations de la fierté c’est aussi le moment qui permet de faire avancer le combat des droits GLBTA et de lancer le message de l’acceptation et du droit d’être différents. Il y a encore trop de gens qui se suicident, qui perdent leur famille ou leur travail à cause de la difficulté de vivre avec une orientation ou une identité sexuelle qui sont différentes du reste de la population. C’est surtout ce message que je voulais transmettre durant mon mandat de présidente d’honneur et c’est avec fierté que je me suis exécutée. En outre, j’ai découvert des gens d’une gentillesse, d’un humour et d’une fierté d’être enfin soi-même, qui me touche encore. Je m’y suis fait de nombreux amis et je remercie en outre, le porte-parole officiel de l’événement, Jasmin Roy, que j’ai appris à connaître plus personnellement et avec qui j’ai eu bin du fun à remplir mon mandat. Si vous lisez ces lignes et qu’on vous sollicite pour être le prochain ou la prochaine président(e) d’honneur des célébrations de la fierté de Montréal, n’hésitez surtout pas à accepter cet honneur…

Mon entrevue audio, à Dominique Poirier de la première Chaine de Radio-Canada

Mon entrevue vidéo, à LCN





Crédit photo: Marie-Eve Baron

mardi 4 août 2009

Un gentil message

Ces dernières semaines, j’ai utilisé mes comptes twitter et Facebook pour tenir au courant mes amis, clients et lecteurs de l’évolution de ma condition et de ma transition. Je sais que certaines personnes que je croyais proches de moi ont été choquées de ça et qu’ils se sont désaffectés de mes comptes. Je sais aussi que plusieurs autres beaucoup plus nombreux sont venus garnir les rangs de mes amis. Mais ce sont souvent ceux que l’on perd qui nous chagrinent le plus. Par exemple un statut qui est apparu dans Facebook après que j’eu parlé du retrait de ma forme vaginal disait quelque chose comme « bientôt nous aurons une coloscopie en direct sur Facebook et twitter ». J’ai peut-être du mauvais goût, mais je m’assume et je ne fais pas de blagues douteuses sur ce que d’autres peuvent vivre. M’enfin…

Voici un courriel que je viens de recevoir de l’une de mes connaissances (son nom est retiré afin de protéger son identité)

Bonjour Michelle
(…)

Tu sais, j'ai mis le doigt sur quelque chose pendant que tu as vécu ta transformation ces dernières semaines et je voulais t'en faire part par courriel. Mais comme on a des vies occupées, on
oublie parfois de dire aux autres les choses importantes (…). Je prends donc l'occasion de te le dire.

Ce qui me touche de toi et de ton histoire, c'est non seulement ton courage et ta détermination (je sais, tu as déjà dit que c'était une question de survie et non un choix) mais le fait que tu le vis de façon ouverte. Tu aurais pu choisir d'éviter de mentionner sur ton blogue et sur Twitter ce qui entoure ton changement, mais tu l'as fait de façon transparente, avec tout ce que ça amène. Dans un sens, ça confronte les gens à leurs propres préjugés et à leur propres limites. Je me suis rendu compte que, malgré mon ouverture d'esprit et l'appui que je te porte dans ta démarche, j'avais moi-même certaines limites à entendre parler de ta transformation vers ce que tu es vraiment: une femme.
Je me suis rendu compte que malgré que l'on vive dans une société relativement ouverte d'esprit, on a collectivement certains tabous et certaines limites, des limites auxquelles tu nous a confrontés, des tabous que tu contribues à faire tomber. Je sais que toi, tu vis simplement ce que tu as à vivre pour être
pleinement épanouie, mais je veux que tu saches qu'on évolue tous un petit peu avec toi aussi.

Bonne journée


MAJ

Tu peux le mettre sur femme 2.0 sans problème, ça me fait plaisir.

On se rends compte que les problèmes de genre, c'est un des derniers grands tabous de la condition humaine dans notre société occidentale: l'homosexualité est de plus en plus acceptée par tous, le racisme s'estompe, on parle de moins en moins de sexisme (même si le féminisme n'a pas encore gagné toutes ses batailles) mais le transsexualisme reste tabou...

Veux-veux pas, ça incite à réfléchir car ce sont toutes des conditions naturelles que les individus n'ont pas choisi.

Bonne journée,
-- Sylvain

mardi 28 juillet 2009

Ma convalescence post-op

Ma convalescence va mieux et pire que je ne l’anticipais. Elle va beaucoup mieux en ce sens que je suis vraiment contente des résultats de la chirurgie et que l’augmentation mammaire est beaucoup moins douloureuse que ce que j’avais imaginé. Cependant, la vaginoplastie elle est beaucoup plus douloureuse que ce que je ne le pensais. Je savais que la première semaine serait très difficile et elle l’a été. Mais j’imaginais que les semaines subséquentes seraient beaucoup plus faciles. Ce ne sont pas des douleurs à vous jeter par terre, mais ce sont des douleurs qui vous réveillent, la nuit disons. Je peux difficilement être assise plus de 2 heures et j’ai vraiment hâte que les escarres qui restent encore tombent définitivement. Lorsque je suis nue, ça va très bien. Mais aussitôt que j’ai la moindre pression sur ma vulve (avec les très nombreuses serviettes sanitaires que je porte chaque jour), ça devient vite IN-SU-POR-TA-BLE. J’ai tellement hâte d’être libre de faire ce que j’ai envie comme avant, de pouvoir prendre de longues marches, de jaser indéfiniment avec les copains et de simplement déambuler sans aucun inconfort, vous ne pouvez pas savoir. Je suis cependant vraiment, mais vraiment heureuse d’être enfin une femme et je supporte ces quelques douleurs encore présentes avec le plus grand des sourires. N'empêche, que je me demande bien comment peuvent faire les trans qui n’ont pas de support d’un ou d’une proche pour traverser ces semaines difficiles? Lorsque le docteur Pierre Brassard me disait que c’était une convalescence de 4 à 6 semaines, j’imaginais qu’il exagérait. Ce n’est vraiment pas le cas. La semaine prochaine je reprends le travail et ce sera ma 6e semaine de convalescence. Disons que je vais me garder quelques heures par jour de relaxation…

jeudi 16 juillet 2009

Persona non grata

En août, cela va faire deux ans qu’a débuté ma dysphorie d’identité de genre. Depuis, j’ai énormément gagné d’amis. Je suis une transsexuelle vraiment chanceuse. J’ai gardé la plupart de mes clients et m’en suis fait de nombreux autres à tel point que ma condition a eu pour effet de grossir ma business. J’ai de nombreux amis qui m’ont soutenus tout au long de ce périple. J’ai surtout l’immense chance d’être encore avec ma conjointe. Il n’y a qu’une ombre au tableau. C’est l’ombre de ma famille pour qui je suis « persona non grata ». C’est d’ailleurs ironique que je sois présidente d’honneur des Célébrations de la fierté de Montréal et que je m’élève contre la discrimination basée sur l’orientation ou l’identité sexuelle dans notre société et que je vive ça dans ma propre famille. Mais c’est la vie. Ce qui me blesse le plus dans cette histoire est d’être isolée de mes neveux et nièces et de ne plus pouvoir les voir et les gâter comme j’aimais le faire. Je n’ai jamais eu d’enfant et ils étaient mes enfants par procuration.

Nous sommes 6 enfants et 3 autres additionnels par alliance dans ma famille et seul mon père est encore vivant. Depuis mon opération, seul un de mes frères et sa conjointe sont venus me voir à l’hôpital ou m’ont donné signe de vie et j’ai contacté mon père pour lui donner de mes nouvelles. Pour les autres, je suis morte. Ma conjointe, son fils et moi n’existons plus pour eux. Tous les événements familiaux se font désormais sans nous. Pourtant, ma conjointe a été leur belle-sœur durant 13 ans et ils disaient l’aimer beaucoup. Mais depuis qu’ils savent à propos de moi, elle n’existe plus non plus. Lors de la dernière conversation avec l’une de mes sœurs, elle disait avoir besoin de temps. Je lui répondis : mais que vas-tu faire de ce temps? Vas-tu consulter, vas-tu lire de la littérature, que feras-tu de ce temps? Est-ce que tu crois que par miracle tu vas te réveiller un matin et que tout sera entré dans l’ordre et que tu seras enfin prête à me voir? Notre conversation se termina là et plus de nouvelles depuis. Mon inquiétude vient du fait que plus le temps passe, plus il passera. La culpabilité de leur connerie va grossir et le temps ne fera qu’augmenter la distanciation qu’ils ont créée entre eux et moi.

Mon incompréhension s’accentue avec le fait que nous n’avions jamais eu de heurts importants dans nos relations auparavant. Ce sont d’ailleurs des gens ouverts, cultivés et avec une formation universitaire. Ce sont des gens qui accepteraient probablement cette condition ailleurs que dans leur famille. C’est comme le racisme finalement. Ha je n’ai rien contre les noirs, les hispaniques, les asiatiques ou autres, mais il ne faut pas que l’un d’eux, mari mon enfant. Alors là, ça ne marchera vraiment pas. C’est d’une tristesse…

D'ailleurs, j’étais persuadée que ma famille comprendrait et que je perdrais tous mes clients. Ça a été tout le contraire finalement. C’est peut-être mieux ainsi parce qu’au moins je peux subvenir à mes besoins et que si le scénario que je m’étais fait avait été le bon, ce ne serait très certainement pas ma famille qui me ferait vivre aujourd’hui.

Si ma mère était toujours vivante, les choses se seraient très certainement passées autrement. Elle était le ciment de la famille et elle connaissait depuis longtemps l’inconfort identitaire que je vivais. Mais elle n’est plus là…

lundi 13 juillet 2009

Chronologie des états d’âme d’un changement de sexe

Pour mes lecteurs qui ne sont pas des amis Facebook ou des Followers Twitter, voici les différents états d’âme que j’ai pu vivre avant pendant et après mon opération de changement de sexe. Ce sont des extraits choisis de mon site Twitter et ils sont en ordre chronologique plutôt qu’anté-chronologique comme ils apparaissent dans Twitter. Aussi, il y a de nombreuses fautes d’orthographes et de signes manquants. J’ai écrit ça via mon Black Berry et sous l’effet d’antidouleurs… Voilà

-aujourd'hui, faire les dernières commissions, les bagages, les préparatifs et donner de la tendresse à ma Bibitte d'amour7:03 AM Jun 28th from twhirl

-Réalise à quel point mon amour est fort et récproque avec ma Bibitte d'amour. Ça va être une journée émotive...8:22 AM Jun 28th from twhirl

-écris une lettre à un copain de Bibitte et moi qui a le cancer. Un cancer qu'on dit foudroyant...9:12 AM Jun 28th from twhirl

-Plus la jounée avance plus je me dis que ce sera un dimanche très particulier.9:44 AM Jun 28th from twhirl

-Le soleil est de retour à St-Jean. Vite, une petite session de bronzage...12:52 PM Jun 28th from twhirl

-Prépare ma valise puis vais aller souper au Laika avec Bibitte puis on se louera un film et dernière soirée pénarde avant l'hosto4:29 PM Jun 28th from twhirl

-changement de plans, Bibitte et moi sommes au petit Conti6:13 PM Jun 28th from mobile web

-de retour à la maison, encore mille choses à faire mais bon, vais relaxer et le reste attendra. Grosse avant-midi avant de me rendre à l ...8:41 PM Jun 28th from twhirl

-Je suis en vacance après tout... Wouhouhou...8:42 PM Jun 28th from twhirl

-réécoute avec Bibitte Le voyage d'une vie de Maryse Chartrand, en prévision du tournage qui débute demain chez moi, puis à l'hosto9:11 PM Jun 28th from twhirl

-Ce matin comptable, banque et facturation. Ce midi tournage chez moi puis départ pour l'hôpital pour ma chirurgie de demain7:29 AM Jun 29th from twhirl

-J'ai passé une superbe soirée avec Bibitte qui va partir dans une heure. Son amour est un rock sur lequel je peux m'apuyer7:32 AM Jun 29th from twhirl

-je viens de dire au revoir à Bibitte. J'ai les yeux humides. Chaque jour je remercie la providence de l'avoir mise sur mon chemin7:56 AM Jun 29th from twhirl

-à partir de ce midi, je serais en mode broadcast. Je vous tiendrais au courant de mon état et lirais vos commentaires dans quelques jours8:32 AM Jun 29th from twhirl

-Bibitte vient de canceller sa journée de demain pour être prêt de moi avant et après l'opération...8:42 AM Jun 29th from twhirl

-de retour de chez le comptable et de la banque. Les heures s'égrennent. Je vais bientôt débuter tournage et partir pour l'hosto10:47 AM Jun 29th from twhirl

-Gros bisou à tous ceux qui seront au @Yulbiz demain. Je vous revois tous en août12:02 PM Jun 29th from twhirl

-est prête pour le départ. Attends l'équipe de tournage, fait le topo avec Maryse chartrand et arrive à l'Asclépiade vers 15:00hr12:03 PM Jun 29th from twhirl

-@PhilippeMartin me rappelle à quel point j'étais + angoissée pour ma chirurgie de féminisation faciale, que je ne semble l'être aujourd'hui12:17 PM Jun 29th from twhirl

-À cette heure demain, je serais réveillée et enfin, une femme anatomique...12:39 PM Jun 29th from twhirl

-Tout l'amour que je reçois m'émeut beaucoup. Merci à tous12:51 PM Jun 29th from twhirl

-tournage termine et je vais bientôt passer de l'Asclepiade a l'hopital6:26 PM Jun 29th from mobile web

-assise sur la terasse de l'Asclepiade a regarder la riv. des prairies je songe au Richelieu de Bibitte8:18 PM Jun 29th from mobile web

-suis enfin une femme. la douleur est moins pire que j'imaginais je suis sereine comme jamais auparvant2:21 PM Jun 30th from mobile web

-L'épidural que j'ai reçu en même temps que l'anesthesie générale, vient de partir. La douleur commence mais je suis pourtant si heureuse4:50 PM Jun 30th from twhirl

-premier repas de la journée. bouillon de poulet tranche de fromage, yogourt et biscuits7:20 PM Jun 30th from twhirl

-J'ai une sorte d'euphorie, de bonheur et de calme qui n'est pas pharmaceutique8:11 PM Jun 30th from twhirl

-Je découvre de l'intérieur le sens du mot plénitude... Ma dysphorie est une épreuve qui finalement devient bénédiction. Merci la vie9:09 PM Jun 30th from twhirl

-vais avoir droit à un café ce matin WOUHOUHOU... avec quelques toast et une tranche de fromage6:43 AM Jul 1st from twhirl

-je me sens comme une passagère d'un vol long courrier en 1ière classe mais là j'ai hâte qu'on atterrisse6:45 AM Jul 1st from twhirl

-je viens de voir le Dr. Brassard. Il est très content des résultats des opérations et la xonvalescence devrait aller rondement.6:55 AM Jul 1st from twhirl

-Je vais marcher et m'assoir un peu aujourd'hui6:56 AM Jul 1st from twhirl
suis encore sur un nuage de féminité. Que je suis heureuse, que je me sens accomplie qu'il fait bon naître11:37 AM Jul 1st from twhirl

-Bibitte et plusieurs copains viennent de partir. Je vais me relaxer en écoutant des DVD sur mon laptop 1/26:19 PM Jul 1st from twhirl

-2/2 et travailler au corps l'infirmière pour qu'elle me laisse fumer une clope6:19 PM Jul 1st from twhirl

-Je me rends compte à quel point j’hais dépendre de quelqu’un. Je n’ai vraiment pas hâte d’être vieille et d’être dans un foyer.8:19 PM Jul 1st from twhirl

-aujourd'hui je peux marcher toute seule et vers 10:00hr je vais transférer de l'hôpital à la maison de convalescence8:53 AM Jul 2nd from twhirl

-J'ai très hâte de pouvoir prendre une douche ou à tout le moins, me laver les cheveux9:16 AM Jul 2nd from twhirl

-J'ai très hâte de pouvoir prendre une douche ou à tout le moins, me laver les cheveux9:16 AM Jul 2nd from twhirl

-c'est redondant mais je suis SI HEUREUSE4:18 PM Jul 2nd from mobile web

-je me balance tranquillement dans un fauteuil bercant du jardin et je suis aux oiseaux6:56 PM Jul 2nd from mobile web

-cette nuit est + difficile puisque les douleurs sont au rendez-vous1:35 AM Jul 3rd from mobile web

-ce matin ca va beaucoup mieux. Je vais me laver les cheveux et pour l'instant je prends cafe et cigarette6:48 AM Jul 3rd from mobile web

-quelle difference les cheveux laves et dans une belle robe, je me sens déjà moins souffrante.9:31 AM Jul 3rd from mobile web

-aujourd hui et demain seront les journees les plus douloureuses9:32 AM Jul 3rd from mobile web

-MERCI à tous ceux qui m'ont envoyé de gentils messages. Ça me touche beaucoup et je vous fait de gros bisou12:52 PM Jul 3rd from twhirl

-sur Femme 2.0 Réflexions d’après mon changement de sexe http://bit.ly/FNEl5 1:08 PM Jul 3rd from twhirl

-viens d'avoir un mandat d'intérêt d'un éditeur important pour faire un livre avec mon blogue Femme 2.0. Je vais songer à ça3:55 PM Jul 3rd from twhirl

-la suite du documentaire sur la resilience de Maryse Chartrand auquel je participe se poursuivra cet automne au travers des oies blanches6:16 PM Jul 3rd from mobile web

-ma Bibitte d amour s en vient me rejoindre avec des sushisam que j ai hate de la voir6:18 PM Jul 3rd from mobile web

-je verifie de plus en plus l'heure des antidouleurs puisque la douleur semble croissante7:21 AM Jul 4th from mobile web

-on vient de m emlever mon pansement vaginal et dan 15 min ce sera ma 1iere douche et je pourrais enfin admirer ma vulve9:02 AM Jul 4th from mobile web

-je vous le confirme, je suis une fille WOUHOUHOU9:41 AM Jul 4th from mobile web

-je suis vraiment chanceuse, les autres trans qui sont ici sont pratiquement mourante et moi je pete le feu malgre la douleur12:22 PM Jul 4th from mobile web

-mon antidouleur le plus efficace est ma Bibitte d'amour qui me fait tellement de bien5:09 PM Jul 4th from mobile web

-j'ai vraiment mais la vraiment hate de poursuivre ma convalescence chez moi. Le personnel est adorable mais les autres patientes des bitchs9:18 PM Jul 4th from mobile web

-wow quelle belle journee! Je vais probablement la passer sur la superbe terasse fleurie et en face de la riviere des prairies7:54 AM Jul 5th from mobile web

-je viens de mettre l'une de mes robes préférés. Wow, quel changement, j'en suis vraiment ravie. 1/210:32 AM Jul 5th from twhirl

-L'aide-infirmier ne cesse de m'agacer sur la beauté de ma poitrine Wouhouhou 2/210:33 AM Jul 5th from twhirl

-malgre la douleur, je suis dehors, j'ecoute les oiseaux, je profite du soleil et de la legere brise et je suis heureuse10:56 AM Jul 5th from mobile web

-malgre la douleur, je suis dehors, j'ecoute les oiseaux, je profite du soleil et de la legere brise et je suis heureuse10:56 AM Jul 5th from mobile web

-Maudit gros bisou à tous ceux qui m'n envoyés de gentils messages et aux autres aussi11:08 AM Jul 5th from twhirl

-ai passe une extraordinaire journee avec ma Bibitte d'amour et des copains dur la merveilleuse terasse de l'Asclepiade7:07 PM Jul 5th from mobile web

-viens d'apprendre comment entretenir mes dillatateurs vaginaux pour mes dillatations qui debutent demain... ouf7:10 PM Jul 5th from mobile web

-realise a quel point la plomberie feminine est delicate et complexe. Et moi qui croyais connaître ca...7:52 PM Jul 5th from mobile web

-Je vis à la fois une ménaupose et un puberté en accéléré. Y fait chaud... ou froid...8:52 PM Jul 5th from twhirl

-je suis si émotive quem la beauté du ciel me fait pleurer8:53 PM Jul 5th from twhirl

-ce soir la douleur est vraiment terrible. Vivement que demain arrive qu'ils m enlevent ce foutu moule vaginal. AYOYE9:32 PM Jul 5th from mobile web

-Ne le répétez surtout pas à personne mais ce soir j'ai réellement et pour la première fois de ma vie, la plotte très au vif (ou à terre)10:06 PM Jul 5th from twhirl

-d'ici quelques minutes on va m enlever les poits qui retiennent le moule vaginal. Ce qui devrait diminuer sensiblement les douleurs6:53 AM Jul 6th from mobile web

-les infirmieres me disent que ma vaginoplastie est l'une des mieux reussi du Dr Brassard7:02 AM Jul 6th from mobile web

-le catheter et le moule vaginal sont enfin enleves. Quelle difference ca fait7:54 AM Jul 6th from mobile web

-pour la 1iere fois je peux me ccoller les genoux et la douleur vient de baisser de moitie7:57 AM Jul 6th from mobile web

-viens de terminer ma 1iere dillatation qui a ete comme un charme. ca me rassure beaucoup9:56 AM Jul 6th from mobile web

-@FrancisO réponse niaiseuse, j'ai un nouveau membre qui est très différent de l'ancien. Je ne perds pas ja gagne quelque chose10:23 AM Jul 6th from twhirl in reply to FrancisO

-@FrancisO je ne trouve pas qu'être une femme c'est d'avoir un pénis en moins, c'est plutôt d'avoir des seins et un vagin en plus10:27 AM Jul 6th from twhirl in reply to FrancisO

-profites encore de la balancoire de la terasse de l'Esclepiade entre les differents exercices et douches que je dois prendre. suis heureuse3:35 PM Jul 6th from mobile web

-remercie toutes et tous les trans qui sont venus me faire un petit coucou. ca a fait chaud au coeur4:10 PM Jul 6th from mobile web

-Beaucoup moins de douleurs ce soir mais beaucoup plus de fatigue. Il faut ce qu'il faut... Je vais me coucher de bonne heure6:22 PM Jul 6th from web

-avant-derniere journee a l Asclepiade puisque demain je vais continuer de me reposer devant le Richelieu aupres de ma Bibitte cherie7:58 AM Jul 7th from mobile web

-c'est une figure de style mais disons que j'ai la seule menstruation de ma vie et qu'elle dureras quelques semaines2:33 PM Jul 7th from mobile web

-L'infirmière trouve que j'ai l'air plus faible depuis quelques jours et je le suis. Je vais devoir écouter mon corps et dormir un peu plus.2:53 PM Jul 7th from twhirl

-ce sera mon dernier souper et derniere nuit a l'Asclepiade. je vais m ennuyer du staff qui y est exceptionnel5:00 PM Jul 7th from mobile web

-je me berce tranquillement face a la riviere des prairies et je suis emue en songeant au chemin parcouru7:03 PM Jul 7th from mobile web

-anti-inflamatoire + anti-douleur - lejus de pruneau que je n'ai pais pris : contipation. Je viens de passer 45min a chier une brique9:22 PM Jul 7th from mobile web

-vais faire mes exercices quotidiens, rencontrer le Dr Brassard et remplir les formalites administrative en vue de mon retour a la maison7:43 AM Jul 8th from mobile web

-je me sent beaucoup mieux ce matin. C'est sans doute l'idee de retourner chez moi qui me donne des ailes10:32 AM Jul 8th from mobile web

-premier repas doudou de retour à la maison, la pizza spéciale du chef de chez Vito Pizzeria à St-Jean1:39 PM Jul 8th from twhirl

-avec un grand verre d'eau pour le côté diete1:40 PM Jul 8th from twhirl

-il fait froid mais je suis ravie de vous ecrire ca depuis le balcon de Bibitte face au Richelieu a St-Jean. Ses fleurs ont grossi4:53 PM Jul 8th from mobile web

-Pour ceux qui me demandent encore: c'est qui bibitte http://bit.ly/9fz3N C'est LA femme de ma vie...5:50 PM Jul 8th from twhirl

-songe a l'inconfort du voyage en voiture du boul. Gouin a St-Jean et realise que nous n' irons vraiment pas tres loin en vacance cette annee8:39 PM Jul 8th from mobile web

-pas une feuille qui bouge, le Richelieu est un miroir et le ciel est radieux. Il va faire vraiment beau aujourd'hui7:04 AM Jul 9th from twhirl

-Dans ma condition, le simple exercice d'aller à la selle devient un parcours du combattant. J’y arrive et je suis exténuée8:25 AM Jul 9th from twhirl

-suis triste de constater que des gens que je croyais mes amis ne me suivent plus sur Twitter depuis que je ne parle plus que de techno.9:58 AM Jul 9th from twhirl

-c'est la vie et je ne suis pas qu'une fontaine à information pertinente...10:00 AM Jul 9th from twhirl

-aime me reposer après mes exercices et entendre le jolie chant des oiseaux derrière chez Bibitte10:49 AM Jul 9th from mobile web

-avec un oreiller entre les genoux, je suis maintenant capable de me reposer et ou dormir sur le cote. une autre victoire11:21 AM Jul 9th from mobile web

-est impressionnee de voir le nombre de gens qui marchent courent ou font du velo sur la piste du canal Richelieu11:53 AM Jul 9th from mobile web

-la je me sent tellement en forme que je courerais le 10 metres en moins d'une minute (ok peut-etre 2)2:46 PM Jul 9th from mobile web

-C'est ce soir que Bibitte tombe en vacance pour 3 semaines Wouhouhou4:04 PM Jul 9th from twhirl

-Ha l'inconscient! une journee avant mon operation, Bibitte a sorti sa sculpture vegetale "le penis" sur la balcon afin que la pluie la netoy5:04 PM Jul 9th from mobile web

-@SofyM suis sur les supeudol 5mg X2 aux 4 heures. C'est vrai que ça aide à trouver les nuages beaux5:38 PM Jul 9th from twhirl in reply to SofyM

-Je ne sais pas encore à quel endroit Bibitte et moi irons mais je testerais la perspicacité des barmans en demandant un virgin Cosmopolitan7:40 PM Jul 9th from twhirl

-J'ai hâte que ma Bibitte d'amour termine dans une heure pour que nous ayons 3 semaines de tendresse ensemble :-)9:05 PM Jul 9th from twhirl

-Vous ai-je dit que j'étais TELLEMENT heureuse? Bah, le dire ecnore ça ne fait certainement pas de mal...9:06 PM Jul 9th from twhirl

-ce matin j'ai vraiment hâte d'arrêter de perdre du sang8:55 AM Jul 10th from twhirl

-YE je peux enfin me croiser les jambes lorsque je suis etendue. Une autre petite victoire...11:03 AM Jul 10th from mobile web

-j'ai vraiment tres tres hate d'humer le parfum de la foret11:13 AM Jul 10th from mobile web

-trouve ca un peu difficile de ne pas pouvoir me baigner ou faire du velo cet ete. mais c'est l'un des prix a payer. me reprendrai automne3:34 PM Jul 10th from mobile web

-regarde des gens faire du ski nautique sur le richelieu et songe qu'on est vraiment l'ete3:52 PM Jul 10th from mobile web

-Le programme de notre excursion risque de ressembler à une visite de 2 resort des Cantons de l'est puis de 2 autres de la Nouvelle-Angleterr8:52 PM Jul 10th from twhirl

-quelle soiree ma-gni-fi-que9:21 PM Jul 10th from mobile web

-Bibitte et moi partons jeudi pour les Cantons-de-l'est Wouhouhou.... Ce sera d'abord le Spa Eastman, puis le Manoir Hovey puis les US of A11:11 AM Jul 11th from twhirl

-je n'ai plus d'anti-douleur et Bibitte est parti a la pharmacie. AYOYE c'est la que je me rends compte de leur efficacite11:54 AM Jul 11th from mobile web

-Je m'excuse auprès de mes followers d'être + en mode broadcast qu'en mode dialogue et RT et partage d'infos comme à l'habitude...12:37 PM Jul 11th from twhirl

-pour accelerer la guerison il faut que je sois nue le + possible. ordres du docteur...1:15 PM Jul 11th from mobile web

-Ce soir BBQ surf&turf et le fameux risotto de Bibitte puisque des copains viennent souper4:48 PM Jul 11th from twhirl

-MA toune officielle et traditionelle du début des vacances US3 Cantaloop http://bit.ly/5OZFK Wouhouhou let's get groovy9:17 AM Jul 12th from twhirl

-1iere sortie en public depuis mon operation. vais diner sur diner sur une terasse a Chambly avec Bibitteabout 23 hours ago from mobile web

-je n'ai peut-etre pas le droit de prendre d'alcool mais j'ai le droit de manger du chocolat :-)about 20 hours ago from mobile web

-suis vraiment contente de ma convalescence. Les saignements sont minime, ça cicatrise très bien et résultatz est au-delà de mes espérances33 minutes ago from twhirl

-une autre victoire. Je peux enfin me croiser les jambes. Je n'aurais plus à m'assoir comme une camionneur...less than 20 seconds ago from twhirl

vendredi 3 juillet 2009

Réflexions d’après mon changement de sexe

Il y a maintenant trois jours que j’ai eu la double opération de vaginoplastie et d’augmentation mammaire avec celui qui est probablement le plus grand chirurgien de SRS dans le monde, le docteur Pierre Brassard. C’est difficile de mettre en mots l’extraordinaire sentiment de bonheur, d’accomplissement et de plénitude qui m’envahit. Je suis réellement une nouvelle personne. Malgré les douleurs inévitables, qui accompagnent ces opérations, j’ai un sourire béat d’accroché dans la face. Mes forces reviennent peu à peu, mais la douleur s’accentue à cause du moule vaginal et du cathéter urinaire qui sont installés dans mon corps (encore jusqu’à demain) et qui augmente l’enflure. Ce matin, j’ai pue regarder ma silhouette et j’en étais très émue. Je n’ai pas encore vu mon nouveau vagin étant donné les nombreux pansements qui le recouvrent, mais je l’imagine avec bonheur. Je suis encore trop faible pour vous écrire un roman sur ce que je vis, mais je vais simplement résumer que je suis au comble du bonheur et que je traverse les souffrances qu’il me reste à vivre avec une grande sérénité. Je vous embrasse tous

samedi 27 juin 2009

Réflexions d’avant mon changement de sexe

Ça me fait toujours drôle qu’on me souhaite bon courage, qu’on me demande si je suis prête, ou qu’on ait peur que je ne le regrette. Ma perception des choses est tellement différente. Oui j’ai peur. Mais cette peur est celle de la souffrance que je vais vivre en convalescence. Ce n’est pas celle du changement que m’apportent les opérations de vaginoplastie ou d’augmentation mammaire. À ce propos j’ai d’ailleurs dit à mon chirurgien que je suis moumoune, que j’ai peur de la souffrance physique et que je n’ai pas de problèmes moraux à prendre de la drogue.

Les hommes que je connais (et même certaines femmes) semblent voir dans cette opération une castration ou pire encore, une perte totale de capacité de jouissance physique. Laissez-moi vous rassurer et vous dire que pour moi, je ne perds pas un pénis. Je gagne plutôt un vagin. Celui-ci sera d’ailleurs complètement fonctionnel et en tout point semblable à celui d’une femme génétique (si ce n’est pour les organes reproducteurs. Il y a tout de même des limites à la science). D’ailleurs, deux ans après l’opération, si on fait une culture bactérienne vaginale d’une femme biologique et d’une transsexuelle, on ne peut différencier laquelle vient de laquelle. C’est tout dire. Je suis prête depuis très longtemps à cette opération que j’attends avec impatience. Je la souhaite vivement et j’ai très hâte d’être ENFIN une femme complète.

vendredi 26 juin 2009

En vacance / Convalescence


Crédits Olivier Simon Arcand Photographe, shooting des Célébrations de la fierté de Montréal

Permettez-moi de vous souhaiter un merveilleux mois de juillet. Les lecteurs assidus de ce blogue savent déjà qu’aujourd’hui je tombe en vacance, qui sera en fait une convalescence de longue durée. En fait, lundi prochain, j’entre au Centre Métropolitain de Chirurgie Plastique, et je me ferais opérer par le célèbre Docteur Pierre Brassard (qui est aussi mon client, son site est en évolution et sera garni sous peu) Tel que j’en ai déjà parlé dans mon blogue Femme 2.0, je vais y subir une vaginoplastie et augmentation mammaire et ce sera l’une des étapes les plus importantes de ma transition. Pour moi, ce sera une renaissance et l’accomplissement de la correspondance de mon cerveau avec mon anatomie. Ce sera aussi sans doute la période de convalescence la plus difficile de ma vie et je sais déjà que la première semaine sera particulièrement difficile. Mais je suis prête et j’ai très hâte à ce grand moment.

Vous comprendrez donc que mon blogue sera passablement moins actif durant le prochain mois, mais je mettrais à jour mes profils Facebook et

lundi 15 juin 2009

Ma chirurgie de féminisation faciale, un an plus tard

Il y aura un an le 26 juin prochain, que mon visage a subi une chirurgie de féminisation faciale qui allait en changer radicalement les traits. J’ai déjà mis en ligne des comparatifs deux semaines, trois semaines et un mois après. J’ai aussi présenté une photo de moi deux jours après la chirurgie. Mais nous les transsexuelles, on aime ça se bitcher entre nous et nous pouvons même être très « cheap » dans nos comparaisons esthétiques. Ainsi, je découvre sur le Forum Mutadis Mutandis, ce petit bijoux.







Nicole G. a écrit:
Laurane33 a écrit:
C vrai qu'une étape pas forcément facile de la transition consiste à accepter que nous aurons au choix: des petits seins, de la cellulite, des petites hanches, des yeux en haricots et pas en
amandes, des épaules larges, des grands pieds, un nez plus qu'énorme en bref que nous ne sommes pas des shemales

(Là, c'est
autobiographique)

C'est clair que lorsque l'on est censée avoir incarné la moins laide des "hommes", ce n'est pas toujours facile de concevoir qu'on est en fait la moins belle des femmes...

Mais bon, comme quoi hein, le physique...


http://femme-2-0.blogspot.com/2008/07/photo-avant-aprs-de-mi-profil.html




Question de remettre les pendules à l’heure, voici un nouveau comparatif, un an plus tard



Il est à noter que la photo de gauche est une gracieuseté du photographe Olivier Samson Arcand et que celle de droite a été prise par moi-même en novembre 2007, alors que je commençais mes hormones. J’ai déjà aussi expliqué les détails de ma chirurgie de féminisation faciale.



MAJ
Voici d’ailleurs un montage par ordinateur que m’avait fait un service d’imagerie. Mon chirurgien, le Dr. Bensimon, ne fait pas de service d’imagerie avant la chirurgie (je le comprends, en tant que chirurgien, on ne veut pas donner des preuves qui pourraient servir lors d’une poursuite possible si le nez n’est pas comme celui qui avait été dessiné). Disons que je suis vraiment contente du travail du Dr. Bensimon et que je « capotais » à l’idée de pouvoir ressembler à ce montage par ordinateur qui est très, très loin du résultat final. Un gros OUF de soulagement…



Vous comprendrez aussi que lorsque ma Bibitte d'amour vit ce montage par ordinateur, son découragement fut colossal...





dimanche 14 juin 2009

Encore deux semaines

Encore deux semaines avant que la chirurgie ne corrige mes anomalies anatomiques et ne fasse finalement de moi une femme complète. J’ai tellement hâte à après la convalescence. Je sais que ce sera souffrant surtout la première semaine. Mais je sais aussi qu’après ma convalescence, mon « mental » sera enfin synchronisé à mon « physiologique ». J’ai aussi tellement hâte de pouvoir magasiner mon bikini, de pouvoir me promener en jeans et de ne plus avoir à me promener avec des prothèses mammaires externes.

On me dit souvent bon courage pour l’opération. Je trouve ça gentil, mais pour moi ça ne prend pas du tout du courage puisque j’ai vraiment hâte à ça. Le courage est plutôt celui de patienter jusqu’à ce moment ultime. Les hommes viennent souvent mal à l’aise lorsqu’ils me parlent de l’opération. Ils ont l’image mentale de la castration et de la disparition du pénis. Ce n’est cependant pas du tout le cas. Mon pénis ne disparaîtra pas. Il deviendra simplement un vagin. Il va se transformer et devenir la plomberie avec laquelle j’aurais dû naître. Donc ma préparation mentale est plus reliée à l’anticipation de la souffrance physique tributaire à l’opération qu’à une crainte de « perdre mon pénis ». Je comprends que c’est difficile pour bien des gens, de s’imaginer ça, mais c’est aussi l’un des éléments qui différencient les transsexuels (elles) du reste de la population. Nous on a vraiment hâte d’être enfin « le sexe de destination »…

D’ailleurs, j’ai reçu cette semaine la confirmation de mon opération et tous les examens préalables sont complétés. Il ne manque que les résultats de mon ECG pour que le dossier ne soit réellement complet. Mais ce n’est qu’une formalité…

samedi 13 juin 2009

Entrevue avec Jasmin Roy au 98.5FM, Le magazine du Week-end




C’est avec grand plaisir que j’ai débuté mon mandat de présidente d’honneur des célébrations de la fierté de Montréal. Cette semaine j’ai participé à la première conférence de presse de l’événement et ce matin, j’étais avec le porte-parole officiel des célébrations, Jasmin Roy. Dans le cadre de son émission Le magazine du week-end, du 98.5FM, j’ai accepté de parler de ma condition de transsexuelle avec lui (MP3).

samedi 30 mai 2009

Dans un mois je devrai renaître

Dans exactement un mois, je devrais renaître. Si les plans ne changent pas (lorsque je dis ça, je parle de toute évidence de situations hors de mon contrôle et reliées à des organismes externes) mon corps devrait enfin être modifié pour correspondre à mon cerveau. J’aurais LES opérations qui feront de moi une femme anatomique. Simultanément, j’aurai les premières et dernières menstruations de ma vie. C’est une manière de parler qui n’est pas si symbolique que ça puisque je devrais avoir des douleurs intenses qui s’accompagneront de cette chirurgie majeure. À ce propos, j’ai demandé à mon chirurgien de ne pas lésiner sur la drogue parce que j’assume ma « moumounitude » et que je n’ai aucun complexe à être gelée durant le temps qu’il faudra. Ce seront aussi mes vacances après tout. Au niveau psychologique, je ne me peux plus d’attendre et j’ai vraiment hâte de me retrouver après ma convalescence et d’enfin magasiner mon maillot de bain et de simplement ÊTRE enfin…

Le côté triste de l’affaire est que c’est de plus en plus difficile pour ma Bibitte d’amour et que sera encore un autre deuil, sans doute le plus important, qu’elle devra vivre. Je souhaite tellement qu’on puisse passer au travers…

jeudi 28 mai 2009

Ma conference Using blogs as support tools, Santé mentale et Internet

Il y a quelques semaines de ça, on m’a demandé d’agir comme conférencier d’ouverture (lire ici conférencière, mais ce n’est pas mauvais que j’écrive conférencier puisque c’est le mot-clé que les gens cherchent dans Google. L’un des désavantages d’être femme ) pour la International Conference on the Use of the Internet in Mental Health, qui avait lieu à L’Institut universitaire en santé mentale Douglas (affilié à l’Université McGill). Ma conférence Using blogs as support tools est disponible en Web vidéo. J’y parle de comment mes diverses présences Web, m’ont aidé durant l’épreuve de ma dysphorie d’identité de genre et de comment ça aide aussi les autres. Par la suite, j’ai participé à une période de question qui est particulièrement intéressante pour moi, parce que j’y parle plus de Web que de mon expérience et que j’aime de toute évidence pas mal plus faire ça. La période de question est en ligne en Web vidéo ici.

Si le sujet vous intéresse, voici la page avec tous les conférenciers, qui sont tous plus intéressants les uns que les autres.

En outre, j’ai déjà aussi parlé de L’Institut universitaire en santé mentale Douglas dans mon billet Le budget ou le courage?

MAJ
Je regarde les vidéos de ce billet et je mesure tout le chemin qu'il reste encore à faire dans ma transition. La voix, la démarche, etc. Ça me donne le blues...

mardi 19 mai 2009

À propos de la « psychiatrisation » de la transsexualité

Ce week-end, dans le journal Libération, on apprenait que La transsexualité ne sera plus une maladie mentale. Mon point de vue là-dessus.

Je n’ai jamais cru que la transsexualité était une maladie mentale. Je crois cependant que c’est une condition qui a une incidence majeure sur les aspects psychologiques et neurologiques de l’individu qui est pris avec ça. Je sais aussi que lorsque le « point de non-retour » est atteint par une personne dont cette condition est latente en elle, la dépression qui s’ensuit, est profonde douloureuse et particulièrement dérangeante. Je l’ai expérimenté et j’ai grandement apprécié la thérapie hormonale qui m’en a délivré. Pour moi, les troubles de l’identité de genre sont un peu comme la trisomie. C’est une affection qui se retrouve de façon aléatoire dans toutes les sociétés et qui nécessite un apport médical afin de faciliter la vie de ceux qui doivent continuer de vivre avec ça afin de les aider le plus possible à s’intégrer à leur nouveau genre et à participer activement à la société en général. D’ailleurs, ce matin, une autre nouvelle tend à confirmer le caractère génétique de la dysphorie d’identité de genre. Dans Un gène expliquerait la transsexualité on peut lire :

Depuis des décennies, il y a un débat sur les causes de transsexualité. Les premières théories reposaient sur des facteurs psychosociaux tels qu’un traumatisme durant l'enfance. Des études plus récentes ont indiqué que les antécédents familiaux et génétiques sont les aspects liés au développement de l'identité sexuelle.

«Il y a un stigmate social voulant que le transsexualisme soit tout simplement un choix de vie, mais nos résultats reposent sur la base biologique de la façon dont se développe l'identité sexuelle», a affirmé pour sa part le chercheur principal, le professeur Vincent Harley et chef du département de génétique moléculaire au Prince Henry's Institute.


Je n’ai pas demandé à être transsexuelle. J’aurais tellement préféré être née femme, ou homme, pas entre les deux. Mais c’est ma condition, je dois composer avec et si la société peut aider mes frères et sœurs d’infortunes, c’est vraiment tant mieux. Tout comme pour les trisomiques, c’est bien que la société prévoit des ressources pour les aider, eux et leur famille…

MAJ
Paradoxalement, de parler de ma dysphorie d’identité de genre, qui est toujours classée comme une maladie psychiatrique, a été très salvatrice pour moi. C’est ce qui est expliqué dans l’article Problèmes de santé mentale: Internet peut faire partie de la thérapie, de PasseportSanté.

mardi 12 mai 2009

Mon premier maniaque

Cette nuit j’ai rêvé que je sauvais une transsexuelle d’un maniaque qui la poursuivait. Je me suis réveillée en me demandant « mais pourquoi je rêve à ça »? Je n’ai pas eu à chercher longtemps pour me rappeler que ça m’est arrivé hier. Sur le coup, je me suis dit que c’était sans importance, mais je réalise maintenant que ça avait plus d’importance que je ne voulais bien l’admettre.
Hier j’étais avec des copains Français à ce que je nomme « ma succursale », le café Laïka à Montréal. Durant notre meeting nous sommes sortis fumer une clope et discuter sur le trottoir. À côté de nous, il y avait un jeune Maghrébin qui parlait au téléphone. Puis nous retournons à l’intérieur finir notre discussion. Une quinzaine de minutes plus tard, notre rencontre se termine. Un peu plus loin dans le même édifice, il y a un dépanneur et un guichet automatique. Je vais m’acheter des cigarettes et en profite pour faire un retrait au guichet. Le jeune maghrébin est maintenant assis sur le garde fou et semble perdre son temps à m’observer. Je n’aime pas vraiment que quelqu'un m’observe faire un retrait au guichet bancaire je me dépêche donc. Puis je sors de l’édifice pour me rendre à ma voiture qui est stationnée sur la rue derrière celui-ci. J’ouvre ma porte et je m’assois sur la banquette et je viens pour fermer ma porte, mais le jeune est là, il retient ma porte et commence à me parler.
- Vous êtes d’origine française ?
-Non ce sont mes copains qui sont Français
-Ha c’est l’accent que j’ai reconnu
Le jeune homme commence à se masser le pénis au travers de son pantalon et poursuit
-Vous êtes québécois?
-Non je suis Québécoise
-vous allez où
-Je vais chez moi
-Je vais vous accompagner
-non merci, c’est gentil
À ce moment je ferme la porte vivement, je démarre la voiture et je m’en vais et dans le rétroviseur, je le vois là, tout penaud, à continuer de se masser le pénis. J’ai comme un sentiment de dégoût. Il ne cesse de fixer la craque de mes seins, mais il pense que je suis un homme parce qu’il me parle au masculin. En fait, il croit que je suis « une shemale » le fantasme de bien des hommes. Je suis aussi très surprise de m’être fait suivre de la sorte et de ne pas m’en être aperçue. Je suis aussi inquiète de m’être mise en situation de danger potentiel de la sorte (j’étais assise dans ma voiture la porte ouverte et lui debout à côté de moi). Finalement, je me rend compte que je suis devenue une proie et que je vais devoir être plus sur mes gardes…

jeudi 7 mai 2009

Suis vraiment, mais là vraiment très contente

Je ne peux pas confirmer quoi que ce soit à propos du MSSS, mais je vais me faire opérer le 30 juin par le Dr. Pierre Brassard, tel que prévu (Vaginoplastie et augmentation mammaire). C’est aussi avec grand plaisir que je serais la présidente d’honneur de l’édition 2009 des Célébrations de la fierté de Montréal. Wouhouhou…

La vie a de ses aléas qui font plaisir...

MAJ
Je suis évidemment très émotive et Bibitte aussi.

mercredi 6 mai 2009

Si le MSSS le veut, je serai présidente d’honneur de la Célébrations de la Fierté de Montréal

Ce midi je mangeais avec messieurs Éric Pineault et Jean-Sébastien Boudreault, président et vice-président des Célébrations de la fierté de Montréal. L’événement annuel des gais, lesbiennes, bisexuel(les) et transsexuel(les) de Montréal. Ils voulaient que je sois la présidente d’honneur de cet événement d’envergure international. J’étais évidemment touchée de cet honneur et d’apprendre que le conseil d’administration a débattu de ma candidature et en a décidé à l’unanimité (ce qui paraît il est assez rare). En fait, je serais requise pour différentes conférences de presse, pour la journée du défilé et je participerais aux différents événements de la semaine d’activités. J’ai évidemment discuté de la perception que certains d’entres-cous mon partagé, nommément celle des grandes folles qui ont des plumes dans l’cul et de l’impact possiblement négatif que cela pourrait avoir sur mon brand et mon image de marque. Mais d’un autre côté, ces rare occurrence sont des images que prisent certains médias et qui font ombrages aux milliers de bénévoles qui font la promotion de la culture, de l’acceptation de la différence, de la lutte à l’isolement, du respect des droits et du partage des combats humains qu’il reste malheureusement à faire. J’étais bien d’accord avec eux sur ces différents sujets. Nous avons aussi discuté de la Carifète et même de la St-Patrick qui ont aussi leur lot d’énergumènes, mais qui ne font pas tout le tapage que peut faire « un cuirette avec ses chaps sans fesse ». Il y a évidemment la journée communautaire où des dizaines d’organisations bénévoles (dont l’association des Transsexuel(les) du Québec que je supporte vivement) font la promotion de leur cause et vulgarise pour le grand public, les différents enjeux que peuvent vivre la communauté GLBT et dont on ne parle pas assez encore dans les médias. Il y a aussi tous ces événements culturels et ces shows au Parc Émilie Gamelin et sur Ste-Catherine. J’ai donc offert mon accord de principe pour être leur présidente d’honneur à condition que?
L’os
J’attends toujours une confirmation du MSSS quant à la date du dépôt de leurs fameux critères permettant aux trans de se faire opérer aux frais du gouvernement. Si la confirmation vient à temps et si je peux enfin me faire opérer le 30 juin tel que réservé et entendu avec le Dr. Pierre brassard, les dates concorderont avec celle de l’organisation des Célébrations de la fierté de Montréal. Sinon, s’il y a conflit d’horaire, peut-être devrais-je passer mon tour. Comme on dit, je suis sur les dents…

Arracher la tête d’un ti-cul

Hier soir j’étais au lancement du livre Mama cool de la copine Marie-Julie Gagnon. Étant encore une fumeuse, je sors à l’extérieur fumer une clope avec un copain. Nous discutons de choses et d’autres puis sur le trottoir, un ti-cul d’une douzaine d’années, passe devant nous avec sa petite sœur de 5 ou 6 ans. Puis il se met à crier après moi.
« Un gars dans une robe, un gars dans une robe . Hey, pourquoi tu te mets une robe? »
Exaspérée je lui réponds, « pourquoi toi tu es un p’tit gros »
Il rétorque, « parle-moi avec ta voix de gars! Tu t’es fait pousser des tetons? On ne voit même pas la bosse de ton pénis! »
Je réponds « et toi tu peux te faire pousser un peu de jugement? Tu crois que c’est gentil de faire chier les gens? »
Il repart en criant « un gars en robe, un gars en robe » et il arrête chacun des passants sur le trottoir pour les avertir de l’énergumène qui est « un gars en robe » un peu plus bas sur le boulevard St-Laurent.
Mon copain n’en revient tout simplement pas. Il lui aurait arraché la tête. Moi aussi d’ailleurs. Mais que faire à un enfant si mal embouché? C’est un enfant après tout! Ça me fait aussi songer que c’est ma voix qui l’a fait réagir et que j’ai encore du travail à faire dessus. On dit aussi souvent que la vérité sort de la bouche des enfants, mais avec tant de véhémences? D’un côté, j’étais contente que mon copain soit témoin de cette méchanceté et qu’il prenne la mesure de certains des écueils avec lesquels je dois encore composer. Moi je fus sous le choc pendant une grosse demi-heure et j’ai pu ventiler ça avec ma Bibitte d’amour au téléphone plus tard en soirée. Heureusement j’eu bin du plaisir avec les potes le reste de la soirée et malgré cet épisode douloureux, j’ai tout de même passé une très belle journée hier. Mais je suis encore consciente que ma transition est encore loin d’être terminée, disons…

mardi 5 mai 2009

Tout est affaire de perception

Comme suite à mon billet d'hier Votre avis sur la fierté gaie de Montréal Voici le courriel (très surprenant et rafraîchissant pour moi) que je reçois (le nom a été enlevé pour respecter la confidentialité de l'émetteur):

Subject: Fierté Gaie de Mtl

Michelle,

J'avais envie de te donner une réponse plus personnelle à cette fameuse question de co-présidence de la Fierté Gaie.

Tout d'abord, je tiens à te dire que je t'ai lue pendant un bon trois mois avant de savoir que tu étais transexuelle. Jamais, mais absolument jamais je n'ai pensé que tu étais transexuelle et encore moins un homme. Je voyais ta photo et lisais tes propos qui était ceux d'une femme.

Parfois, je me disais qu'elle était bien engueulée la Michelle. Qu'elle avait vachement confiance en elle (une mâle assurance diraient certains) et qu'elle disait des trucs que peu de femmes osent dire, mais j'attribuais ça à la maturité qui vient avec l'âge ou l'expérience.

Je t'ai aussi vu à tout le monde en parle, distraitement je l'avoue. J'y avais vu une transexuelle parler de son parcours (je n'ai pas prêté attention à son nom), sans jamais ne faire de lien avec la Michelle Blanc de Facebook ou du blogue.

Puis, je t'ai vu au lancement des capsules de Mère Indigne. Tu étais si grande. Je t'imaginais plus petite. Probablement parce que les petites femmes ont souvent beaucoup de caractère. Et ta voix, une voix grave. Ça, par contre, je l'imaginais assez grave, mais pas autant. J'ai finalement fait le lien avec TLMEP.

Pour tout dire, je ne peux même pas imaginer l'homme que tu as été. Encore moins parler de toi au masculin.

Comme je ne te côtoie pas en personne, j'ai recommencé à te lire sans ta voix grave. Donc, ma réaction, degré zéro, à la co-présidence de la Fierté gaie a été: "ben voyons donc, une femme hétéro à la co-présidence!"

Puis, je me suis demandée pourquoi je t'imaginais hétéro? Drôle, non?

Je n'ai pas de mauvaise ou de bonne opinion sur l'événement et quand je te vois, je ne vois aucune cause. Je ne vois qu'une femme, comme moi. Et, je ne me vois pas du tout présider un tel événement!

Voilà, j'avais juste envie de te donner l'impression, degré zéro, d'une inconnue.

Tout est une question de perception finalement!

Pour la co-présidence, fais ce qui te fait plaisir! La vie est si courte!

lundi 4 mai 2009

Votre avis sur la fierté gaie de Montréal

J’aimerais avoir votre avis sur la Fierté gaie de Montréal, spécifiquement parce qu’on me demande d’être coprésidente d’honneur de l’événement de cet été. Je n’ai pas encore prise de décision et je vais peser le pour et le contre d’une telle implication sur mon image de marque (mon brand) et sur mon entreprise. Il est clair que c’est déjà un honneur puisqu’aucune transsexuelle n’a encore été coprésidente de cet événement majeur GLBT. Il m’apparaît aussi important de continuer le combat de la vulgarisation et de démystification de cette réalité qui touche beaucoup de gens (surtout si on met dans le même panier les familles et les gens qui entourent les personnes aux prises avec la dysphorie d’identité de genre). Cependant, comme je l’ai déjà mentionné, jne ne suis pas une bête de cirque et j’ai toujours soigneusement choisi les forums et les médias avec lesquels je m’entretenais de ma condition. J’ai donc encore quelques jours avant de prendre une décision finale. Merci de vos avis…

dimanche 3 mai 2009

Le retour du Gal’s Spring Fling

Ce week-end, Bibitte et moi étions au Gals Spring Fling 2009 de Gananoque. C’est un week-end transgenre regroupant principalement des travesties (mais aussi quelques transsexuelles) et leur conjointe. J’y étais invitée à titre de conférencière (pour discuter de mon propre parcours) et je n’avais vraiment aucune idée de ce que ce serait. Ou plutôt si, j’avais bien des préjugés. C’est qu’avant d’être transsexuelle, j’ai évidemment été travestie. La majeure partie de ma vie de travestie s’est fait dans le cocon protecteur de mon garde-robe et que très, très peu de temps, à l’extérieur de chez moi. Je ne peux donc pas dire que je m’identifie réellement à eux et j’avais des appréhensions pour Bibitte qui m’accompagnait. Elle en avait elle-même et m’avait dit : Michelle, on va prendre ça d’heure en heure et si jamais je ne me sens pas à l’aise, nous avons la possibilité d’aller coucher dans un autre hôtel et après ta conférence, on pourrait simplement aller visiter Kingston qui est tout prêt. Mais à ma grande surprise et à la sienne, il y avait quelque chose d’attendrissant de voir ces hommes qui expriment leur féminité refoulée, sous le regard complice, de leur tendre moitié. Nous sommes donc restés pour tout le week-end (si on exclue une escapade rapide à Kingston pour faire un peu de shopping). Nous avons franchement rigolé (d’un rire complice) de voir ces hommes d’origines sociodémographiques et de corpulence très, mais vraiment très diversifiés, déambulé avec fierté, lors du défilé de mode durant la soirée. Certaines étaient très féminines au point de m’en rendre même jalouse, tandis que d’autres avaient l’air d’un camion remorque peinturé rose. Mais toutes ces dames d’un week-end avaient un sourire d’épanouissement peu commun. Je reviens de ce week-end touchée et perplexe quant à la montagne de préjugés qu’il reste encore à faire tomber dans ma propre tête, mais aussi dans la société en général.