jeudi 17 juillet 2008
De ma famille
Le plus triste dans tout ça, est que le prochain moment qui risque de tous nous réunir, sera très probablement à la mort de mon père. Mais à ce moment-là, ma famille aussi sera probablement enterrée pour moi…
Se faire une carapace
mercredi 16 juillet 2008
De ma transparence
Pierre Côté qui fait parti de mes connaissances Facebook, se surprend et se régale (dans un petit vidéo) de mes différents statuts Facebook qui documentent mes expériences personnelles liées à ma condition. Il questionne le pourquoi d’une telle transparence.
Voici ma réponse :
lundi 14 juillet 2008
Photo avant après de mi-profil
Voici un comparatif photographique avant après, de mi-profil. La première photo a été prise en novembre dernier. Cette photo fait partie d’une série de photos qui ont été prises avant mon hormonothérapie. La copine Julie Bélanger commentait dans Facebook :
Ok, je le sais que c'est étrange ce que j'écris là mais sur la photo de gauche, on dirait que ton regard est éteint alors que sur la photo de droite, tes yeux brillent et tu regardes directement en avant et t'as l'air prête à faire face à tout et surtout à la vie. Peut-être que ça n'a pas de sens ce que j'écris là mais en tk – beau visage. Voilà.
Je lui répondais :
La photo de novembre a été prise alors que j'étais encore en état de dysphorie de genre, qui est une forme de dépression qui se guérit entre autre, par la prise d'hormones qui elle aussi, est un autre outil de confirmation diagnostic.
Je suis donc beaucoup plus heureuse d’être physiquement, ce que mon cerveau est depuis ma naissance, c'est-à-dire femme. Notez aussi que mon visage change encore à la vitesse grand V et je serai fixée sur celui-ci dans encore plusieurs semaines. Mais j’en suis déjà très satisfaite. Je commence d’ailleurs à me faire faire les yeux doux par des messieurs. C’est con à dire, mais je n’avais pas songé à ça et ça me surprend énormément. Encore une autre chose à laquelle je vais devoir m’adapter…
MAJ
La dernière chose à désenfler sera mon nez. Il devrait être encore beaucoup plus raffiné.
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Le tour de mes yeux est encore bleu et d’autres changements sont encore à prévoir puisque j’ai enflé si rapidement durant l’opération qui dura 8 heures, que le chirurgien n’a pu compléter toutes les interventions qui étaient prévues (lèvre inférieure, paupière inférieure, base du nez et replis au menton). Dans les prochaines semaines, il complétera donc ses interventions et ma physiologie faciale changera donc encore beaucoup.
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J’ai d’abord retiré ce billet, après publication, durant le week-end parce que je n’étais pas satisfaite de la photo de droite et que ma physionomie change encore rapidement. Je me ravise aujourd’hui et le remets en ligne puisque plusieurs ont déjà vu ce billet qui a été diffusé via fil RSS et Feedblitz et que bien que je ne sois pas encore entièrement satisfaite de cette vue de face (je le suis complètement de la vue de profil), je me dois d’être intègre envers mes lecteurs et d’accepter les imperfections qui existent encore. C’était à moi à ne pas mettre ce billet en ligne en premier lieu, si je ne voulais pas encore le diffuser. Voilà…
jeudi 10 juillet 2008
Les détails de ma FFS
mercredi 9 juillet 2008
Photo avant/après
Demain, ça va faire deux semaines que j’ai eu ma chirurgie de féminisation faciale. Mon nez, mes joues et ma lèvre supérieure sont encore enflés. Ça me donne un petit look Marge Simpson qui devrait s’estomper. Mais pour vous donner une idée, voici une photo avant et après. La photo avant a été prise en novembre dernier, avant que je ne prenne des hormones et la photo après a été prise il y a deux jours. Je suis donc très heureuse des résultats qui vont encore s’améliorer. Je suis surtout heureuse de pouvoir maintenant déambuler dans la rue sans avoir à subir ces regards de mépris qui m’ont tant fait souffrir. De me débarrasser de ceux-ci était l’objectif premier de mon opération et je puis d’ores et déjà être complètement satisfaite de l’atteinte de celui-ci…
lundi 30 juin 2008
Miss Piggy
Je suis enfin de retour chez moi et je vais bien. Je me remets tranquillement de l’opération et je n’ai pas de douleurs (j’ai de la bonne drogue prescrite par mon médecin). C’est très inconfortable comme le docteur me l’avait prédit et j’ai la tête lourde. Mais de jours en jour, je découvre ce nouveau visage. La première journée je ressemblais à Miss Piggy, puis hier et aujourd’hui j’ai l’air d’une femme qui a été sévèrement battue. La constante dans tout ça est que j’ai déjà l’air d’une femme et j’en suis vraiment heureuse. Je revois mon chirurgien, le docteur BenSimon vendredi et dès lors, je devrais avoir une meilleure idée de mon nouveau look. Je vous embrasse tous et vous remercie encore de vos nombreux messages de soutiens…
MAJ
Un merci très spécial pour la pensée de Florence qui m’a beaucoup émue.
jeudi 26 juin 2008
Minuit
Il est presque minuit, dans 8 heures débuteras la transformation complète de mon visage et donc de ma personnalité externe. Ça aura des effets indéniables sur ma personnalité interne. J’espère vraiment ne plus vivre le mépris et le dédain à mon égard, que j’ai vécu si vivement et amèrement cette semaine. J’espère enfin que de l’extérieur, on puisse voir la femme que je suis en dedans. J’espère enfin redevenir normale aux yeux des autres. Que de souffrances et que de joies profondes cette condition de transsexuelle me fait vivre. Ces derniers mois, ma vie s’est accélérée par dix. Autant j’ai eu des expériences touchantes, autant j’ai vécu le répugnant. La cadence des événements positifs et négatifs s’est multipliée par dix. L’intensité aussi. Jamais de ma vie je n’avais été touchée autant par la simple gentillesse des gens, et par leur méchanceté aussi. Cette expérience est profonde et troublante. Elle me fait voir des choses magnifiques et terrifiantes, de l’âme humaine. De la mienne et de celle des autres. Demain, je ne serai plus jamais la même personne. Je ne le suis déjà plus…
mercredi 25 juin 2008
Vacance de convalescence
À partir de cette semaine, ma vie va changer pour le mieux, et ce, à plusieurs égards. Tout d’abord, je rencontre l’un de mes avocats cet après-midi, avec tous les documents nécessaires, afin qu’il enclenche les étapes légales en vue de mon changement de nom légal de Michel Leblanc à Michelle Blanc. Le changement de prénom relatif à un changement de sexe est une pratique peu dispendieuse et assez facile à faire. Mais comme je change mon prénom et mon nom, cela doit se faire devant un juge et il faut qu’il donne son aval et qu’il trouve les justificatifs satisfaisant (une couple de milliers de dollars) sinon il faut par la suite aller en instance supérieure et c’est là que ça risque d’écorcher sensiblement mon porte-monnaie. On parle de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Mais mon dossier semble très positif et je suis sûre que tout ira bien.
Puis jeudi, c’est le grand jour. À partir de 8 h, je suis sur la table d’opération pour subir une chirurgie de féminisation faciale. Les semaines qui vont suivre (mes vacances quoi) serviront à me rétablir et à récupérer des suites de celle-ci. Comme je serai aveuglée par les compresses un certains nombre de jours, je ne vous donnerai pas de nouvelles tout de suite après l’opération. Mais dès que je le pourrai, je vous laisserai savoir si tout a bien été. Comme c’est aussi mon habitude durant mes vacances, je ne bloguerai pas. Cette semaine je travaille, mais je n’ai vraiment pas la tête à discourir de commerce électronique ou de marketing internet. Disons que pour l’instant, mes passions sont sur la glace. Je serai de retour avec mon entrain habituel, quelque part à la mi-juillet, en fonction de mon rétablissement qui devrait être complété à ce moment. Je vous embrasse tous et je pars terminer mon dossier pour le donner à mon avocat cet après-midi. À bientôt…
MAJ
Pour avoir une idée de l'avant/après et pour comprendre un peu comment un "mâle" comme je l'ai été, peu devenir femme, je vous invite à lire l’article de cet ex-capitaine des parachutistes Britaniques, Jan Hamilton, dans le MailOnline.
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Nous sommes aujourd’hui mercredi le 25, il est 16:15hr et j’ai été submergée de messages d’appuis, Facebook, Twitt, courriel et autre. Ça me touche beaucoup et je vous en remercie chaudement. Pour l’instant, je ne touche plus à terre d’anxiété. J’arrive de chez mon chirurgien dont le bureau est à 4 portes de chez moi et avec son humour bien particulier, il me demande comment je vais, je lui dis être anxieuse comme je ne l’ai jamais été de toute ma vie. Il me répond de ne pas m’en faire si je ne dors pas ce soir, que de toute façon, je dormirais amplement les prochains jours. Quel blagueur! Ce soir ce sera le Yulbiz mais je n’irai pas. Je suis trop émotive, anxieuse et pas supportable pour y être. J’en suis désolée. De plus, j’ai de la difficulté à recevoir et ça me mettrait dans tous mes états de recevoir tous ces commentaires des copains qui y seront et qui ne manqueraient pas de m’offrir leur support. C’est mon côté moumoune, que voulez-vous? J’ai aussi très peur des appareils photos et ne voudrait pas qu’on prenne « le dernier cliché de ma face » qui se retrouve sur le web, sans mon consentement. J’irais plutôt souper dans un bon restaurant avec mon cousin, et prendre un dernier bon repas solide, avant plusieurs jours. Une bonne bouteille de vin aurai bien arrosé ça, mais je dois me contenter de mon deuxième choix, un Pepsi (pas le droit de boire). Je suis donc vraiment très, très nerveuse, mon docteur comprend très bien la chose (je ne suis pas la première transsexuelle qu’il opère pour ce genre de chirurgie déterminante et radicale), je me sens en confiance avec lui, mais je lui donne tout de même un chèque en blanc pour qu’il change ma face complètement, sans savoir avant ce que ça va donner. C’est le côté vraiment « hallucinant » de toute l’expérience. Mais je prie pour que tout aille bien et suis encore émue de vos nombreux souhaits. Je vous embrasse tous avec ma bouche d’homme, avant de pouvoir le faire avec ma nouvelle de femme…
mardi 24 juin 2008
L’amour et le mépris
J’ai eu aussi le plaisir de recevoir le téléphone de son fils, qui est aussi celui que j’aurais aimé avoir. Il me souhaitait bonne chance pour l’intervention qui s’en vient et me dit tout l’amour qu’il avait pour moi. D’ ailleurs, la semaine dernière, je le recevais à souper et à un moment donné il me dit comment il trouvait pénible depuis un an de voir toute la douleur et tout l’amour que sa mère et moi avions l’un pour l’autre. J’en pleurais à chaude larme de constater à quel point il avait été le témoin silencieux de cet amour profond que nous avons depuis maintenant 15 ans.
Pui il y a ce mépris. Comme nous avons marché plusieurs kilomètres dans Montréal, nous avons croisé des centaines de gens. Je n’avais jamais remarqué tout ce mépris que des inconnus peuvent m’afficher sans vergogne, parce qu’ils n’aiment pas la transsexuelle que je suis. Des dizaines de gens me regardant avec autant d’insistance et m’envoyant ces regards pénétrants de dédains et de dégouts. Je me sentais réellement comme un lépreux. Cette expérience troublante me pousse encore plus à espérer que ma chirurgie puisse faire de moi une personne normale de nouveau. Quel inconfort constant de se sentir rejetée et mépriser de la sorte. Ce sont d’ailleurs les communautés minoritaires qui sont les pires. Ces Noires, ces hispanophones et ces Portugaises qui me regardaient comme si elles venaient de voir le diable en personne. Jamais je n’oublierais ces regards qui me blessent tant. En marchant entrelacé dans les bras de mon amour pour quelques instants, enfin je me sentais normale de nouveau. Ne serait-ce que pour ces brefs instants. À un moment donné, sur Mont-Royal, je n’en pouvais plus de voir tout ce mépris et je me surpris à songer qui si je mourais sur la table d’opération, ce serait une belle mort. Qui règlerait bien des problèmes pour tout le monde, moi y comprise. Puis j’eu cette pensée pour ces autres trans qui n’auront jamais les moyens de se payer des chirurgies et pour le calvaire qu’elles devront endurer le reste de leur vie. C’est vraiment insoutenable et j’eus beaucoup de chagrin pour elles et pour moi. J’espère vraiment pouvoir être débarrassée de cette méchanceté et de ces incompréhensions, car je ne sais pas si je pourrais survivre à ça encore bien longtemps
mercredi 11 juin 2008
Les gens qui viennent me parler
Sur un autre ordre d’idée, mais sur le même sujet, hier j’ai pris un drink qui s’est étirée en souper avec un nouveau contact d’affaires. C’est une femme d’une grande beauté et intelligence avec j’ai eu le plaisir de discuter business mais aussi des différents états d’âme que je traverse. À un certain moment donnée, elle me révéla qu’elle était fascinée par ce que je vivais, mais qu’elle ne pouvait pas encore me révéler pourquoi. Disons que ma curiosité maladive en prend un méchant coup. Mais quelle belle soirée j’ai passée en sa compagnie. Étant entre autres une spécialiste de la communication d’affaires, elle me dit avoir remarqué que dans mes allocutions et mes écrits, elle remarquait un manque d’assurance lié à ma condition, dont je devrais me défaire au plus vite, afin de redevenir mordante comme je l’ai toujours été. Encore une autre remarque intrigante! Pour en finir avec cette charmante personne, elle me dit : tu sais Michelle, lors d’épreuves, il y a toujours des gens nouveaux qui apparaissent. Je crois qu’elle a bien raison.
De plus, deux de mes très bons amis à qui je n’avais pas parlé depuis que je leur avais annoncé ma transition m’ont téléphoné cette semaine. Ils avaient bien pris la nouvelle, mais comme nous ne nous étions pas parlé depuis, je m’inquiétais un peu de leurs réactions subséquentes. Elles sont encore plus positives que prévu. Ce qui me fit un réel bien.
dimanche 8 juin 2008
Mon amour s’éloigne
Je te vois tranquillement t’éloigner et je pense à la mort.
Je sais combien ma condition te fait souffrir et tu es la dernière personne que je veux savoir souffrir.
Je sais être la cause indirecte de tes souffrances.
Je te vois difficilement tenter l’adaptation impossible.
Je vois ton deuil de l’homme que tu aimes.
Je vois la non-attirance de la féminité qui m’envahit.
Je comprends le déchirement intérieur que tu vis à chaque instant. Ce déchirement entre la personne que tu aimes et son nouveau sexe qui t’éloigne, entre la grande admiration et la réaction contre les regards de mépris, entre la compréhension et l’incompréhension, entre ce rapprochement qui t’éloigne des autres, entre l’homme que j’étais et la femme que je suis.
Quelle profonde tristesse que de savoir ta douleur! Quelle culpabilité et quel amour que tu portes à vouloir être là dans mes moments difficiles. Quelle joie que de savoir que malgré tout, nous aurons toujours cette lumière à partager…
jeudi 5 juin 2008
Encore trois semaines et je change de visage
lundi 2 juin 2008
De la difficulté
J’aimerais tellement dire toute cette douleur qui m’habite parfois et de ses souffrances que je crée aux autres. Mais je ne peux tout dire puisque d’autres personnes sont impliquées et que je me dois tout de même de conserver un certain décorum pour eux. Des fois, je suis vraiment vraiment fatiguée et triste de tout ce qui m’arrive, mais j’ai tout de même l’espoir de jours meilleurs…
P.-S.
Je vais faire mes préparatifs au cas où j’y resterais. Ainsi, tous mes contenus Web, ici et ailleurs, seront mis hors ligne après mon trépas et seront distribués et regroupés par la suite sous format papier. Les revenus potentiels de « mon corpus » iraient en totalités à l’amour de ma vie et lui permettraient peut-être de mettre un baume sur sa douleur…
mercredi 28 mai 2008
On me cite en exemple sur un forum shemale
le 3 mai oubliez pas cest la fierte transexuelle a luquam ca va etre ma premiere annee jcompte my rendre cest supose finir le soir au cleopatre avec des spectacle de drag kinget vous aller voir ya bcp transex a montreal des filles qui son des professeurs dautre qui bosse au casino montreal des etudiante a luniversite stc...... venez voir la diversite
(…)
j'sais pas pourquoi mais le site fait pas la promo avec des photo comme shemtl....C pas le genre de party j'ai le gout d'y aller....Ya rien qui donne le gout dans les media archive....Etes-vous d'accord avec moi? C'est des pic vraiment nul (dumoin y font pas de pub porno ca c sure...) Pis avant de rever a ca....dsl ca va me prendre une autre vie....C sure y'en parle sur ce forum, mais arranger ous donc pour etre sur les page du journal , je suis sur l'an prochain ca va mieux marcher....
(…)
desoler pour toi mais la reality de la vrai vie cest ca ,toi tu vi dans le monde de fantasme mais la fierte cest quil existe plein dautre style de transex qui vivent autre chose que le porno et lescorte comme dans le monde straitgh et cette convention on y parle du cote humain et psychologique si ca tinteresse pas tant pi .En passant jconnai plein fille transex qui son aussi hot que les escorte sur le site et qui on une job dison normal dans societe tu serai surpris.
(…)
Pour appuyer ce que vient de dire Kimara, j’ai eu l’occasion dernièrement d’assister à une série de conférences concernant le commerce électronique. Une des meilleures conférencières était Michelle Blanc (née Michel Leblanc). Elle est reconnue comme une des meilleures dans ce domaine au Canada. Donc, toutes les TS ne se retrouvent pas nécessairement dans le domaine du sexe. Il y en a aussi dans bien d’autres domaines. Et, probablement qu’il y en aura de plus en plus.Voir son site à http://www.michelleblanc.com/curriculum-vitae/
Finalement, c’est flatteur pour moi et si ça peut détruire certains préjugés tenaces à-propos des transsexuelles, c’est tant mieux. Je sais être vraiment chanceuse comparativement à plusieurs de mes sœurs qui vivent la même chose que moi. Lors d’un meeting trans, j’écoutais avec consternation l’histoire de l’une d’elles qui s’est fait violer, à répétition, par ses ex-collègues à la « shop » ou elle travaillait. Lorsqu’elle est allée demander de l’aide aux organismes de soutiens des femmes violée, on la retourna de bord « parce qu’elle n’était pas une femme ». Quelle tristesse et quel calvaire pour cette femme et pour toutes les autres qui souffrent encore trop de la méchanceté et de la perversion humaine…
mardi 27 mai 2008
$50 de rabais pour avoir revendiqué mon statut de trans
Grosse journée émotive aujourd’hui
Lors de mon coming-out sur ma condition de transsexuelle, je n’irai pas par quatre chemins, je vous ai dit que je ne parlerais pas beaucoup de ce que je vis ici et que j’ouvrirais plutôt un autre blogue (femme 2.0) pour expliciter ça. Mais aujourd’hui c’est une journée charnière importante et très émotive pour moi. Pour mal faire, je reçois deux appels téléphoniques d’individus qui veulent me vendre leurs services et qui disent être allés sur mon site. Le premier m’appelle monsieur gros comme le bras et le deuxième, plus délicat, me demande cou donc, vous êtes un homme ou une femme? Ce à quoi je réponds « une transsexuelle en transition qui est en train de devenir une femme» et après avoir écouté son boniment, il termine en me souhaitant une bonne journée « monsieur ».
Toujours est-il que je sors du bureau du chirurgien qui va pratiquer sur moi une FFS (Facial Feminisation Surgery). Nous avons discuté des différentes portions de l’opération, des nombreux risques et complications possibles, de mes attentes, de mes angoisses et de ma basse capacité de vivre la douleur (il m’a assuré qu’ils avaient de la bonne drogue). Je reviens donc chez moi heureuse d’être fixée sur toutes ces transformations et impressionnée des exemples d’autres patients qu’il a déjà opérés. Mais je suis terriblement angoissée que mes comptes à recevoir arrivent et que mon budget permette de faire le paiement de plusieurs dizaines de milliers de dollars à l’échéance prévue. Je sais que ce sont des choses dont on ne parle pas habituellement, ma pratique va vraiment très bien, mais on parle tout de même d’un méchant gros montant à verser. J’ai aussi parlé avec mon ex. de ma rencontre avec le chirurgien et de ma peur de voir ce nouveau visage. J’ai pleuré abondamment et j’angoisse de ne plus me reconnaître, de souffrir, de peut-être y rester, de tomber du mauvais côté des statistiques et de la pression constante que j’ai sur les épaules pour affronter le monde avec dignité, de faire mon boulot comme si de rien était, de ne pas m’en faire avec les regards méprisants et les « monsieur » qu’on me donne de façon régulière et d’enfin être forte. Surtout que le but de cette opération n’est pas de faire de moi une « cover-girl » (quoique j’aimerais ça), mais plutôt de diminuer sensiblement les regards de mépris d’imbéciles, de me féminiser davantage et de faire que je puisse déambuler dans la rue sans être une attraction pittoresque. Deux touristes la semaine dernière me disaient comment elles me trouvaient « cute » et voulaient me prendre en photo. Elles pourraient dire à leur retour à la maison regarde la belle transsexuelle que j’ai prise en photo. Yé! Méchant beau compliment… C’est ce genre de truc que j’aimerais qui diminue.
Pour ceux et celles qui n’ont pas le cœur trop sensible, vous pouvez visionner ce montage photo d’une transsexuelle qui est déjà passé par là. Vous comprendrez dès lors, une portion de mes angoisses et excuserez sans doute la digression à ma ligne éditoriale habituelle …
mardi 6 mai 2008
Une vieille connaissance
dimanche 4 mai 2008
De la synchronicité
dimanche 27 avril 2008
De la mélancolie
samedi 26 avril 2008
Du deuil
Il y a aussi ce courriel que je reçois d’un webmestre qui m’informe qu’il a changé mon nom de Michel Leblanc à Michelle Blanc dans son blogroll. Puis il me demande s’il se devait de changer toutes les références passées qui m’identifient. Je lui répondis que je me dois d’accepter la personne que je suis maintenant, mais aussi d’accepter celle que j’étais. J’ai été heureuse dans ma vie et je suis la somme de toutes les expériences que j’ai vécue. Je n’ai donc pas à renier mon passé, mais à vivre au présent. J’ai été homme et je deviens femme. Je suis vraiment ravie de la femme que je me vois devenir, mais je suis fière aussi de l’homme que j’ai été. Ce n’est donc pas un deuil complet de l’homme que je fais. Ce n’est que plusieurs petits deuils, mais surtout c’est plusieurs petites naissances et la réalisation que les transformations viennent et complètent ce que j’ai été.
Mise à jour des dernières semaines
Via d’autres technologies, des gens me demandent de plus en plus souvent si je vais écrire un livre. Cela est difficile pour moi puisque je ne peux pas écrire à quel point les membres de ma famille sont fermés et blessants(puisque malgré tout on va certainement se revoir un jour. Probablement à la mort de mon père) et à quel point mon ex-conjointe est extraordinaire. Elle ne veut pas que je parle d’elle dans mes blogues. Ça réduit donc de beaucoup ce que je peux dire sur mon entourage, ce qui est tout de même une dimension capitale de ce que je vis. Je dirais cependant que mon ex. s’adapte admirablement à ma condition et qu’il y a de très grandes chances que nous poursuivions notre vie commune. Si tel n’est pas le cas, elle restera à jamais ma meilleure amie et la personne la plus importante pour moi et celle que j’aime le plus sur cette terre.
De plus en plus souvent, des amis, des clients et même mon ex. me disent qu’ils remarquent une énergie positive et une lumière qui émane de moi, qu’ils n’avaient jamais vue auparavant. Ils me disent aussi que je suis plus calme, souriante et même d’un humour nouveau. Ça fait du bien à entendre.
Mon psy que je ne vois plus qu’aux trois semaines, lors de ma dernière visite, me disait. « Michelle, si j’avais à te donner une note pour ta gestion du stress et de ta transition, je te donnerais un A+. Le chemin que tu as parcouru de « super macho » à la femme épanouît et féminine que j’ai devant moi aujourd’hui, est réellement remarquable. Tu sais, depuis 25 ans j’ai rencontré beaucoup de trans et peu d’entre eux ou elle, sont parti d’aussi loin pour avancer aussi positivement et bien que toi ». C’est vrai que je le paye grassement, mais il n’était vraiment pas obligé de me dire une telle chose. Ça m’a réellement fait plaisir.
Ma FFS est prévue pour le 26 juin avec le Dr. Bensimon. J’ai un mélange de peur et d’excitation. J’ai peur de la douleur (je suis moumoune et je vais demander au Dr. De me donner de la bonne drogue) et de m’adapter à ce nouveau visage dont je ne sais presque rien aujourd’hui. Comment vais-je m’adapter à changer aussi radicalement? Je ne sais pas. J’ai aussi l’excitation de pouvoir enfin déambuler sur la rue et de ne plus subir ces regards de jugements ou pire encore, de moquerie. Je m’habitue à eux, mais certaines journées, c’est vraiment plus lourd à porter que d’autres.
Je suis allée prendre un verre avec de vieux amis. Ce sont deux gaillards passablement machos. Je fus surprise et contente de les voir se chicaner pour savoir lequel serait le plus galant avec moi. C’était une situation réellement enivrante. À certains moments, ils m’agaçaient comme nous le faisions dans le temps et évidemment, ma réplique « fais attention, je suis encore capable de t’en « crissé » un dans la face » les fit bien rigoler. D'ailleurs, l’un d’eux me dit « tu sait Michelle, il y a quelques mois tu n’étais pas encore vraiment bien dans ton genre. Lorsque tu me demandais « pis, je suis comment », je ne savais pas quoi répondre. Quand ma femme me demande ça, je ne sais pas quoi répondre, alors quand ça vient de toi, mon vieux chum, je suis vraiment bouche bée. Mais ce soir, tu es belle, tu es bien dans ta peau, tu rayonnes et ça fait vraiment plaisir de te voir ainsi.
Mise à jour
Mon ex viens de lire ces lignes et me permet tout de même de parler d,elle un peu. Je me dois de respecter sa vie privée et vous ne saurez donc jamais son nom. mais elle comprends que ça me fait du bien de parler de ce que je vis et elle sait qu'elle est très importante pour moi .
mercredi 9 avril 2008
J'ai peur de la FFS
samedi 5 avril 2008
Entrevue à Folie Douce
Mon premier transphobe
Toujours est-il qu’après la soirée, je me suis assise au comptoir du restaurant Le Club Sandwich, dans le Village gay. C’est alors qu’un abruti décida de me faire la vie dure et de me lâcher à la tête des conneries du genre :
Hey Madame Monsieur
Pourquoi veux-tu être une femme
Tu n’es sera jamais une!
Regqarde tes oreilles, ton gros nez ta pomme d’Adam, tes mains, tes pieds, ta grandeur et ta carrure d’homme. T’es folle ou quoi? Et patati et patata.
J’en fus tellement surprise, que je restais pantoise et en perdait tout mes moyens. J’ai une grande gueule et suis vraiment capable de me défendre verbalement ou même physiquement, mais là, je ne m’attendais tellement pas à me faire agresser de la sorte, dans le village et surtout par un gay, que je ne savais quoi dire. Cependant, maintenant que j’ai eue cette expérience, je serais mieux armé pour envoyer chier solidement le prochain qui osera me faire chier de la sorte. J’y ai pensé durant toute la semaine…