Tout ça pour vous dire que je retranscris ici ma réponse à une polémique soulevée dans le forum (tenez-vous bien) Dans le ventre de maman (sic) où on m’interpelle directement (pour me défendre tout de même et me citer en exemple).
Comme on parle de moi ici, je me permets de répondre à votre discussion, même si je ne suis pas une maman, ce qui semble être le leitmotiv initial de ce forum. En outre, comme vous êtes des mamans, je suis surprise de remarquer la véhémence de vos propos à l'encontre du paiement des opérations de réassignation sexuelle. Vous seriez d'ailleurs surprise de savoir le nombre de téléphones et de courriels de maman de transsexuelles et de transsexuels que j'ai pu recevoir. Ces femmes qui sont aussi des mère sont désespérées de voir leur enfant souffrir et de constater à quel point il n'y a aucune ressource pour aider les gens qui sont aux prises avec cette condition. Et si c'était VOTRE enfant qui souffrait de cette dépression très sévère qu'est la dysphorie d'identité de genre?
Par ailleurs, on annonce en grande pompe qu’on va payer pour les opérations de changements de sexe sans fournir aux employés de la RAMQ les critères d’admissibilité de ce programme. Dans l’état actuel des choses, il n’y a qu’un psychiatre, pour tout le Québec, qui est habilité à signer les papiers reconnus par la RAMQ pour qu’elle envoie les trans se faire charcuter en ex-Tchécoslovaquie, qui sont reconnus pour botcher l’opération. D’ailleurs, le psy en question jouit de la réputation peu enviable de faire partie des 5 psychiatres qu’il est fortement suggéré de ne pas aller voir au Canada lorsqu’on vit avec la dysphorie d’identité de genre. D’ailleurs, si vous avez la chance extrême d’être accepté dans le programme, le gouvernement ne paie que pour la réassignation sexuelle. Il ne paie pas pour l’augmentation mammaire, la chirurgie de modification de la voix, la chirurgie de féminisation faciale, l’épilation et/ou l’électrolyse, les traitements hormonaux et les nombreuses dépenses à un changement de vie complet tel que l’habillement maquillage, perte d’emploie, de vie familiale, divorce, etc. associés possiblement à cette condition et à la perception négative et « freak » que les gens peuvent en avoir. Donc cette nouvelle n’est pas encore « un gros char ». Dans mon cas, si jamais j’étais éligible aux critères non encore énoncés par le gouvernement, la réassignation sexuelle me ferait épargner un gros $18 000. Sachez cependant que ma chirurgie de féminisation faciale m’a coûté $25 000, que la chirurgie de la voix en coûtera $3 000, augmentation mammaire $6 à 8 000, dentition $3 000, épilation laser à ce jour $3 000 et ce n’est pas encore terminé, psychologues (ça prend 2 diagnostics différents pour se faire opérer) à ce jour $3 250, hormones ($125 par mois depuis 14 mois et pour le reste de mes jours).
Je me compte vraiment chanceuse parce que je gagne très bien ma vie, que je peux défrayer ces coûts exorbitants et que je me considère plus chanceuse d’avoir une dysphorie que d’avoir un cancer fulgurant ou d’être paraplégique ou d’avoir une autre maladie très grave. Je ne m’apitoie pas sur mon sort, mais je reconnais que c’est une condition extrêmement difficile à vivre et que je ne la souhaite à personne. J’aurai tellement aimé être née femme ou homme et pas entre les deux. De plus, j’ai aussi été à de nombreuses rencontres de trans et ai été témoin de la souffrance de ceux et celle qui n’ont pas la chance que j’ai de faire du cash et qui se doivent de se prostituer, qui perdent leur emploie avec de très grandes difficultés à être de nouveau embauché, qui vivront continuellement entre les 2 parce qu’ils ne pourront jamais se3 payer les chirurgies nécessaires à en faire des personnes convenables socialement, que ça me rend très humble devant la grande chance que j’ai, malgré tout.
Ça me surprend aussi beaucoup de lire sur un forum de maman, des textes de mères qui n’ont pas plus de compassion pour la souffrance des autres et qui s’amusent à faire de la polémique facile avec la souffrance d’autrui. À vrai dire, ça me dégoûte et ça m’inquiète pour les enfants qui seront élevés par des mères ayant de telles valeurs…
