jeudi 15 janvier 2009

Réponse aux connards qui sont contre le paiement par le gouvernement des opérations de changement de sexe

Je réagis ici à tous ces connards et ces connasses qui s’amusent à faire un procès d’intention et à créer une polémique autour de la nouvelle que le gouvernement payera pour les changements de sexe au Québec. Je n’ai pas le temps ni l’intérêt de faire le tour des tribunes téléphoniques et autre émission de télé ou on s’amuse à comparer la souffrance d’autrui et à justifier ou non le fait que d’être trans c’est un luxe qu’on devrait se payer plutôt que de faire souffrir de pauvres malades qui ont des souffrances bien plus atroces et que le gouvernement ne paie pas. La souffrance EST difficile dans tous les cas et je ne souhaite à personne de souffrir et j’aimerais bien que le gouvernement paie pour TOUTES les souffrances qu’elles soient physiques psychiatriques ou même psychologiques. Le problème d’accès est un problème de gestion administrative gargantuesque et de syndicats gourmands et de mauvaise gestion bien plus que ce n’est un problème d’identification de quelle maladie devrait être admissible ou pas. Mais ça, c’est une autre question.

Tout ça pour vous dire que je retranscris ici ma réponse à une polémique soulevée dans le forum (tenez-vous bien) Dans le ventre de maman (sic) où on m’interpelle directement (pour me défendre tout de même et me citer en exemple).

Comme on parle de moi ici, je me permets de répondre à votre discussion, même si je ne suis pas une maman, ce qui semble être le leitmotiv initial de ce forum. En outre, comme vous êtes des mamans, je suis surprise de remarquer la véhémence de vos propos à l'encontre du paiement des opérations de réassignation sexuelle. Vous seriez d'ailleurs surprise de savoir le nombre de téléphones et de courriels de maman de transsexuelles et de transsexuels que j'ai pu recevoir. Ces femmes qui sont aussi des mère sont désespérées de voir leur enfant souffrir et de constater à quel point il n'y a aucune ressource pour aider les gens qui sont aux prises avec cette condition. Et si c'était VOTRE enfant qui souffrait de cette dépression très sévère qu'est la dysphorie d'identité de genre?
Par ailleurs, on annonce en grande pompe qu’on va payer pour les opérations de changements de sexe sans fournir aux employés de la RAMQ les critères d’admissibilité de ce programme. Dans l’état actuel des choses, il n’y a qu’un psychiatre, pour tout le Québec, qui est habilité à signer les papiers reconnus par la RAMQ pour qu’elle envoie les trans se faire charcuter en ex-Tchécoslovaquie, qui sont reconnus pour botcher l’opération. D’ailleurs, le psy en question jouit de la réputation peu enviable de faire partie des 5 psychiatres qu’il est fortement suggéré de ne pas aller voir au Canada lorsqu’on vit avec la dysphorie d’identité de genre. D’ailleurs, si vous avez la chance extrême d’être accepté dans le programme, le gouvernement ne paie que pour la réassignation sexuelle. Il ne paie pas pour l’augmentation mammaire, la chirurgie de modification de la voix, la chirurgie de féminisation faciale, l’épilation et/ou l’électrolyse, les traitements hormonaux et les nombreuses dépenses à un changement de vie complet tel que l’habillement maquillage, perte d’emploie, de vie familiale, divorce, etc. associés possiblement à cette condition et à la perception négative et « freak » que les gens peuvent en avoir. Donc cette nouvelle n’est pas encore « un gros char ». Dans mon cas, si jamais j’étais éligible aux critères non encore énoncés par le gouvernement, la réassignation sexuelle me ferait épargner un gros $18 000. Sachez cependant que ma chirurgie de féminisation faciale m’a coûté $25 000, que la chirurgie de la voix en coûtera $3 000, augmentation mammaire $6 à 8 000, dentition $3 000, épilation laser à ce jour $3 000 et ce n’est pas encore terminé, psychologues (ça prend 2 diagnostics différents pour se faire opérer) à ce jour $3 250, hormones ($125 par mois depuis 14 mois et pour le reste de mes jours).
Je me compte vraiment chanceuse parce que je gagne très bien ma vie, que je peux défrayer ces coûts exorbitants et que je me considère plus chanceuse d’avoir une dysphorie que d’avoir un cancer fulgurant ou d’être paraplégique ou d’avoir une autre maladie très grave. Je ne m’apitoie pas sur mon sort, mais je reconnais que c’est une condition extrêmement difficile à vivre et que je ne la souhaite à personne. J’aurai tellement aimé être née femme ou homme et pas entre les deux. De plus, j’ai aussi été à de nombreuses rencontres de trans et ai été témoin de la souffrance de ceux et celle qui n’ont pas la chance que j’ai de faire du cash et qui se doivent de se prostituer, qui perdent leur emploie avec de très grandes difficultés à être de nouveau embauché, qui vivront continuellement entre les 2 parce qu’ils ne pourront jamais se3 payer les chirurgies nécessaires à en faire des personnes convenables socialement, que ça me rend très humble devant la grande chance que j’ai, malgré tout.

Ça me surprend aussi beaucoup de lire sur un forum de maman, des textes de mères qui n’ont pas plus de compassion pour la souffrance des autres et qui s’amusent à faire de la polémique facile avec la souffrance d’autrui. À vrai dire, ça me dégoûte et ça m’inquiète pour les enfants qui seront élevés par des mères ayant de telles valeurs…

lundi 12 janvier 2009

LA nouvelle du siècle

Je viens d’entendre sur les ondes de LCN qu’enfin, le gouvernement du Québec paiera pour toutes les opérations de changements de sexe et le sous-ministre stipule que des ententes seront prises avec les cliniques privées, dont celle du célèbre Dr. Ménard, pour que les coûts des opérations soient couverts par l’état. Le fil de presse3 du gouvernement et du ministère de la Santé est encore vide alors il s’agit réellement d’une primeur de LCN. Je ne sais pas les détails de la patente et les préalables que le ministère demandera. Je ne sais pas non plus ce qu’on entend par toutes les opérations de changements de sexe. Veut-on dire les opérations de réassignements sexuels pour toutes les trans (18 k pour les trans d’homme à femme et de 20 à 40k pour les trans de femme à homme) ou veut-on dire toutes les opérations nécessaires à la transformation incluant la chirurgie faciale, l’augmentation, mammaire, les soins psychologiques, l’épilation, chirurgie de la voix, etc. Je ne le sais pas, mais il est clair que la réassignation sexuelle fait partie de la nouvelle. Je suis donc folle de joie et je prie pour que les autres interventions fassent aussi partie de l’ouverture gouvernementale. Quelle bonne nouvelle! Que d’angoisses et de vies qui seront épargnées et que je suis contente pour toutes les trans du Québec et pour moi-même. J’en suis très, très émue…

vendredi 2 janvier 2009

Maintenant sans prothèses

Depuis la veille du jour de l’an, je me promène désormais sans prothèses mammaires. J’ai de petits seins (du B- disons) mais je suis maintenant très contente qu’ils soient enfin là, qu’ils soient à moi et qu’ils soient suffisamment visibles pour ne plus avoir à supporter ces prothèses que je commençais à trouver fatigantes. En outre, sous les prothèses qui étouffaient mes petits petons, les pôvres avaient de la difficulté à pousser hors du nid. C’est qu’elles ont besoin du grand air pour pouvoir s’épanouir! Les femmes de ma famille sont plutôt bien portantes de ce côté-là et on dit généralement qu’une trans va développer des seins un cup de moins que la moyenne de sa famille. Mais on dit aussi qu’il est très rare de voir une trans avec des seins plus gros que la taille B. Quoi qu’il en soit, je vais désormais espérer un cup de moins que la moyenne familiale et attendre encore avant de me décider définitivement sur une chirurgie d’augmentation mammaire. C’est qu’à ma grandeur, il faut tout de même que je sois proportionnelle…

samedi 27 décembre 2008

De ma tristesse du temps des fêtes

L’une des plaies qui affectent un certain nombre de transsexuels est de perdre sa famille lorsqu’éclate le drame de la transsexualité en son seing. C’est ce qui m’est arrivé et c’est mon deuxième Noël coupé de mes frères, sœurs, neveux et nièces. Depuis l’an passé, nous sommes persona non grata durant la période des fêtes et le reste de l’année, pour la très grande majorité des membres de ma famille. Mais disons que c’est durant cette période que ça me saute particulièrement dans la face. Lors de mon diagnostic, je croyais perdre mes clients et que ma famille comprendrait, mais c’est plutôt ma famille que j’ai perdue et mes clients qui ont compris. C’est aussi bien puisque ce sont mes clients qui me font vivre et non ma famille. J’ai encore sur le cœur le commentaire de l’une de mes sœurs qui me dit qu‘elle aurait préféré apprendre que j’étais morte. Elle m’a donc tuée socialement… Mais je survivrai et je commence à m’habituer à l’idée d’être désormais orpheline…

mardi 23 décembre 2008

Le plus beau compliment

L’autre jour, chez Bibitte (c’est le nom de mon amour), j’avais oublié d’apporter mon peignoir. Alors, elle me prête l’un des siens. Elle est moins grande que moi alors son peignoir faisait office de mini-jupe. Comme mon corps change rapidement et qu’il est maintenant celui d’une jeune gazelle (j’ai maintenant des seins grosseur A+), Bibitte me dit le plus sérieusement du monde, en me regardant, tu as maintenant l’air de l’une des filles de David Hamilton. Je devins toute rouge et trouvait que c’était le plus beau et coquin compliment qu’elle m’a fait jusqu’à présent :-) Mautadit que je l'aime...

Une joyeuse période des fêtes à tous...

mardi 16 décembre 2008

Vivre avec les stéréotypes sexuels

L’un des aspects négatifs avec lesquels doivent transiger les trans, est les stéréotypes sexuels « mentaux » dont on nous fait savoir que nous devrions adopter. Par exemple, si je suis trop directe, ce n’est pas assez femme. Si j’aime les voitures puissantes, c’est trop masculin. Plusieurs personnes bien intentionnées nous accablent de leurs préjugés sexistes. Pour notre bien, ils nous conseillent de faire plus de ceci ou moins de cela. Mais c’est qu’il y a des femmes très mâles et des hommes très féminins. Comme je suis entre les deux, pour l’instant, je ne suis plus homme et pas encore femme. On veut m’aider à m’accomplir et on me garroche continuellement les stéréotypes auxquels je devrais me conformer.

Je serai la femme que je serai et je fais d’énormes efforts pour ça. Mais avant d’être un sexe, je suis d’abord une personne avec ses goûts, ses attitudes et ses travers. Merci de m’aider et de vouloir mon bien. Mais avant de me dire des choses comme « une femme ne fait pas ça », assurez-vous que ce ne soit pas vos propres filtres sexistes qui parlent…

Ma vie change à vitesse grand V

Il y a 18 mois, j’avais une vie normale. Je déambulais dans la rue incognito et je ne me faisais que rarement remarquer par qui que ce soit. Il y a 15 mois, je croyais que je serais un lépreux sur lequel tout le monde vomit. Puis, j’ai commencé les hormones et je me suis sentie très rapidement mieux. J’étais bien avec moi-même, je recommençais à dormir normalement et la guerre incessante dans mon cerveau s’estompait. Puis, je fis mon coming-out et j’ai commencé ma vie de femme. J’eus à vivre pour la première fois de ma vie, le mépris sur une base régulière. C’était très difficile pour ma conjointe et moi de vivre ces regards constants et de sentir le jugement qui l’accompagnait. Puis vint ma chirurgie faciale. Ma vie s’améliora grandement lorsque j’étais assise. Mais debout, les regards étaient toujours là. Puis, du jour au lendemain, je suis devenue un symbole qu’on dit de courage, de sincérité, d’intelligence et d’humanité. Je ne suis pas d’accord avec ça, mais c’est ce qu’on me reflète. Je suis encore étonnée d’observer comment les regards à mon endroit se sont modifiés de manière marquante. Lorsque j’entre dans un commerce, c’est souvent la commotion. On me félicite, on veut me parler, on m’admire. My god! Au début c’est très enivrant puis ça devient vite intimidant. Au moins, désormais, les gens me regardent avec sympathie et plusieurs inconnus me font de très beaux sourires. Ça surprend, mais en même temps j’ai peur d’être devenue « la transsexuelle officielle » de l’imaginaire québécois et que ça repousse encore plus loin le jour ou je serais enfin perçue comme une femme normale…

J’apprends désormais à vivre avec ça…

mercredi 3 décembre 2008

Un message très touchant que j’ai reçu

Depuis mes aventures télévisuelles et radiophoniques, j’ai reçu une tonne (le mot est faible) de courriels, de téléphones et de messages de sympathies, d’admiration, mais aussi de douleurs et de souffrances diverses. J’ai pleuré quelquefois en les lisant et dans twitter, un copain me disais « tu n’as pas peur de devenir la psy de service? ». Il a bien raison, je ne suis pas psy, j’ai beaucoup de difficulté avec l’écoute compatissante et ce n’est pas ma tasse de thé. Moi mon trip c’est le Web. Voilà. Je ne veux pas non plus devenir la trans de service des médias et j’ai refusé maintes demandes d’entrevues, de reportages et de topo sur ma condition. D’être la porte-parole des transsexuelles ça ne paie pas, mais d’être la pro du Web me fait très bien vivre merci. Tout ça pour dire qu’il existe très peu de ressources pour aider les trans, leur parent et les gens qui sont confrontés avec cette condition difficile et encore malheureusement peu connue, mais je le répète, vous pouvez contacter la ligne d’écoute de l’association des transsexuels (elles) du Québec, y faire un don et pousser dans l’cul de votre député pour qu’enfin des ressources psychologiques, psychiatriques, médicales et.al., soient mis à la disposition des gens qui sont aux prises avec ça. Tout ça pour vous dire que je vous partage (avec la permission de l’auteure qui préfère rester anonyme) ce message Facebook qui témoigne tristement de ce que peut engendrer le manque de ressources flagrant pour aider les gens qui n’ont pas la chance de faire du fric comme moi. Quelle tristesse et quel scandale silencieux et souterrains.
Je vous ai vue pour la première fois à Tout le monde en parle et croyez-moi vous mettez un baume sur ma plaie béante de Mai 2008.
Une étape de ma vie s'est terminée le 5 mai dernier par le décès de mon ex-conjoint et père de mes enfants.
Ma fille a trouvé chez lui, dans une grande chambre, je parlerais de grand placard qu'il n'a jamais voulu partager, la deuxième vie de son père et elle me l'a appris en même temps.
Mon ex que j'ai connu, aimé, marié, donné 2 enfants, divorcé etc. pendant les dernière 30 années de ma vie était, comme vous, un trans-sexuel non assumé qui vivait sa double vie en cachette depuis son enfance.
J'ai passé par l'étape de la colère, du déni, du 'qui suis-je' pour l'avoir aimé; j'en suis maintenant à l'étape d'essayer de comprendre. Ma vie me lance des 'flash' des retours en arrière où je vois ce que je n'ai pas vu avant.
J'essaie de me reconstruire présentement; je dois vivre aussi pour mes enfants dont un fils autiste que j'adore.
Je crois que le hasard n'existe pas, qu'il y a des rencontres qui nous changent une vie; je vous remercie pour votre franchise et consulterai votre site régulièrement pour y prendre du courage et aussi comprendre sans juger. Le DSM-IX je le connais, mon fils étant autiste et à la 7ième semaine de grossesse, une grave malformation au niveau de l'intestin a laissé de grandes séquelles (omphalocèle géant) et je crois que son cerveau aussi a été endommagé; y a-t-il un lien génétique, je ne le sais pas mais je débuterai des recherches bientôt.
Merci de me lire et si vous pouvez être aussi sereine, je crois que moi aussi j'y parviendrai.

Merci de votre mot touchant. Avec votre permission, j'aimerais le reprendre dans l'un de mes blogues et je pourrais enlever votre nom pour ne pas trahir votre secret. Je pense qu'il peut aider d'autres personnes. Qu'en pensez-vous?

oui, j'accepte. ça fait partie de ma 'thérapie' de pouvoir l'envoyer sur le Web en incognito.
Je vous remercie et je crois qu'à partir d'aujourd'hui, je vais recommencer à m'aimer en tant que femme.

vous devriez parce que ce qui est arrivé n'est pas de votre faute ou de celle de votre ex conjoint. c'est un coup de sort avec lequel des gens ont plus de chance de pouvoir composer que d'autres. Voilà tout. Personnellement j'ai profondément aimé les femmes avec qui j'ai été et j'ADORE ma conjointe actuelle, malgré ma condition... Si j'étais morte, ce n'aurait certainement pas été de sa faute

Mon passage à Christiane Charrette et signet choisis…

Crédit: Christian Côté, Société Radio-Canada
Crédit: Christian Côté, Société Radio-Canada

Je sors à peine de chez madame Christiane Charrette et je suis encore fébrile de cette rencontre avec cette femme extraordinaire qu’est madame Charrette, mais aussi de la rencontre de Madame Vanessa Van Durme avec qui j’ai eu le bonheur de dialoguer avant et durant l’entrevue. Quelle femme inspirante et captivante! Elle sera d’ailleurs Bruno Guglielminetti est venu me porter un courriel de Maryse Chartrand, qui était LA grande responsable du sujet ce jour-là (le suicide et son film Le voyage d’une vie). Elle me remercie, mais c’est plutôt à moi de la remercier. De les remercier en fait (elle et madame Charrette) parce que lorsque l’on fait de la radio et que l’on aborde des sujets délicats, on ne sait jamais tout le bien que l’écoute de ces sujets peut faire aux auditeurs. J’ai déjà parlé de l’utilité du blogue comme outil de catharsis, mais il est aussi clair que cette émission particulière de l’automne dernier a été une catharsis salvatrice pour moi.

Aussi, certaines personnes me demandent d’où je tire les chiffres dont j’ai parlé lors de l’émission, alors les voici,
  • Pourquoi devrions-nous nous intéresser à l’économie numérique, un petit vidéo explicatif

  • La firme de consultation PhocusWright prédit qu’internet supplantera les agents de voyages traditionnels en 2007. La proportion des produits de voyage vendus en ligne devrait alors atteindre 54%. (Conférence pour Tourisme Mauricie, Internet : mode de communication directe avec la clientèle (PDF))

  • L’absence d’intermédiaires touristiques canadiens en ligne (lire aussi l’américanisation de notre tourisme en ligne)

  • eReadiness index de The Economist (mon billet de 2005 et les chiffres de 2008)

  • Les achats en ligne des Québécois qui sont faits hors du pays de 30 à 60% chaque mois

  • Moins de 10% des vols d’identités se font sur le Web

  • La campagne de peur de l’ISIC, financé entre autres par nos impôts

  • Le programme les Clés du Tourisme de la province de l’Ontarioli>

  • Yulbiz, groupe de rencontre gratuite de gens d’affaires s’intéressants aux blogues et vice-versa.

  • Le chapitre de Montréalli>

  • Le blogue de mon copain et cofondateur de Yulbiz, Philippe Martin deN’ayez pas peur

  • Les politiciens français dans Second Life lors des dernières présidentielles françaises

  • Pourquoi Québec-Solidaire est efficace dans Twitter

  • Twitter pour les nuls

  • L’association des transsexuels(les) du Québec si vous avez besoin d’aide ou si vous voulez faire des dons.

  • Mon blogue transsexuel Femme 2.0

  • L’enregistrement de l’émission n’est pas encore en ligne, mais d’elle qu’elle le sera, je ferai une Mise-è-jour (MAJ) ici même. Si j’ai oublié quelque chose (j’ai tellement parlé) n’hésitez pas à me le faire savoir

    MAJ

    Entretiens avec Christiane Charette (MP3)

    La 2e portion de l'entrevue en présence de Madame Van Burne (mp3)

    dimanche 30 novembre 2008

    À Christiane Charrette pour parler d’économie numérique et d’autres choses

    Lundi matin (en reprise le soir), à partir de 10hr00, je serai à l’émission radiophonique de Christiane Charrette (Radio-Canada) pour parler entre autres d’économie numérique, cette grande oubliée de la campagne électorale vide actuelle (J'ai d'ailleurs déjà accordée une entrevue à Bruno Guglielminetti, son réalisateur, à ce propos). On sait déjà que les différentes initiatives de la communauté Web du Québec pour qu’ENFIN on considère le numérique comme une voie d’intérêt pour l’économique, l’éducationnel, le sociétal ou même le gouvernemental, n’ont pas porté grands fruits auprès des instances politiques. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur le décompte qu’a fait Éric Baillargeon, du nombre de fois que ce mot est mentionné dans les sites et programmes des partis.
    Économie numérique

    Québec Solidaire: 0 page
    Québec Gagnant: 0 page
    Action Démocratique: 0 page
    Parti Libéral: 0 page

    Vieux site du PQ : 0 page

    Nos politiciens ne sont vraiment pas rendus là ! Laisson leur une chance avec "numérique" seulement.

    Numérique (comme dans plan, identité, technologie)

    Québec Solidaire: 1 page
    Québec Gagnant: 0 page
    Action Démocratique: 0 page
    Parti Libéral: 0 page

    Ouf ! Merci Québec Solidaire. Le PQ en avait 2 pages (en excluant baladeur).

    Donc, comme nous sommes toujours en période électorale, comme certains partis politiques me lisent et surtout comme vous mes lecteurs me lisez, est-ce qu’Éric et moi sommes dans le champ? Y a-t-il un parti qui a une quelconque vision d’un avenir numérique au Québec? Dois-je réellement conclure que les partis politiques sont nuls en numériques? Pour quel parti devrions-nous voter si nous considérons que le numérique est important pour l’avenir du Québec et pourquoi devrions-nous faire confiance à tel parti? Que voilà de bonnes et grandes questions qu’il me fera plaisir de jaser avec madame Charest lors de cette émission de grande écoute. Mon avis actuel est que les partis sont tous NULS à cet égard. Mais j’ai encore le temps de changer d’avis et de peut-être faire aussi changer d’avis les auditeurs qui écouteront?

    Il sera évidemment aussi question de ma condition de transsexuelle. À cet égard, je serai très émue de discuter avec madame Charrette étant donné qu’indirectement, si je suis encore en vie, c’est un peu grâce à elle. C’est que l’automne dernier, lors de ma grave dépression qu’est la dysphorie d’identité de genre, en m’en allant voir un de mes clients à Drummondville, je projetais de me projeter contre un viaduc à 150km/h. Mais la radio était ouverte et madame Charrette recevait l’épouse d’un homme qui s’est suicidé à leur retour d’un voyage autour du monde et elle était là pour parler de suicide. À un moment quelqu’un dans l’émission dit « Le suicide est une solution permanente à un problème temporaire ». Ça m’a calmée, je me suis rendu chez mon client et passa une très belle journée là-bas et je suis encore en vie grâce à ça. J’en profiterais donc pour remercier Madame Charrette d’avoir été la lumière au bout de mon tunnel cette journée-là…

    vendredi 28 novembre 2008

    Tout le monde en parle, mon vidéo sur Dailymotion

    Pour les copains d’outre-Atlantique, voilà ce qui me rend si heureuse et qui crée une commotion depuis ce soir (5400 visiteurs uniques de plus, et ce, seulement jusqu‘à minuit heure locale, des centaines de nouveaux amis Facebook et de commentaires un peu partout sur le Web). Suis vraiment , vraiment contente et là je vais me coucher et contrairement aux dernières nuits, je vais très bien dormir ce soir. Un gros OUFFFFFFFFFFFFFFFFFF

    MAJ
    Mon passage a Tout le monde en parle a été repris par différents médias dont
    Cécile Gladel Branchez-vous! Le courage et les conseils de Michelle
    Richard Therrien Cyberpresse L’étoile du match à Michelle Blanc
    Pascal Léveillé Branchez-vous Bravo Michelle
    Steve Proulx Voir La pertinence relative
    Johanne J. Lapierre Radio-Canada Politique et web à TLMP

    Car le monde et les doigts changent

    Voici le texte éducationnel de l'une de mes copines trans (Marie-Eve Baron, dans Facebook) que je remercie de ce coup de génie:


    Je veux vous faire faire un petit exercice. Suivez bien les étapes. Je crois que même si vous n'êtes pas transsexuel vous aurez une petite image de tout le malaise qu'on doit vivre avant la transition. Faite le vraiment, Vous n'aurez même pas besoin de vous lever de votre chaise.

    Ok allons-y:

    1- Croisez vos mains; les doigts entre-croisés.
    2- Voici votre position 1. C'est votre position de confort naturel.
    3- Identifiez lequel de vos index est par dessus l'autre.
    4- Recroisez vos mais de sorte que l'index qui était dessous l'autre soir par dessus et inversement.
    5- Voici votre position 2. (gardez là et continuez à lire)

    Vous voyez, au fond mettre un index ou l'autre pas dessus ça ne devrait rien changer, non? Au yeux des autres, il n'y a aucunes différence en fait. C'est seulement pour vous que c'est inconfortable.

    Il n'y a que deux position possible ou l'index droit est par dessus le gauche ou c'est le gauche qui est par dessus le droit. C'est comme pour les genres. Il y a 2 possibilités: gars ou fille.

    Les personne transsexuelles sont née dans la position 2. Dans la position d'inconfort. Personne ne voyait la différence. L'inconfort peut paraitre à l'occasion mais sans plus. Pendant plusieurs années de nos vies, nous nous adaptions à cette position d'inconfort. Nous essayons de nous faire croire que c'est la position que nous aimions le plus.

    Pensez-y 2 secondes. Dites vous qu'à partir d'aujourd'hui, chaque fois que vous croiserez vos mains, ce sera dans la position 2. Vous vous dites que vous serez inconfortable, non? Et bien en plus de le faire à toutes les prochaines fois, essayez de vous convaincre que c'est la position que vous préférez. Ça vous parait impossible hein?

    C'est un peu ça être transsexuel. Vous avez toujours été dans la position 2 mais celle que vous aimiez c'est la 1. Depuis votre enfance, tous le monde (parents, amis, toute la société) vous a dit que vous devriez aimer la 2! À un point tel que vous même vous essayez de vous convaincre que vous aimiez plus la 2. Un jour, Vous êtes tellement inconfortable et plus capable de le supporter. Vous décidez de prendre la position 1!!!! WOW (Replacez vos mains en 1) Vous voyez la sensation de bien être que ça fait. C'est soulageant non? C'est même réconfortant!

    Poussons l'exercice un peu plus loin.

    Évidement, être venu au monde dans la position 2 et changer pour la 1, implique une transition. Une période d'entre 2. Une période ou on passe graduellement de 1.9, 1.8 , 1.5 etc jusqu'à 1.001. On arrivera jamais complètement à 1. C'est comme si vous n'arriviez jamais à bien placer tout vous doigts à la position 1.

    Placez vos index face à face alors que tous les autres rentent croisés en position 1 (c'est ça la position 1.001).

    Ce n'est pas la position de confort total! Mais ce n'est pas inconfortable comme la 2. C'est une position alternative à la 1. Évidement, aux yeux des autres cette position se remarque, elle n'est pas ni 1 ni 2. Elle est alternative. C'est exactement le cas pour les personnes transsexuelles. Elles ne sont pas complètement homme ou femme (ne serait-ce que par leurs souvenirs). Mais au moins, elles sont dans une position alternative de confort.

    Toute notre vie les gens nous remarquerons pour toute sorte de raisons. Certaines, se feront remarquer plus que d'autres mais il y aura toujours des occations où nous aurons à parler de nous et nous seront forcés de dire que nous étions dans la position 2 avant et c'ets pour ça que nous sommes pas dans la position 1 mais plutôt à 1.001!

    Alors, voilà! J'espère que vous avez trouver mon exercice interessant!!!

    Moi je suis une femme 1.001

    vendredi 21 novembre 2008

    Mon billet énigmatique de l’an dernier

    À cette date, l’an dernier, je prenais mes premières hormones, ce qui mettait par le fait même fin à ma dysphorie d’identité de genre (grave dépression). Déjà le lendemain, je recommençais à dormir et la guerre incessante dans mon cerveau se terminait aussi. Voici le billet énigmatique de l’an dernier qui exprimait ce jalon important de ma vie :


    Le premier jour
    Aujourd'hui, est le premier jour du reste de ma vie. Y-a des jours comme ça où on sent que les choses vont changer de manière importante, subtilement, mais tout de même dans une direction qui balaiera bien des recoins jusqu’alors, non fréquentés. Aujourd’hui sera l’une de ces journées. Ce sera très positif.
    Ne vous posez pas (et ne me posez pas) trop de questions à ce sujet. Disons que je me sens différent et que je me sentirais différent dorénavant. La vie nous offre des fois de ces moments …




    Ceux qui me connaissent bien vous diront que depuis, je suis beaucoup plus calme et accessible. Ils vous diront aussi que j’ai l’air vraiment mieux dans ma peau (et je le suis) et que bien que ma personnalité fondamentale soit la même, bien de petites choses subtiles se sont transformées. D’autres finalement me trouvent plus « cute » en femme que je n’étais beau en homme (quoique c’est bien subjectif). Pour ma part, ce chemin que je traverse est particulièrement fascinant et il a fait de moi une meilleure personne. Beaucoup de mes « a priori » sont tombés, je suis beaucoup plus conciliante sur un paquet d’affaires, je suis heureuse de découvrir et d’exprimer ma féminité et je vois finalement la vie en rose.

    Tout le monde en parle, mes impressions d’après l’émission

    Ce matin je suis encore sur l’adrénaline de cette expérience merveilleuse et si intense d’être allé à Tout le monde en parle hier. Je suis vraiment heureuse de ma performance qui fera des vagues, à n’en pas douter, et triste à la fois de ne pas avoir pu passer tout le contenu dont je voulais parler. Mais il est désormais clair qu’une brèche a été ouverte de façon non équivoque sur l’inefficacité de nos partis politiques en ligne. Madame Marois (qui avait le malheur de se trouver là) a su à quel point son site est poche et surtout pourquoi en terme technique, mais surtout philosophique. Mais elle sait aussi qu’elle n’est pas la seule dans ce marasme. Mes regrets sont que je n’ai pas discuté de la lettre au premier ministre et du plan numérique pour le Québec, de Yulbiz et que bien qu’il a été plogué en fin d’émission et que je l’ai mentionné lors d’une escarmouche avec Daniel Bélanger, le livre Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires n’a pas été discuté. Par contre, je suis vraiment fière d’avoir dit en pleine face à madame Marois à quel point la communication Web des partis est médiocre et que leur attitude de n’être en ligne que lors des élections est inacceptable et que la communication unidirectionnelle dépassée. Je suis surtout ravie d’avoir pu expliquer en terme clair ce qu’est la dysphorie d’identité de genre, de briser les tabous qui l’entourent et de positionner l’association des Transsexuels et transsexuelles du Québec et d’exprimer à quel point le gouvernement du Québec ne fait absolument rien pour aider les gens aux prises avec cette condition.

    Je suis aussi extrêmement touchée de la carte de Dany que vous pourrez connaître dimanche et de l’extrême gentillesse et du professionnalisme de l’équipe de Tout le monde en parle. J’ai aussi pu manger après le show avec certains des invités et Guy A. et je comprends finalement pourquoi il est si réfractaire aux blogues. En fait, il est surtout réfractaire aux commentaires qu’il reçoit sur le site de l’émission dont plusieurs menaces sérieuses sont souvent arrivées jusqu’à lui. Dans ces conditions, il est clair que l’expression citoyenne peut laisser un mauvais goût dans la bouche et ce problème de modération des commentaires de sites médiatiques et d’une politique éditoriale de ces commentaires, dont j’ai déjà mainte fois parlé, est un problème qui peut se résoudre en affectant des ressources humaines pour gérer ça, ce qui n’est de toute évidence pas le cas.

    J’ai aussi grandement apprécié la chaleur humaine (entre les séquences) de certains invités et suis pantoise de la froideur de certains autres dont je ne nommerai pas les noms. Je sais d’ores et déjà que lundi, mon site va « tilter » comme jamais et ce week-end, je travaillerai sur un billet positionnant tous les sujets qui me tiennent à cœur. J’imagine aussi qu’une certaine frénésie médiatique se fera sentir la semaine prochaine et que la lettre au premier ministre rebondira dans l’actualité. Sur ce, pour ceux qui ne sont pas encore sur Twitter (et je remercie les potes puisque que grâce à eux et à la pétition twiteresque j’ai eu mon scotch), voici quelques-uns de mes twits de ce matin pour votre titillement….

    Afin d'aider Mme Marois et les autres chefs de partis, je suggère de relire le billet : Signets pour une gentille candidate aux élections et pour un fonctionnaire de bonne volonté

    lundi 17 novembre 2008

    À propos « des vrais métiers »

    La copine Geneviève qui est souvent très pertinente dans ses élucubrations de blonde Disneyienne, fait le billet Pureté de la race où l’on peut lire (n’en déplaise à Michel Dumais à qui moi j’ai la décence d’hyperlier quand je parle de lui, vieux réflexe de blogueuse):
    (...)C’est un vrai métier, scénariste. Comme journaliste est aussi un vrai métier. Ça n’empêche pas des journalistes que je connais d’être devenus de vrais scénaristes. Tout en continuant à être de vrais journalistes…
    Je pense à Tina Fey qui a plus de contenu en un soir que Sarah Palin en 44 ans de vie. Je pense à Claude Jutra, qui était un vrai médecin, avant de devenir le cinéaste d’une vérité à fleur de peau. Je pense à Michel qui est devenue Michelle, enfin elle-même.
    Et je me dis que parfois, c’est de rester prisonnier d’un seul “genre” qui finit par faire obstruction à la vérité.
    MàJ: C’était le sujet de la pièce de Sam Sheppard “True West“… Deux frères, et au grand dam du “vrai” scénariste professionnel, c’est à son frère bum et délinquant que le super producteur hollywoodien demande d’écrire un “vrai” western!

    Et moi d’ajouter le commentaire :
    C’est fin de ta part et j’aimerais aussi dire que j’étais militaire, poète, videur dans un bar, intellectuelle, blogueuse, coordonateur de la tournée vidéodanse Musique Plus, sculpteur, joueur de football, vendeur de balayeuse, conférencière, ramasseur de pommes, laveur de vaisselle, auteur, garde du corps, consultante, twitteureuse pour de grands médias francophones internationaux, musicien, jardinier, couvreur, bussboy dans un bar de danseuses, pizzaman, passionné de chimie, étudiant dans diverses disciplines, servant de messe, chanteur dans une chorale ou on me demandait de faire du Lipsynch, cuisinière, hétérosexuel et maintenant lesbienne. Il y a bien des dimensions, des métiers, des intérêts, des passions et des événements qui jalonnent le chemin d’une vie et il est souvent réducteur de définir une personne strictement par son métier ou la perception que l’on peut se faire de ce que peut faire quelqu’un dans un métier en particulier…

    MAJ
    Je pourrais spécifier que j’ai fait mon cégep en sciences pures et appliquées, un bac avec mineure en science politique, en relations industrielles et un bloc complémentaire en journalisme/relations publiques et psychologie, le propédeutique à la maîtrise en anthropologie sociale et une maitrise scientifique en commerce électronique chapeauté par la faculté de droit, d’informatique et de recherche opérationnelle et de HEC Montréal. J’ai aussi fait des cours de téléphonie à clef et PBX et d’établissement d’un réseau de franchise et de gestion de la qualité totale et de maniement d’armes et de plongée sous-marine. J’ai géré le transfert d‘équipement de la tournée mondiale de Carbone 14, participé au spectacle du 350e de Montréal, organisé le plus gros spectacle vidéo au Canada (dans le cadre du Méga Vidéo-Danse Musique Plus dans le colisée de Québec) et le spectacle techniquement le plus complexe à ce jour au Palais des congrès de Montréal qui était pour la Banque de Développement du Canada. Je me suis fait saluer en français par Al Pacino à Montréal et j’ai pris une brosse dans un after-hour avec Marjo. On m’a déjà pointé un revolver, un couteau et bien d’autres armes dans la face et je suis encore vivante. Je suis allée sur le pouce en Californie, j’ai appris à tuer à main nue (cours d’officier d’infanterie avec mention d’honneur), j’ai pêché le homard à la gaffe, la morue au « jigger » et le seul animal que j’ai tué est une outarde qui est morte d’une crise cardiaque après que je tire à côté d’elle pour la 5e fois. J’ai de nombreuses aventures, d’innombrables apprentissages et plus d’une histoire dans ma sacoche. Alors, ne vous avisez pas de croire que je suis une personne unidimensionnelle ou qu’une discipline ou qu’un travail (soit-il celui très compliqué de journaliste) soit hors de mes capacités. Je n’aime pas qu’on me mette ou qu’on mette les autres dans une petite boîte parce que ma boîte à moi est grande en mautadit et qu’elle restera ouverte jusqu’à ce que je meure…

    mardi 14 octobre 2008

    Big Idea Chair de Yahoo-Canada, enfin je peux vous montrer la pub




    C’est avec une émotion très vive que j’ai le grand plaisir d’enfin pourvoir partager les publicités m’honorant, qu’on fait Yahoo-Canada, dans le cadre de leur série Big Idea Chair. En janvier dernier, je reçois un téléphone de Yahoo qui voulait que je sois leur prochaine personnalité Big Idea Chair. J’en fus réellement honorée et les mis au courant que ma situation avait récemment évolué et que j’entreprenais une transition pour devenir femme. C’est alors qu’ils m’ont répondu, dans ce cas, au lieu de faire une page de publicité dans le MarketingMag comme nous le faisons d’habitude, nous en ferons deux. Quelle compréhension et quel appui de taille pour toutes ces personnes, qui comme moi, sont aux prises avec la dysphorie d’identité de genre. Mais surtout quel honneur professionnel que me font les gens de Yahoo-Canada. Ça restera sans doute l’un des plus beaux jours de ma vie et je ne pourrai jamais assez les remercier pour ça. Vous pouvez donc voir la couverture intérieure frontale(PDF) et externe(PDF). Aussi, le site de Big Idea Chair sera mis à jour dans les prochains jours et vous pourrez y visionner les entrevues vidéo, anglais et français, que j’ai données aux journalistes engagés par Yahoo. Aussi, cette publicité devrait apparaître dans le InfoPresse de novembre. Je suis vraiment, vraiment contente…
    Aussi, de voir ces pubs sur papier glacé en « quatre couleurs process », ça me touche comme vous ne pouvez pas vous imaginer. Je vous invite donc à vous procurer le MarketingMag d’aujourd’hui. Je vais même faire encadrer ces pages et je les regarderai lorsque je me sentirai un petit peu triste. Ça va certainement me remonter le moral…

    MAJ

    Les photos ont été prises par Michael Cooper et son extraordinaire équipe. La première photo a été prise le 11 février dernier tandis que la deuxième est du 21 août. Les entrevues des textes de la pub ont aussi été prises en deux temps et dans les prochains jours, toutes les photos qui ont été prises (lire ici les meilleures, mais elles sont presque toutes splendide) de même que les vidéos des entrevues seront aussi rendus disponibles. J’ai vraiment vraiment hâte…
    Vous pouvez aussi relire les billets que j’ai déjà écrits par rapport à cette expérience
    De choses et d’autres
    Les questions de MarketingMag
    Honoré par Yahoo-Canada et Marketing Mag

    lundi 29 septembre 2008

    Le bonheur tranquille

    Je n’ai pas écrit depuis un certain temps, c’est que je suis vraiment heureuse. Je suis très fatiguée et ça joue sur mon moral de temps à autre (je n’ai pas pris de vacance cette année), mais malgré ça, ça va vraiment bien. Je suis en amour et c’est très réciproque. Tout semble moins lourd dans ce temps-là. Tout est aussi moins lourd aussi. Je m’adapte bien à ma nouvelle réalité et je me sens moins « sur le spot » avec les regards des autres. De plus, j’ai approuvé les publicités Yahoo qui apparaîtront sur deux pages dans la revue Marketing Mag (le 13 octobre) et dans Infopresse en novembre. J’étais vraiment émue de voir à quel point j’étais ravissante sur la photo. Je crois que ce sera le meilleur antidépresseur et j’ai vraiment hâte de vous les partager. Lorsque je serais un peu triste, je m’empresserais d’aller voir ces photos et je suis certaine que ça me remontera le moral. Je commence aussi à trouver mon style et me sens de mieux en mieux dans mon rôle de femme. J’ai aussi de bonnes copines blogueuse et nous nous rencontrons de temps en temps. Vendredi dernier elles ont d’ailleurs rencontré Bibitte et ça a bien cliqué avec elles ce qui m’a réellement fait très plaisir. J’ai aussi mes endroits doudou (dont le Laika sur St-Laurent) et je sais qu’à ces endroits, personne ne viendra m’agresser, j’y ai de nombreux amis et le staff est vraiment gentil avec moi. Bref, la vie est belle et j’en suis très heureuse.

    Ha oui, hier j’ai téléphoné à mon père et à l’un de mes frères et nous avons parlé brièvement de comment nous allions. J’appris que mon frère était venu quelquefois à mon bureau, mais que je n’y étais pas. Ça m’a fait chaud au cœur et Bibitte remarqua à quel point je semblais de bonne humeur après ces appels. Ça joue aussi sans doute sur mon humeur…

    mardi 16 septembre 2008

    Du bonheur et de la désillusion

    Parlons d’abord du bonheur. La grande nouvelle des dernières semaines est que je suis revenue en « couple officiel » avec mon ex. J’en suis vraiment heureuse et nous parcourons ensemble cette difficile, mais ô combien fascinante adaptation. Nous cheminons ensemble à l’adaptation des regards qui sont maintenant différents de ce qu’ils étaient lorsque jadis, nous marchions enlacée ensemble ou que nous nous prenions les mains et nous perdions dans le regard l’un de l’autre dans un souper au resto. Ce ne sera jamais plus comme avant et nous apprenons à vivre avec ces préjugés.

    Je vis aussi la désillusion de « passer » enfin pour une femme. C’est certain qu’à Toronto ou qu’aux É.-U., les gens sont en moyenne beaucoup plus grands qu’au Québec donc, lorsque je circulais dans la rue, les regards étaient beaucoup moins présents et insistants. Le réveil aux regards d’ici en est d’autant plus difficile à vivre. Cependant, je comprends que je me ferais regarder intensivement pour le reste de mes jours, simplement à cause de ma différence de grandeur qui saute à la face des gens. C’est aussi un élément qui trahit ma transition puisqu’une fois que les gens remarquent à quel point je suis grande, les questionnements sur mon identité sexuelle suivent de près. Une amie qui mesure 6’2’’ se fait régulièrement demandée si elle est bien une femme et elle est pourtant d’une grande beauté et mère de deux enfants. Mais les gens ont de la misère à accepter qu’une femme puisse être si grande. C’est tout dire! Tout ça pour réaliser que je ne passerais peut-être jamais pour une femme, à moins que je ne m’exile aux pays des grands. De plus, je comprends aussi que ma transition est toujours en court, que je ne suis qu’à la moitié des changements corporels qu’engendreront les hormones et que j’ai encore beaucoup de travail à faire sur mes manières et sur ma voix afin de me fondre plus encore dans la foule…
    GROS SOUPIR…

    jeudi 11 septembre 2008

    Profil d’entrepreneure transsexuelle dans LesAffaires

    C’est avec un “ti peu” d’émotion que je prends connaissance du profil qu’a rédigé le journaliste Martin Jolicoeur dans son article 60 secondes avec… avec, du Journal Les Affaires. Le sujet est :
    Michelle Blanc. Une des consultantes les plus influentes de la francophonie conjugue changement de sexe et succès en affaires.

    Merci monsieur Jolicoeur pour votre traitement sobre de ce sujet délicat…

    mercredi 3 septembre 2008

    La vie est belle

    Ce week-end, je suis allée aux E-U avec mon ex-conjointe. Nous avons passé la frontière comme si de rien n’était. Après avoir présentée mon passeport avec ma photo d’une autre vie, puis la lettre de mon chirurgien expliquant que j’ai beaucoup changé, l’agent se pencha, regarda de nouveau la photo du passeport puis me regarda en souriant et me souhaitant « have a very nice trip ». Wow, mon ex. et moi étions flabbergastés. Pas de questions, pas d’hésitations, j’étais réellement bienvenue chez eux. Cette petite anecdote témoigne bien de la réception chaleureuse que nous avons reçue dans le Vermont tout le week-end. Il faisait vraiment beau et toutes les personnes rencontrées ont été vraiment bien avec moi (si ce n’est d’une bonne femme au bar de l’hôtel de Stowe le premier soir, qui commérait solidement sur moi). Le staff était gentil et s’adressait à moi en tant que « madame », nous allions dans les boutiques et les vendeurs étaient charmants. Même mon ex. était réellement ravi de constater comment c’était maintenant rendu facile de circuler avec moi, sans avoir à subir ces fameux regards de mépris qui nous ont tant fait déjà souffrir. Quelle libération!

    Mon ex. se sentait tellement bien qu’elle me prenait par la taille lorsque nous circulions et me touchait les mains. L’inconfort venait de moi puisque je me percevais comme une lesbienne qui fait « des choses pas correctes » en public. Les gens autour semblaient de toute évidence s’en foutre et mon ex. m’expliqua qu’elle-même ne se voyait pas comme une lesbienne, mais plutôt comme la femme qui aime une personne qui a beaucoup changé. En effet, si j’étais devenue paraplégique, qu’elle me touche en public serait-il perçu comme un crime possible? Elle a évidemment raison et c’est à moi à m’adapter au plus vite à cette peur des perceptions des autres qui dans le fond, ne sont rien pour moi. Vous comprendrez aussi que nous avons vécu un rapprochement mon ex. et moi et que tout reste à faire, mais que ça me donne des ailes et de l’espoir…

    Puis dimanche, lorsque nous arrivons chez elle, l’une de ses très bonnes copines me vit pour la première fois depuis mon opération. Elle était stupéfaite et me trouvait belle comme jamais. Elle me dit :
    avant tu avais l’air d’une « matante » mais là tu as du style, de la poitrine, un vraiment beau visage T’es « cute à mort » et c’est bin facile de t’appeler madame maintenant…

    Quel bonheur…

    lundi 25 août 2008

    D’autres étapes de franchi

    La semaine dernière et ce week-end, j’ai franchi d’autres étapes dans ma transition. Tout d’abord, je suis allée à Toronto pour le shooting d’une pub de Yahoo Canada. Je devais donc prendre l’avion et présenter mes cartes d’identité qui ne me ressemblent vraiment plus. Je puis vous dire que le personnel d’Air Canada a été vraiment courtois et que je n’ai eu aucun problème et après avoir lu lettre de mon chirurgien qui explique pourquoi je ne me ressemble plus, ils m’ont rapidement émis les billets de vols ou donné l’accès à l’avion. Même les contrôles de sécurités se sont révélés faciles pour moi et mes angoisses, exagérées.
    Puis, lors du shooting de Yahoo, pour la première fois, je me suis trouvée vraiment belle. J’en étais même émue. Il faut dire que d’avoir une maquilleuse professionnelle, un photographe pro assisté d’un directeur artistique et de trois assistants de même qu’un éclairage favorable et qu’un tailleur splendide, aide un peu la chose. Cependant, les gens présents (de même que moi-même) étaient estomaquée de voir à quel point j’étais photogénique et que toutes les photos prisent étaient excellente. Comme je devais passer une entrevue vidéo avec deux journalistes après le shooting, je ne suis pas restée très longtemps à regarder les photos puisque je sentais l’émotion montée et que je ne voulais pas que mon mascara coule et que je doive passer à la chaise à maquillage de nouveau et ralentir le processus indument. Je suis donc allée à l’extérieur fumer une clope et avaler mes émotions. Mais ce que j’ai vu m’a profondément touchée et les gens sur places tarissaient d’éloges. Ça m’a fait beaucoup de bien.

    Puis hier, j’ai brunché avec mon ex. Sur le boulevard St-Laurent en pleine vente trottoir. Pour la première fois, elle me fit remarquer à quel point « je passais pour une femme » et comment les regards de curiosité faisaient désormais place à ceux d’admiration. Elle me dit même « je pense que tu vas pogner plus que moi ». Après lui avoir dit à quel point elle était belle et que je doute que ce soit un jour le cas, j’étais tout de même vraiment heureuse de ce changement plus que positif pour moi. J’entreprends donc la semaine avec un regain d’énergie qui me propulse sur un nuage de bonheur depuis….

    mardi 19 août 2008

    Flashback d’il y a un an

    À peu près à cette date-ci l’an dernier, je débutais ma dépression nommée dysphorie d’identité de genre. Ne dormant plus et ayant besoin d’avoir des papiers pour consulter un psychiatre et afin de connaitre les ressources thérapeutiques qui s’offraient à moi (pratiquement rien finalement) j’allais consulter mon médecin de famille. C’est une femme d’une âme très belle et d’une écoute pleine de compassion. Lorsque je lui dit ce que je vivais, elle fit l’impossible pour malheureusement constater qu’il n’y avait pas de ressources et fut très coopérative pour me faire les différents papiers de références médicales dont je pourrais avoir besoin (psychiatre, endocrinologue, thérapie de la voix, différentes prises de sang, prescription de calmants et tout le tralala). Puis elle me parla de sa propre vie et de son expérience avec des transsexuelles homme et femme avec qui elle avait déjà travaillé. Puis en parlant des gens qu’elle avait connus, elle me dit une phrase que j’aie encore en tête.

    Vous savez, il y a des gens qui ont une vie marginale très heureuse et vraiment bien remplie.


    Je pense que je vais aller la voir juste pour la remercier et lui permettre de constater que je suis toujours en vie et finalement bien dans ma peau…

    lundi 18 août 2008

    À propos de la fierté

    Ce week-end, j’ai participé à plusieurs activités de la fierté gaie. Mais je ne suis pas encore fière d’être gaie. Je suis en effet doublement gaie puisque je suis transsexuelle et lesbienne. De plus, il est très difficile pour une transsexuelle de circuler librement dans le quartier gai et plus particulièrement dans les bars destinés aux hommes. Dans les bars lesbiens, il n’y a aucun problème, les lesbiennes étant très gentilles avec moi. Mais dans les autres bars du quartier, on me traite comme si j’étais une prostituée et les allusions sexuelles directes sont monnaies courantes. Toutefois, ce week-end était quelque peu différent. L’ambiance de fête sans doute. Je me fais toujours regarder comme si j’étais une martienne, mais les gais étaient gentils et j’ai passé de bons moments dans ce quartier. J’ai discuté avec des gens passionnants et j’ai eu beaucoup de plaisir. Samedi, c’était la tournée des bars avec des copines lesbiennes puis dimanche, un après-midi de discussion avec deux blogueuses et un bambin. Elles me disaient qu’elles aimeraient bien qu’il y ait un char pour les blogueurs gais dans la parade de l’an prochain. Ce n’est pas une mauvaise idée et j’en connais plusieurs (sous le couvert de l’anonymat). C’est que plusieurs blogueurs et blogueuses gais, bi ou autre, sont toujours dans le placard. Je respecte ça et j’aurais bien aimé avoir ce loisir, mais ce n’est pas mon cas. Ça rendrait donc l’idée d’une blogosphère Montréalaise gaie, difficile à concrétiser, à moins qu’ils ne paradent avec des masques, ce qui est tout de même un peu ridicule. J’ai aussi rencontré un journaliste qui va souvent au Cafré Laïka et qui m’y avait remarqué. Il me dit qu’il était fasciné et qu’il m’avait perçu comme une femme intrigante de très grande taille plutôt que comme une trans. Peut-être exagérait-il, mais ça me fit plaisir quand même.

    Tout ça pour dire que je ne suis pas encore fière d’être une trans mais que je suis beaucoup moins honteuse de ma condition disons…

    jeudi 14 août 2008

    Mon premier souper de filles

    Hier soir, de très gentilles blogueuses de mes connaissances m’ont invitée à mon premier souper de filles. Je suis déjà sortie en fille avec plusieurs amies, mais un souper entre filles seulement, avec une gang de filles, c’était une première. En plus, ce sont des demoiselles d’une acuité intellectuelle, d’un humour et d’une vitalité hors du commun. J’ai réellement eu beaucoup de plaisirs avec elles. Comme vous vous en doutez, les sorties de boyz, je connais, mais des soupers de filles, c’est tellement plus intéressant. Tout comme les boyz, les filles parlent de cul en des termes on ne peut plus sans équivoque. Mais contrairement aux boys qui parlent aussi de sports, de jobs et autres sujets qui m’intéressent peu, les filles parlent de famille, d’émotions, de vie et d’expériences personnelles avec une vérité qui fait souvent défaut aux gars. De plus, de me sentir admis dans leur club privé, m’a beaucoup touchée. Je me sentais plus femme que jamais et toute la journée, j’ai été heureuse d’avoir vécu ce moment. Pour moi, c’était une sorte de baptême officieux. Elles m’ont évidemment posé des questions sur ce que je vivais et sur vers où je m’en allais, mais elles ont aussi validé la personne qui était là comme l’une des leurs et c’est surtout ça qui m’a fait du bien. La validation. J’ai tellement besoin de ça d’être validé en tant que femme, vous pouvez pas savoir…

    Scusez les boys mais en plus, elles sont telllllllemmmennnnnt plus drôle

    MAJ
    Mes chums de gars sont vraiment pas contents de ce billet, mais que voulez-vous... :-(

    MAJ2
    Finalement, ils sont plus jaloux que pas content :-)

    mercredi 13 août 2008

    Voyager en tant que transsexuelle

    La semaine prochaine, je vais à Toronto et j’angoisse de passer tous ces contrôles de sécurités à l’aéroport. C’est que mes papiers sont encore à mon ancienne identité et que je ne me ressemble vraiment plus sur mes photos. J’ai une lettre de mon chirurgien de féminisation faciale expliquant qu’il a complètement modifié mon visage. J’espère que ça fera l’affaire et qu’on ne me fera pas trop chier à chaque mautadine de station de vérification. J’ai aussi commencé à m’informer de ce que je peux faire pour diminuer cet inconfort prévisible. Le site de la National Center of Transgender Equality donne de très bons « travel tips ». Aussi, j’ai des copains qui aimeraient bien me voir à Cuba, au Mexique ou ailleurs. Je dois maintenant me questionner au préalable afin de découvrir si une destination est dangereuse pour les trans. Je sais que désormais une partie du monde me sera interdite, mais j’aime mieux prévenir que guérir. Un copain du Réseau de veille en tourisme de l’UQAM me fournit ces signets qui pourront m’aider lors du choix d’une destination.

    http://www.chiff.com/travel/gay-lesbian.htm
    http://www.pinkpagesnet.com/usa/Travel/
    http://www.neitsg.com/travel.html
    www.temenos.net/trans/

    Encore d’autres « gugus » auxquels je devrais m’adapter…