samedi 7 mars 2009

Mon corps change

On dit souvent qu’une transition est une deuxième puberté en accéléré. C’est vrai au niveau physiologique comme au niveau psychologique. Mais disons que ce sont les changements physiologiques qui me frappent le plus. Par exemple, je ne suis plus capable d’ouvrir un pot de cornichon, ayant perdu la majorité de ma masse musculaire. J’ai maintenant de longs bras affinés au lieu des biceps d‘homme que j’avais avant. Ayant fait beaucoup de cyclisme, j’ai encore une belle masse musculaire aux cuisses et aux mollets. Cependant, ils ont maintenant une forme plus arrondie et mes cuisses se touchent maintenant lorsque je marche. D'ailleurs, je fais toujours « tilter » mes copines lorsque je leur dis ça, mais j’ai vraiment hâte d’avoir une culotte de cheval parce que je trouve que c’est l’un des attributs féminins les plus séduisants. Évidemment, mes gras se déplacent et ce sont mes hanches et le haut de mon visage qui en profitent. Ma peau aussi s’est transformée et elle est devenue très douce. Mon odeur corporelle se modifie aussi et je n’ai plus cette odeur de musc si particulière aux hommes. Mes seins grossissent tranquillement et ils ont eu une poussée de croissance durant la période des fêtes, mais depuis, c’est plutôt le calme plat. J’observe aussi que lorsqu’ils sont dans une phase de croissance, ils me font mal. Ce n’est pas une douleur insupportable, mais comme un pincement qui est là constamment J’ai la grande chance de n’avoir jamais été velue et le poil de mes bras a toujours été invisible. Pour les jambes, je remarque que d’épilation en épilation, mes poils poussent avec de moins en moins d’entrain. Je me fais maintenant épiler à la cire qu’une fois aux 6 semaines. Pour la barbe, il n’y a que l’épilation laser et l’électrolyse qui fait la job. J’ai maintenant terminé mes séances de laser et devrais commencer soit l’électrolyse ou soit un laser qui peut avoir effet sur les rares poils blancs qu’il me reste. Mon cousin Claude qui es mon barème puisque je le vois une ou deux fois par mois depuis avant les débuts de la prise d’hormones, remarque que mes manières ont extrêmement changé et que ma gestuelle est désormais définitivement féminine. D'ailleurs, ces changements ne sont pas survenus sous une pulsion consciente. Ils se sont installés comme ça, sans que vraiment je ne m’en aperçoive. J’aurais bien aimé au début de ma transition, avoir une baguette magique et changer tout ça d’un coup réparateur, mais avec le recul, c’est bien que cette transition prenne un certain temps et qu’elle me permette de m’adapter à ce nouveau corps, de manière progressive et continue.
Ha oui! Vous voulez savoir à propos de ma mâlitude? Disons que mes testicules ont diminué de grosseur du 2/3, que mon pénis est sensiblement le même qu’il a toujours été et que je suis maintenant castrée chimiquement. Cela veut dire que j’ai des capacités érectiles, mais que je n’ai plus de sperme. Mes orgasmes sont maintenant plus longs à atteindre, mais ils durent plus longtemps et peuvent être répétitifs. Mes zones érogènes se sont aussi beaucoup transformées et c’est maintenant tout mon corps (et surtout mes seins) qui est devenu un terrain de jeu d’une grande sensibilité. Finalement, je n’ai plus cette obsession du sexe que j’ai eue toute ma vie. Lorsque le sexe me vient en tête, c’est que c’est un effort de la pensée et non une poussée de testostérone qui agit malgré moi. D'un côté, c’est un grand soulagement parce qu’il y a tellement d’autres choses à penser que d’avoir le cul continuellement en tête. Puis, je suis maintenant plus en besoin de tendresse qu’en besoin de sexe comme tel… Voilà

10 commentaires:

Cecile Gladel a dit…

La description de ta transformation est passionnante. Intéressant de voir l'influence des hormones. Cela explique finalement les différences entre les hommes et les femmes...

Quand à la culotte de cheval, hum, hum, permet moi d'en douter...Tu es la première qui dit aimer ça. Dommage que les hommes ne pensent pas comme toi ;-) J'en serai sûrement moins complexée ;-)

Michelle Blanc a dit…

Faut s'entendre, il y a culotte de cheval et culotte de cheval. Mais cette protubérance dans le haut de la cuisse est ce qui diférencie au premier coup d'oeil l'homme de la femme. J'ai vraiment hâte que mon profil soit plus féminin en ce sens. Je n'ai pas non plus parlé du trou dans la fesse qui est aussi une caractéristique masculine que j'ai bin hâte de voir disparaître :-(

Anonyme a dit…

Bonjour Michelle!
Moi j'ai surtout remarqué ta nouvelle féminité lors de ton passage à 'Tout le monde en parle', surtout lorsque Dany t'a remis ta carte et la façon dont tu la tenais!! Typiquement féminin , et là je parle de très féminin.
Pour la culotte de cheval , moi qui est grande et mince, j'ai dû en faire le deuil , tu sais ce n'est pas obligatoire non plus.
Et pour tes seins douloureux, c'est bien la preuve qu'ils se développent. Je me rappelle les miens à 16 ans! Ayoille!
Bise
Sylvie

Cecile Gladel a dit…

hehehe moi je ferai le deuil de ma culotte de cheval n'importe quand avec plaisir...Je trouve ça tellement laid...
Mais bon chialer contre ce qu'on a ou n'a pas, est aussi un trait féminin ;-)

Anonyme a dit…

Bonjour Michelle,
J'ai lu (et relu) votre blogue en entier et enfin, je me décide à écrire un commentaire. Je suis une conjointe de longue date d'un homme qui en est au début de sa transition. Vous lire me trouble (pour la suite des choses dans ma propre vie), mais me rassure à la fois quant à la vraie possibilité pour qu'une transition soit bien vécue. À tout le moins, merci pour toutes ces informations qui ne sont pas si faciles à obtenir (la majorité de la documentation sur le sujet est "technique", très peu axée sur les sentiments et sur la vraie vie que nous devons vivre un jour à la fois à travers toutes les émotions.) De vous voir vous épanouir me fait plaisir et me donne confiance. Après tout, ce que nous voulons, comme conjointe, c'est le bonheur plein et entier de l'être aimé. Simplement, merci d'être vous-même.

Michelle Blanc a dit…

@Anonyme2
Je suis témoin de la montagne que doit traverser ma Bibitte d'amour pour s'adapter à ma condition. Ce ne sera vraiment pas facile pour vous. Bonne chance et ne désespérez surtout pas. L'amour et la capacité d'adaptation sont parfois phénoménal

Charlotte Moderne a dit…

Vous savez Michelle, vous êtes une femme enviée. Il y a tant d'amour autour et en vous. Vous êtes tellement généreuse de le partager avec nous.

Dans un autre registre, vous arrivez même à nous faire apprécier notre culotte de cheval! C'est pas peu dire!

Marie-Julie a dit…

J'allais écrire exactement la même chose que Cécile... Fascinant, l'histoire des hormones. Et pour la culotte de cheval, on s'en reparlera quand elle se pointera!!! lol

Anonyme a dit…

Je suis d'accords avec Cecile lorsqu'elle écrit "Quand à la culotte de cheval, hum hum".

Je prend des hormones depuis 1988 et j'ai eu ma SRS en 1991 et malgré tout cela mes hanches n'ont pas changées du tout. Si ces hormones avaient été prise à partir du début de la puberté alors il est probable que ça aurait eu un impact mais prisent à l'âge adulte ça n'a qu'un impact très restrient, mais chaque cas est unique et je souhaite que pour toi ça ait l'impact souhaité.

Pour moi tout ce que les hormones ont fait c'est : un impact considérable au niveau émotif; ma peau est devenue bien plus douce; la pillosité des mes bras de et mes jambes a considérablement diminuée (sans électrolyse), en fait sur les jambes il ne me reste presque plus de poils (je me fais les jambes à la pince à sourcils, et c'est peu dire). Mais en dehors de cela presque pas de développement mammaire par exemple.

Nancy

Nicole a dit…

«Mes seins grossissent tranquillement et ils ont eu une poussée de croissance durant la période des fêtes, mais depuis, c’est plutôt le calme plat.»

Même involontaire, c'est un jeu de mots qui m'a fait sourire...

:-)