mardi 10 mars 2009
Ma rencontre avec le chirurgien SRS
Maj
À propos de la question orgasmique, le Dr. Brassard me répond que c’est évidemment lié à l’âge et à la libido présente avant l’opération, mais que la très grande majorité des transsexuelles rapportent avoir des orgasmes clitoridiens et ou vaginaux après l’opération. Vous serez aussi surpris d’apprendre que 2 ans après l’opération, si on fait une culture bactérienne vaginale d’une trans et d’une femme bio, on ne peut savoir la différence entre les deux. Je lui ai aussi parlé de la chirurgie de la voix qu’il me déconseille à cause du faible taux de réponse positive comme suite à cette opération (on parle de 20% de réussite). Il me conseille donc fortement de reprendre contact avec mon orthophoniste et de m’astreindre aux différents exercices qu’elle me suggère. Concernant la chirurgie d’augmentation mammaire, il me conseille des implants salins de 400 ou 450cc (qu’il déterminera le jour de l’opération) étant donné ma corpulence et l’état de développement de ma glande mammaire. Le contenu des implants est l’équivalent du sérum qu’on administre aux malades, donc s’il y a déchirure de l’enveloppe de la prothèse, il n’y a aucun danger pour le corps. D'ailleurs, la durée de vie de ces implants est de 10 à 15 ans. Il est donc possible que je doive me faire opérer de nouveau à ce moment, mais ce sera une opération sous anesthésie locale. J’ai aussi parlé des implants dits anatomiques (en forme de larme). Il m’explique que ces implants ont une enveloppe extérieure rugueuse, afin que l’implant ne bouge pas dans le corps et que la larme ne se positionne pas de travers. Le problème avec ça est que le sein semble donc figé sur le corps et qu’il n’a pas le mouvement naturel des autres implants. À propos des implants de silicone, ils n’existent que depuis 4 ans et il trouve que cette période est trop courte pour avoir un point de vue réellement sécuritaire de la longévité et de la sécurité de ceux-ci. À propos de l’opération via une incision sous le bras, c’est une opération plus délicate et s’il y avait des complications ou si encore on doit changer les implants dans 10 ou 15 ans, de toute manière il devrait faire une incision sous le sein.
Finalement, je lui ai confié que j’étais moumoune à la douleur et que je ne voulais pas souffrir. Il me répondit que la douleur était très variable d’une patiente à l’autre et que quelques jours après l’opération certaines patientes étaient prêtes à aller danser tandis que d’autres se traînaient comme des zombies et que de toute manière, il avait une bonne connaissance de toutes les drogues antidouleurs imaginables.
samedi 7 mars 2009
Mon corps change
Ha oui! Vous voulez savoir à propos de ma mâlitude? Disons que mes testicules ont diminué de grosseur du 2/3, que mon pénis est sensiblement le même qu’il a toujours été et que je suis maintenant castrée chimiquement. Cela veut dire que j’ai des capacités érectiles, mais que je n’ai plus de sperme. Mes orgasmes sont maintenant plus longs à atteindre, mais ils durent plus longtemps et peuvent être répétitifs. Mes zones érogènes se sont aussi beaucoup transformées et c’est maintenant tout mon corps (et surtout mes seins) qui est devenu un terrain de jeu d’une grande sensibilité. Finalement, je n’ai plus cette obsession du sexe que j’ai eue toute ma vie. Lorsque le sexe me vient en tête, c’est que c’est un effort de la pensée et non une poussée de testostérone qui agit malgré moi. D'un côté, c’est un grand soulagement parce qu’il y a tellement d’autres choses à penser que d’avoir le cul continuellement en tête. Puis, je suis maintenant plus en besoin de tendresse qu’en besoin de sexe comme tel… Voilà
vendredi 6 mars 2009
Mes archives
Chère Michelle,
Ni voyez aucun jugement, j'aimerais simplement savoir ce
qui pousse un homme à devenir une femme, et vice versa. Bien entendu, je peux comprendre qu'on se sente malheureux dans ton corps, sa sexualité, etc.
Seulement au-delà de ça, pourquoi veut-on changer de sexe?
Que la simplicité de chaque moment vienne éveiller notre conscience à la chaleur du moment
présent... ;o)
Om Mani Padme Hum
Je lui réponds
les réponses se trouvent ici http://www.femme-2-0.blogspot.com/
et commencez par les vieilles archives pour comprendre
Il rétorque
J'y suis allé brièvement...
Votre ego doit être la source de grande souffrance.
Enfin, nous souffrons tous, et c'est l'essence de toute sensibilité.
Ce à quoi je réponds
J'ai de très bons psys qui m'aident à regarder ça. Ne vous en faites pas pour moi. Je suis entre bonnes mains
Puis je suis allée relire les archives du début de ma transition. J’étais impressionnée du détail de mes états d’âme à ce moment et ça a été très difficile pour moi de me relire et de revivre en accéléré ces mois plus que tortueux. Si vous vous posez des questions, faites cette lecture vous-même et de grâce, ne tentez pas de me guérir avec vos théories d’amours, d’égo ou de je ne sais quoi. J’ai rencontré des psychiatres, psychologues, sexologues, endocrinologues et une batterie de spécialistes de la santé mentale et physiologique et je suis maintenant heureuse et bien dans ma peau comme je ne l’ai jamais été. Cherchez les réponses à vos questions dans mes archives, elles y sont pratiquement toute. Vous pouvez aussi naviguer parmi les favoris qui sont à la droite de votre écran et la littérature scientifique sur le sujet y est plus qu’abondante. Mais de grâce, votre psychopop, gardez-la pour vous…
jeudi 5 mars 2009
À propos de l’admiration
Ça me fait très plaisir et ça gonfle mon égo insatiable, mais en même temps ça me trouble au plus haut point. Je ne me vois pas dans les yeux des autres et je peux difficilement comprendre cette admiration qu’ils disent avoir. Moi je me trouve très loin d’être admirable ou d’avoir du courage. Je suis une survivante certes, j’ai de la résilience, mais du courage? Je n’avais pas le choix de changer de sexe. C’était ça ou la dépression sévère (que je vivais depuis 4 mois) pour le reste de mes jours sans traitement possible. Le choix n’était donc pas difficile à faire. Ça me trouble donc qu’on m’idolâtre, qu’on m’admire, mais je suis un peu mieux avec le fait que peut-être j’inspire. C’est vraiment étrange parce que j’ai énormément changé tout en restant la personne que j’étais. Il y a deux ans personne ne serait venu me dire qu’il m’admirait et maintenant c’est monnaie courante. De plus, je connais assez bien mes très nombreux défauts et mes faiblesses. Je travaille sur moi et je suis très, très loin d’être parfaite. Mais j’ai cette capacité d’ouverture et de partage et je suis authentique, mais est-ce si admirable que ça? Non je ne le crois pas. Gandhi, Sœur Thérésa, Obama sont peut-être admirables? Moi pas…
Lorsqu’on me dit ça et que j’acquiesce poliment, j’ai l’impression de mentir et d’accepter des hommages qui ne me sont pas dus. Voilà…
MAJ
Voici un courriel que j’ai reçu par rapport à ce billet. Les noms et éléments pouvant identifier cette personne sont gomés pour protéger son identité
Bonsoir Michelle,
Je passe par ce message parce que je suis trop gênée pour écrire un commentaire qui sera lu par pas mal de monde (je ne t'apprends rien, tes billets sont MÉGA lus). Mais je me disais que tu m'as l'air de trouver difficile de recevoir toute cette admiration, comme si cela ne t'était pas dû. Ça me fait penser, quand j'étais une journaliste plus connue (en XXXXX) et que l'on me faisait des honneurs; je me sentais vraiment mal à l'aise et on m'a dit que je souffrais peut-être du syndrome de l'imposteur. En effet, je n'ai jamais vraiment pensé que j'étais une vraie journaliste et que si les gens me connaissaient vraiment, ils ne seraient certainement pas comme ça...Je me suis même cassé la gueule une fois, pour, inconsciemment bien sûr, ne pas profiter d'un prix; enfin... c'est une autre histoire.
Moi aussi, je t'admire. Je t'admire pour la façon dont tu as passé à travers et je me rappelle souvent cette phrase que tu as citée, lors d'une conférence des Geek: «le suicide est une solution définitive à un problème temporaire»; ça m'encourage à continuer.
Des fois, on n'a pas idée de l'effet qu'on aura sur la vie des gens. Et bien toi, tu en fait beaucoup, d'effets, et ça rayonne sans doute pas mal plus loin que tu imagines. Profites-en Michelle, jouis-en!
Ça me touche beaucoup qu’on me rappelle que j’ai dit ça mais c’est une phrase qui n’est pas de moi et que j’ai moi-même entendue avant qu’elle ne me touche… Alors c’est peut-être ça mon problème. Le syndrome de l’imposteur. Je vais donc investiguer ça avec mon psy la prochaine fois que je le vois…
mercredi 4 mars 2009
ChezJules.tv, mes débuts d’actrice
Dans ce sketch je parle de mon passage à Tout le monde en parle et de la très gentille carte de Dany Turcotte. Primeur : D’ailleurs, le personnage d’Yvonne et madame Sutto elle-même seront à Tout le monde en parle dimanche prochain.
mardi 3 mars 2009
Les préjugés ne sont jamais bien loin
Moi :
Chère (XXX)
SVP cessez de m'envoyer vos demandes d'applications. Je les refuse toutes... Merci de votre compréhension et coopération
La personne en question :
Oki dans se cas, vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que je vous supprime de mes contacts....Mon Dieu, facebook est là pour s"amuser non pas pour se prendre la tête...mais bon..
Moi :
faites-vous plaisir
La personne en question :
Michelle Blanc Sur Femme 2.0: À propos de la fierté transsexuelle
http://snurl.com/d0g2j.
C'est d'un ridicule PIRE que la
téléréalité !!!!!!!!!!
Moi :
Vous êtes une connasse chère madame
La personne en question :
et vous donc cher Monsieurd'une impolitesse !!!!!!!!!!Exposer sa vie privée sur face book<..... pas vraiment très intelligent
Moi :
1650 amis Facebook
2250 Folowers Twitter
70 000 visiteurs uniques par mois sur mes blogues et des centaines de clients qui me font très bien vivre merci.
De vous perdre comme contact ne me fera pas pleurer longtemps et le gouvernement de ma province va enfin payer pour les opérations de changements de sexe comme suite à l'exposure médiatique positive que mes présences Web ont créé. Votre avis me fait donc vraiment rigoler. d'ailleurs vous avez l'air plus transsexuelles que moi. C'était quand votre opération?
La personne en question :
J'en ai rien à cirer de vos problemes de transexuelles et il y a des personnes qui sont rééllement malade et n'on aucun subiste alors fichez moi la paix...... vous me faites pitiez et horreur je suis pour la chirugie de >VraiS Malades et paas ceux malade de la tête Maintenant STOP je vous bloque Michelle Blanc
Moi :
Je vous dirait bien d'aller vous faire foutre mais je ne vois vraiment pas qui aurait le courage de vous baiser...
Soyez heureuse avec vos préjugés et que dieu vous garde de la misère, de la maladie mentale et de la désillusion... La pitié et l'horreur sont réciproque
La personne en question :
N'importe quoi c'est vous la malade ou plutôt le malade pensez à tous ses enfants, toutes ses personnes qui auraient besoins de soins alors allez vous faire voir avec vos opérations à la noix......... et vous né homme restez le........ Dieu vous a creer ainsi..... et nulle operatrion ne changera quoique se soit Je suis tout comme vous en droit de dire mon opinion...point barre Allez méliter pour votre cause au lieu de vous rabaisser à me répondre....mouarrffffffffffffffffffffffffffffffffffffff
Voilà comment une simple demande polie dégénère et que ma condition et mon ouverture deviennent bien vite l’enjeu. C’est d’une tristesse…
À propos de la fierté transsexuelle
Tout ça pour dire que je ne suis pas encore fière d’être une trans, mais que je
suis beaucoup moins honteuse de ma condition disons…
Ce qui a changé depuis est que je ne suis toujours pas fière d’être transsexuelle et lesbienne (et comme je l’expliquais dernièrement peut-être même bi) et que je ne le serais peut-être jamais parce que je ne vois vraiment pas en quoi on peut être fière de ça. Cependant, je ne suis vraiment plus honteuse de ma condition. Je marche fièrement dans la rue et je ne me gêne plus de mettre les pieds où que ce soit. Je marche la tête haute, je me fous de plus en plus de ces gens qui continent de m’appeler « monsieur » ou de me regarder comme une « patente qui sera sans gosses ». J’assume pleinement qui je suis, je suis heureuse de mon cheminement et j’avance dans la vie en dépit de tous les aléas qu’elle met sur mon chemin. Pour moi, c’est déjà un pas-de-géant. Surtout lorsque je me remémore le diner avec mon pote Philippe Martin et qu’en lui confiant que ça n’allait pas bien (au tout début de ma dysphorie), sans lui dire ce que c’était, j’utilisais la figure de style :
Je ne peux pas encore te dire ce qui se passe avec moi, mais si je devais utiliser une image, je suis sur le point d’avoir la confirmation que je suis un lépreux et que les gens vont me cracher dessus pour le reste de mes jours.
Que j’ai fait du chemin depuis!
lundi 2 mars 2009
À propos de l’amour
Le Prince Charmant pue de la gueule. La Princesse Charmante a un grand nez.
Ils sont pourtant beaux comme des gens qui s’aiment.
Voici ma réflexion à ce propos :
J’ai demandé à ma Bibitte comment elle savait que je l’aime. Elle me répondit : C’est parce que tu es toujours empressée de venir me retrouver et qu’être avec moi est ce qui semble te faire le plus plaisir…
Dans l’fond, l’amour, même imparfait, c’est simple de même…
Lorsqu’elle me demanda la même question il y a bien longtemps, je lui répondis : Je ne sais pas pourquoi je t’aime et si je le savais, peut-être que ce serait un indice que dans l’fond, je ne t’aime pas vraiment… Les raisons pourquoi je t’aime sont multiples, mais je les ai découvertes bien après que j’eu su que je t’aimais!
MAJ
Ça prouve aussi qu’il y a des sujets que même la science ne peut élucider et pour lesquels, les raisons (et la raison) ne sont souvent qu’accessoires. Le monde des émotions humaines n’entre que difficilement dans les petites cases de l’analyse, mais ça ne fait pas de ces sujets, des sujets moins capitaux pour une vie heureuse. Des fois, faut se foutre de la raison…
vendredi 27 février 2009
Mi-chemin

Cela fait déjà 15 mois que j’ai commencé les hormones et on dit que ça prends environ 2 ans avant que l’effet de ceux-ci soit significatif sur la morphologie du sujet. Or, étant donné qu’il y a des problèmes cardiaques dans ma famille, que je suis fumeuse et que je fais légèrement de la haute pression, mes doses hormonales ne sont pas optimales. Ça devrait donc me prendre encore plus de temps pour que mon corps soit complètement transformé. De plus, une fois que la réassignation sexuelle génitale a été complétée, les doses hormonales sont réduites significativement et les changements corporels s’accélèrent. Si tout va bien (lire ici si le ministère de la Santé a enfin déterminé les critères selon lesquels il pait pour la chirurgie de réassignation sexuelle), je devrais me faire opérer le 30 juin. Je suis donc à peu près à la moitié du chemin de ma transition. Je me sens bien comme jamais je ne me suis senti bien dans ma peau. Même qu’hier, une connaissance que je vois de temps en temps me dit « Michelle je suis très observatrice des émotions qui émanent des gens et chaque fois que je te vois, tu rayonnes le bonheur. Il émane de toi une énergie positive que je ne vois que rarement chez les individus ». Mettons que ça fait plaisir à entendre. L’une des serveuses d’un café où je vais souvent (le Laika) me dit aussi « Michelle un client au bar m’a demandé est-ce une femme ou une transsexuelle? Je lui répondis, mais pourquoi tu me demandes ça? C’est parce que je ne suis vraiment pas certain. Donc Michelle, ça s’améliore pas mal pour toi. Les gens ne sont maintenant plus certains que tu sois une trans! » Finalement, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai passé ma vie à fumer un joint de temps à autre et sans que je ne m’en rende compte, je ne fume maintenant plus jamais. Je n’en ai plus le besoin et ce n’est même pas un effort mental. C’est juste que je n’y pense plus et que ça ne me manque pas. C’est même Bibitte qui dernièrement me le fit remarquer, car je ne m’en étais même pas rendu compte. Ma vie est maintenant belle, je suis heureuse, J’explore ma coquetterie et j’aime bien ça et je souris à la vie et la vie me sourit enfin.
jeudi 12 février 2009
Je pense devenir Bi
mardi 10 février 2009
Merci à ces gens gentils
Il faut que je vous le dise. Vous faites honneur aux femmes et j’aime votre énergie positive et je vous trouve belle et en plus de ça je suis jalouse de votre grandeur.
Puis elle s’en va toute souriante. Elle fait ma journée, mais elle est aussi représentative de beaucoup de gens qui sont de plus en plus gentils avec moi et ça me touche. Comme cette dame de 83 ans qui est venue me voir lorsque je payais ma facture au Robin des bois, pour me dire sensiblement la même chose. Ça m’émeut et dans ce temps-là, je fais souvent des blagues comme lorsque je lui dis : 83 ans? Je ne vous crois pas, c’est quoi votre crème. Elle était si fière qu’elle me confiât que c’était Nivea.
Touit ça pour dire que j’ai peur de demeurer dans l’imaginaire québécois comme la trans de service, mais que je me rends compte qu’il me reflète plutôt que je suis une femme inspirante et ça fait du bien en maudit à entendre. Merci à toutes et à tous…
dimanche 1 février 2009
Perte d’illusions
mercredi 28 janvier 2009
Bienvenue aux auditeurs de La fosse aux lionnes
MAJ
Pour les potes d’outre-Atlantique et mes lecteurs réguliers qui n’ont peut-être pas vu ce clip, le voici donc sur Dailymotion. Merci à mon ancien associé, Jean-François Renaud d’avoir eu la gentillesse de numériser le fichier vidéo.
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lundi 26 janvier 2009
Réponse à un étudiant de secondaire cinq
Q-À quel moment avez-vous commencé à penser sérieusement à l’opération et pourquoi? Comment avez-vous su que vous aviez un besoin réel de recourir à la réassignation hormono-chirurgicale?
R-Une fois que j’ai eu mon diagnostic et que j’avais le choix d’être en dépression sévère le reste de mes jours avec aucun traitement possible ou de faire une transition.
Q-Qu’est-ce que vous espérez (vos attentes) de ce changement dans votre vie?
R-J’espère être un jour enfin perçu comme une femme
Q-Vous arrive-t-il de penser aux regrets qui pourraient survenir après une opération de cette envergure? Expliquez comme bon vous semble…
R-J’y songe et je n’entrevois pas avoir aucun regret. J’en parle avec mon psy et je suis très confortable avec le fait de devenir une femme. Cela étant dit, il est évident que j’ai subi de grosses pertes et fait de gros gains. Par exemple, j’ai perdu le contact avec certains membres de ma famille ou encore je ne suis plus invitée aux événements des « boyz ». Par contre, je me suis fait énormément de nouveaux amis et ce sont maintenant les « girlz » qui m’invitent à leurs événements (diner, soirée etc.)
Q-Selon vous, quels sont les points positifs les plus importants de cette intervention?
R-Je vais pouvoir prendre des doses d’hormones beaucoup plus faibles ce qui sera mieux pour ma santé en général. Je vais être anatomiquement une femme et les changements corporels inhérents aux hormones vont s’accélérer puisque je n’aurais plus de testostérone. Je vais aussi pouvoir expérimenter ce que c’est que de se faire pénétrer et jouir comme une femme.
Q-Les points négatifs?
R-Une grosse intervention chirurgicale comme celle-là, comporte des risques et ça va demander de l’adaptation pour apprendre à vivre avec ce nouveau sexe. L’autre point négatif est le coût de cette et des nombreuses opérations nécessaires à un tel changement de vie. Il appert que le gouvernement payera pour certaines ou toutes les opérations de changements de sexe, mais les critères d’admissibilités et les paramètres de ce programme ne sont pas encore déterminés.
Q-Percevez-vous votre situation comme une maladie mentale ou plutôt comme une erreur de la nature? Expliquez comme bon vous semble…
R-La science classe la dysphorie d’identité de genre comme une maladie mentale se traitant par la transition. Mais de plus en plus, cette vision est contestée et on présente cela plutôt comme une particularité de la nature. Tout comme la trisomie, cela arrive de manière statistiquement aléatoire, on médicalise la condition, mais en réalité il semble que ce ne soit plutôt qu’une des nombreuses expressions possibles de la nature. Mais tout comme la trisomie qui n’est peut-être pas une maladie, les gens aux prises avec la dysphorie d’identité de genre doivent composer avec un nombre incroyable d’enjeux de toutes sortes et l’appuie de la société pour les aider à s’intégrer physiquement, psychologiquement et socialement n’est certes pas un luxe.
Q-Si je comprends bien, le but de l’opération est de devenir ce qu’une personne à toujours été (homme, femme) en obtenant l’enveloppe corporelle mâle ou femelle… Ce but n’est-il pas de se fondre parmi la masse? Donc, pourquoi s’attribuer le statut de transsexuel qui peut mettre les transsexuels dans une classe à part?
R-Le statut de transsexuelle est un statut temporaire qui marque la transition. À terme, on est le sexe opposé du départ. Cependant, certaines personnes resteront trans toute leur vie et seront heureux(ses)
de cet état. On dira alors que ce sont des personnes « transgenre ».
Q-En rapport avec la question 7 : Est-ce pour aider les autres personnes atteints de la dysphorie d’identité de genre ou pour d’autres raisons selon vous?
R-L’homme a besoin de termes pour définir les choses qu’il observe et le terme transsexuel a été déterminé pour décrire les gens qui ont un esprit différent de leurs corps. Les Amérindiens avaient une grande catégorie qui comprenait les non-hétéros hommes ou femmes (le 3e sexe en fait) ils appelaient ça des « berdaches ».
Q-Croyez-vous que la société accepte bien la situation transsexuelle et pourquoi?
R-Il reste encore beaucoup de vulgarisation à faire et la société n’accepte encore que partiellement les transsexuels. C’est l’un des derniers grands tabous et plusieurs trans, lorsqu’elles sont diagnostiquées, changent de vie, de nom et d’identité et disparaissent le plus possible de la face de la société. Cette situation n’aide pas la société à les comprendre et à les accepterer. L’association de Transsexuels (elles) du Québec a une journée de la fierté trans donc le but avoué est de faire de la vulgarisation et de donner une peu de fierté sociale aux gens aux prises avec cette condition.
Q-Malgré tout, la réassignation hormono-chirurgicale reste-elle la meilleure solution pour l’instant?
R-C’est la seule solution qui fonctionne, qui a fait ses preuves et qui est reconnue par l’association internationale chargée de développer les protocoles médicaux et thérapeutiques de cette condition. The World Professional Association for Transgender Health, WPATH, www.wpath.org
Q-Devrions-nous en trouver d’autres (solutions), comme la psychothérapie afin de retrouver (ou trouver) le sentiment d’appartenance au sexe d’origine?
R-Il n’est certes pas mauvais de continuer les recherches, mais la psychothérapie et ses diverses écoles thérapeutiques (behaviorale, systémique, psychanalyse, etc.) en 50 ans d’expérimentation, n’est arrivé à aucune conclusion clinique concluante.
Q-Le choix du montant d’argent dépensé pour les différentes opérations peut varier d’une personne à l’autre, est-ce un facteur important dans la réussite de la transformation et pourquoi?
R-Oui c’est un facteur primordial parce que pour être acceptée par la société dans le genre de destination, plus le ou la trans sera semblable au sexe de destination, plus la vie en sera facilitée. Afin d’atteindre les standards normaux et correspondre le plus possible aux critères morphologiques de l’autre sexe, en fonction de la morphologie de départ, il peut être nécessaire de recourir à de très nombreuses opérations telles que : augmentation mammaire, Chirurgie de féminisation faciale, ablation de la pomme d’Adam, chirurgie des cordes vocales, épilation permanente, chirurgie de réassignation sexuelle,
Q-Si le gouvernement du Québec subventionne différentes opérations du changement de sexe, il y aura certainement une limite au montant d’argent déboursé. Dans ce cas, est-ce que la réussite de la transformation dépend du montant d’argent déboursé. Si oui, dans quelle mesure?
R-Tout nouveau pas que fera le gouvernement afin d’aider les transsexuels (elles) sera grandement apprécié de ceux-ci. La dysphorie d’identité de genre, en plus de faire souffrir les gens qui sont aux prises avec ça, entraîne de coûts sociaux énormes, qui sont encore difficilement chiffrable comme des coûts associés aux :divorces, suicides, alcoolismes, toxicomanie, prostitution, dépression sévère, augmentation de crimes associés aux désespoirs social psychologique en mental.
jeudi 22 janvier 2009
État de la situation du paiement des changements de sexe au Québec
lundi 19 janvier 2009
Yahoo Big Idea Chair, mes entrevues vidéos
Entrevue février 2008
Discussion additionelle
Entrevue août 2008
Discussion additionelle
MAJ
Ça me fait vraiment drôle de regarder ces vidéos et de constater qu’en août je n’étais plus la même personne qu'en février et que maintenant, je ne suis plus la même personne qu’en août dernier. Je change à la vitesse GRAND V mais dans la vie de tous les jours, ça ne me saute pas autant dans la face…
samedi 17 janvier 2009
Les difficultés de Bibitte
À propos de mes apparitions médias
Michelle viens d'accepter d'être invitée à l'émission La fosse aux lionnes. Enregistrement le 27 pour diffusion le 28.
L’une de mes copines fait ce commentaire :
Pis Oprah, c'est quand ? Et je ne niaise pas quand je dis ça... Bravo Michelle !
Ce à quoi je réponds :
I do have a strong French accent but in California they think it's an asset :-)
Et elle rétorque:
There ya go... you're ready to take over America ! And Oprah's show is taped in
Chicago -- a rockin' city. You definitely need an agent... or do you have one
already?
Et ma conclusion:
Je suis en discussion avec un agent pour mes conférences mais pas encore pour le reste. Anyway, tu es gentille de me voir au firmament de "whatever" mais j'ai des objectifs bien plus modestes. Je n'aime pas ça parler de ma condition mais je le fais parce que j'ai sais que ça aide bin du monde et je ne le fais que dans certains forums très ciblés, sérieux et non « sensationnaliste ». Pour parler de Web je suis une pute et j'accepte absolument toutes les demandes d'entrevues, mais pour le reste, j'y vais à reculons parce que le « downside » de ça est que ça recule le moment ou je serais finalement perçu comme une femme et que je suis en train de devenir « la trans » officielle de l’imaginaire québécois et que ça me fait chier. Mais je suis consciente du bien que ça fait et on ne peut faire avancer la cause sans casser des œufs… Alors Oprah ce n’est certes pas un rêve mais si elle m’invitait un jour, je n’aurais pas le choix
d’accepter et j’irais plus par devoir et responsabilité que par goût. Voilà…
jeudi 15 janvier 2009
Réponse aux connards qui sont contre le paiement par le gouvernement des opérations de changement de sexe
Tout ça pour vous dire que je retranscris ici ma réponse à une polémique soulevée dans le forum (tenez-vous bien) Dans le ventre de maman (sic) où on m’interpelle directement (pour me défendre tout de même et me citer en exemple).
Comme on parle de moi ici, je me permets de répondre à votre discussion, même si je ne suis pas une maman, ce qui semble être le leitmotiv initial de ce forum. En outre, comme vous êtes des mamans, je suis surprise de remarquer la véhémence de vos propos à l'encontre du paiement des opérations de réassignation sexuelle. Vous seriez d'ailleurs surprise de savoir le nombre de téléphones et de courriels de maman de transsexuelles et de transsexuels que j'ai pu recevoir. Ces femmes qui sont aussi des mère sont désespérées de voir leur enfant souffrir et de constater à quel point il n'y a aucune ressource pour aider les gens qui sont aux prises avec cette condition. Et si c'était VOTRE enfant qui souffrait de cette dépression très sévère qu'est la dysphorie d'identité de genre?
Par ailleurs, on annonce en grande pompe qu’on va payer pour les opérations de changements de sexe sans fournir aux employés de la RAMQ les critères d’admissibilité de ce programme. Dans l’état actuel des choses, il n’y a qu’un psychiatre, pour tout le Québec, qui est habilité à signer les papiers reconnus par la RAMQ pour qu’elle envoie les trans se faire charcuter en ex-Tchécoslovaquie, qui sont reconnus pour botcher l’opération. D’ailleurs, le psy en question jouit de la réputation peu enviable de faire partie des 5 psychiatres qu’il est fortement suggéré de ne pas aller voir au Canada lorsqu’on vit avec la dysphorie d’identité de genre. D’ailleurs, si vous avez la chance extrême d’être accepté dans le programme, le gouvernement ne paie que pour la réassignation sexuelle. Il ne paie pas pour l’augmentation mammaire, la chirurgie de modification de la voix, la chirurgie de féminisation faciale, l’épilation et/ou l’électrolyse, les traitements hormonaux et les nombreuses dépenses à un changement de vie complet tel que l’habillement maquillage, perte d’emploie, de vie familiale, divorce, etc. associés possiblement à cette condition et à la perception négative et « freak » que les gens peuvent en avoir. Donc cette nouvelle n’est pas encore « un gros char ». Dans mon cas, si jamais j’étais éligible aux critères non encore énoncés par le gouvernement, la réassignation sexuelle me ferait épargner un gros $18 000. Sachez cependant que ma chirurgie de féminisation faciale m’a coûté $25 000, que la chirurgie de la voix en coûtera $3 000, augmentation mammaire $6 à 8 000, dentition $3 000, épilation laser à ce jour $3 000 et ce n’est pas encore terminé, psychologues (ça prend 2 diagnostics différents pour se faire opérer) à ce jour $3 250, hormones ($125 par mois depuis 14 mois et pour le reste de mes jours).
Je me compte vraiment chanceuse parce que je gagne très bien ma vie, que je peux défrayer ces coûts exorbitants et que je me considère plus chanceuse d’avoir une dysphorie que d’avoir un cancer fulgurant ou d’être paraplégique ou d’avoir une autre maladie très grave. Je ne m’apitoie pas sur mon sort, mais je reconnais que c’est une condition extrêmement difficile à vivre et que je ne la souhaite à personne. J’aurai tellement aimé être née femme ou homme et pas entre les deux. De plus, j’ai aussi été à de nombreuses rencontres de trans et ai été témoin de la souffrance de ceux et celle qui n’ont pas la chance que j’ai de faire du cash et qui se doivent de se prostituer, qui perdent leur emploie avec de très grandes difficultés à être de nouveau embauché, qui vivront continuellement entre les 2 parce qu’ils ne pourront jamais se3 payer les chirurgies nécessaires à en faire des personnes convenables socialement, que ça me rend très humble devant la grande chance que j’ai, malgré tout.
Ça me surprend aussi beaucoup de lire sur un forum de maman, des textes de mères qui n’ont pas plus de compassion pour la souffrance des autres et qui s’amusent à faire de la polémique facile avec la souffrance d’autrui. À vrai dire, ça me dégoûte et ça m’inquiète pour les enfants qui seront élevés par des mères ayant de telles valeurs…
lundi 12 janvier 2009
LA nouvelle du siècle
vendredi 2 janvier 2009
Maintenant sans prothèses
samedi 27 décembre 2008
De ma tristesse du temps des fêtes
mardi 23 décembre 2008
Le plus beau compliment
Une joyeuse période des fêtes à tous...
mardi 16 décembre 2008
Vivre avec les stéréotypes sexuels
Je serai la femme que je serai et je fais d’énormes efforts pour ça. Mais avant d’être un sexe, je suis d’abord une personne avec ses goûts, ses attitudes et ses travers. Merci de m’aider et de vouloir mon bien. Mais avant de me dire des choses comme « une femme ne fait pas ça », assurez-vous que ce ne soit pas vos propres filtres sexistes qui parlent…
Ma vie change à vitesse grand V
J’apprends désormais à vivre avec ça…