mardi 10 mars 2009

Ma rencontre avec le chirurgien SRS

Dans le monde des trans on parle de SRS pour (Sex reassignment surgery) et aujourd’hui j’avais rendez-vous avec le célèbre Docteur Pierre Brassard. Évidemment, j’ai vérifié au préalable ce qu’on dit de lui sur Ratemds.com, j’ai visité son site (qui est bien poche au niveau technologique, puisque c’est ma profession) et surtout, j’ai pu apprécier les chirurgies qu’il avait déjà faites (attention la visite de ce site très graphique pourrait vous choquer). J’étais donc déjà préparée à rencontrer l’un des plus grands spécialistes de la vaginoplastie de la planète. Nous avons donc discuté de cette opération puis de l’augmentation mammaire. Son humour, sa candeur et son expertise m’ont grandement rassurée. Nous avons aussi discuté de la situation du paiement de l’opération de changement de sexe possiblement payée par le gouvernement du Québec. Il me dit avoir l’assurance que le gouvernement (via le Ministère de la Santé du Québec) aura tout débloqué pour la St-Jean Baptiste. Cependant, l’autoroute 35 doit être construite depuis plusieurs dizaines d’années et on ne parle plus de la construction du CHUM. J’ose donc espérer qu’ils ne disent pas n’importe quoi et qu’ils agiront promptement. Mais n’étant pas certaine de l’avancement du dossier, je vais moi-même leur téléphoner pour m’enquérir de l’état des choses. C’est que ma chirurgie est fixée pour le 30 juin et la St-Jean, est une semaine avant. Mettons que je ne voudrais pas avoir à payer cette opération puis devoir poursuivre le gouvernement du Québec et faire tout un brouhaha médiatique avec ça (comme je suis très capable de le faire). Disons que je préférerai, de loin, vivre ma convalescence sans avoir à me soucier de ce genre de tracas (pour moi et toute la communauté trans qui est dans le même bateau). En résumé, je suis revenue de ma visite avec le Dr. Brassard, enchanté et très rassuré de me faire opérer par lui.
Maj
À propos de la question orgasmique, le Dr. Brassard me répond que c’est évidemment lié à l’âge et à la libido présente avant l’opération, mais que la très grande majorité des transsexuelles rapportent avoir des orgasmes clitoridiens et ou vaginaux après l’opération. Vous serez aussi surpris d’apprendre que 2 ans après l’opération, si on fait une culture bactérienne vaginale d’une trans et d’une femme bio, on ne peut savoir la différence entre les deux. Je lui ai aussi parlé de la chirurgie de la voix qu’il me déconseille à cause du faible taux de réponse positive comme suite à cette opération (on parle de 20% de réussite). Il me conseille donc fortement de reprendre contact avec mon orthophoniste et de m’astreindre aux différents exercices qu’elle me suggère. Concernant la chirurgie d’augmentation mammaire, il me conseille des implants salins de 400 ou 450cc (qu’il déterminera le jour de l’opération) étant donné ma corpulence et l’état de développement de ma glande mammaire. Le contenu des implants est l’équivalent du sérum qu’on administre aux malades, donc s’il y a déchirure de l’enveloppe de la prothèse, il n’y a aucun danger pour le corps. D'ailleurs, la durée de vie de ces implants est de 10 à 15 ans. Il est donc possible que je doive me faire opérer de nouveau à ce moment, mais ce sera une opération sous anesthésie locale. J’ai aussi parlé des implants dits anatomiques (en forme de larme). Il m’explique que ces implants ont une enveloppe extérieure rugueuse, afin que l’implant ne bouge pas dans le corps et que la larme ne se positionne pas de travers. Le problème avec ça est que le sein semble donc figé sur le corps et qu’il n’a pas le mouvement naturel des autres implants. À propos des implants de silicone, ils n’existent que depuis 4 ans et il trouve que cette période est trop courte pour avoir un point de vue réellement sécuritaire de la longévité et de la sécurité de ceux-ci. À propos de l’opération via une incision sous le bras, c’est une opération plus délicate et s’il y avait des complications ou si encore on doit changer les implants dans 10 ou 15 ans, de toute manière il devrait faire une incision sous le sein.
Finalement, je lui ai confié que j’étais moumoune à la douleur et que je ne voulais pas souffrir. Il me répondit que la douleur était très variable d’une patiente à l’autre et que quelques jours après l’opération certaines patientes étaient prêtes à aller danser tandis que d’autres se traînaient comme des zombies et que de toute manière, il avait une bonne connaissance de toutes les drogues antidouleurs imaginables.

samedi 7 mars 2009

Mon corps change

On dit souvent qu’une transition est une deuxième puberté en accéléré. C’est vrai au niveau physiologique comme au niveau psychologique. Mais disons que ce sont les changements physiologiques qui me frappent le plus. Par exemple, je ne suis plus capable d’ouvrir un pot de cornichon, ayant perdu la majorité de ma masse musculaire. J’ai maintenant de longs bras affinés au lieu des biceps d‘homme que j’avais avant. Ayant fait beaucoup de cyclisme, j’ai encore une belle masse musculaire aux cuisses et aux mollets. Cependant, ils ont maintenant une forme plus arrondie et mes cuisses se touchent maintenant lorsque je marche. D'ailleurs, je fais toujours « tilter » mes copines lorsque je leur dis ça, mais j’ai vraiment hâte d’avoir une culotte de cheval parce que je trouve que c’est l’un des attributs féminins les plus séduisants. Évidemment, mes gras se déplacent et ce sont mes hanches et le haut de mon visage qui en profitent. Ma peau aussi s’est transformée et elle est devenue très douce. Mon odeur corporelle se modifie aussi et je n’ai plus cette odeur de musc si particulière aux hommes. Mes seins grossissent tranquillement et ils ont eu une poussée de croissance durant la période des fêtes, mais depuis, c’est plutôt le calme plat. J’observe aussi que lorsqu’ils sont dans une phase de croissance, ils me font mal. Ce n’est pas une douleur insupportable, mais comme un pincement qui est là constamment J’ai la grande chance de n’avoir jamais été velue et le poil de mes bras a toujours été invisible. Pour les jambes, je remarque que d’épilation en épilation, mes poils poussent avec de moins en moins d’entrain. Je me fais maintenant épiler à la cire qu’une fois aux 6 semaines. Pour la barbe, il n’y a que l’épilation laser et l’électrolyse qui fait la job. J’ai maintenant terminé mes séances de laser et devrais commencer soit l’électrolyse ou soit un laser qui peut avoir effet sur les rares poils blancs qu’il me reste. Mon cousin Claude qui es mon barème puisque je le vois une ou deux fois par mois depuis avant les débuts de la prise d’hormones, remarque que mes manières ont extrêmement changé et que ma gestuelle est désormais définitivement féminine. D'ailleurs, ces changements ne sont pas survenus sous une pulsion consciente. Ils se sont installés comme ça, sans que vraiment je ne m’en aperçoive. J’aurais bien aimé au début de ma transition, avoir une baguette magique et changer tout ça d’un coup réparateur, mais avec le recul, c’est bien que cette transition prenne un certain temps et qu’elle me permette de m’adapter à ce nouveau corps, de manière progressive et continue.
Ha oui! Vous voulez savoir à propos de ma mâlitude? Disons que mes testicules ont diminué de grosseur du 2/3, que mon pénis est sensiblement le même qu’il a toujours été et que je suis maintenant castrée chimiquement. Cela veut dire que j’ai des capacités érectiles, mais que je n’ai plus de sperme. Mes orgasmes sont maintenant plus longs à atteindre, mais ils durent plus longtemps et peuvent être répétitifs. Mes zones érogènes se sont aussi beaucoup transformées et c’est maintenant tout mon corps (et surtout mes seins) qui est devenu un terrain de jeu d’une grande sensibilité. Finalement, je n’ai plus cette obsession du sexe que j’ai eue toute ma vie. Lorsque le sexe me vient en tête, c’est que c’est un effort de la pensée et non une poussée de testostérone qui agit malgré moi. D'un côté, c’est un grand soulagement parce qu’il y a tellement d’autres choses à penser que d’avoir le cul continuellement en tête. Puis, je suis maintenant plus en besoin de tendresse qu’en besoin de sexe comme tel… Voilà

vendredi 6 mars 2009

Mes archives

Bien des gens ont de la misère à comprendre comment on peut en arriver à changer de sexe. C’est vrai que ce n’est pas un cheminement habituel et que bien des théories psychopop peuvent tenter de discréditer (sans mauvaise foi) les raisons qui font qu’un homme devienne une femme et vice-versa. Hier c’était l’un de mes copains qui me disait à quel point il ne comprenait pas au début de ma transition le « pourquoi » de cette étrange thérapie qui me transforme à tel point. Puis il ajouta que maintenant, il ne se pose plus de question et qu’il me prend maintenant pour ce que je suis, c'est-à-dire une femme. Ce matin, un nouveau contact Facebook qui fait dans l’ésotérisme philosophico religieux m’envoie ce message :

Chère Michelle,

Ni voyez aucun jugement, j'aimerais simplement savoir ce
qui pousse un homme à devenir une femme, et vice versa. Bien entendu, je peux comprendre qu'on se sente malheureux dans ton corps, sa sexualité, etc.
Seulement au-delà de ça, pourquoi veut-on changer de sexe?
Que la simplicité de chaque moment vienne éveiller notre conscience à la chaleur du moment
présent... ;o)

Om Mani Padme Hum

Je lui réponds

les réponses se trouvent ici http://www.femme-2-0.blogspot.com/
et commencez par les vieilles archives pour comprendre


Il rétorque

J'y suis allé brièvement...
Votre ego doit être la source de grande souffrance.
Enfin, nous souffrons tous, et c'est l'essence de toute sensibilité.


Ce à quoi je réponds

J'ai de très bons psys qui m'aident à regarder ça. Ne vous en faites pas pour moi. Je suis entre bonnes mains


Puis je suis allée relire les archives du début de ma transition. J’étais impressionnée du détail de mes états d’âme à ce moment et ça a été très difficile pour moi de me relire et de revivre en accéléré ces mois plus que tortueux. Si vous vous posez des questions, faites cette lecture vous-même et de grâce, ne tentez pas de me guérir avec vos théories d’amours, d’égo ou de je ne sais quoi. J’ai rencontré des psychiatres, psychologues, sexologues, endocrinologues et une batterie de spécialistes de la santé mentale et physiologique et je suis maintenant heureuse et bien dans ma peau comme je ne l’ai jamais été. Cherchez les réponses à vos questions dans mes archives, elles y sont pratiquement toute. Vous pouvez aussi naviguer parmi les favoris qui sont à la droite de votre écran et la littérature scientifique sur le sujet y est plus qu’abondante. Mais de grâce, votre psychopop, gardez-la pour vous…

jeudi 5 mars 2009

À propos de l’admiration

On vient souvent me voir pour me dire à quel point on m’admire et que j’inspire. Hier c’était un jeune homme dans la vingtaine, à l’air viril et qui semblait très intelligent. Je ne l’inspirais pas parce que je suis le modèle d’une trans qu’il voudrait être. Non, il me disait que c’était quelque chose qui émane de moi et qui lui redonne confiance en l’humanité. Ouf!!!

Ça me fait très plaisir et ça gonfle mon égo insatiable, mais en même temps ça me trouble au plus haut point. Je ne me vois pas dans les yeux des autres et je peux difficilement comprendre cette admiration qu’ils disent avoir. Moi je me trouve très loin d’être admirable ou d’avoir du courage. Je suis une survivante certes, j’ai de la résilience, mais du courage? Je n’avais pas le choix de changer de sexe. C’était ça ou la dépression sévère (que je vivais depuis 4 mois) pour le reste de mes jours sans traitement possible. Le choix n’était donc pas difficile à faire. Ça me trouble donc qu’on m’idolâtre, qu’on m’admire, mais je suis un peu mieux avec le fait que peut-être j’inspire. C’est vraiment étrange parce que j’ai énormément changé tout en restant la personne que j’étais. Il y a deux ans personne ne serait venu me dire qu’il m’admirait et maintenant c’est monnaie courante. De plus, je connais assez bien mes très nombreux défauts et mes faiblesses. Je travaille sur moi et je suis très, très loin d’être parfaite. Mais j’ai cette capacité d’ouverture et de partage et je suis authentique, mais est-ce si admirable que ça? Non je ne le crois pas. Gandhi, Sœur Thérésa, Obama sont peut-être admirables? Moi pas…
Lorsqu’on me dit ça et que j’acquiesce poliment, j’ai l’impression de mentir et d’accepter des hommages qui ne me sont pas dus. Voilà…

MAJ
Voici un courriel que j’ai reçu par rapport à ce billet. Les noms et éléments pouvant identifier cette personne sont gomés pour protéger son identité

Bonsoir Michelle,


Je passe par ce message parce que je suis trop gênée pour écrire un commentaire qui sera lu par pas mal de monde (je ne t'apprends rien, tes billets sont MÉGA lus). Mais je me disais que tu m'as l'air de trouver difficile de recevoir toute cette admiration, comme si cela ne t'était pas dû. Ça me fait penser, quand j'étais une journaliste plus connue (en XXXXX) et que l'on me faisait des honneurs; je me sentais vraiment mal à l'aise et on m'a dit que je souffrais peut-être du syndrome de l'imposteur. En effet, je n'ai jamais vraiment pensé que j'étais une vraie journaliste et que si les gens me connaissaient vraiment, ils ne seraient certainement pas comme ça...Je me suis même cassé la gueule une fois, pour, inconsciemment bien sûr, ne pas profiter d'un prix; enfin... c'est une autre histoire.
Moi aussi, je t'admire. Je t'admire pour la façon dont tu as passé à travers et je me rappelle souvent cette phrase que tu as citée, lors d'une conférence des Geek: «le suicide est une solution définitive à un problème temporaire»; ça m'encourage à continuer.
Des fois, on n'a pas idée de l'effet qu'on aura sur la vie des gens. Et bien toi, tu en fait beaucoup, d'effets, et ça rayonne sans doute pas mal plus loin que tu imagines. Profites-en Michelle, jouis-en!

Ça me touche beaucoup qu’on me rappelle que j’ai dit ça mais c’est une phrase qui n’est pas de moi et que j’ai moi-même entendue avant qu’elle ne me touche… Alors c’est peut-être ça mon problème. Le syndrome de l’imposteur. Je vais donc investiguer ça avec mon psy la prochaine fois que je le vois…

mercredi 4 mars 2009

ChezJules.tv, mes débuts d’actrice

Il y a plusieurs semaines de ça, j’ai jouée dans le WebTV ChezJules.tv avec Jessica Barker et la grande dame de théâtre et de télé Janine Sutto dans l’épisode « 205- Elle en revient pas! ». Une deuxième capsule dans laquelle je me joue moi-même sera bientôt en ligne. Ce fut une expérience mémorable et jamais je n’oublierais ce froid après-midi de janvier avec la légendaire Mme. Sutto. Elle ne me connaissait pas et elle fut réellement gentille avec moi. J’eus la chance de parler politique avec elle et AYOYE! Quelle femme passionnée et brillante qui me répondit dans un long fleuve d’histoire politique. J’espère vraiment être aussi allumée et pimpante qu’elle à 87 ans…
Dans ce sketch je parle de mon passage à Tout le monde en parle et de la très gentille carte de Dany Turcotte. Primeur : D’ailleurs, le personnage d’Yvonne et madame Sutto elle-même seront à Tout le monde en parle dimanche prochain.

mardi 3 mars 2009

Les préjugés ne sont jamais bien loin

J’ai énormément de contacts Facebook, Twitter, de lecteurs de mes différents blogues et de mes présences Web. Je publie beaucoup et ça fait bin des données à gérer. Je suis moi-même très prolifique et des copains qui n’ont pas beaucoup d’amis Facebook m’ont déjà avoué que 90% de leur page d’accueil était comblé par mes différents statuts et publications. Je m’en excuse d’ailleurs. Toujours est-il que sur Facebook, certaines personnes m’inondent d’envois d’applications. Dans ce cas, je prends la peine d’écrire à la personne pour lui demander de me retirer de leur liste d’envoi. Voici donc la suite d’échange que j’ai eue avec l’une de ces personnes (que j’ai flushé illico de mes contacts Facebook).


Moi :



Chère (XXX)
SVP cessez de m'envoyer vos demandes d'applications. Je les refuse toutes... Merci de votre compréhension et coopération



La personne en question :



Oki dans se cas, vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que je vous supprime de mes contacts....Mon Dieu, facebook est là pour s"amuser non pas pour se prendre la tête...mais bon..



Moi :



faites-vous plaisir



La personne en question :



Michelle Blanc Sur Femme 2.0: À propos de la fierté transsexuelle
http://snurl.com/d0g2j.


C'est d'un ridicule PIRE que la
téléréalité !!!!!!!!!!




Moi :



Vous êtes une connasse chère madame



La personne en question :




et vous donc cher Monsieur d'une impolitesse !!!!!!!!!!Exposer sa vie privée sur face book<..... pas vraiment très intelligent



Moi :



1650 amis Facebook
2250 Folowers Twitter
70 000 visiteurs uniques par mois sur mes blogues et des centaines de clients qui me font très bien vivre merci.
De vous perdre comme contact ne me fera pas pleurer longtemps et le gouvernement de ma province va enfin payer pour les opérations de changements de sexe comme suite à l'exposure médiatique positive que mes présences Web ont créé. Votre avis me fait donc vraiment rigoler. d'ailleurs vous avez l'air plus transsexuelles que moi. C'était quand votre opération?



La personne en question :



J'en ai rien à cirer de vos problemes de transexuelles et il y a des personnes qui sont rééllement malade et n'on aucun subiste alors fichez moi la paix...... vous me faites pitiez et horreur je suis pour la chirugie de >VraiS Malades et paas ceux malade de la tête Maintenant STOP je vous bloque Michelle Blanc



Moi :



Je vous dirait bien d'aller vous faire foutre mais je ne vois vraiment pas qui aurait le courage de vous baiser...
Soyez heureuse avec vos préjugés et que dieu vous garde de la misère, de la maladie mentale et de la désillusion... La pitié et l'horreur sont réciproque



La personne en question :



N'importe quoi c'est vous la malade ou plutôt le malade pensez à tous ses enfants, toutes ses personnes qui auraient besoins de soins alors allez vous faire voir avec vos opérations à la noix......... et vous né homme restez le........ Dieu vous a creer ainsi..... et nulle operatrion ne changera quoique se soit Je suis tout comme vous en droit de dire mon opinion...point barre Allez méliter pour votre cause au lieu de vous rabaisser à me répondre....mouarrffffffffffffffffffffffffffffffffffffff


Voilà comment une simple demande polie dégénère et que ma condition et mon ouverture deviennent bien vite l’enjeu. C’est d’une tristesse…

À propos de la fierté transsexuelle

Tout comme pour les gais qui ont leur semaine de la fierté gaie, les transsexuelles(els) ont leur journée de la fierté trans. Au mois d’aout, j’écrivais :


Tout ça pour dire que je ne suis pas encore fière d’être une trans, mais que je
suis beaucoup moins honteuse de ma condition disons…

Ce qui a changé depuis est que je ne suis toujours pas fière d’être transsexuelle et lesbienne (et comme je l’expliquais dernièrement peut-être même bi) et que je ne le serais peut-être jamais parce que je ne vois vraiment pas en quoi on peut être fière de ça. Cependant, je ne suis vraiment plus honteuse de ma condition. Je marche fièrement dans la rue et je ne me gêne plus de mettre les pieds où que ce soit. Je marche la tête haute, je me fous de plus en plus de ces gens qui continent de m’appeler « monsieur » ou de me regarder comme une « patente qui sera sans gosses ». J’assume pleinement qui je suis, je suis heureuse de mon cheminement et j’avance dans la vie en dépit de tous les aléas qu’elle met sur mon chemin. Pour moi, c’est déjà un pas-de-géant. Surtout lorsque je me remémore le diner avec mon pote Philippe Martin et qu’en lui confiant que ça n’allait pas bien (au tout début de ma dysphorie), sans lui dire ce que c’était, j’utilisais la figure de style :

Je ne peux pas encore te dire ce qui se passe avec moi, mais si je devais utiliser une image, je suis sur le point d’avoir la confirmation que je suis un lépreux et que les gens vont me cracher dessus pour le reste de mes jours.


Que j’ai fait du chemin depuis!

lundi 2 mars 2009

À propos de l’amour

C’est la chroniqueuse blonde qui me fit songer aux raisons de l’amour.



Le Prince Charmant pue de la gueule. La Princesse Charmante a un grand nez.
Ils sont pourtant beaux comme des gens qui s’aiment.




Voici ma réflexion à ce propos :

J’ai demandé à ma Bibitte comment elle savait que je l’aime. Elle me répondit : C’est parce que tu es toujours empressée de venir me retrouver et qu’être avec moi est ce qui semble te faire le plus plaisir…

Dans l’fond, l’amour, même imparfait, c’est simple de même…

Lorsqu’elle me demanda la même question il y a bien longtemps, je lui répondis : Je ne sais pas pourquoi je t’aime et si je le savais, peut-être que ce serait un indice que dans l’fond, je ne t’aime pas vraiment… Les raisons pourquoi je t’aime sont multiples, mais je les ai découvertes bien après que j’eu su que je t’aimais!

MAJ
Ça prouve aussi qu’il y a des sujets que même la science ne peut élucider et pour lesquels, les raisons (et la raison) ne sont souvent qu’accessoires. Le monde des émotions humaines n’entre que difficilement dans les petites cases de l’analyse, mais ça ne fait pas de ces sujets, des sujets moins capitaux pour une vie heureuse. Des fois, faut se foutre de la raison…

vendredi 27 février 2009

Mi-chemin





Cela fait déjà 15 mois que j’ai commencé les hormones et on dit que ça prends environ 2 ans avant que l’effet de ceux-ci soit significatif sur la morphologie du sujet. Or, étant donné qu’il y a des problèmes cardiaques dans ma famille, que je suis fumeuse et que je fais légèrement de la haute pression, mes doses hormonales ne sont pas optimales. Ça devrait donc me prendre encore plus de temps pour que mon corps soit complètement transformé. De plus, une fois que la réassignation sexuelle génitale a été complétée, les doses hormonales sont réduites significativement et les changements corporels s’accélèrent. Si tout va bien (lire ici si le ministère de la Santé a enfin déterminé les critères selon lesquels il pait pour la chirurgie de réassignation sexuelle), je devrais me faire opérer le 30 juin. Je suis donc à peu près à la moitié du chemin de ma transition. Je me sens bien comme jamais je ne me suis senti bien dans ma peau. Même qu’hier, une connaissance que je vois de temps en temps me dit « Michelle je suis très observatrice des émotions qui émanent des gens et chaque fois que je te vois, tu rayonnes le bonheur. Il émane de toi une énergie positive que je ne vois que rarement chez les individus ». Mettons que ça fait plaisir à entendre. L’une des serveuses d’un café où je vais souvent (le Laika) me dit aussi « Michelle un client au bar m’a demandé est-ce une femme ou une transsexuelle? Je lui répondis, mais pourquoi tu me demandes ça? C’est parce que je ne suis vraiment pas certain. Donc Michelle, ça s’améliore pas mal pour toi. Les gens ne sont maintenant plus certains que tu sois une trans! » Finalement, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai passé ma vie à fumer un joint de temps à autre et sans que je ne m’en rende compte, je ne fume maintenant plus jamais. Je n’en ai plus le besoin et ce n’est même pas un effort mental. C’est juste que je n’y pense plus et que ça ne me manque pas. C’est même Bibitte qui dernièrement me le fit remarquer, car je ne m’en étais même pas rendu compte. Ma vie est maintenant belle, je suis heureuse, J’explore ma coquetterie et j’aime bien ça et je souris à la vie et la vie me sourit enfin.

jeudi 12 février 2009

Je pense devenir Bi

Ma Bibitte d’amour m’a déjà dit qu’elle avait peur que je vire aux hommes et que ça mette fin à notre relation. Je lui avais répondu que ce n’était pas le cas et que si jamais ce l’était, ça voudrait plutôt dire que je serai bi puisque mon attirance pour les femmes ne pourrait pas disparaître du jour au lendemain et que j’avais été attirée par les femmes toute ma vie et que jamais, en 15 ans de vie commune, je ne l’avais trompé. Alors, je ne voyais pas pourquoi ça changerait si jamais mes pulsions se modifiaient avec le temps. D’avoir des pulsions et d’agir sur elles sont deux choses très différentes. Toujours est-il que je remarque que mes rêves se modifient et que je note une attirance nouvelle pour la gent masculine. Je trouve ça vraiment étrange et il est clair que l’effet des hormones sur mon corps affecte aussi mon cerveau qui est l’une de ses parties. Il est aussi évident que les transformations psychologiques et sociologiques de changer de sexe m’affectent plus que je le croyais. Je découvre des pulsions qui n’ont jamais été là et ça me trouble un peu. Ce n’est rien de majeur et je suis toujours très attirée par les femmes sauf que maintenant, les hommes aussi commencent à me faire de l’effet. J’ai un grand besoin de plaire et leur flatterie me touche. Je continuerai donc de m’observer et de découvrir ces nouvelles facettes de ma psyché qui me surprennent beaucoup…

mardi 10 février 2009

Merci à ces gens gentils

J’ai dit que je ne voulais pas de venir la trans de l’imaginaire québécois et que c’était un poids pour moi. Mais il y a tout de même certains avantages. Par exemple, à l’instant, je fumais une clope à l’extérieur du Laika, un petit café d’où je travaille souvent et une femme qui marchait dans la rue, s’arrête devant moi et me dit :
Il faut que je vous le dise. Vous faites honneur aux femmes et j’aime votre énergie positive et je vous trouve belle et en plus de ça je suis jalouse de votre grandeur.
Puis elle s’en va toute souriante. Elle fait ma journée, mais elle est aussi représentative de beaucoup de gens qui sont de plus en plus gentils avec moi et ça me touche. Comme cette dame de 83 ans qui est venue me voir lorsque je payais ma facture au Robin des bois, pour me dire sensiblement la même chose. Ça m’émeut et dans ce temps-là, je fais souvent des blagues comme lorsque je lui dis : 83 ans? Je ne vous crois pas, c’est quoi votre crème. Elle était si fière qu’elle me confiât que c’était Nivea.
Touit ça pour dire que j’ai peur de demeurer dans l’imaginaire québécois comme la trans de service, mais que je me rends compte qu’il me reflète plutôt que je suis une femme inspirante et ça fait du bien en maudit à entendre. Merci à toutes et à tous…

dimanche 1 février 2009

Perte d’illusions

Lorsque je me regarde dans la glace, je me trouve de plus en plus féminine, j’aime observer mon corps se transformer, mes seins et mes fesses grossir, mon visage s’adoucir et l’image que la glace me renvoie est de plus en plus satisfaisante. Mais de me voir à la télévision, c’est tout un choc. J’observe tout de même que je suis plus féminine d’apparition en apparition que ma voix s’adoucit tranquillement, mais je réalise aussi ce que les autres perçoivent de cette enveloppe corporelle qui est encore si masculine. Je trouve que j’ai vraiment un beau profil, mais de face? Ayoye. Ça me dérange, ça me fait mal, ça me trouble. C’est vrai que je ne suis pas dans la tête de tous un chacun et que certains peuvent déjà percevoir une femme en moi et ont de la difficulté à voir que j‘ai déjà été un homme. Mais pour moi, ce que j’observe est le long chemin qu’il reste encore à parcourir. Je suis à peu près à la moitié de ma transition, j’ai énormément cheminé dans la dernière année, je me sens bien avec moi-même comme jamais je ne me suis senti bien, mais Bon Dieu qu’il reste encore du chemin à faire. Mon verre est à moitié plein et j’ai VRAIMENT hâte qu’il déborde…

mercredi 28 janvier 2009

Bienvenue aux auditeurs de La fosse aux lionnes

Bon, ce matin j’ai regardé comme vous la télédiffusion de l’émission La fosse aux lionnes et j’étais dans mes petits souliers à talons hauts parce que je n’aime pas ça m’entendre parler de moi et de ma condition. Je préfère tellement plus parler de Web, ma passion! Mais on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Alors bienvenue sur mon blogue et j’espère que vous y trouverez de l’intérêt, quoi que j’y parle pas mal plus de ma passion. Si vous voulez en apprendre plus sur ma condition visitez Femme 2.0 et si vous en avez la patience, débutez pas le début (à partir du bas de la page puisqu’un blogue est écrit de manière antéchronologique). J’ai aussi parlé de mon côté givré, et encore là, ça prend une bonne dose de courage pour suivre mes péripéties poétiques étranges. Madame Michon parlait aussi du fait que je ne veux pas être idéalisée et du poids que cela représente et vous trouverez cette discussion au billet À propos de mes apparitions médias. Finalement, je vous invite aussi à prendre connaissance de ma Mise en garde, et si vous avez quand même le goût d’explorer mes diverses présences Web, faites-vous plaisir et bienvenue chez moi…

MAJ
Pour les potes d’outre-Atlantique et mes lecteurs réguliers qui n’ont peut-être pas vu ce clip, le voici donc sur Dailymotion. Merci à mon ancien associé, Jean-François Renaud d’avoir eu la gentillesse de numériser le fichier vidéo.

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lundi 26 janvier 2009

Réponse à un étudiant de secondaire cinq

Il y a quelques semaines, un étudiant de secondaire cinq m’a écrit pour savoir si j’aimerais bien répondre à ses questions concernant ma condition, afin de faire un travail scolaire spécifique sur la dysphorie d’identité de genre. Voici donc ses questions et mes réponses.



Q-À quel moment avez-vous commencé à penser sérieusement à l’opération et pourquoi? Comment avez-vous su que vous aviez un besoin réel de recourir à la réassignation hormono-chirurgicale?


R-Une fois que j’ai eu mon diagnostic et que j’avais le choix d’être en dépression sévère le reste de mes jours avec aucun traitement possible ou de faire une transition.

Q-Qu’est-ce que vous espérez (vos attentes) de ce changement dans votre vie?


R-J’espère être un jour enfin perçu comme une femme

Q-Vous arrive-t-il de penser aux regrets qui pourraient survenir après une opération de cette envergure? Expliquez comme bon vous semble…


R-J’y songe et je n’entrevois pas avoir aucun regret. J’en parle avec mon psy et je suis très confortable avec le fait de devenir une femme. Cela étant dit, il est évident que j’ai subi de grosses pertes et fait de gros gains. Par exemple, j’ai perdu le contact avec certains membres de ma famille ou encore je ne suis plus invitée aux événements des « boyz ». Par contre, je me suis fait énormément de nouveaux amis et ce sont maintenant les « girlz » qui m’invitent à leurs événements (diner, soirée etc.)

Q-Selon vous, quels sont les points positifs les plus importants de cette intervention?


R-Je vais pouvoir prendre des doses d’hormones beaucoup plus faibles ce qui sera mieux pour ma santé en général. Je vais être anatomiquement une femme et les changements corporels inhérents aux hormones vont s’accélérer puisque je n’aurais plus de testostérone. Je vais aussi pouvoir expérimenter ce que c’est que de se faire pénétrer et jouir comme une femme.

Q-Les points négatifs?


R-Une grosse intervention chirurgicale comme celle-là, comporte des risques et ça va demander de l’adaptation pour apprendre à vivre avec ce nouveau sexe. L’autre point négatif est le coût de cette et des nombreuses opérations nécessaires à un tel changement de vie. Il appert que le gouvernement payera pour certaines ou toutes les opérations de changements de sexe, mais les critères d’admissibilités et les paramètres de ce programme ne sont pas encore déterminés.


Q-Percevez-vous votre situation comme une maladie mentale ou plutôt comme une erreur de la nature? Expliquez comme bon vous semble…


R-La science classe la dysphorie d’identité de genre comme une maladie mentale se traitant par la transition. Mais de plus en plus, cette vision est contestée et on présente cela plutôt comme une particularité de la nature. Tout comme la trisomie, cela arrive de manière statistiquement aléatoire, on médicalise la condition, mais en réalité il semble que ce ne soit plutôt qu’une des nombreuses expressions possibles de la nature. Mais tout comme la trisomie qui n’est peut-être pas une maladie, les gens aux prises avec la dysphorie d’identité de genre doivent composer avec un nombre incroyable d’enjeux de toutes sortes et l’appuie de la société pour les aider à s’intégrer physiquement, psychologiquement et socialement n’est certes pas un luxe.

Q-Si je comprends bien, le but de l’opération est de devenir ce qu’une personne à toujours été (homme, femme) en obtenant l’enveloppe corporelle mâle ou femelle… Ce but n’est-il pas de se fondre parmi la masse? Donc, pourquoi s’attribuer le statut de transsexuel qui peut mettre les transsexuels dans une classe à part?


R-Le statut de transsexuelle est un statut temporaire qui marque la transition. À terme, on est le sexe opposé du départ. Cependant, certaines personnes resteront trans toute leur vie et seront heureux(ses)
de cet état. On dira alors que ce sont des personnes « transgenre ».

Q-En rapport avec la question 7 : Est-ce pour aider les autres personnes atteints de la dysphorie d’identité de genre ou pour d’autres raisons selon vous?


R-L’homme a besoin de termes pour définir les choses qu’il observe et le terme transsexuel a été déterminé pour décrire les gens qui ont un esprit différent de leurs corps. Les Amérindiens avaient une grande catégorie qui comprenait les non-hétéros hommes ou femmes (le 3e sexe en fait) ils appelaient ça des « berdaches ».

Q-Croyez-vous que la société accepte bien la situation transsexuelle et pourquoi?


R-Il reste encore beaucoup de vulgarisation à faire et la société n’accepte encore que partiellement les transsexuels. C’est l’un des derniers grands tabous et plusieurs trans, lorsqu’elles sont diagnostiquées, changent de vie, de nom et d’identité et disparaissent le plus possible de la face de la société. Cette situation n’aide pas la société à les comprendre et à les accepterer. L’association de Transsexuels (elles) du Québec a une journée de la fierté trans donc le but avoué est de faire de la vulgarisation et de donner une peu de fierté sociale aux gens aux prises avec cette condition.

Q-Malgré tout, la réassignation hormono-chirurgicale reste-elle la meilleure solution pour l’instant?


R-C’est la seule solution qui fonctionne, qui a fait ses preuves et qui est reconnue par l’association internationale chargée de développer les protocoles médicaux et thérapeutiques de cette condition. The World Professional Association for Transgender Health, WPATH, www.wpath.org


Q-Devrions-nous en trouver d’autres (solutions), comme la psychothérapie afin de retrouver (ou trouver) le sentiment d’appartenance au sexe d’origine?


R-Il n’est certes pas mauvais de continuer les recherches, mais la psychothérapie et ses diverses écoles thérapeutiques (behaviorale, systémique, psychanalyse, etc.) en 50 ans d’expérimentation, n’est arrivé à aucune conclusion clinique concluante.

Q-Le choix du montant d’argent dépensé pour les différentes opérations peut varier d’une personne à l’autre, est-ce un facteur important dans la réussite de la transformation et pourquoi?


R-Oui c’est un facteur primordial parce que pour être acceptée par la société dans le genre de destination, plus le ou la trans sera semblable au sexe de destination, plus la vie en sera facilitée. Afin d’atteindre les standards normaux et correspondre le plus possible aux critères morphologiques de l’autre sexe, en fonction de la morphologie de départ, il peut être nécessaire de recourir à de très nombreuses opérations telles que : augmentation mammaire, Chirurgie de féminisation faciale, ablation de la pomme d’Adam, chirurgie des cordes vocales, épilation permanente, chirurgie de réassignation sexuelle,

Q-Si le gouvernement du Québec subventionne différentes opérations du changement de sexe, il y aura certainement une limite au montant d’argent déboursé. Dans ce cas, est-ce que la réussite de la transformation dépend du montant d’argent déboursé. Si oui, dans quelle mesure?


R-Tout nouveau pas que fera le gouvernement afin d’aider les transsexuels (elles) sera grandement apprécié de ceux-ci. La dysphorie d’identité de genre, en plus de faire souffrir les gens qui sont aux prises avec ça, entraîne de coûts sociaux énormes, qui sont encore difficilement chiffrable comme des coûts associés aux :divorces, suicides, alcoolismes, toxicomanie, prostitution, dépression sévère, augmentation de crimes associés aux désespoirs social psychologique en mental.

jeudi 22 janvier 2009

État de la situation du paiement des changements de sexe au Québec

Après une longue discussion avec le bureau du sous-ministre du ministère de la Santé du Québec, voici le fruit de ce que j'ai pu apprendre. Le ministère a l'intention d'ouvrir la porte aux diagnostics faits par des professionnels de la santé, psychologues, sexologues et psychiatres, reconnus par leurs ordres professionnels comme étant aptes à diagnostiquer la dysphorie d'identité de genre et deux lettres de ces professionnels seront nécessaires pour que le gouvernement paie pour les opérations. Le type d'opérations qui seront couvertes par la RAMQ n’est pas encore déterminé. Une fois que la politique sera en place, il n'y aura pas de rétroactivité. La politique devrait être en place d'ici les prochains mois et le bureau du sous-ministre va me recontacter une fois que les critères et politiques seront mis en place. Voilà...

lundi 19 janvier 2009

Yahoo Big Idea Chair, mes entrevues vidéos

Comme vous le savez certainement déjà, j’ai eu le grand plaisir d’être le premier Canadien français (à une époque qui me semble déjà très lointaine, en février 2008) puis d’être la première Canadienne française (en août 2008) à jouir de l’honneur d’être personnalité Big Idea Chair de Yahoo . Ce que vous ne savez peut-être pas est que mon entrevue qui a servi à monter les pubs nationales (PDF) ont été filmées, d’abord en homme, puis en femme. Je n’aime pas encore ma voix de femme (qui était encore pire en août dernier), mais je pense que le contenu a bin de l’allure. Les voici donc…
Entrevue février 2008

Discussion additionelle

Entrevue août 2008

Discussion additionelle


MAJ
Ça me fait vraiment drôle de regarder ces vidéos et de constater qu’en août je n’étais plus la même personne qu'en février et que maintenant, je ne suis plus la même personne qu’en août dernier. Je change à la vitesse GRAND V mais dans la vie de tous les jours, ça ne me saute pas autant dans la face…

samedi 17 janvier 2009

Les difficultés de Bibitte

Hier soir Bibitte et moi avons eu une longue discussion. Imaginez que votre conjoint devienne une célébrité soudainement et qu’il soit accaparé par des fans à n’importe quel moment? Pour un couple dit « normal » c’est déjà très difficile pour le conjoint de la célébrité. Ajoutez à ça l’adaptation ÉNORME que doit vivre le conjoint d’une personne en transition de sexe et vous avez une montagne assez abrupte à escalader. En plus de ça, j’ai le défaut d’être accaparée trop souvent par mon satané Blackberry et d’avoir de la misère à écouter les autres. Ça fait un méchant mix disons. C’est pourquoi j’admire tellement Bibitte d’être encore là, de me parler de ses difficultés, de continuellement m’aider à être une meilleure personne et de m’aimer encore malgré cette montagne qui se dresse devant elle. Donc, si par un hasard de la vie, vous me rencontrez un jour en sa compagnie, soyez indulgent avec elle, ne lui posez pas trop de question et respectez le peu d’intimités qu’il lui reste encore avec moi et ne venez pas gâcher ces trop peu nombreux moments où on a l’impression d’être encore seule au monde…

À propos de mes apparitions médias

Dans mon profil Facebook j’annonce :

Michelle viens d'accepter d'être invitée à l'émission La fosse aux lionnes. Enregistrement le 27 pour diffusion le 28.

L’une de mes copines fait ce commentaire :

Pis Oprah, c'est quand ? Et je ne niaise pas quand je dis ça... Bravo Michelle !


Ce à quoi je réponds :

I do have a strong French accent but in California they think it's an asset :-)


Et elle rétorque:


There ya go... you're ready to take over America ! And Oprah's show is taped in
Chicago -- a rockin' city. You definitely need an agent... or do you have one
already?


Et ma conclusion:

Je suis en discussion avec un agent pour mes conférences mais pas encore pour le reste. Anyway, tu es gentille de me voir au firmament de "whatever" mais j'ai des objectifs bien plus modestes. Je n'aime pas ça parler de ma condition mais je le fais parce que j'ai sais que ça aide bin du monde et je ne le fais que dans certains forums très ciblés, sérieux et non « sensationnaliste ». Pour parler de Web je suis une pute et j'accepte absolument toutes les demandes d'entrevues, mais pour le reste, j'y vais à reculons parce que le « downside » de ça est que ça recule le moment ou je serais finalement perçu comme une femme et que je suis en train de devenir « la trans » officielle de l’imaginaire québécois et que ça me fait chier. Mais je suis consciente du bien que ça fait et on ne peut faire avancer la cause sans casser des œufs… Alors Oprah ce n’est certes pas un rêve mais si elle m’invitait un jour, je n’aurais pas le choix
d’accepter et j’irais plus par devoir et responsabilité que par goût. Voilà…

jeudi 15 janvier 2009

Réponse aux connards qui sont contre le paiement par le gouvernement des opérations de changement de sexe

Je réagis ici à tous ces connards et ces connasses qui s’amusent à faire un procès d’intention et à créer une polémique autour de la nouvelle que le gouvernement payera pour les changements de sexe au Québec. Je n’ai pas le temps ni l’intérêt de faire le tour des tribunes téléphoniques et autre émission de télé ou on s’amuse à comparer la souffrance d’autrui et à justifier ou non le fait que d’être trans c’est un luxe qu’on devrait se payer plutôt que de faire souffrir de pauvres malades qui ont des souffrances bien plus atroces et que le gouvernement ne paie pas. La souffrance EST difficile dans tous les cas et je ne souhaite à personne de souffrir et j’aimerais bien que le gouvernement paie pour TOUTES les souffrances qu’elles soient physiques psychiatriques ou même psychologiques. Le problème d’accès est un problème de gestion administrative gargantuesque et de syndicats gourmands et de mauvaise gestion bien plus que ce n’est un problème d’identification de quelle maladie devrait être admissible ou pas. Mais ça, c’est une autre question.

Tout ça pour vous dire que je retranscris ici ma réponse à une polémique soulevée dans le forum (tenez-vous bien) Dans le ventre de maman (sic) où on m’interpelle directement (pour me défendre tout de même et me citer en exemple).

Comme on parle de moi ici, je me permets de répondre à votre discussion, même si je ne suis pas une maman, ce qui semble être le leitmotiv initial de ce forum. En outre, comme vous êtes des mamans, je suis surprise de remarquer la véhémence de vos propos à l'encontre du paiement des opérations de réassignation sexuelle. Vous seriez d'ailleurs surprise de savoir le nombre de téléphones et de courriels de maman de transsexuelles et de transsexuels que j'ai pu recevoir. Ces femmes qui sont aussi des mère sont désespérées de voir leur enfant souffrir et de constater à quel point il n'y a aucune ressource pour aider les gens qui sont aux prises avec cette condition. Et si c'était VOTRE enfant qui souffrait de cette dépression très sévère qu'est la dysphorie d'identité de genre?
Par ailleurs, on annonce en grande pompe qu’on va payer pour les opérations de changements de sexe sans fournir aux employés de la RAMQ les critères d’admissibilité de ce programme. Dans l’état actuel des choses, il n’y a qu’un psychiatre, pour tout le Québec, qui est habilité à signer les papiers reconnus par la RAMQ pour qu’elle envoie les trans se faire charcuter en ex-Tchécoslovaquie, qui sont reconnus pour botcher l’opération. D’ailleurs, le psy en question jouit de la réputation peu enviable de faire partie des 5 psychiatres qu’il est fortement suggéré de ne pas aller voir au Canada lorsqu’on vit avec la dysphorie d’identité de genre. D’ailleurs, si vous avez la chance extrême d’être accepté dans le programme, le gouvernement ne paie que pour la réassignation sexuelle. Il ne paie pas pour l’augmentation mammaire, la chirurgie de modification de la voix, la chirurgie de féminisation faciale, l’épilation et/ou l’électrolyse, les traitements hormonaux et les nombreuses dépenses à un changement de vie complet tel que l’habillement maquillage, perte d’emploie, de vie familiale, divorce, etc. associés possiblement à cette condition et à la perception négative et « freak » que les gens peuvent en avoir. Donc cette nouvelle n’est pas encore « un gros char ». Dans mon cas, si jamais j’étais éligible aux critères non encore énoncés par le gouvernement, la réassignation sexuelle me ferait épargner un gros $18 000. Sachez cependant que ma chirurgie de féminisation faciale m’a coûté $25 000, que la chirurgie de la voix en coûtera $3 000, augmentation mammaire $6 à 8 000, dentition $3 000, épilation laser à ce jour $3 000 et ce n’est pas encore terminé, psychologues (ça prend 2 diagnostics différents pour se faire opérer) à ce jour $3 250, hormones ($125 par mois depuis 14 mois et pour le reste de mes jours).
Je me compte vraiment chanceuse parce que je gagne très bien ma vie, que je peux défrayer ces coûts exorbitants et que je me considère plus chanceuse d’avoir une dysphorie que d’avoir un cancer fulgurant ou d’être paraplégique ou d’avoir une autre maladie très grave. Je ne m’apitoie pas sur mon sort, mais je reconnais que c’est une condition extrêmement difficile à vivre et que je ne la souhaite à personne. J’aurai tellement aimé être née femme ou homme et pas entre les deux. De plus, j’ai aussi été à de nombreuses rencontres de trans et ai été témoin de la souffrance de ceux et celle qui n’ont pas la chance que j’ai de faire du cash et qui se doivent de se prostituer, qui perdent leur emploie avec de très grandes difficultés à être de nouveau embauché, qui vivront continuellement entre les 2 parce qu’ils ne pourront jamais se3 payer les chirurgies nécessaires à en faire des personnes convenables socialement, que ça me rend très humble devant la grande chance que j’ai, malgré tout.

Ça me surprend aussi beaucoup de lire sur un forum de maman, des textes de mères qui n’ont pas plus de compassion pour la souffrance des autres et qui s’amusent à faire de la polémique facile avec la souffrance d’autrui. À vrai dire, ça me dégoûte et ça m’inquiète pour les enfants qui seront élevés par des mères ayant de telles valeurs…

lundi 12 janvier 2009

LA nouvelle du siècle

Je viens d’entendre sur les ondes de LCN qu’enfin, le gouvernement du Québec paiera pour toutes les opérations de changements de sexe et le sous-ministre stipule que des ententes seront prises avec les cliniques privées, dont celle du célèbre Dr. Ménard, pour que les coûts des opérations soient couverts par l’état. Le fil de presse3 du gouvernement et du ministère de la Santé est encore vide alors il s’agit réellement d’une primeur de LCN. Je ne sais pas les détails de la patente et les préalables que le ministère demandera. Je ne sais pas non plus ce qu’on entend par toutes les opérations de changements de sexe. Veut-on dire les opérations de réassignements sexuels pour toutes les trans (18 k pour les trans d’homme à femme et de 20 à 40k pour les trans de femme à homme) ou veut-on dire toutes les opérations nécessaires à la transformation incluant la chirurgie faciale, l’augmentation, mammaire, les soins psychologiques, l’épilation, chirurgie de la voix, etc. Je ne le sais pas, mais il est clair que la réassignation sexuelle fait partie de la nouvelle. Je suis donc folle de joie et je prie pour que les autres interventions fassent aussi partie de l’ouverture gouvernementale. Quelle bonne nouvelle! Que d’angoisses et de vies qui seront épargnées et que je suis contente pour toutes les trans du Québec et pour moi-même. J’en suis très, très émue…

vendredi 2 janvier 2009

Maintenant sans prothèses

Depuis la veille du jour de l’an, je me promène désormais sans prothèses mammaires. J’ai de petits seins (du B- disons) mais je suis maintenant très contente qu’ils soient enfin là, qu’ils soient à moi et qu’ils soient suffisamment visibles pour ne plus avoir à supporter ces prothèses que je commençais à trouver fatigantes. En outre, sous les prothèses qui étouffaient mes petits petons, les pôvres avaient de la difficulté à pousser hors du nid. C’est qu’elles ont besoin du grand air pour pouvoir s’épanouir! Les femmes de ma famille sont plutôt bien portantes de ce côté-là et on dit généralement qu’une trans va développer des seins un cup de moins que la moyenne de sa famille. Mais on dit aussi qu’il est très rare de voir une trans avec des seins plus gros que la taille B. Quoi qu’il en soit, je vais désormais espérer un cup de moins que la moyenne familiale et attendre encore avant de me décider définitivement sur une chirurgie d’augmentation mammaire. C’est qu’à ma grandeur, il faut tout de même que je sois proportionnelle…

samedi 27 décembre 2008

De ma tristesse du temps des fêtes

L’une des plaies qui affectent un certain nombre de transsexuels est de perdre sa famille lorsqu’éclate le drame de la transsexualité en son seing. C’est ce qui m’est arrivé et c’est mon deuxième Noël coupé de mes frères, sœurs, neveux et nièces. Depuis l’an passé, nous sommes persona non grata durant la période des fêtes et le reste de l’année, pour la très grande majorité des membres de ma famille. Mais disons que c’est durant cette période que ça me saute particulièrement dans la face. Lors de mon diagnostic, je croyais perdre mes clients et que ma famille comprendrait, mais c’est plutôt ma famille que j’ai perdue et mes clients qui ont compris. C’est aussi bien puisque ce sont mes clients qui me font vivre et non ma famille. J’ai encore sur le cœur le commentaire de l’une de mes sœurs qui me dit qu‘elle aurait préféré apprendre que j’étais morte. Elle m’a donc tuée socialement… Mais je survivrai et je commence à m’habituer à l’idée d’être désormais orpheline…

mardi 23 décembre 2008

Le plus beau compliment

L’autre jour, chez Bibitte (c’est le nom de mon amour), j’avais oublié d’apporter mon peignoir. Alors, elle me prête l’un des siens. Elle est moins grande que moi alors son peignoir faisait office de mini-jupe. Comme mon corps change rapidement et qu’il est maintenant celui d’une jeune gazelle (j’ai maintenant des seins grosseur A+), Bibitte me dit le plus sérieusement du monde, en me regardant, tu as maintenant l’air de l’une des filles de David Hamilton. Je devins toute rouge et trouvait que c’était le plus beau et coquin compliment qu’elle m’a fait jusqu’à présent :-) Mautadit que je l'aime...

Une joyeuse période des fêtes à tous...

mardi 16 décembre 2008

Vivre avec les stéréotypes sexuels

L’un des aspects négatifs avec lesquels doivent transiger les trans, est les stéréotypes sexuels « mentaux » dont on nous fait savoir que nous devrions adopter. Par exemple, si je suis trop directe, ce n’est pas assez femme. Si j’aime les voitures puissantes, c’est trop masculin. Plusieurs personnes bien intentionnées nous accablent de leurs préjugés sexistes. Pour notre bien, ils nous conseillent de faire plus de ceci ou moins de cela. Mais c’est qu’il y a des femmes très mâles et des hommes très féminins. Comme je suis entre les deux, pour l’instant, je ne suis plus homme et pas encore femme. On veut m’aider à m’accomplir et on me garroche continuellement les stéréotypes auxquels je devrais me conformer.

Je serai la femme que je serai et je fais d’énormes efforts pour ça. Mais avant d’être un sexe, je suis d’abord une personne avec ses goûts, ses attitudes et ses travers. Merci de m’aider et de vouloir mon bien. Mais avant de me dire des choses comme « une femme ne fait pas ça », assurez-vous que ce ne soit pas vos propres filtres sexistes qui parlent…

Ma vie change à vitesse grand V

Il y a 18 mois, j’avais une vie normale. Je déambulais dans la rue incognito et je ne me faisais que rarement remarquer par qui que ce soit. Il y a 15 mois, je croyais que je serais un lépreux sur lequel tout le monde vomit. Puis, j’ai commencé les hormones et je me suis sentie très rapidement mieux. J’étais bien avec moi-même, je recommençais à dormir normalement et la guerre incessante dans mon cerveau s’estompait. Puis, je fis mon coming-out et j’ai commencé ma vie de femme. J’eus à vivre pour la première fois de ma vie, le mépris sur une base régulière. C’était très difficile pour ma conjointe et moi de vivre ces regards constants et de sentir le jugement qui l’accompagnait. Puis vint ma chirurgie faciale. Ma vie s’améliora grandement lorsque j’étais assise. Mais debout, les regards étaient toujours là. Puis, du jour au lendemain, je suis devenue un symbole qu’on dit de courage, de sincérité, d’intelligence et d’humanité. Je ne suis pas d’accord avec ça, mais c’est ce qu’on me reflète. Je suis encore étonnée d’observer comment les regards à mon endroit se sont modifiés de manière marquante. Lorsque j’entre dans un commerce, c’est souvent la commotion. On me félicite, on veut me parler, on m’admire. My god! Au début c’est très enivrant puis ça devient vite intimidant. Au moins, désormais, les gens me regardent avec sympathie et plusieurs inconnus me font de très beaux sourires. Ça surprend, mais en même temps j’ai peur d’être devenue « la transsexuelle officielle » de l’imaginaire québécois et que ça repousse encore plus loin le jour ou je serais enfin perçue comme une femme normale…

J’apprends désormais à vivre avec ça…