mercredi 12 décembre 2012

Un enfant de six ans : ho oui elle est spéciale Michelle!

Il y a quelques mois de ça, je suis allé chez un vieux chum que je ne vois plus très souvent. J’y suis allée avec ma chienne Charlotte et ma nouvelle acquisition, une Alfa Roméo Veloce Spider 1993. Mon vieux chum a maintenant deux enfants. Une petite fille de quatre ans et un jeune garçon de six ou sept ans. Nous sommes donc entrés, on a pris une bière, les enfants ont soupé puis ils ont joué un peu avec Charlotte. Avant de partir, nous sommes sorties pour que mon pote et ses gamins voient ma nouvelle merveille dont je suis si fière.

Quelques semaines plus tard, mon copain me raconta à quel point il était content que j’aille prendre un verre chez lui, mais il me dit aussi l’inquiétude qu’il avait pour la réaction de ses enfants qui rencontraient une trans.
Il demanda à ses enfants
 -Avez-vous eu du plaisir à voir ma chum Michelle?

Les enfants
-ouiiiiii

Mon chum
-Est-ce que vous la trouvez spéciale Michelle?

 Le plus vieux
-ho que oui elle est spéciale Michelle

Mon chum
-ha bon! Et qu’est-ce qu’elle a de spécial Michelle?

Le plus vieux
-Elle a une très Belllllllle voiture…

 Comme quoi la perception et les appréhensions des adultes sont parfois déroutées par la candeur des enfants…

vendredi 2 novembre 2012

Un genre à part, les premiers extraits

Ce billet a été publié précédemment chez MichelleBlanc.com C’est avec plaisir que je vous partage les premiers extraits de ma biographie Un genre à part, admirablement écrite par Jacques Lanctôt.

Vous pouvez donc lire ici les premières pages et la dernière page de ce livre. Ça vous mettra déjà un peu dans l’ambiance de « Un genre à part », qui devrait être sur les étagères mercredi prochain. Vous comprendrez aussi sans doute ma fébrilité (mais je devrais plutôt dire ,notre fébrilité, puisque Bibitte Électrique est aussi très présente dans ce bouquin). Contrairement à mes précédents Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires, Les médias sociaux 101 ou Les médias sociaux 201, celui-ci est, disons… beaucoup plus personnel.

  Michelle Blanc Un genre à part

MICHELLE BLANC UN GENRE À PART
ÉDITIONS LIBRE EXPRESSION

Mot de l’éditrice

Lorsque j’ai demandé à Michelle Blanc de partager une partie de sa vie dans un livre, elle a accepté, pour faire un autre pas contre l’ostracisme. Il n’est pas facile d’ouvrir certains pans de son existence, encore moins lorsqu’on est un genre à part. Michelle Blanc est une femme qui doit se battre chaque jour contre les préjugés, plus intensivement qu’une autre femme. Pour elle, le défi est grand car elle doit accepter la femme qu’elle est et non ce que les autres voudraient qu’elle soit à travers ce qu’ils voient. Elle a son franc-parler, ses opinions tranchées, sa sensibilité féminine dans ce corps transformé.

Tout au long du projet d’écriture de ce livre biographique, processus infiniment délicat, j’ai été particulièrement émue par une personne : Bibitte Électrique, la conjointe de Michelle, qui était déjà dans sa vie alors que celle-ci s’appelait Michel. Encore aujourd’hui, et peut-être plus fort qu’au début, j’apprends personnellement de cette histoire d’amour, car il faut aimer vraiment pour demeurer ensemble, souffrir du regard des autres, faire avancer les perceptions et surtout vivre au quotidien tous les bouleversements personnels qu’une telle situation entraîne.

Ce livre ne vous dévoilera pas tout, mais tout au long de sa lecture vous sentirez la retenue qu’elles ont eue, car parfois la douleur est trop grande et la vie si fragile.

À Bibitte et à Michelle, je souhaite une vie paisible, si tant est que ce soit possible. Vous m’avez inspirée et aidée à apprécier la vie et certainement à réfléchir avant de juger… même dans ma tête.

Ce livre est rendu possible par l’ouverture d’esprit de Bibitte. Je crois essentiel de rapporter ici les sentiments qui l’ont animée dans le projet de livre de Michelle. De l’inquiétude à la colère, en passant par la tendresse et la résilience, Bibitte a collaboré aux entrevues, mais non sans heurts. Cette intrusion dans SA vie n’était pas son choix, c’était celui de Michelle. Avec le temps, elle a bien sûr accepté. C’est même elle qui a trouvé ce si judicieux titre.

Merci à Bibitte de nous livrer ses émotions brutes alors qu’elle se confiait à l’auteur Jacques Lanctôt pour la première fois en 2011. 
Johanne Guay / Éditrice


Avec ce projet de livre, je me sens forcée de parler de notre relation, et cela me rend anxieuse. Je me dévoile devant une personne que je ne connais pas alors que ce n’était pas mon but. Ce livre, c’est beaucoup plus l’affaire de Michelle que la mienne, et je ne me sens pas concernée. C’est comme ouvrir une plaie qui n’est pas guérie. Le simple fait de parler de ma vie privée, de mes doutes, de mes interrogations me bouleverse. Bien sûr, Michelle restera toujours Michelle, comme je l’ai dit dans le documentaire De l’ombre à la lumière de la série Quand le corps n’y est pas, mais il y a des nuances. Il y a tout ce que je perds du Michel d’avant. Au début, je ne savais pas ce qui allait se passer. J’étais d’abord frappée par les changements sur son visage. Je le regardais et je cherchais ce qui me le rappelait et ce qui me ramenait à lui, à celui d’avant. J’ai voulu me raccrocher à ce que j’essayais de retrouver de mon Michel d’avant, ses yeux, ses mains, sa voix. Je vivais ça comme une perte graduelle, comme quelqu’un qui s’efface devant soi. C’était terriblement difficile. C’était comme une perte graduelle. Je ne savais même pas si MON Michel allait le demeurer au fur et à mesure de ses transformations. Ça m’a pris au moins six mois avant de pouvoir faire le changement de la conjugaison.

Le fait également que Michelle soit devenue une vedette a passablement changé ma vie. Auparavant, nous étions un couple anonyme, mais avec les apparitions de Michelle à la télé, ce n’était plus le cas. Je devais gérer les regards des gens qui nous regardaient dans la rue, surtout après son passage à Tout le monde en parle. Bien sûr, il y avait dans ces regards une bonne part d’admiration, mais d’autres nous voyaient comme des freaks.

Cette situation, à la longue, a commencé à faire partie de ma vie, j’ai commencé à m’y habituer graduellement. Puis là, avec ce projet de biographie, tout est remonté à la surface. Bien sûr, Michelle m’a expliqué qu’il y avait de nombreux avantages dans la publication d’une telle biographie. Elle n’aurait plus, entre autres, à répondre sans cesse aux questions des gens, elle n’aurait qu’à leur dire de lire sa biographie. Mais cet argument ne me convainc pas à 100 %.

Je ne sais vraiment pas ce que j’ai le goût de dévoiler de notre vie privée, tout cela est complètement nouveau. Avant d’accepter de collaborer à cette biographie, j’étais déjà en thérapie et je me suis déjà beaucoup confiée à d’autres personnes. Ce que je vis actuellement est assez difficile, c’est quelque chose de très personnel que je gardais pour moi, et là on me demande de m’ouvrir devant une personne, un biographe que je ne connais pas, de surcroît.

Je ne sais pas si je suis prête à en parler si ouvertement, et je suis terriblement angoissée face à cette idée de devoir sortir de ma vie privée. J’ai comme motivation le souhait profond que les gens comprennent, pour moins nous juger. Car parfois, bien que je sois assez forte et déterminée à être moi-même en couple avec Michelle dans les endroits publics, je souffre de ces regards qui, chemin faisant, m’habitent et contre lesquels je me défends tant bien que mal.

Bibitte Électrique
 

Remerciements

Merci à la providence d’avoir mis sur ma route Bibitte Électrique. Elle est tout pour moi. Merci à vous d’avoir lu cette histoire, à Jacques Lanctôt de l’avoir écrite avec tant d’humanité, à Johanne Guay d’avoir songé à ce livre et à plusieurs de mes amis d’y avoir participé.

Merci aussi de comprendre ce chemin peu parcouru et de tendre la main à tous ceux qui l’entreprennent ou l’emprunteront aussi. Merci de comprendre que de la différence peut naître la contribution positive.

Merci aussi d’avoir la gentillesse, voire la compréhension, de désormais m’appeler madame...

In memoriam

Marie Vigneault-Leblanc
Bernard Bélanger
Fabiola Rojas 
Merci d’avoir été là pour moi. Je vous aime.

Michelle Blanc

vendredi 5 octobre 2012

Rob Anders - La bigoterie ne vient pas que des incultes, elle vient aussi de membres de notre parlement Canadien.

C’est avec stupeur que j’ai appris que le député conservateur de Calgary, Rob Anders s’oppose au Bill proposé par le député néo-démocrate Randall Garrison qui propose un projet de loi privé accordant plus de protection aux transgenres. Le Bill C-279 devrait enfin reconnaitre des droits aux personnes transgenres et transsexuelles et les protéger en vertu de la Charte des droits et libertés canadienne et du Code criminel. Que l’honorable conservateur de l’extrême droite religieuse soit contre ce projet de loi, c’est acceptable. Mais les raisons pour lesquelles il condamne cette loi sont exécrables, insultantes et calomnieuses pour les personnes qui sont encore exclues de la protection juridique que tous Canadiens ont à leur disposition en plus de répandre la hargne et la haine envers cette communauté. Sur son site, il prétend que cette loi vise à encourager des hommes transsexuels à agresser des petites filles dans les toilettes. Il a même déposé une pétition à la Chambre des communes avec contre le projet de loi C279 qu’il qualifie de l’épithète de Bathroom Bill
Petition to the House of Commons We, the undersigned, citizens of Canada, draw the attention of the House of Commons to the following: That Bill C-279, also known as the "Bathroom Bill", is a Private Members Bill sponsored by B.C. NDP MP Randall Garrison and its goal is to give transgendered men access to women’s public washroom facilities. And that it is the duty of the House of Commons to protect and safeguard our children from any exposure and harm that will come from giving a man access to women’s public washroom facilities. Therefore your petitioners call upon the House of Commons to vote Nay on the "Bathroom Bill".
Voici donc l’expression de mon profond dégoût tel que je l’ai exprimé en directsur le réseau national de CTVNews.

samedi 15 septembre 2012

Lettre à mes sœurs

Il y a cinq ans, je vous apprenais le coup du destin qui avait fait sauter mes mécanismes de négation et qui m’avait plongée dans une profonde dépression qu’on appelle la dysphorie d’identité de genre et de ma thérapie qui consistait à changer de sexe. Il y a cinq ans, ma conjointe et son fils faisaient encore partie de votre famille. Ils font désormais partie de ma famille. Il y a cinq ans, l’une d’entre vous a suggéré à ma conjointe de me quitter parce que j’étais « une manipulatrice qui l’avait exploité et que maintenant que je réussissais, j’en profiterais pour changer de sexe et la foutre là à court terme ». Nous nous aimons toujours autant et sommes toujours ensemble. Une autre m’a dit qu’elle aurait préféré apprendre que j’étais morte et je le suis devenue pour elle depuis. Finalement une autre m’a dit qu’elle avait besoin de temps et qu’elle reviendrait vers moi lorsqu’elle serait prête. Ça fait maintenant déjà cinq ans.

 Toutes m’ont aussi dit que ce serait un stress épouvantable pour leurs enfants. Que j’allais les fucker. Cinq ans plus tard, je me demande s’ils sont encore perturbés? Je rappelle que plusieurs transsexuels(les) ont des enfants et qu’ils ne sont « fuckés » que si l’un des parents ou la famille réagissent très mal à la transition de l’autre parent. Je vous informe aussi que nous sommes maintenant grand-mères et que Liam, notre petit-fils, ne semble vraiment pas perturbé par le fait d’avoir deux grand-mamans. Les enfants sont comme ça. Ils apprennent de leurs parents et s’adapteront ou pas, en fonction de la réaction et du comportement de ceux-ci. Vous aviez une belle-sœur (ma conjointe) qui était dans un drame indicible. Depuis, elle subit aussi elle aussi « la tare » d’être avec moi. Jamais vous ne vous êtes inquiété de ce qu’il advenait d’elle. Jamais vous ne l’avez supporté. L’un de nos frères, qui agissait comme intermédiaire entre nous me donnait quelquefois des nouvelles de vous et s’enquérait des miennes. Un jour je lui dis, « si elles veulent avoir des nouvelles de moi qu’elles me téléphonent et s’il-vous plaît arrête de me torturer avec leurs nouvelles ». C’est terrible de savoir que mes neveux et nièces grandissent sans que j’aie aucun contact avec eux. C’était troublant de voir sur Facebook la photo de l’une de mes nièces, cinq ans plus tard, sans pouvoir lui parler et lui dire à quel point elle me manque et que je m’ennuie d’elle. Je ne comprends toujours pas ce que j’ai fait, ou n’ai pas fait, pour être ostracisée de la sorte.

  Cinq ans plus tard, je suis toujours profondément meurtrie d’être sur votre liste noire. Aujourd’hui je vous ai vue. Vous m’avez vue aussi. Vous m’aviez exigé de ne plus jamais vous contacter et d’attendre que vous soyez prête et que vous viendriez vers moi ce moment-là. J’ai cru aujourd’hui que ce jour était venu. J’ai espéré que cette réunion funèbre qui nous réunissait aujourd’hui ferait naître une réconciliation. Mon deuil est maintenant plus lourd encore. Il est énorme. Il me pèse sur les épaules, sur le cœur, sur l’âme. Je me sens comme si un truck m’avait passée sur le corps. Ma conjointe et moi étions les fantômes qui étaient vivant dans la pièce. Même l’hommage photographique qui était fait à notre belle-sœur avait une photo dont mon amour et moi-même étions coupés. C’était celui de son dernier repas d’anniversaire. Cette attention à faire disparaitre l’image même de notre présence sur une photographie de la défunte est profondément vicieuse et troublante. Je sais que vous n’êtes pas responsables de cette idée géniale, mais c’est l’exemple même de notre mort archivistique, sociale, familiale et fraternelle.

  Adieu à vous qui nous avez déjà fait mourir.

  Nous vivrons heureuses avec les gens qui nous aiment, malgré votre meurtre symbolique…

  Votre soeur Michelle

  Suis maintenant triste pour ma défunte mère qui doit se retourner dans sa tombe... Elle aurait si honte de ses enfants...

Mise à Jour

Voici un message privé que j’ai reçu sur Facebook et qui me permet une réflexion additionnelle. Je trouvais important de vous la partager et j’exclus le nom de l’expéditeur pour respecter sa vie privée (tout comme je n’ai pas mentionné le nom de mes sœurs pour la même raison. J’ai d’ailleurs attendu 5 ans avant de vous partager ce drame qui est le mien et celui de ma conjointe et de son fils)…


Bonjour Michelle,

Même si je ne connais aucun transgenre dans mon entourage j'ai toujours eu de la difficulté à les accepter. Un jour, me questionnant, j'ai comme été frappé par une "révélation". Dieu que ces gens doivent souffrir pour avoir à "affronter" le changement de sexe, le regard des autres. Dieu que ces gens sont courageux. À partir de ce jour là, je ne comprenais toujours pas, ne l'acceptais pas plus, mais j'ai commencé à développer de la compassion pour les transgenres. Compassion que je développe un peu plus à chaque jour qui passe quand je pense à ceux qui vivent avec cela.

Je pense être une personne plutôt ouverte d'esprit mais mes circuits neuronaux internes se bloquent quand je cherche à comprendre ou à accepter.

Imaginez si nous étions frère et soeur!

Je vous en voudrais terriblement probablement… Alors que là, je n'aurais qu'une envie : celle de vous serez contre mon coeur pour vous faire oublier votre lourde peine face à vos soeurs!?!

Il n'y a rien à comprendre...

Je vous recommande la compassion envers vos soeurs. Vous aimeriez d'elles qu'elles vous acceptent malgré vos choix. Essayez de les accepter dans les leurs de ne pas accepter le votre. Vous serez déjà un peu plus en paix avec vous même et face à elle.

Bonne route,

mardi 11 septembre 2012

Le deuil de la femme et la gestion du mépris

Depuis quelques mois, je suis devenue plus macho et agressive que je ne l’ai jamais été. C’est mon amour qui me l’a fait remarquer. J’ai recommencé à sacrer comme jamais, je conduis de manière impatiente, j’ai des manières encore plus viriles que j’avais lorsque j’étais un homme. Bref je suis complètement chavirée. La cause en est simple et à la fois complexe. Je suis en train de faire le deuil de la femme que je ne serai jamais. Malheureusement, je serai une minorité visible pour le reste de mes jours. Ce statut en plus d’être visible, est aussi malheureusement risible pour une frange importante de la population.

 Cet été nous avons fait une croisière en Méditerranée. À chaque destination, ça allait vraiment bien. Mais sur le bateau, c’était l’enfer. Le personnel du MSC Splendida et les autres passagers étaient vraiment odieux et méprisants à mon égard. J’ai déjà appris à relativiser, à me dire que je ne sais jamais ce que les gens pensent, à regarder ailleurs ou à pratiquer l’aveuglement volontaire. Cependant, après un certain niveau de mépris, ces petits jeux mentaux ne fonctionnent plus. D’ailleurs sur le bateau, après un épisode particulièrement douloureux de mépris avec le personnel de bord, je suis allée déposer une plainte auprès de la responsable des ressources humaines du bateau. Après, on me traitait artificiellement aux petits soins. Je me disais que c’était mieux de vivre de la fausse délicatesse que de vivre du vrai mépris. Mais les autres passagers eux continuaient d’être outrageusement insolents.

 Dans les derniers deux ans, j’ai aussi vécu deux menaces de mort, des menaces à mon intégrité physique et de trop nombreuses insultes en ligne et hors-lignes, ici et ailleurs. J’en suis extrêmement blessée et l’un de mes mécanismes d’adaptation est d’être devenue agressive. Je me dois de réagir et d’analyser ça en profondeur pour ma propre stabilité psychologique et pour le bien-être des gens qui m’entourent. Je dois faire le deuil de la femme que je ne serai jamais et dans un processus de deuil, la colère est malheureusement la première étape. C’est encore très difficile de vivre sa différence au grand jour. On me parle souvent de la « rançon de la gloire », mais peu de gens s’imaginent le réel prix de cette rançon…

mardi 14 février 2012

Lynn Conway et Marie-Marcelle Godbout, deux femmes qui m’ont sauvé la vie


Comme vous le savez sans doute, je suis une nouvelle femme. Mon parcours a été périlleux (surtout au début) et plein de défis et d’accomplissements. À l’automne 2007, je vivais une très grave dépression que l’on nomme une dysphorie d’identité de genre. Cette dépression était accompagnée entre autres d’idées suicidaires. À l’époque, je savais que la seule issue possible était de changer de sexe. Mais cette prospective s’accompagnait d’un profond désarroi et de la certitude que ma vie était finie. Que je serai une lépreuse pour le reste de mes jours et qu’on me cracherait dessus. J’avais la conviction que plus jamais, je ne pourrais être heureuse, que je perdrai mes clients, ma pratique, mes amis et ma famille.

Lors de périodes moins troubles, je naviguais sur le web à la recherche de réponses à ma détresse. Je lisais tout ce qui avait rapport de près ou de loin avec le sujet de la dysphorie d’identité de genre et la transsexualité. C’est ainsi que je suis tombée sur le site de Lynn Conway. Transsexual Women's Successes. Ce site était une mine d’information sur la condition de transsexuelle, mais surtout d’histoires de femmes et d’hommes ayant survécu à ce changement majeur et ayant réussi leur vie sur le plan des affaires, de la science, du sport, des arts ou de la politique. Le site avait pour objectif de détruire les mythes, stéréotypes et l’invisibilité sociale souvent associée à la condition de transsexuelle et dieu qu’il a atteints son objectif. De savoir qu’on pouvait survivre à ça, me donna un courage de continuer mon chemin et surtout de garder la tête haute.

J’eu aussi le plaisir de discuter avec Marie-Marcelle Godbout qui depuis 30 ans, bénévolement, à bout de bras et de conviction, mène l’Association des transsexuels (les) du Québec, une ligne d’écoute et de référence et tient des rencontres de trans afin qu’ils (elles) puissent discuter en groupe de leurs enjeux et cheminements. Alors que j’étais présidente d’honneur des célébrations de la fierté de Montréal, lors d’un cocktail des bénévoles, j’eus le plaisir de la remercier publiquement et de souligner ses admirables efforts pour aider les gens comme moi et de dire qu’elle était l’un de mes très grands héros anonymes. Après le cocktail, elle vint me remercier toute émue, et me dit qu’en trente ans, elle n’avait que très rarement été remercier publiquement.

Ces deux femmes, à leur manière, m’ont permis d’être encore ici aujourd’hui et de vous parler d’elles. De communiquer, de partager positivement des histoires de vie et d’offrir des ressources informationnelles, aide d’une manière que vous pouvez difficilement imaginer, ceux et celles qui vivent une intense détresse. On appelle ça « la catharsis ». Moi j’appelle ça plutôt la grandeur d’âme, la générosité du cœur et l’ingéniosité du partage. Je suis en dette pour le reste de mes jours envers ces femmes et je suis certaine que vous aussi, peut-être même sans le savoir, êtes aussi en dette envers des gens qui vous ont montré la lumière au bout du tunnel…

vendredi 3 février 2012

Ma conférence à TEDxMontpellier : Devenir une Femme … 2.0

C’est avec plaisir que je vous partage finalement la conférence que j’ai donnée la semaine dernière à TEDxMontpellier, Devenir une femme… 2.0. J’y parle de beaucoup de choses et les hyperliens de ce que j’y dit se retrouvent dans mon précédent billet Les notes de mon allocution à TEDxMonpellier la semaine prochaine Bonne écoute
Découvrez un Talk tout en émotion avec Michelle Blanc conférencière et auteure spécialiste des stratégies digital media qui a fait le choix de se livrer à un exercice humain ; expliquer sa transformation en femme 2.0. Où comment nos vies numériques peuvent transformer nos vies réelles.
P.-S. Encore heureux que je sois allée à Montpellier il y a une semaine puisque cette semaine LaPresse titrait Les transsexuels et transgenres ne pourraient plus prendre l'avion . Merci aux Conservateurs de nous faire des lois si transphobes et de ramener le pays encore une fois en arrière…

dimanche 11 septembre 2011

Quand le corps n'y est pas | De l'ombre à la lumière | Webtélé | Canal Vie

Regardez en ligne l'épisode Quand le corps n'y est pas du documentaire De l'ombre à la lumière portant sur la résilience. Ma transition de changement de sexe y est entre autre documentée. Bon visionnement...

Quand le corps n'y est pas | De l'ombre à la lumière | Webtélé | Canal Vie

lundi 5 septembre 2011

Bienvenue aux lecteurs du magazine 7 jours et téléspectateurs de la série De L’ombre à la lumière

Cher lecteurs du touchant article Michelle Blanc « Je suis maintenant une femme heureuse » du Magazine 7 jours, et téléspectateurs de la série De L’ombre à la lumière, (Canal Vie Lundi 5 septembre 2011 à 23h Rediffusions : mardi 6 septembre à 5h, jeudi 8 septembre à 15h, dimanche 11 septembre à 20h) bienvenue sur mon site personnel.

Vous me permettrez tout d’abord de remercier chaudement le journaliste Steve Martin, pour son texte empreint d’humanité et de respect, le photographe Guy Beaupré pour ses clichés extraordinaire et la maquilleuse Sylvie Charland pour la magie de ses pinceaux.

Je remercie aussi (comme je l’ai mentionné dans l’émission Quand le corps n’y est pas) Maryse Chartrand de m’avoir sauvé la vie (bien malgré elle) et de m’avoir invité à participer à sa série documentaire. Sa productrice, son équipe et elle même ont été d’une candeur, d’un respect et d’une écoute qui me touche encore. D’ailleurs cela se voit très bien dans l’émission de même que dans les autres épisodes que j’ai pu regarder jusqu’à présent.

Ressources

Je vous invite à visiter le site sur lequel vous vous trouvez, mais aussi à explorer l’un de mes autres blogues MichelleBlanc.com, qui est mon site professionnel. Si vous mêmes ou l’un de vos proches avez des enjeux d’identités de genre vous trouverez certainement réconfort et des ressources en visitant le site de l’Association des transsexuels(elles) du Québec, ou en posant des questions aux experts et intervenants ou en lisant les nombreux contenus du réseau social de la diversité sexuelle AlterHeros.

Merci encore d’être arrêter ici, bonne route et comme me l’a souligné mon médecin de famille lors du déclenchement de ma dysphorie d’identité de genre, il y a moyen de vivre une vie marginale heureuse.

Bonne route à vous…

Papa d'un garçon de 6 ans transgenre

Voici le lettre touchante d'un papa que je viens de recevoir. Son nom est enlevé pour respecter sa vie privée.
Bonjour Mme Blanc

Primo, je voudrais vous dire que je vous trouve admirablement courageuse et déterminée. Il m'apparaît clairement que vous êtes très intelligente aussi donc, je me permets cette missive.

Mon garçon à 6 ans et vient de commencer la première année. C'est clair comme de l'eau de roche qu'il préférerait être une petite fille.

Il y a des cons dans notre famille qui me disent que ce n'est pas normal que je le laisse s'habiller en petite fille ou qu'il puisse choisir son nouveau sac à dos et sa boîte à lunch sous prétexte que les "autres" vont le taquiner. Qu'est-ce que ça peut bien faire qu'il aime beaucoup plus les choses "de fille"?
Pour ma part je suis TRÈS agressif vis-a-vis les gens qui veulent le taquiner ou qui lui font des reproches. C'est toute ma vie ce petit bijou de garçon-fille.
Ma question pour vous est la suivante...à quel âge saviez-vous que vous vouliez un changement?
Mon garçon mentionnait déjà vers 2 1/2 ans qu'il ne voulait pas avoir de pénis.
Aussi, je le laisse ABS-so-lu-ment libre de ses choix vestimentaire ou autres.

Comment faire pour que les gens comprennent que c'est EUX qui ont un problème et pas mon enfant?
Il est un petit garçon exceptionnel.

Merci


Ma réponse

La psychologue Françoise Susset (à Outremont) est spécialisée avec les enfants ayant des enjeux de trans-identité et il arrive qu'à l'adolescence, ces problèmes se règlent. Dans tous les cas, bravo pour votre ouverture à comprendre et accepter votre enfant. et bonne chance.


Mise à jour (MAJ)

Les trasnssexuels naissent comme ça. le moment de la découverte de sa réalité apparaît en fonction des mécanismes de négations qui sont construit depuis la plus tendre enfance. Voici un top sur un enfant de 10 ans http://abcnews.go.com/Nightline/video/jackie-transgender-kids-gender-identification-primetime-nightline-1442532


MAJ2

Documentaire à propos d'une jeune transsexuelle de 13 ans: I am a girl http://youtu.be/TXpViPHnT3U
MAJ3

à propos des enfants Transgenre au Québec: Émission une pilule une granule : Enfant transgenre http://pilule.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=647

mercredi 6 juillet 2011

Le fil d’arrivée

Aujourd’hui je suis heureuse, je me sens femme comme jamais et ce qui est probablement le dernier jalon de ma transition est finalement complété. C’est que je suis maintenant officiellement et légalement, Madame Michelle Blanc, de sexe féminin. La décision administrative du directeur de l’état civil à été rendu le 6 juin dernier, mais elle ne prenait effet juridique que ce matin. Le 30 juin dernier, ça a aussi fait 2 ans que j’ai eu mon changement de sexe et trois ans que j’ai eu mon changement de visage (aussi appelé Chirurgie de féminisation faciale). Même si je peux enfin dire que ma transition est maintenant légalement et officiellement terminée, je sais qu’il me reste encore beaucoup de chemin à faire avant d’être perçu définitivement comme une femme et j’ai aussi fait un travail de deuil de cette perception.

Il y a encore et il y aura certainement encore toujours des gens pour voir en moi un homme qui a changé de sexe, une femme bizarre qui a de grosses mains, une grosse voix et autres particularités « qui ne fitent pas dans le décor » ou un freak. Je suis par contre plus sereine avec ça. Je disais d’ailleurs à mon amour que j’observe avoir développé une sorte d’aveuglement involontaire qui fait que je ne remarque pratiquement plus les regards méprisants sur mon passage. Ils sont toujours là et le seront peut-être pour le reste de ma vie, mais ils me dérangent beaucoup moins qu’avant. Bien sûr je pourrais encore me faire opérer pour changer ma voix (mais c’est une opération délicate avec un taux de succès de seulement 20%), je pourrais aussi faire une chirurgie de la silhouette et continuer ad vitam aeternam les chirurgies visant à féminiser ce corps davantage. Mais je suis finalement bien dans ma peau et je crois avoir tiré la ligne de ce que je pouvais faire encore. Maintenant, je vis ma vie de femme, je suis bien dans ma peau comme jamais je ne l’ai été dans ma vie et je suis heureuse. Ce blogue risque donc de devenir beaucoup moins actif (il l’est d’ailleurs déjà depuis un certain temps) mais il restera en ligne comme un témoignage de ce parcours qu’heureusement de plus en plus de gens empruntent, au lieu de mettre fin à leurs jours ou de changer de villes, d’identités et de vivre dans la clandestinité de ce qu’ils ont été afin d’espérer enfin être.


J’en profite aussi pour dire aux transsexuels (elles) qu’il y a moyen de « vivre une vie marginale heureuse » et de remercier leurs familles et vous chers lecteurs, d’avoir pris le temps de lire, de tenter de comprendre et de partager vos réflexions concernant cette condition qui affecte plusieurs personnes, malgré leur volonté et qu’ils n'ont pas choisi de vivre.
MERCI bons cheminements à tous et au bout du tunnel, il y a la lumière…





Acceptation changement nom

Acceptation changement mention du sexe

samedi 18 juin 2011

Jeff Fillion et sa bande à propos de moi et des trans

Avant-hier, j’ai été prise à partie sur les ondes de la radio-pirate (aussi appeler radio-poubelle) par Jeff Fillion et son équipe. La bande audio de ce que je considère de la transphobie primaire n’est plus en ligne. Mais voici la retranscription de certains « commentaires choisis, de cet élogieux dialogue »

C’est quoi ce gars en fille ?

A mesure 6 pieds, non y mesure 6 pieds, 6 pieds et trois 6 pieds et quatre, c’est une bête

Michel Blanc si j’me trompe pas y a plus de morceau là

Y s’est fait vider pis en plus on opère ce monde là

Y s’est fait vider le tube pis rentrer par en dedans

Chuis né dans un corps de gars mais je suis un fille, voyons donc, prends-toé des pellules pis fais-toé une dépression

On peux-tu le dire, on est tanné d’avoir notre liberté d’expression « pognacé » on peut-tu le dire, on peux-tu appeler un chat un chat, des gens de même c’est une joke

Quand tu les vois à la tv on dirait un party d’haloween

Si vous avez une bite, pis que vous dites à un médecin, je veux la faire vider pis faire un sac avec, pis que tu dis, je suis en gars dans un corps de femme à un médecin, bin là on t’opère à gros prix, pis y en a pu de problèmes,

Me souvient il y a des journalistes qui retwittait ça, il était content il avait eu ses premières règles, y était content

Mais c’est surtout de se faire à croire qu’on trouve ça correct, c’est même pus drôle,

Il y a tu de quoi de plus laitte à regarder qu’un travesti

Y veut devenir une femme mais y est encore avec une femme, je suis une femme lesbienne (bruit de pet)


Mes réflexions du sur-lendemain
  • j’ai déjà dit à madame Christiane Charrette que d’avoir écouter son émission ou était invité Maryse Chartrand qui disait « Le suicide est une solution permanente à un problème temporaire » m’a sauvé la vie. A Contrario, des inepties, de l’injure et de la moquerie peuvent aussi (sans doute) conforter et valider les préjugés et le mépris qui existent déjà chez certains des auditeurs.
  • Je suis pour la « libaaaaarté » d’expression. Il me semble cependant qu’elle trouve sa limite lorsqu’elle devient haineuse, sexiste, raciste, homophobe, transphobe, qu’elle s’attaque à des différences et qu’elle cible des individus ou des groupes et incite au rejet, et à l’opprobe.
  • L’excuse de « ça vient de mon éducation de fond de campagne » est vicieuse, démagogue et encourage la médiocrité et la méchanceté. C’est l’équivalent de dire, ce n’est pas de ma faute si je suis (choisir ici entre raciste, sexiste, homophobe, etc) c’est que c’est la norme et que ça a toujours été comme ça, que c’est de la faute aux autres s’ils ne sont pas dans le moule « du bon côté de la track ». Ils n’ont qu’à ne pas être différent et il n’y aura pas de problèmes. Si on vomit sur « la différence » y a rien là, c’est juste des jokes et un gars efféminé, ce n’est pas grave si on « l‘écoeure ». Anyway, il va certainement apprendre à ne pas être aussi fucké et devenir viril comme tous les autres.

MAJ

En prime, voici l'édifiante réflection d'un des membres de la prestigieuse équipe de monsieur Fillion. Un certain Doom qui est POUR la libaaaarté d'expression...

L'ouverture et ses limites (de Doom Dumas)

MAJ2

Le documentaire de Canal D: Victimes de la Radio-Poubelle

Réseau éducation médias: Enjeux des médias Propagande haineuse sur Internet - définir la haine

mercredi 16 février 2011

Qu’est-ce qu’une vraie femme?

Une transition n’est sans doute jamais achevée. Mais elle contient certainement plusieurs points de non-retour. La chirurgie génitale est sans doute le jalon le plus significatif pour celle ou celui qui change de sexe. Même si un nombre très restreint de personnes visualisent cette transformation génitale, elle est pour celle ou celui qui la subit, on point de non-retour particulièrement évident. Il y a aussi le jalon du moment où on commence à se faire identifier par les autres par notre sexe de destination et celui où nous-mêmes, nous percevons désormais comme étant arrivé dans ce sexe physiologique et sociologique, qui correspond à celui que notre cerveau a toujours été. Ce matin, c’est ce jalon particulier que je considère avoir atteint.
La revue Clin d’œil m’a récemment demandé de participer à l’édition de mars et de répondre à la question Qu’est-ce qu’une vraie femme?

C'est une question alambiquée avec laquelle je risque fort de vivre le reste de mes jours étant donné mon statut de nouvelle femme. C'est LA question qu'on se pose intérieurement lorsqu'on me rencontre, et c'est aussi celle qu'on tente continuellement de m'imposer à partir de stéréotypes sociaux qu'on a plus ou moins intégrés. On fait ça par des commentaires du genre: «Ah... c'est vraiment une réaction de femme», «une femme ne ferait pas ça» ou «on voit bien que tu as déjà été un homme pour agir ou réagir de cette façon!». J'emmerde donc tous les bien-pensants. Une vraie femme est la femme que j'étais dans mon cerveau à ma naissance, celle que je suis anatomiquement maintenant et celle que je serai dans mes pensées, mes gestes et tout mon être. Voilà! J'ajouterais que j'aime beaucoup plus la question: «Qu'est-ce qu'une femme vraie?» et que je m'efforce d'être la plus vraie possible, tous les jours de ma vie.

En anthropologie, science que j'ai déjà étudiée, j'ai appris que plusieurs sociétés avaient des rites de passage qui permettaient justement de faire une différenciation entre l'adolescente (adolescent) et la femme (homme) et qu'un troisième sexe (par exemple, Berdache chez les amérindiens) permettait aussi d'inclure dans un groupe ceux qui «n'étaient pas des vrais» ou, plus précisément, «ceux qui avaient la bénédiction des dieux d'être nés avec les deux esprits, féminin et masculin». Ces sociétés avaient déjà compris que la nature et la nature humaine ne sont peut-être pas binaires (femme-homme), comme nos sociétés, dites civilisées, s'amusent à le croire...


Par ailleurs, j’ai déjà mis en ligne mon billet 30 mois de transition en photos. À ce montage, il serait sans doute maintenant pertinent d’ajouter le shooting de Crila que vous retrouvez à l’hyperlien de Clin d’œil, mais aussi celui de mon désormais photographe officiel, Olivier Samson-Arcand, qui il y a deux semaines, a pris le temps de me photographier de nouveau. Disons que ses clichés ont le don d’augmenter sensiblement mon estime de moi et de me faire prendre conscience du chemin parcouru…

Shooting OSA Images de Michelle Blanc -1 on Twitpic
Shooting OSA Images de Michelle Blanc -3 on Twitpic
Shooting OSA Images de Michelle Blanc -2 on Twitpic

Shooting OSA Images de Michelle Blanc -5 on TwitpicShooting OSA Images de Michelle Blanc -4 on Twitpic



Shooting OSA Images de Michelle Blanc -6 on Twitpic

Shooting OSA Images de Michelle Blanc -7 on Twitpic

Shooting OSA Images de Michelle Blanc -8 on Twitpic

lundi 20 décembre 2010

De l’homophobie et de la transphobie ordinaire

De devenir une personnalité publique attire son lot de connards. Mais même sans être une « veudette », de seulement être différent est difficile à vivre et les regards, les moqueries et les insultes sont encore chose courante dans notre société qu’on clame à tord, être ouverte sur la différence. Dans ma propre famille, je suis exclue des célébrations des fêtes, des partys d’anniversaire et d’une foule d’autres événements familiaux parce que ma différence n’est pas acceptée par tous. J’appuie et je vous invite à appuyer aussi la Fondation Jasmin Roy, le GRIS, Fierté Montréal et les autres organisations permettant à la société de se débarrasser de l’homophobie et de la transphobie qui fait perdre tant d’énergie et qui brise malheureusement la vie des plus faibles qui n’ont pas les ressources intérieures pour affronter le mépris quotidien.
Voici donc deux exemples de ce matin, d’homophobie ordinaire. Je protège l’identité de ces connards parce que je ne veux pas qu’ils vivent l’ostracisassions qu’ils font vivre aux autres, mais parce que ces exemples prouvent aussi que la hargne anti-gai existe malheureusement encore.



mercredi 27 octobre 2010

D’une vaginite 2.0

À ma grande surprise, la semaine dernière j’ai eu une vaginite. J’en étais à la fois inquiète et heureuse. Mon chirurgien m’avait prévenue que ça pouvait arriver, qu’il fallait que je m’essuie différemment de ce que j’avais l’habitude de faire et que peut-être certains savons ou tissus ne correspondraient pas à ma flore vaginale. Parlant de flore vaginale, sous la pression des hormones, deux ans après une vaginoplastie, si on fait un prélèvement vaginal chez une femme biologique ou chez une nouvelle femme et qu’on compare les deux, on ne pourra différencier lequel vient de quelle femme. C’est vraiment fascinant le corps humain… et la science. Toujours est-il que dans mon enthousiasme et avec mon sens de l’humour légendaire, j’ai partagé cette trouvaille sur les médias sociaux. Les réactions furent vives et instantanées. Plusieurs femmes trouvèrent ça très drôle, et plusieurs hommes soi-disant virils en furent choqués.

Je reçut de nombreux courriels de femmes me partageant leurs trucs pour régler ça de même que plusieurs insultes au passage. Ça a même fait les manchettes de plusieurs médias numériques! Il semble qu’il y ait des choses dont on ne parle pas. Il semble que je sois vulgaire. Il semble aussi que je sois pipi-caca. J’admets volontiers être provocatrice, j’ai toujours aimé l’humour scabreux et il est important de détruire des tabous tenaces et de parler de « vraies affaires ». Ce qui choque n’est pas seulement que J’OSE dire à la face du monde que j’ai eu une vaginite, mais que je sois une nouvelle femme, qu’on nomme aussi transsexuelle, un transexuel, un mec, un ex-mec, un transgenge ou une shemale. Tout cela en fonction de sa compréhension des termes techniques de la transsexualité, de son ouverture d’esprit et de son respect de l’autre. Cet épisode ouvre aussi tout un pan de nos perceptions sexistes et moralistes.

« Une femme ne dirait jamais ça » -- d’une femme

« Parce que c'est juste fucking impossible, elle a juste la peau irritée, elle peut pas avoir de vaginite criss !!! » -- d’une autre femme

« Tu connais mal tes sécrétions; c'est du smegma pas du segma. RT @PierreLuc_: Après l'histoire de vaginite, quel gars va ns parler de segma? » -- d’une sexologue à un gars qui ne sait définitivement pas de quoi il parle

« J'aimerais déclarer ceci : je n'ai pas présentement, et je n'ai jamais eu de vaginite... » -- un journaliste mâle

Constats de cette histoire

Notre société est encore bien fermée à parler du corps humain et de ses diverses sécrétions naturelles. Surtout si elles proviennent du corps de la femme. Comme j’ai longtemps été un homme, que j’ai fait une transition publique et que je ne cache pas en avoir déjà été un, je vais porter probablement l’odieux titre de Transsexuelle ou pire de transsexuel (qui est généralement réservée pour une femme qui fait une transition pour devenir un homme et au terme duquel on devrait plutôt appeler monsieur) ou d’ex-mec, je risque de mourir avec un chapeau d’article disant une connerie comme :

Michelle Blanc né Michel Leblanc est mort aujourd’hui. Il est un transsexuel qui a fait avancer la cause des personnes transgenre…



Pour suivre les discussions Twitter à propos de la vaginite (je devrais plutôt dire de ma vaginite)…
http://twitter.com/#!/search/vaginite

jeudi 1 juillet 2010

Un an dans un corps de femme

Hier ça faisait un an que j’ai eu mon opération de changement de sexe. Ça faisait aussi deux ans que j’ai eus mon opération de féminisation faciale. C’est donc un moment propice pour faire un petit retour sur ces moments charnières de ma nouvelle vie. Je me sens bien et heureuse comme je ne l’ai jamais été. Certains jours, je suis vraiment femme, tandis que d’autre, je suis plutôt cette androgyne qui chevauche les deux sexes. C’est vrai que c’est beaucoup de travail d’être une femme et que parfois, la fatigue aidant, je n’ai pas l’énergie de « me mettre sur mon 34 ». Par exemple, les deux dernières semaines ont été occupées à mon déménagement et à mon retour à la vie commune avec l’amour de ma vie. Comme les lecteurs assidus de ce blogue le savent, Bibitte et moi (qui somme ensemble depuis maintenant 16 ans), nous sommes séparés en février il y a deux ans, pour revenir ensemble 5 mois plus tard. Mais entretemps, nous avions chacune pris un nouvel appartement. On se promenait donc d’une place à l’autre depuis. Mais nous sommes maintenant de retour dans un lieu commun et comme on pourrait dire que c’est encore moi l’homme du couple, ces dernières semaines je m’habillais plus en mode « butch », mes ongles et mes mains ont souffert des péripéties du déménagement, je suais à grosses goutes et je ne me maquillais plus. C’était d’ailleurs déstabilisant pour mon amour qui après s’être habitué à me voir en femme, me revoyait avec une allure beaucoup plus masculine. C’est que c’est difficile de faire des trous dans le mur, de déplacer et de faire des boîtes ou de transporter de lourde charge en talons hauts!
Toujours est-il qu’hier, « j’étais sur mon 34 », que je me sentais femme comme jamais et que j’étais vraiment « cute ». Je suis allée manger avec mon père qui semblait vraiment impressionné par mon look. Il me dit « Michelle, tu es maintenant une très belle femme et tu sais que j’ai toujours eu un faible pour les grandes femmes ». Il était tout rouge et ému de me dire ça. Ça me fit un plaisir extraordinaire. Enfin, mon père validait ma féminité!

Mais si je reviens sur ce périple, je dirais qu’il est jonché de moments extraordinaires et de d’autres, très difficile. Pour certaines personnes je suis un modèle d’accomplissement et pour d’autres, je ne suis qu’un abject personnage de fêtes foraines, qu’une freak sur lequel il fait bon vomir. C’est vraiment étrange dans l’espace de 10 minutes de recevoir les éloges puis les sarcasmes d’inconnus. Comme la semaine dernière j’étais avec Bibitte dans le village gai. Deux personnes nous arrêtent dans la rue pour me dire à quel point ils m’admirent et quelques minutes plus tard, nous croisons quatre adolescents qui lorsqu’ils me voient, font semblant de vomir. C’est d’ailleurs assez représentatif de ce qui se passe dans une semaine normale. M’enfin, je m’habitue à ce regard des autres qui va dans tous les sens. L’important est que je suis vraiment bien avec moi-même, avec mon nouveau sexe et avec l’amour de ma vie qui est toujours à côté de moi.

lundi 10 mai 2010

30 mois de transition en photos

Voici plusieurs photos permettant d'observer l'évolution de ma transition d'homme à femme et allant du mois d'août 2007 à aujourd'hui (excepté les deux premières photos. La 3e ayant été prise une semaine avant le déclenchement de ma dysphorie d'identité de genre). Un gros merci à tous les gens qui ont pris ces clichés ou qui sont avec moi dans ces photos. Si vous préférez que j'enlève l'une de celle-ci, n'hésitez pas à me le faire savoir.

dimanche 18 avril 2010

Simon Jodoin, André Péloquin et BangBangBlog, de l’homophobie songée?


Copie d'écran du site BangBangBlog

« Nécrophile », « Freak » et « mon gars » ne sont que quelques-unes des insultes que me sert Simon Jodoin depuis quelques mois déjà. Il met aussi en ligne une soi-disant caricature me représentant en homme à barbe, en utilisant ma photo en collage (dont BangBangBlog n’a pas les droits d’utilisation et qui est en directe contravention du droit d’auteur, pour un média ce n’est pas fort. Cette photo appartient à Olivier Samson Arcand photographe) avec une œuvre de Le Caravage (reconnue pour sa sexualité scandaleuse pour l'époque,  selon Wikipedia). Simon Jodoin, André Péloquin ( le rédacteur en chef de BangBang qui me picosse aussi depuis des mois sur Twitter) et BangBangBlog permettent aussi un commentaire anonyme à mon égard disant :
Morale : Michelle Blanc se pète les brettelles avec son référencement et si elle n’était pas une attraction de foire, on n’en aurait rien à foutre de ses conseils internet.

À ce que je sache, BangBangBlog est la propriété du Journal Voir qui est reconnue pour son ouverture à la diversité de race, d’orientation, d’identité et de cultures. J’ai de la difficulté à comprendre qu’une telle institution laisse impunément ses ouailles, user de telles images homophobes, contrevenir au droit d’auteur et manquer de discernement à ce point?

Dans Wikipedia:
L’homophobie est l'hostilité, explicite ou implicite, envers des individus dont les préférences amoureuses ou sexuelles concernent des individus de même sexe. Cette hostilité relève de la peur, de la haine, de l'aversion ou encore de la désapprobation envers l'homosexualité. L’homophobie désigne donc les préjugés et la discrimination contre les homosexuels et l'homosexualité. « De même que la xénophobie, le racisme ou l'antisémitisme, l'homophobie est une manifestation arbitraire qui consiste à désigner l'autre comme contraire, inférieur ou anormal.»

Transphobia (or less commonly, transprejudice and trans-misogyny, the latter referring to transphobia directed toward transwomen) refers to discrimination against transsexualism and transsexual or transgender people, based on the expression of their internal gender identity (see Phobia - terms indicating prejudice or class discrimination). Whether intentional or not, transphobia can have severe consequences for the target of the negative attitude. Many transpeople also experience homophobia from people who incorrectly associate their gender identity with homosexuality.[1] Attacking someone on the basis of a perception of their gender identity rather the perception of their sexual orientation is known as "trans-bashing," as opposed to "gay bashing."


MAJ

Il semble que Bangbang n'appartient pas à Voir et n'est pas du tout une division de Voir, d'aucune façon, et personne à Voir n'a de contrôle sur ce qui est publié sur ses pages. Cependant, le président éditeur de Voir est aussi actionnaire de la société qui contrôle Bangbang.

MAJ2

J’ai tenté, durant plusieurs échanges du courriel interne de l’outil Facebook, d’arriver à une entente avec le président de Les éditions BangBang inc., monsieur Pierre Paquet. Nous ne sommes cependant pas arrivés à une entente et campons respectivement sur nos positions. Monsieur Paquet me faisait valoir qu’il n’avait pas le contrôle éditorial sur les activités de BangBangBlog, bien qu’il en soit le président.

Selon le registre des entreprises du Québec, Les éditions BangBang Inc. sont la propriété majoritaire de URBACOM INC. et son président est Pierre Paquet. Urbacom quant à elle est la propriété de plusieurs administrateurs dont Pierre Paquet est aussi président. Finalement, Communications Voir inc. est aussi la propriété d’Urbacom INC. et son président est aussi Pierre Paquet. Donc, tel que je le disais dans ma première mise- à jour, BangBang n’appartient pas à Voir. tous deux appartiennent plutôt à Urbacom Inc. et ont le même président. Qui plus est, ils ont tous la même adresse, le 355, SAINTE-CATHERINE OUEST 7E ÉTAGE CODE POSTAL: H3B 1A5. En résumé, lorsque monsieur Pierre Paquet m’assure que :
Bangbang n’appartient pas à Voir et n’est pas du tout une division de Voir, d’aucune façon, et personne à Voir n’a de contrôle sur ce qui est publié sur ses pages.

Je ne peux, de toute évidence, que le croire sur parole.

J’ai aussi envoyé une mise en demeure à Simon Jodoin et André Péloquin, en commentaire dans leur billet incriminant. Ils n’ont pas publié ce commentaire.  Ils disent pourtant dans leur première mise è jour :
Nous pouvons comprendre que Michelle Blanc n’ait pas apprécié les propos de Simon Jodoin (qui ne concernent d’aucune manière son orientation sexuelle). L’éthique médiatique la plus élémentaire veut que si elle désire se prévaloir d’un droit de réplique, c’est avec plaisir que nous publierons sa réponse.

Ailleurs sur le Web, monsieur Jodoin se glousse aussi de :
À mon sens, il existe deux formes de modération : la première fonctionne par exclusion, la seconde par intervention.

L'exclusion consiste à ne tout simplement pas publier certains commentaires.

La seconde s'emploie plutôt à répondre aux commentaires litigieux en s'y opposant et en avertissant l'auteur que s'il persiste dans sa connerie, nous devrons trier le bon grain de l'ivraie dans ses interventions. Dans certains cas, il arrive même que ce soit d'autres intervenants qui le fassent.

J'ai pour ma part toujours favorisé la seconde. Elle permet à la fois d'afficher au grand jour certaines imbécilités, d'user de pédagogie (on doit expliquer au cas par cas nos désaccords) et donne le bénéfice du doute aux intervenants (il est possible de mal interpréter leur pensée). Dans le cas qui nous occupe ici, c'est ce que j'ai fait et j'ai obtenu le résultat escompté : l'intervenant n'a pas persisté. C'est ce qui arrive le plus souvent.

Je répondrais à ça un gros « mouais ». On flush ce qui fait notre affaire et on se drape dans un linceul de la vierge défendant le droit à la libre expression et à la pédagogie pour laisser des commentaires (que l’on a peut-être même écrit soi-même en usant de pseudonymat) vils, mesquins, irrévérencieux, homophobes et qui font notre affaire, paraître.

Comme suite à ma mise en demeure, le commentaire a été modifié, mais l’ignoble image est toujours la. Ce sera une histoire à suivre, devant le conseil de presse, la commission des droits de la personne, les tribunaux ou chacune de ces instances en fonction des conseils de mon avocat.

vendredi 16 avril 2010

Les gagnants 2010 du BOB’s Awards

Ce billet a d'abord été mis en ligne sur Michelleblanc.com

C’est avec émotion que j’apprenais que l’un de mes blogues, Femme 2.0, était l’un des 11 finalistes en nomination pour gagner le Bob’s Awards (Best of Blog’s Award de la radio télévision Allemande) sur 58,837 mises en candidature. Mon blogue est arrivé en 3e place pour le vote populaire et le choix du jury (dans ma catégorie) s’est porté sur le blogue Monolecte. C’est le blogue Ushahidi qui est le grand vainqueur toutes catégories confondues, cette année.

Je remercie chaleureusement le jury d’avoir sélectionné mon blogue parmi cette très abondante sélection annuelle pour figurer parmi les finalistes et j’embrasse tous ces gens qui ont eu la gentillesse de voter pour mon blogue. Félicitation à tous les gagnants à qui je lève mon chapeau.

mercredi 7 avril 2010

Encore un trou de cul anonyme

Hier soir j’étais au lancement du livre « Osti de fif » du copain Jasmin Roy. Lors de son discours, il ne put s’empêcher de verser quelques larmes en se remémorant pour l’auditoire, son adolescence difficile et l’homopĥobie quotidienne, voire ordinaire, dont il était victime. Or il existe encore des gens pour croire que les gais sont finalement acceptés dans notre société. Que le combat de l’acceptation est fini! Qu’il n’y a plus d’enjeux! Que le Québec est ouvert. Je crois qu’il y a eu en effet de très belles avancées, mais il reste encore beaucoup à faire. Étant devenue une sorte de symbole transsexuel, je reçus beaucoup d’amour hier. Mais hors de ces cercles presque élitistes, je reçois encore mon lot de regards douteux, de « monsieur » bien senti, d’insultes et même de menaces. Je me tiens debout, j’affronte et je dénonce avec vigueur. N’empêche que ça fait toujours un peu mal et que malgré tout l’amour que je reçois, et j’en reçois énormément, ce sont toujours ces petites crottes de merde de trou de cul trop poltron pour porter au grand jour leurs conneries, qui nous assaillent. Pour ce qui est des menaces de morts de mon néo-nazi, le dossier avance rapidement (c’est relatif disons) et des résultats concrets arriveront certainement. Entretemps, afin de vous démontrer que le chemin est encore à faire, je me réveille avec ce commentaire d’un trou de cul anonyme dans mon blogue michelleblanc.com.

Pas de Nom
96.20.183.234
Envoyé le 06/04/2010 à 23 h 38 min
Franchement, plus j’entends parler de toi, plus tu m’écoeures. Quand on nait homme, on s’assume homme et vice versa pour le contraire. A mes yeux, tu n’es pas une femme mais bien un homme qui se déguise et qui est aux hommes point.

Approuver Supprimer Modifier Modification rapide
Directrice des communications médias sociaux pour Stephen Harper, Premier ministre du Canada
48 #

mercredi 24 mars 2010

Menace de mort néo-nazi

Ce billet a d'abord été publié sur Michelleblanc.com

Hier j’ai passé une journée des plus angoissantes. C’est que j’ai découvert grâce à divers mécanismes de monitorage de mon brand, que je suis la cible de menace de mort fait sur un site YouTube, faisant l’apologie du néo-nazisme et d’Hitler. J’ai fait un rapport de police en matinée puisque des menaces de mort, directe m’avaient été faites sur un autre site Web, en commentaire à une mention de ma personne.

(Suspect) gros pute 2 months ago
(Complice) @(Suspect) Une shemale lol 2 months ago
(suspect) i know xD OMG !!! kill her ! xD hmm him lol hahah 2 months ago

Puis, de fil en aiguille, je me rends compte que le suspect en question avait écrit sur son propre site il y a 21 heures :
(suspect) he is a bitch and a transvestite !! i think i have a plan for him ! hahaha i will laugh and some thousand of people too

et une jornée avant
(suspect) totally not! cause... i agree people who hate Hitler they are not bright. but... they are completely fool if they say that. cause people like this shit on my back ground. are with '' antifascist '' groups cause only stupid like them accept, : transvestite,homosexual..... suck of course (interlocuteur) suck the cock of michelle ! like the lesbian one '' (interlocuteur)

Ce qui est troublant de cette histoire, est que le jeune a fait de son canal YouTube, une relique à ma personne, comme vous pouvez en jugez pas la capture d’écran plus bas Il fait aussi l’apologie de la solution totale des Panzer, des armes et qu’il écrit dans son profil.
i'm not for all kind of homosexuality, but i prefer lesbian than fucking gay like: varangainae . so i prefer that site. look how nazis are not gay !


Disons que j’ai déjà eu de nombreux courriels haineux dont un particulier qui me souhaitait que mon chirurgien pratiquant mon intervention de changement de sexe, manque son coup. Mais un cas d’une telle intention meurtrière et d’une telle intensité envers ma personne, ne m’était jamais arrivé auparavant.
J’ai donc utilisé mes ressources pour trouver ce détraqué, le traquer à mon tour, ramasser les preuves qui serviront à une enquête criminelle, ou à une poursuite au civil. L’un de mes contacts, qui ironiquement est aussi transsexuelle, a fait avec lui du social hacking et l’a mené dans un traquenard Web. Nous avons maintenant son adresse IP, accumulés les preuves de son acte criminel, savons que c’est un jeune de 16 ans de Boisbriand, et lui avons donné rendez-vous en face d’un dépanneur de cette localité. Nous avons par la suite contacté la police de Boisbriand, qui est censée l’avoir intercepté hier soir, accumulant encore une autre preuve de sa culpabilité et l’identifiant formellement.
Pourquoi je vous parle de ça ce matin? Tout d’abord parce que je me dois de rassurer les gens que j’ai inquiétés hier sur Twitter et Facebook. Parce que l’homophobie et la transphobie existent encore dans notre société et qu’il faut que ça se sache. Parce que comme c’est un jeune connard de 16 ans, au criminel il risque d’avoir une petite tape sur la main. Parce que finalement, après discussion avec plusieurs personnes étant impliqué dans ce genre de dossier, étant donné que ma vie ne semble pas en danger éminent, qu’il n’y a pas eu de manifestation physique claire, les policiers n’ont pas les ressources nécessaires pour traiter ce genre de dossier et qu’ils sont plus prompts à mettre ces ressources pour les enquêtes de pornographie infantile ou pour résoudre les crimes déjà commis que pour ceux dont le dessein n’est pas encore accompli.
En conclusion, je sors de cet événement meurtri psychologiquement, inquiète de ma sécurité et consciente plus que jamais que d’avoir été ouverte et médiatisée comme transsexuelle, a fait de moi une cible pour plusieurs détraqués mentaux qui courent dans les rues. Ce qui me rassure toutefois est que j’ai eu une formation militaire, que je sais me défendre et que je n’ai jamais perdu mon sang froid…
MAJ
Avec l’aide de mon amie, nous avons été capables de retracer l’un des trois profils Facebook de ce désaxé mental. À la lecture de sa description, on peut facilement comprendre que ce suspect a besoin d’une aide psychologique assez urgente (c’est le moins qu’on puisse dire). Le hic est que les services de police n’ont peut-être pas la même définition que moi de ce que peut être une urgence. Il me semble qu’après Dawson et Polytechnique, ça aurait été bien qu’une escouade « anti crackpot du Web » ait été mise sur place…


MAJ2

Le 6 mai dernier, un individu a comparu en cour pour répondre à des accusations criminelles de menace de mort à mon endroit. C’est quelqu’un de la couronne nord, il a avoué son crime lors de l’interrogatoire de l’excellent sergent-détective du SPVM qui était affecté à mon dossier. Comme c’est la première offense de cet individu, il risque fortement d’avoir des travaux communautaires comme sentence, mais il aura tout de même un casier judiciaire. Il devrait retourner en cour un début juillet pour les représentations sur sentence et autres formalités légales. Lorsque je discuterai avec le procureur de la couronne, je demanderai à ce que la sentence de travaux communautaire (si c’est le cas) soit faite auprès de l’une des nombreuses organisations gaies de Montréal. Ainsi, cette personne sera forcée de côtoyer des gais et il se rendra probablement compte que ce sont des gens somme tout ordinaire, de bon aloi et que les préjugés qu’il avait à leur encontre ne sont certainement pas fondés. Je vais aussi insister auprès du procureur pour que l’accusé ait un suivi psychologique. Quoi qu’il en soit, je suis très reconnaissante du professionnalisme et de la célérité des interventions du SPVM et je vais dormir plus confortablement désormais. Comme je le disais dans mon billet/chronique Le Lab VOXtv - Chronique : tatouage numérique, identité numérique, déconnage et connerie sur le web, on peut certainement dire n’importe quoi sur le Web, même anonymement mais les preuves restent et elles peuvent entraîner des conséquences.

P.-S. Le sergent-détective qui a travaillé sur le dossier m’a demandé de ne pas partager les techniques et astuces utilisés afin de retracer le criminel. C’est que ces informations pourraient servir d’autres connards. Je comprends très bien cette requête du SPVM et je vais donc me retenir de l’expliquer ici.

lundi 15 mars 2010

Femme 2.0, finaliste aux BOB’s

Hier soir j’ai mis en ligne mon billet Croyez-le ou non, je suis finaliste aux BOB’s mondiaux. Il s’agit d’un concours international Best of Blogs, qui reconnait l’excellence des blogues mondiaux. Je retombe encore une fois sur le cul parce que c’est mon blogue personnel, un peu plus obscure Femme 2.0 ou le parcours d'une transexuelle, qui est sélectionné parmi les 11 finalistes de 8300 blogues qui ont été proposés. Ayant reçu le message que je vous ai mis en ligne hier, je croyais qu’il s’agissait de MichelleBlanc.com, mais non, c’est mon blogue expérientiel qui ravit tous les honneurs. Re-ouf…
Pour voter, si le cœur vous en dit, c’est par ici

THE BOBs

vendredi 26 février 2010

Johnny Weir, Susan Boyle, même combat contre le mépris

Ce billet a déjà été ué sur Michelleblanc.com

Dans l’un de mes autres blogues, Femme 2.0, j’ai déjà écrit sur le cas Susan Boyle qui avait mis le doigt, à la face du monde, sur les préjugés qui sont profondément ancrés en nous. Le cas du patineur artistique Johnny Weir illustre à sa manière (il a participé aux Jeux olympiques de 2010 en patinage artistique avec un costume que d'aucuns trouvent trop efféminé) la continuation des préjugés qui ont cours dans nos sociétés. Sauf que contrairement à Susan Boyle, ces préjugés ont été exprimés ouvertement sur la place publique. Dans le cas de Susan Boyle, on se disait tous silencieusement dans notre tête elle est grosse et laide donc elle va se planter dans son tour de chant et nous étions surpris d’entendre sa voix d’ange. Dans le cas de Johny Weir, il a offert une performance remarquable, mais à voix haute, des gens se sont trouvés pour commenter sur son identité de genre et pour souligner qu’il n’est peut-être pas un modèle pour tous. Par ailleurs, on se souvient aussi d’Elephant man et de comment nous étions touchés de savoir le génie de ce monstre physiologique. Les préjugés ont la vie dure. Nous en avons tous. De le reconnaître et de tenter de s’en affranchir est un pas de géant pour soi-même et pour ceux qui sont victimes du mépris qui souvent résulte de préjugés. J’ai eu la chance de vivre du mépris assez intense étant donné ma condition et le chemin que j’ai parcouru et de grandirde cette situation. Je me souviens aussi de mon homophobie internalisée qui était un mécanisme de défense psychologique que j’avais longuement construit pour me protéger de la souffrance de réaliser qui j’étais réellement. Je comprends donc ce mépris, son origine et la douleur qu’il peut faire vivre et c’est pourquoi je trouve maintenant des exemples comme Johny Weir plus que positif pour nos sociétés. Il exacerbe nos préjugés et permet une discussion qui peut élever les consciences…

La transsexualité et la maladie mentale

La semaine dernière j'étais à l'émission La Fosse aux lionnes de Radio-Canada pour discuter de la nouvelle à propos de la France qui décrète que la transsexualité n'est plus une maladie mentale.


MICHELLE BLANC
envoyé par Isabelle_Apis. - L'actualité du moment en vidéo.

J'ai déjà discuté de cete question dans mes billets:
À propos de la « psychiatrisation » de la transsexualité
À propos de la psychiatrisation de la transsexualité II
Ma conference Using blogs as support tools, Santé mentale et Internet

dimanche 8 novembre 2009

La vérité sur mes twitts controversés, sans autocensure

AVERTISSEMENT
Ce qui suit n’est pas à lire pour les cœurs sensibles. Si c’est votre cas, changez de page.


Au cours de l’été, J’ai documenté sous forme de Twitts, les différentes étapes de mon opération de changement de sexe. Ils sont d’ailleurs tous répertoriés dans mon billet Chronologie des états d’âme d’un changement de sexe. J’en disais aussi :

Pour mes lecteurs qui ne sont pas des amis Facebook ou des Followers Twitter, voici les différents états d’âme que j’ai pu vivre avant pendant et après mon opération de changement de sexe. Ce sont des extraits choisis de mon site Twitter et ils sont en ordre chronologique plutôt qu’anté-chronologique comme ils apparaissent dans Twitter. Aussi, il y a de nombreuses fautes d’orthographes et de signes manquants. J’ai écrit ça via mon Black Berry et sous l’effet d’antidouleurs… Voilà


Mise en contexte
J’ai écrit ça pour me souvenir des nombreux moments charnières de cette étape cruciale de ma vie. Il n’y a cependant pas de photos ou vidéos (en ligne) de cette portion de ma vie et croyez-le ou non, je me suis énormément autocensurée dans ce que je disais. Cependant, j’en disais juste assez pour me souvenir de ce que je vivais précisément à chacun de ces moments. Or, il semble que certains de ces twitts ont frappé l’imaginaire ou ont choqué certains individus. J’en parlais aussi dans cet autre billet, Un gentil message. Il semble même qu’un twitt en particulier a attiré l’attention et fait réagir énormément de gens. À tel point que le journaliste de Bande à Part de Radio-Canada le suggère comme Twitt de l’année à la Revue P45 dans l’un de ses twitts. Le voici donc :

«anti-inflamatoire + anti-douleur - lejus de pruneau que je n'ai pais pris :
contipation. Je viens de passer 45min a chier une brique »


L’autre twitt qui a dérangé est aussi :

le catheter et le moule vaginal sont enfin enleves. Quelle difference ca fait


La vérité sur mes twitts dérangeants
Lors d’une vaginoplastie, il est nécessaire d’introduire un moule dans la nouvelle cavité vaginale, afin de créer et de maintenir ouverte, cette nouvelle cavité. Pour ce faire, les nouvelles grandes lèvres sont cousues ensemble afin de retenir le moule à l’intérieur du corps, durant une semaine. Plus les jours passent, plus ce moule cherche à sortir du corps et plus la douleur devient INSUPORTABLE. Le retrait des points de suture des grandes lèvres puis du moule vaginal est donc une libération à plusieurs points de vue. Tout d’abord, la douleur diminue soudainement de moitié, puis on peut commencer à voir ce à quoi aura l’air le nouveau vagin. C’est donc un moment extrêmement émotif et hautement réconfortant. Aussi, lors de cette première semaine postopératoire interminable, nous prenons de fortes doses d’antidouleurs. Les antidouleurs ont la particularité d’induire la constipation. Dans des conditions différentes, la constipation en soi est déjà un calvaire. Mais pour la transsexuelle, ça devient un enfer indicible. C’est qu’il est strictement interdit de forcer lors des visites à la selle parce que cela peut endommager grandement le nouveau vagin et même conduire à la perte de celui-ci, qui pourrait sous la pression, se dégager du corps. On nous informe d’ailleurs qu’une trans a déjà retrouvé celui-ci, dans la cuvette après avoir forcé. Chaque visite à la toilette devient donc un moment des plus angoissants. Imaginez alors une visite à la toilette lorsque vous devenez constipé et que vous ne devez en aucun cas, forcer. C’est l’enfer que j’ai vécu lors de ce que l’on considère « le twitt de l’année ». J’ai d’ailleurs perdu trois points de suture de mon néo-vagin, lors de cette péripétie. Vous avez donc le contexte.

Tant qu’à être dans les confidences
Dans mon billet Ma convalescence post-op, je vous parlais de ce qu’était une escarre, mais sans expliquer pourquoi je vous parlais de ça. En fait, je suis allée dans des hôtels qui sont très écologiques et qui ont du papier de toilette qui se doit de ne pas engorger leur fosse septique. Ce papier est donc très fragile et il y a de petites portions qui restent constamment collées après le corps lorsqu’on s’essuie. Or, un matin, je remarque des filaments blancs qui pendent de mon vagin. Croyant que ce sont des particules de papier de toilette, je tire dessus. C’était malheureusement les escarres (gale qui est blanche plutôt que brune, dans des milieux humides) de mes petites lèvres. Elles sont encore en train de cicatriser difficilement à ce jour… Vous savez donc maintenant la vérité. Presque toute la vérité…