mercredi 6 mai 2009

Arracher la tête d’un ti-cul

Hier soir j’étais au lancement du livre Mama cool de la copine Marie-Julie Gagnon. Étant encore une fumeuse, je sors à l’extérieur fumer une clope avec un copain. Nous discutons de choses et d’autres puis sur le trottoir, un ti-cul d’une douzaine d’années, passe devant nous avec sa petite sœur de 5 ou 6 ans. Puis il se met à crier après moi.
« Un gars dans une robe, un gars dans une robe . Hey, pourquoi tu te mets une robe? »
Exaspérée je lui réponds, « pourquoi toi tu es un p’tit gros »
Il rétorque, « parle-moi avec ta voix de gars! Tu t’es fait pousser des tetons? On ne voit même pas la bosse de ton pénis! »
Je réponds « et toi tu peux te faire pousser un peu de jugement? Tu crois que c’est gentil de faire chier les gens? »
Il repart en criant « un gars en robe, un gars en robe » et il arrête chacun des passants sur le trottoir pour les avertir de l’énergumène qui est « un gars en robe » un peu plus bas sur le boulevard St-Laurent.
Mon copain n’en revient tout simplement pas. Il lui aurait arraché la tête. Moi aussi d’ailleurs. Mais que faire à un enfant si mal embouché? C’est un enfant après tout! Ça me fait aussi songer que c’est ma voix qui l’a fait réagir et que j’ai encore du travail à faire dessus. On dit aussi souvent que la vérité sort de la bouche des enfants, mais avec tant de véhémences? D’un côté, j’étais contente que mon copain soit témoin de cette méchanceté et qu’il prenne la mesure de certains des écueils avec lesquels je dois encore composer. Moi je fus sous le choc pendant une grosse demi-heure et j’ai pu ventiler ça avec ma Bibitte d’amour au téléphone plus tard en soirée. Heureusement j’eu bin du plaisir avec les potes le reste de la soirée et malgré cet épisode douloureux, j’ai tout de même passé une très belle journée hier. Mais je suis encore consciente que ma transition est encore loin d’être terminée, disons…

15 commentaires:

brem a dit…

Le fils de mon patron m'avait appellé "patate" (dû mon bedon rond...).

Ça m'avais blessé, mais je ne pouvais pas lui en vouloir, c'est un enfant.

Quand on dit que l'on change pour faire plaisir aux autres, c'est faux. Je perds du poids parce que je ne veux pas être la cible d'attaques blessantes.

Lui a dit…

Une connerie, même venant d'un enfant, ça reste une connerie. De toute évidence c'est nouveau pour lui et c'est un peu normal. Mais la mesquinerie et l'acharnement, je n'arrive pas à les expliquer. Ils sont plutôt curieux et timides habituellement et ça se traduit par des questions. Une seule réflexion positive, t'aurais pu tomber sur son père ou sa mère! Il n'a pas appris ça tout seul le petit hein?

Anonyme a dit…

Parfois elle semble ne se finir jamais cette transition....tu sais, dans l'avion, j'acceuille les passagers à bord, et évidemment (par gentillesse) je dis bonjour plus particulièrement aux enfants....il n'est pas rare d'entendre un enfant (qui déjà me regarde avec le doute dans les yeux) dire à sa mère en s'éloignant : " Maman, c'tu un homme ou une femme ça ??"...

Merci la vie pour le rappel....On est toujours remise à notre place, transition terminée ou pas...mais bon, comme une collègue m'a déjà dit : "Inquiète toi pas Audrey avec ça, t'es plus forte que ça..." et elle a raison pas vrai !

Audrey
xxx

Jérémy Joron a dit…

Erf c'est triste comme histoire quand même. Mais bon si avant on pouvait dire que la vérité sortait de la bouche des enfants je n'en suis plus convaincu aujourd'hui ! De toute façon, tant que tu t'assumes tout va bien ! Ce que les autres disent ou pensent n'a pas vraiment d'importance tant que toi tu es bien comme tu es :p

Dominic Arpin a dit…

Le copain en question, c'est moi. Si la scène t'a hantée pendant 30 minutes, tant mieux pour toi. Moi, je suis encore sous le choc aujourd'hui. En tant que père de famille, la méchanceté de cet enfant, son manque total de politesse,sa cruauté même, m'ont complètement bouleversé. Ce garçon est un échec. Triste à dire, mais c'est la réalité. C'est un coup de pieds au cul, et non nos gentilles tentatives d'essayer de le raisonner qu'il aurait mérité. Mais bon, ça ne se fait pas quand on est bien élevé.

J'admirais déjà ton courage Michelle, mais là je réalise à quel point tu es forte.

Michelle Blanc a dit…

@Dominic
Suis pas si forte que ça. tu viens de m'arrache une larme...

AlphaEvelyn a dit…

Bien, il ne faut pas confondre la vérité toute innocente qui sort de la bouche d'un enfant avec un manque d'éducation!

Ce qui t'es arrivé est une rencontre avec un enfant désagréable à qui ses parents n'ont visiblement pas appris à vivre, ni à côtoyer la différence.

Pour la voix... bon se sera peut-être pas dès plus efficace, mais depuis que j'ai cessé de fumer, ma voix est un peu moins rauque.

Marie-Julie a dit…

Ayoye! Je n'en reviens pas! Effectivement, ça en dit long sur ses parents... La différence est toujours soulignée par les enfants, mais s'ils sont bien élevés, ça peut être simplement mignon (comme quand mon homme se fait demander s'il est fait en chocolat!). Ça prend effectivement une bonne dose de courage pour vivre avec la différence au quotidien. Et moi, j'admire les gens qui arrivent à se tenir debout et vont au bout de leurs convictions. On est avec toi! :-)

horssequences a dit…

Y'a vraiment des coups de pieds au cul qui se predent des fois!!!

Samuel a dit…

Moi je l'aime votre voix!! Elle fait partie intégrante de ce que vous êtes et elle montre que vous avez un caractère bien trempé!!
Et puis, des femmes avec un voix rauque, il en existe des tonnes. Écoutez Macha Beranger, qui a oeuvré sur la radio France Inter pendant près de 30 ans, elle a une voix 1000 fois plus masculine que vous.

Vous n'allez quand même pas changé de voix à cause d'un "p'tit con"!

Andréanne a dit…

Michelle, j'ai vu sur FB tes photos lors du Lancement de Mama Cool.
Maudit que je t'ai trouvée belle.
Pis ensuite, j'ai lu ton billet.
Des méchancetés de la sorte, ça vaut absolument rien. Et surtout pas le temps qu'on prend à y penser.

En passant, superbes tes nouvelles sandales :)

Gen a dit…

C'est triste... ;(

Nathaly D. a dit…

J'ai vu les photos de la soirée et, encore une fois, je suis fascinée par la beauté toute féminine qui émane de toi. Cet enfant ne faisait probablement que répété ce que son connard de père ou sa conne de mère disent. Triste.

Grande Dame a dit…

Marie-Julie, j'ai entendu à plusieurs reprises de la bouche de mes enfants des énormités, des préjugés gros comme le bras. Pourtant, on dialogue ici, on désamorce, on vise un regard objectif sur le monde. Quelle gêne pour une mère parfois!

Si un étranger entendait un préjugé sortir de la bouche de mes enfants, il ferait probablement erreur de croire que cela vient de l'éducation que j'inculque à mes enfants.

J'ai pourtant aussi cette tendance à associer ce qui sort de la bouche des enfants à ce qui sort de la tête des parents.

Était-ce le cas du garçon dont il est question ici? Même si moi aussi à la lecture de ce billet j'aurais eu envie de lui botter le cul, je n'en sais rien.

Peut-on paraphraser George et affirmer que quand on est con...
Qui sait?

Nathalie a dit…

En-dessous de l'agression verbale du ti-cul, il y a la peur. La peur de la différence. Dans le fond, il ne parle pas de vous: c'est son ego qui parle. Il ne dit pas "vous êtes [comme ça]". Il dit "moi, je ne sais pas qui je suis, je ne suis surtout pas [comme ça]". Il ne faut pas tomber dans son jeu...

Je sais que ce que je dis est bien rationnel pour une parole aussi blessante... mais c'est ma façon un peu maladroite de saluer votre résilience.