mardi 12 mai 2009

Mon premier maniaque

Cette nuit j’ai rêvé que je sauvais une transsexuelle d’un maniaque qui la poursuivait. Je me suis réveillée en me demandant « mais pourquoi je rêve à ça »? Je n’ai pas eu à chercher longtemps pour me rappeler que ça m’est arrivé hier. Sur le coup, je me suis dit que c’était sans importance, mais je réalise maintenant que ça avait plus d’importance que je ne voulais bien l’admettre.
Hier j’étais avec des copains Français à ce que je nomme « ma succursale », le café Laïka à Montréal. Durant notre meeting nous sommes sortis fumer une clope et discuter sur le trottoir. À côté de nous, il y avait un jeune Maghrébin qui parlait au téléphone. Puis nous retournons à l’intérieur finir notre discussion. Une quinzaine de minutes plus tard, notre rencontre se termine. Un peu plus loin dans le même édifice, il y a un dépanneur et un guichet automatique. Je vais m’acheter des cigarettes et en profite pour faire un retrait au guichet. Le jeune maghrébin est maintenant assis sur le garde fou et semble perdre son temps à m’observer. Je n’aime pas vraiment que quelqu'un m’observe faire un retrait au guichet bancaire je me dépêche donc. Puis je sors de l’édifice pour me rendre à ma voiture qui est stationnée sur la rue derrière celui-ci. J’ouvre ma porte et je m’assois sur la banquette et je viens pour fermer ma porte, mais le jeune est là, il retient ma porte et commence à me parler.
- Vous êtes d’origine française ?
-Non ce sont mes copains qui sont Français
-Ha c’est l’accent que j’ai reconnu
Le jeune homme commence à se masser le pénis au travers de son pantalon et poursuit
-Vous êtes québécois?
-Non je suis Québécoise
-vous allez où
-Je vais chez moi
-Je vais vous accompagner
-non merci, c’est gentil
À ce moment je ferme la porte vivement, je démarre la voiture et je m’en vais et dans le rétroviseur, je le vois là, tout penaud, à continuer de se masser le pénis. J’ai comme un sentiment de dégoût. Il ne cesse de fixer la craque de mes seins, mais il pense que je suis un homme parce qu’il me parle au masculin. En fait, il croit que je suis « une shemale » le fantasme de bien des hommes. Je suis aussi très surprise de m’être fait suivre de la sorte et de ne pas m’en être aperçue. Je suis aussi inquiète de m’être mise en situation de danger potentiel de la sorte (j’étais assise dans ma voiture la porte ouverte et lui debout à côté de moi). Finalement, je me rend compte que je suis devenue une proie et que je vais devoir être plus sur mes gardes…

jeudi 7 mai 2009

Suis vraiment, mais là vraiment très contente

Je ne peux pas confirmer quoi que ce soit à propos du MSSS, mais je vais me faire opérer le 30 juin par le Dr. Pierre Brassard, tel que prévu (Vaginoplastie et augmentation mammaire). C’est aussi avec grand plaisir que je serais la présidente d’honneur de l’édition 2009 des Célébrations de la fierté de Montréal. Wouhouhou…

La vie a de ses aléas qui font plaisir...

MAJ
Je suis évidemment très émotive et Bibitte aussi.

mercredi 6 mai 2009

Si le MSSS le veut, je serai présidente d’honneur de la Célébrations de la Fierté de Montréal

Ce midi je mangeais avec messieurs Éric Pineault et Jean-Sébastien Boudreault, président et vice-président des Célébrations de la fierté de Montréal. L’événement annuel des gais, lesbiennes, bisexuel(les) et transsexuel(les) de Montréal. Ils voulaient que je sois la présidente d’honneur de cet événement d’envergure international. J’étais évidemment touchée de cet honneur et d’apprendre que le conseil d’administration a débattu de ma candidature et en a décidé à l’unanimité (ce qui paraît il est assez rare). En fait, je serais requise pour différentes conférences de presse, pour la journée du défilé et je participerais aux différents événements de la semaine d’activités. J’ai évidemment discuté de la perception que certains d’entres-cous mon partagé, nommément celle des grandes folles qui ont des plumes dans l’cul et de l’impact possiblement négatif que cela pourrait avoir sur mon brand et mon image de marque. Mais d’un autre côté, ces rare occurrence sont des images que prisent certains médias et qui font ombrages aux milliers de bénévoles qui font la promotion de la culture, de l’acceptation de la différence, de la lutte à l’isolement, du respect des droits et du partage des combats humains qu’il reste malheureusement à faire. J’étais bien d’accord avec eux sur ces différents sujets. Nous avons aussi discuté de la Carifète et même de la St-Patrick qui ont aussi leur lot d’énergumènes, mais qui ne font pas tout le tapage que peut faire « un cuirette avec ses chaps sans fesse ». Il y a évidemment la journée communautaire où des dizaines d’organisations bénévoles (dont l’association des Transsexuel(les) du Québec que je supporte vivement) font la promotion de leur cause et vulgarise pour le grand public, les différents enjeux que peuvent vivre la communauté GLBT et dont on ne parle pas assez encore dans les médias. Il y a aussi tous ces événements culturels et ces shows au Parc Émilie Gamelin et sur Ste-Catherine. J’ai donc offert mon accord de principe pour être leur présidente d’honneur à condition que?
L’os
J’attends toujours une confirmation du MSSS quant à la date du dépôt de leurs fameux critères permettant aux trans de se faire opérer aux frais du gouvernement. Si la confirmation vient à temps et si je peux enfin me faire opérer le 30 juin tel que réservé et entendu avec le Dr. Pierre brassard, les dates concorderont avec celle de l’organisation des Célébrations de la fierté de Montréal. Sinon, s’il y a conflit d’horaire, peut-être devrais-je passer mon tour. Comme on dit, je suis sur les dents…

Arracher la tête d’un ti-cul

Hier soir j’étais au lancement du livre Mama cool de la copine Marie-Julie Gagnon. Étant encore une fumeuse, je sors à l’extérieur fumer une clope avec un copain. Nous discutons de choses et d’autres puis sur le trottoir, un ti-cul d’une douzaine d’années, passe devant nous avec sa petite sœur de 5 ou 6 ans. Puis il se met à crier après moi.
« Un gars dans une robe, un gars dans une robe . Hey, pourquoi tu te mets une robe? »
Exaspérée je lui réponds, « pourquoi toi tu es un p’tit gros »
Il rétorque, « parle-moi avec ta voix de gars! Tu t’es fait pousser des tetons? On ne voit même pas la bosse de ton pénis! »
Je réponds « et toi tu peux te faire pousser un peu de jugement? Tu crois que c’est gentil de faire chier les gens? »
Il repart en criant « un gars en robe, un gars en robe » et il arrête chacun des passants sur le trottoir pour les avertir de l’énergumène qui est « un gars en robe » un peu plus bas sur le boulevard St-Laurent.
Mon copain n’en revient tout simplement pas. Il lui aurait arraché la tête. Moi aussi d’ailleurs. Mais que faire à un enfant si mal embouché? C’est un enfant après tout! Ça me fait aussi songer que c’est ma voix qui l’a fait réagir et que j’ai encore du travail à faire dessus. On dit aussi souvent que la vérité sort de la bouche des enfants, mais avec tant de véhémences? D’un côté, j’étais contente que mon copain soit témoin de cette méchanceté et qu’il prenne la mesure de certains des écueils avec lesquels je dois encore composer. Moi je fus sous le choc pendant une grosse demi-heure et j’ai pu ventiler ça avec ma Bibitte d’amour au téléphone plus tard en soirée. Heureusement j’eu bin du plaisir avec les potes le reste de la soirée et malgré cet épisode douloureux, j’ai tout de même passé une très belle journée hier. Mais je suis encore consciente que ma transition est encore loin d’être terminée, disons…

mardi 5 mai 2009

Tout est affaire de perception

Comme suite à mon billet d'hier Votre avis sur la fierté gaie de Montréal Voici le courriel (très surprenant et rafraîchissant pour moi) que je reçois (le nom a été enlevé pour respecter la confidentialité de l'émetteur):

Subject: Fierté Gaie de Mtl

Michelle,

J'avais envie de te donner une réponse plus personnelle à cette fameuse question de co-présidence de la Fierté Gaie.

Tout d'abord, je tiens à te dire que je t'ai lue pendant un bon trois mois avant de savoir que tu étais transexuelle. Jamais, mais absolument jamais je n'ai pensé que tu étais transexuelle et encore moins un homme. Je voyais ta photo et lisais tes propos qui était ceux d'une femme.

Parfois, je me disais qu'elle était bien engueulée la Michelle. Qu'elle avait vachement confiance en elle (une mâle assurance diraient certains) et qu'elle disait des trucs que peu de femmes osent dire, mais j'attribuais ça à la maturité qui vient avec l'âge ou l'expérience.

Je t'ai aussi vu à tout le monde en parle, distraitement je l'avoue. J'y avais vu une transexuelle parler de son parcours (je n'ai pas prêté attention à son nom), sans jamais ne faire de lien avec la Michelle Blanc de Facebook ou du blogue.

Puis, je t'ai vu au lancement des capsules de Mère Indigne. Tu étais si grande. Je t'imaginais plus petite. Probablement parce que les petites femmes ont souvent beaucoup de caractère. Et ta voix, une voix grave. Ça, par contre, je l'imaginais assez grave, mais pas autant. J'ai finalement fait le lien avec TLMEP.

Pour tout dire, je ne peux même pas imaginer l'homme que tu as été. Encore moins parler de toi au masculin.

Comme je ne te côtoie pas en personne, j'ai recommencé à te lire sans ta voix grave. Donc, ma réaction, degré zéro, à la co-présidence de la Fierté gaie a été: "ben voyons donc, une femme hétéro à la co-présidence!"

Puis, je me suis demandée pourquoi je t'imaginais hétéro? Drôle, non?

Je n'ai pas de mauvaise ou de bonne opinion sur l'événement et quand je te vois, je ne vois aucune cause. Je ne vois qu'une femme, comme moi. Et, je ne me vois pas du tout présider un tel événement!

Voilà, j'avais juste envie de te donner l'impression, degré zéro, d'une inconnue.

Tout est une question de perception finalement!

Pour la co-présidence, fais ce qui te fait plaisir! La vie est si courte!

lundi 4 mai 2009

Votre avis sur la fierté gaie de Montréal

J’aimerais avoir votre avis sur la Fierté gaie de Montréal, spécifiquement parce qu’on me demande d’être coprésidente d’honneur de l’événement de cet été. Je n’ai pas encore prise de décision et je vais peser le pour et le contre d’une telle implication sur mon image de marque (mon brand) et sur mon entreprise. Il est clair que c’est déjà un honneur puisqu’aucune transsexuelle n’a encore été coprésidente de cet événement majeur GLBT. Il m’apparaît aussi important de continuer le combat de la vulgarisation et de démystification de cette réalité qui touche beaucoup de gens (surtout si on met dans le même panier les familles et les gens qui entourent les personnes aux prises avec la dysphorie d’identité de genre). Cependant, comme je l’ai déjà mentionné, jne ne suis pas une bête de cirque et j’ai toujours soigneusement choisi les forums et les médias avec lesquels je m’entretenais de ma condition. J’ai donc encore quelques jours avant de prendre une décision finale. Merci de vos avis…

dimanche 3 mai 2009

Le retour du Gal’s Spring Fling

Ce week-end, Bibitte et moi étions au Gals Spring Fling 2009 de Gananoque. C’est un week-end transgenre regroupant principalement des travesties (mais aussi quelques transsexuelles) et leur conjointe. J’y étais invitée à titre de conférencière (pour discuter de mon propre parcours) et je n’avais vraiment aucune idée de ce que ce serait. Ou plutôt si, j’avais bien des préjugés. C’est qu’avant d’être transsexuelle, j’ai évidemment été travestie. La majeure partie de ma vie de travestie s’est fait dans le cocon protecteur de mon garde-robe et que très, très peu de temps, à l’extérieur de chez moi. Je ne peux donc pas dire que je m’identifie réellement à eux et j’avais des appréhensions pour Bibitte qui m’accompagnait. Elle en avait elle-même et m’avait dit : Michelle, on va prendre ça d’heure en heure et si jamais je ne me sens pas à l’aise, nous avons la possibilité d’aller coucher dans un autre hôtel et après ta conférence, on pourrait simplement aller visiter Kingston qui est tout prêt. Mais à ma grande surprise et à la sienne, il y avait quelque chose d’attendrissant de voir ces hommes qui expriment leur féminité refoulée, sous le regard complice, de leur tendre moitié. Nous sommes donc restés pour tout le week-end (si on exclue une escapade rapide à Kingston pour faire un peu de shopping). Nous avons franchement rigolé (d’un rire complice) de voir ces hommes d’origines sociodémographiques et de corpulence très, mais vraiment très diversifiés, déambulé avec fierté, lors du défilé de mode durant la soirée. Certaines étaient très féminines au point de m’en rendre même jalouse, tandis que d’autres avaient l’air d’un camion remorque peinturé rose. Mais toutes ces dames d’un week-end avaient un sourire d’épanouissement peu commun. Je reviens de ce week-end touchée et perplexe quant à la montagne de préjugés qu’il reste encore à faire tomber dans ma propre tête, mais aussi dans la société en général.

mercredi 29 avril 2009

Ma Bibitte d’amour

Aujourd’hui ça fait 15 ans que la chose la plus extraordinaire du monde m’est arrivée. Je t’ai rencontré et ma vie a à tout jamais changé. Notre histoire est belle, calme et sereine. Elle est tortueuse aussi. Elle est banale et marginale. Elle est pleine de moments simples qui me rendent si heureuse. Elle est vide de turpitudes, mais ô combien garnie de petites attentions, de regards langoureux, de mots doux, de caresses délicates, de pensées altruistes, de gestes gratuits, de chaleur contagieuse, de passions partagées, de voyages mémorables, de pique-niques improvisés, d’admiration réciproque, de moments intimes, de balades lancinantes, d’observation béate, d’horticulture du bonheur, de cuisine complice, de détentes imaginatives, d’écoute et de découverte sonore, d’odeurs du bonheur, de rires palpables, de pleurs aussi, d’obstacles franchis, de projets réalisés et encore à faire, de découvertes communes, d’introspections continuelles, d’observations méditatives, de combats et de victoires, de générosité, de discussions et d’écoutes, d’appréciation mutuelle, d’élans fougueux, de retenue judicieuse, d’adaptation et de compréhension.
Ces petits riens font tellement un gros tout!
Te dire les mots « je t’aime » semble si banal par rapport à l’expérience enivrante d’être avec toi! Mais bon, à défaut d’inventer un mot qui soit à la hauteur de tout ce que je vis avec toi, je te le répète, comme je le fais chaque jour, sans effort depuis 15 ans, je t’AIME et je te trouve tellement BELLE. Je suis la personne la plus chanceuse du monde…

lundi 27 avril 2009

Quelle belle journée, que je suis simplement heureuse

En fin de journée, je suis allée faire un tour à ma succursale du Laika. Puis, une connaissance d’il y a vingt ans vint me voir. Ça faisait une éternité que je ne l’avais vue. François et moi avons travaillé ensemble sur quelques projets, dans une autre vie, alors que je faisais la direction marketing et de production d’une boîte de service technique audiovisuel. Il me dit qu’il a suivi avec intérêt les diverses péripéties qui ont secoué ma vie ces derniers 18 mois, depuis la France, où il vit pour la plupart du temps maintenant. Puis je lui demande « trouves-tu que j’ai changé ? ». Il me répond, si ce n’était de ta médiatisation, jamais je ne t’aurais reconnue. D’où j’étais assis, ce que je voyais était une femme. Pas le Michel que j’ai connu. Et d’ici, devant toi, la seule chose que je reconnaisse un peu est ta voix. Que ça me fit plaisir. Surtout que François n’a jamais été un « bullshiteux ». J’en suis vraiment ravie. Mais ce n’est pas tout, comme c’est l’été, les rues de Montréal sont bondées de monde. Habituellement les groupes d’adolescents sont ceux avec qui j’ai le plus de mailles à partir. Mais aujourd’hui, rien, niet! Ils me regardent et passent leur chemin comme si rien n’avait l’air de clocher particulièrement. Mettons que c’est peut-être encore qu’une journée de très grande chance, mais disons que ça me fait un bien fou et que l’idée de finalement commencer « à passer » comme on dit dans le monde trans, me fait un plaisir immense. J’en suis très, mais très heureuse. Je suis consciente que lorsque j’ouvre la bouche ou que dans d’autres circonstances, cet état de fait peut encore basculer complètement. Mais ce soir, je vous écris ce billet de mon bureau et j’ai un très grand sourire sur mes lèvres…
C’est peut-être aussi la magie de ma petite robe fleurie ?

Pub faisant l’éloge de la tolérance envers les transsexuelles

Voici un pub d’une institution bancaire d’Argentine, qui fait l’apologie de la tolérance envers les transsexuelles. J’avais déjà regardé cette publicité il y a quelques mois, mais c’est un twitt de Webgirrrl qui me l’a rafraîchi à la mémoire et je me suis dit « pourquoi ne pas la partager avec vous »? Alors la voici donc.



À quand une publicité similaire au Québec et au Canada?

Le P.-S. de ma Bibitte

Bibitte est le nom d’amour que je donne à la femme de ma vie. Elle ne se prononce jamais sur ce que nous vivons parce qu’elle exerce un métier pour lequel elle doit conserver le plus possible l’anonymat, afin d’être réellement efficace. Elle ne sera donc jamais médiatisée, à tout le moins, avant sa retraite. Mais sporadiquement, elle pond un billet pour mon blogue principal. C’est ce qu’elle fit ce week-end dans son billet Critique musicale du début 2009 de Bibitte Électrique. Or dans ce billet, elle fait un post-scriptum qui rejoint le thème de Femme 2.0 et c’est avec plaisir que je le reprends ici :

P.-S. Un petit mot pour vous dire que Michelle et moi allons fêter notre 15 anniversaire cette semaine. Je suis tellement heureuse d’avoir choisi de rester ouverte à vivre l’expérience de la métamorphose de Michelle. De voire la personne que j’aime devenir de plus en plus épanouie, rayonnante, encore plus belle et plus drôle et de découvrir en moi, tout le potentiel de me donner accès à vivre une aventure à travers laquelle je m’épanouie aussi, m’amène à rendre hommage à la vie, à l’amour et à l’ouverture à soi et à l’autre dans le respect de l’un et l’autre. Merci de tout mon cœur pour tout le support que vous nous donnez à Michelle et moi.
Bibitte…

dimanche 26 avril 2009

Encore surprise

Vendredi dernier, je vais dans un dépanneur dans lequel je n’ai pas l’habitude d’aller pour acheter du sucre et de la crème pour le café. Lorsque j’arrive à la caisse, un jeune client avec un œil au beurre noir me regarde dans les yeux et cris : WOW. Je le regarde stupéfaite, ne sachant pas trop quoi penser. Me nargue t’il ou est-il en train de me cruiser? Puis il rajoute : Wow, vraiment spectaculaire! Je suis passé par là il y a deux ans. Remarquable, demande à mon chum si tu ne me crois pas! Puis je paye, et je sors de l’endroit. C’est en m’assoyant dans ma voiture que j’ai compris. C’était en fait un transboy (une femme devenue homme)! Il était fier de moi et il fallait qu’il me le dise. Moi je n’avais rien remarqué de particulier en lui, si ce n’est l’œil au beurre noir qui lui donnait un air un peu effrayant et bum. Finalement, je suis encore surprise que les gens me reconnaissent. Dire que j’avais songé un instant que tel Superman, mes lunettes me feraient disparaître de la reconnaissance publique…

Les bonnes et très mauvaises nouvelles

Commençons par la mauvaise nouvelle. J’ai un copain qui a essayé une technologie laser supposément capable d’enrayer les poils blancs. C’était une arnaque et à ce jour, aucune épilation laser ne peut venir à bout de ces poils. Je vais donc devoir me résigner à l’électrolyse. J’ai terminé l’épilation laser faciale, mais comme je suis un tout petit peu vieille, j’ai encore bien des poils de barbes qui sont blancs et qui devront passer par cette terrible torture. J’y suis déjà allée deux fois et c’est ce que j’ai vécue de plus douloureux, même avec les anesthésiants topical comme la crème EMLA ou Maxylène 5. C’est pire encore que la douleur de ma chirurgie faciale. C’est tout dire. En fait, l’électrolyse faciale (particulièrement près des lèvres et des narines) me terrorise. Mais il faut ce qu’il!

La bonne nouvelle (qui reste encore à confirmer) est que j’ai reçu par courriel, vendredi, l’information que le dossier du paiement des opérations de changement de sexe avance à grands pas et qu’il devrait se conclure (selon des sources bien informées) au mois de juin. Je vais téléphoner au MSSS cette semaine afin de confirmer avec eux si je peux vraiment me faire opérer le 30 juin tel que prévu et si cette opération sera couverte par le nouveau programme. Disons que vendredi, je volais sur un nuage à l’idée que je pourrais ENFIN me faire opérer et prendre mes 6 semaines de convalescence (à mes frais) durant la période la plus tranquille de l’année, c'est-à-dire le mois de juillet et le début août. Je croise les doigts…

vendredi 24 avril 2009

Josée Blanchette, un portrait très, très émouvant

Il y a deux semaines, je rencontrai Josée Blanchette, célèbre chroniqueuse à Le Devoir et je vous en parlais dans mon billet De la transparence, de la mise en scène et de la perte de contrôle. Je vous y expliquais ce que madame Blanchette nomme « off the record ». Je viens de lire le portrait de Josée (nous sommes devenues amies d’abord dans Facebook, puis dans la vraie vie grâce à cette rencontre), Michelle ma belle... sont des mots qui vont très bien ensemble. Et j’en suis très, très touchée. Je ne peux m’imaginer un futur portrait qui soit plus attendrissant. Le sujet de ma condition et de ma personne vient d’être traité comme il ne pourra plus jamais l’être. Tout (ou presque) a été dit et il sera bien difficile (voire impossible) à un autre journaliste d’imaginer traiter ce sujet de nouveau. Je vais garder précieusement cette chronique et m’y référer durant les moments de blues. Josée, te dire MERCI ne représente qu’une infime portion de la reconnaissance que j’aie…

La conférence dont Josée parle « Sauvons le Journal de Montréal » est disponible dans mon billet Webdiffusion de ma conférence sur l’avenir des médias.

mercredi 15 avril 2009

CONFESSION

La seule chose de ma vie d'homme que j'ai gardée est mes pantoufles et là elles sont vraiment finies. Bibitte va être TELLEMENT heureuse que je les jette. Mais c'est fou comme nos vieilles pantoufles sont confortables. Même lorsqu'elles sont laides et usées... Il doit y avoir une symbolique là-dedans? Il y a aussi que je n'ai pas encore trouvé d'autres pantoufles de ma grandeur (13 WW pour femme)...

Reportage de RDI sur l’abolition du financement des opérations de changement de sexe en Alberta

C’est avec plaisir que j’ai participé au reportage de RDI sur l’abolition du financement des opérations de changement de sexe en Alberta
L’hyperlien est ici

mardi 14 avril 2009

Les préjugés sont forts

Ça n’a rien à voir avec la transsexualité, mais ça illustre à quel point on juge le contenu à partir de son emballage. J'ai pleuré de joie en voyant ça. WOW. À bas les préjugés...

MAJ
Ça prouve aussi que moi-même j'ai des préjugés. Mais je travaille très, très fort pour m'en débarasser...

jeudi 9 avril 2009

De la transparence, de la mise en scène et de la perte de contrôle

On me dit souvent que je suis très transparente sur le Web. C’est vrai en partie. J’ai d’ailleurs déjà parlé de l’importance de l’authenticité, de la perte de contrôle salutaire (par rapport à vos contenus Web) de savoir déconner et des différents types de transparence. Cependant, depuis un certain nombre de semaines, je réalise aussi que même la transparence radicale (comme j’aime à l’appeler) est elle-même toujours une mise en scène que je contrôle totalement. JE décide ce que je partage, comment je le partage, quand je le fais et j’ai souvent un objectif sous-tendant cette communication. Je contrôle absolument tout. Or tout à l’heure, je rencontre la journaliste Josée Blanchette qui veut faire un topo sur moi pour le journal Le Devoir et ça m’énerve. J’ai une très grande confiance en madame Blanchette que j’aime beaucoup. Je suis convaincue que son topo me sera favorable et qu’il sera très humain, à l‘image de ce qu’elle a l’habitude de faire. Mais de céder le contrôle de mon image à quelqu’un d’autre, maudit que ça me fatigue….

À chaque fois que j’ai eu une entrevue à propos de moi, j’ai mis des balises très strictes. On ne pouvait pas me parler de tel ou tel sujet ou me questionner sur ceci ou cela. J’ai en outre refusé de nombreuses entrevues et documentaires qu’on voulait faire sur moi. Je ne suis pas une bête de cirque et mon image c’est mon brand. Je la contrôle donc très, très soigneusement. Mais là je me lance dans le vide et ça me donne le vertige…

MAJ
J’ai eu une très belle rencontre avec Josée Blanchette qui est très humaine, brillante, rigolote et ouverte. Elle me fit d’ailleurs remarquer qu’au fil de ses questions avec lesquelles je répondais spontanément, je lui répétais très souvent « mais ça tu ne peux pas écrire ça ». C’est comme si j’ai un désir franc et ouvert de partager qui je suis, mais qu’en même temps, je suis constamment à l’affut de comment ce que je dirais, pourrait avoir un impact sur les gens qui m’entourent (lire ici mes très proches) et sur l’image que les gens pourraient se faire de moi s’ils savaient vraiment tout. C’est une forme de pudeur disons. J’ai encore bien des zones secrètes qui se doivent de le rester. C’était comme une danse impudique que je ne voudrais pas qu’on regarde. J’ai comme le besoin de justifier bien des choses en les disant, afin qu’elle comprenne vraiment, mais ces choses sont encore trop proches de moi pour que je les partage au monde entier. Peut-être lorsque je serais vieille…

dimanche 5 avril 2009

Mes bonnes adresses fashion

D’être de ma grandeur et de devoir s’habiller avec un peu de style n’est pas une chose facile et bien des copines trans ou même des femmes d’une certaine grandeur me demandent à quel endroit je magasine. Pour les souliers (je porte du 13WW), c’est définitivement chez Chaussures Eureka sur St-Hubert. Il tient d’ailleurs les grandeurs jusqu’à la pointure 14. À cet effet, la semaine dernière, nous étions Bibitte et moi dans le Vieux-Monbtréal et une dame plus grande encore que moi (elle venait de Victoria B.C.) voulait savoir à quel endroit une belle et grande femme comme moi trouvait ses chaussures (elle fit ma journée mettons) et c’est avec grand plaisir que je lui dis que le seul magasin ayant sa pointure (14) était Eureka. Il y a bien aussi Tony Papas sur Mont-Royal et Tony sur Green qui se vantent de tenir de telles grandeurs, mais pour mal faire, à chaque fois que j’y suis allée, ils n’avaient aucune chaussure à me montrer Duh…

Pour les tailleurs, ma préférée est définitivement la copine Nathalie Bourgoin d’Ocollection à Ste-Thérèse. L’été dernier, lors de ma convalescence, Nathalie vint passer un bout d’après-midi avec moi et elle me fit remarquer à quel point mes bras étaient désormais petits. Ça me fit tellement de bien! Elle est aussi celle qui me montra à me mettre du mascara, elle sortit avec moi lors de mes premiers balbutiements de femme et comme elle est de la même grandeur que moi, ça me rassurait vraiment de marcher à côté d’une belle grande femme comme elle et je m’en sentais moins complexée. J’habille aussi du médium dans certains éléments de sa collection (elle habille les femmes jusqu’à 6 pieds et six pouces). Ça m’aide donc à me trouve pas mal petite (gros sourire).

Il y a bien certainement la boutique Grandheur sur St-Denis et l’accueil chaleureux d’Hélène Genest et certaines de ses pièces qui sont remarquables. La difficulté pour m’habiller est beaucoup reliée aux tops et aux souliers puisque pour les jupes, il y a bien des endroits qui me vont très bien. Par exemple, j’aime bien la boutique de Katrin Leblond sur St-Laurent. Ils sont tellement allumés là-bas que si le top d’une pièce ne vous fait pas, comme ce ne sont que des designers québécois qui sont en vente là, ils vont prendre vos mesures et vous faire faire les ajustements à prix très raisonnables. Pour les jupes j’aime bien aussi Paris Pas cher sur St-Denis, Style Com sur Mont-Royal (ne le dites à personne, mais), il y a aussi le AdditionElle sur St-Hubert et le Winners de Place Montréal Trust, le H&M sur Ste Catherine et oui (quelques trop rares fois) différentes boutiques des Courts Mt-Royal. Pour les bijoux, j’y vais au gré des ventes trottoirs selon mes diverses pérégrinations, mais je suggère chez Zone sur st-Denis. Bien que ce soit un magasin de meubles et d’accessoires de cuisine, ils ont aussi un présentoir bijoux avec des trouvailles originales à petit prix.

Maintenant que je suis de plus en plus femme, je vais vraiment dans de nouveaux endroits dans lesquels je n’osais mettre les pieds avant. Mais les magasins que je vous ai nommés plus haut n’ont JAMAIS été déplacés ou déplaisants avec moi. Ils m’ont tous grandement aidée dans ma transition et je vous les recommande chaudement.


MAJ
Pour mes premières lunettes, ça a été chez Georges Laoun sur St-Denis.


samedi 4 avril 2009

Ce qui se passe dans la tête des gens qui m’interpellent

Encore bien des gens m’appellent « monsieur ». À chaque fois c’est comme si on me plantait un couteau dans le ventre. Hier j’étais avec Bibitte dans un resto du Mile-End, Le Tridici3 pour ne pas le nommer. Le serveur vient pour prendre notre commande et avant même que je n’aie le temps d’ouvrir la bouche il me dit « et pour monsieur ce sera? » Je lui réponds donc mon traditionnel oui « mademoiselle je vais prendre xyz ». Habituellement, je me fais à croire que c’est ma voix qui trahit mon ancienne masculinité, mais dans ce cas, c’était clairement autre chose. Bibitte me dit que c’est peut-être mes sourcils qui sont maintenant plus foncés que ma teinture blonde, mais disons que j’ai de gros doutes là-dessus. En fait, je ne sais plus quoi féminiser encore. J’imagine qu’après ma vaginoplastie, je vais me sentir encore plus femme et que mon « aura » irradiera des vibrations encore plus féminines. J’imagine aussi que l’effet des hormones va encore accentuer mes aspects féminins plus subtils comme ma silhouette et mes manières, mais bon, vais-je un jour y arriver?

La semaine dernière je vais sur une terrasse sur St-Denis. Une personne sort de l’intérieur et vient me voir toute nerveuse. Il me dit « excusez-moi de vous déranger, je sais que ça ne se fait pas, mais je veux vous dire à quel point je vous admire, pour vos blogues, pour Tout le monde en parle et pour tout ce que vous faites et pour tout ce que vous êtes ». Je le remercie sincèrement puis la serveuse prend notre commande. Puis à ma surprise, la personne en question est le suiteur de la place qui vient nous porter notre commande. Il donne le verre et l’assiette à Bibitte en lui disant madame puis il me sert en me disant « monsieur ». Je le reprends en lui signifiant que c’est plutôt madame, mais il me répond « Mais non moi je sais que c’est monsieur ». J’insiste pour qu’il m’appelle madame, ce qu’il fit avec un regard des plus perplexe. Puis je me mis à me questionner. Mais pourquoi cette personne qui dit m’admirer, qui dit lire mes blogues insiste t’elle pour m’appeler monsieur? Lorsqu’il dit qu’il sait, il sait quoi au juste? Bibitte et moi étions stupéfaites. Mais qu’est-ce qui se passe dans la tête de ces gens. Ne voient-ils pas que je suis une femme? Ne comprennent-ils pas qu’il est plus délicat de m’appeler madame que monsieur? Si j’étais une travestie plutôt qu’une transsexuelle, ne serait-il pas tout de même plus judicieux de m’appeler madame que monsieur, surtout dans un contexte que ces personnes font du service aux tables et devraient vouloir avoir un bon pourboire pour le travail qu’ils font? Je suis vraiment perplexe et ai bien de la difficulté à comprendre ces comportements.

Je me suis aussi rendu compte que les personnes qui m’admirent ou qui me méprisent avec exagération réagissent en fait à quelque chose qui leur appartient et que je suis en fait le miroir grossissant de ces choses qui leur sont intérieures. Ma condition a pour effet d’augmenter ces zones inconscientes chez les gens que je peux rencontrer. Par exemple, quelqu’un qui me méprise exagérément est probablement très inconfortable avec sa propre sexualité et a peut-être une homosexualité refoulée. De comprendre ça m’aide à relativiser ces réactions diverses que des inconnus peuvent me faire vivre sur une base désormais quotidienne. Aussi, je ne suis définitivement plus quelqu’un d’anonyme et j’ai comme l’impression que ça risque d’être comme ça pour le reste de ma vie, au Québec du moins. J’ai d’ailleurs très hâte d’aller faire un tout aux États-Unis ou à Toronto ou ailleurs pour observer si ces diverses réactions s’estomperont…

Entrevue pour la revue La Cité bisexuelle

Il y a une semaine de ça, j’ai accepté de donner une entrevue sur ma condition à la revue La Cité bisexuelle. Ils en on fait le papier Michelle Blanc en toute franchise à La Cité bisexuelle. Les lecteurs assidus de ce blogue n’apprendront peut-être rien de nouveau, si ce n’est que les questions qu’ils m’ont posées concentrent plusieurs infos qui sont ici réparties sur plusieurs billets. Bonne lecture…

En prime, il y a aussi l’article Michelle Blanc une transsexuelle qui s’assume qui reprends mes entrevues à La Fosse aux Lionnes et à Tout le monde en parle.

vendredi 20 mars 2009

Divers événements faisant la promotion de la fierté d’être ce que l’on est.

Ces prochaines semaines, avec le printemps, les transgenres seront en forces, en forme et très visibles. D’ailleurs cette semaine j’étais conférencière pour les intervenants du Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale gaies et lesbiennes de Montréal (GRIS-Montréal), afin d’expliquer ce que c’est que d’êtres transsexuel(le). Les intervenants du GRIS, vont par la suite faire le tour des écoles et expliquer aux élèves les divers aléas de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. Ils auront donc maintenant une meilleure idée de leur sujet lorsque viendra le temps de répondre aux questions touchant la transsexualité. Mais le 2 mai prochain, ce sera la Journée internationale de la fierté Trans 2009, à Montréal. Je vous invite à venir y faire un tour, même si vous n’êtes pas une trans. Ça vous aidera certainement à faire tomber quelques préjugés tenaces. Puis, du 30 avril au 3 mai, je serais conférencière d’honneur à l’événement national Gal’s Spring Fling à Gananoque en Ontario. Comme je l’ai déjà expliqué, je ne suis pas fière d’être trans mais je ne suis certainement plus honteuse de ça. La vie est belle et je croque dedans avec grand plaisir et de plus en plus d’élégance (du moins, je l’espère)…

lundi 16 mars 2009

La situation actuelle des opérations de changement de sexe payé par le Ministère de la Santé du Québec

Cet après-midi, j’ai parlé à une personne responsable du dossier des transsexuelles au ministère de la Santé et des services sociaux du Québec (MSSS). Je voulais savoir quel était l’état de l’évolution du dossier des opérations de changements de sexes qui ont été annoncés par le sous-ministre il y a quelques mois. On me dit que le dossier avance, mais que c’est complexe. Il faut tout d’abord qu’un établissement hospitalier public (dans le genre du CHUM par exemple et j’ai ouï-dire ailleurs qu’il s’agirait bien du CHUM dans ce dossier) devienne le point de chute de tous les dossiers de trans, afin que ce centre hospitalier donne son aval à la procédure de changement de sexe qui pourra dès lors se faire ailleurs. Ce centre hospitalier devra aussi mettre sur pieds des unités d’endocrinologie, de psychiatrie et des autres services qui sont nécessaires à un changement de sexe et qui sont déjà disponibles dans le système de santé québécois. Mais on m’assure aussi que quelqu’un (qui comme moi par exemple) a les papiers nécessaires diagnostiquant une dysphorie d’identité de genre et qui serait faite ailleurs que dans ce centre hospitalier, pourrait aussi être admis dans le programme. Mais au sens de la loi, ce doit être un centre hospitalier qui avalise l’opération qui sera faite ailleurs. Alors, ça prend des comités, des avocats des consensus et patati et patata. Certains consensus prennent deux heures, d’autres plusieurs rencontres qui peuvent s’échelonner sur plusieurs semaines. Donc à la question, j’ai mon rendez-vous le 30 juin avec le Dr. Brassard pour me faire opérer, vais-je être capable de le faire? La réponse fut, je ne peux m’engager à rien, c’est trop volatil comme situation, rappelez-moi à la fin avril et j’aurais une meilleure idée de la situation et des délais possible. Entre-temps, j’angoisse. Vais-je être capable de me faire opérer cet été? La convalescence qui dure 6 semaines va-t-elle devoir se faire durant l’automne, ma période forte? Vais-je devoir attendre une autre année pour me faire opérer en juin 2010? Combien de temps puis-je encore attendre avant de me faire opérer sachant l’effet néfaste des doses d’hormones antiandrogènes sur mon système sanguin, mon cœur et mes reins dans ma condition physique et l’histoire de maladie de cœur de ma famille? Sachant qu’après l’opération ses problèmes sont résolus une fois pour toutes? Que de stress additionnel inutile, mais il faut que je prenne mon mal en patience et que je me compte chanceuse que contrairement à mes frères et sœurs qui m’ont précédée, je n’aurais pas à payer pour cette opération ou encore devoir payer puis poursuivre le ministère de la Santé pour qu’il rembourse puisque c’est son devoir et la loi qu’il paie pour ce genre d’opération qui est prescrite et obligatoire pour les gens dans ma situation?

dimanche 15 mars 2009

Tous les transgenres se ressemblent

Ça me fâche lorsqu’on me prend pour Philippe Tisseyre ou Micheline Montreuil. C’est comme si dans la tête des gens, tous les transgenres se ressemblent. Pourtant, il me semble qu’on est très loin de se ressembler. Tout à l’heure, Bibitte et moi arrêtons le long de la route des Patriotes pour changer de chauffeur. Un piéton qui passe par là me dit « Bonjour monsieur Tisseyre ». Je lui réponds non c’est plutôt MADAME Blanc. J’étais verte. La même chose s’est produite samedi au restaurant Les Cons Servent ou le serveur me demanda « vous êtes pianistes n’est-ce pas? » Puis vendredi, c’était une députée de la Mauricie qui m’accosta avec un beau, c’est vous l’avocat qui faites bien des récriminations à propos des trans n’est-ce pas? Maudit que ça me fait chier…

jeudi 12 mars 2009

Back to memory lane

Back to memory lane, Voici une photo d'il y a 2 ans, alors que j'étais encore un homme et que je pris mon courage à 2 mains pour oser sortir de chez moi en travesti, pour la première fois de ma vie. Cet événement s’est produit quelques mois avant le déclenchement de ma dysphorie...